¤ LA SAISON VIRTUELLE DE DOGGETT ET REYES ¤ 2SV05 : Jingle Bell Rock par Isa ************************************* Diffusé le : 21 décembre 2003 Catégorie : Générale VISITEZ-NOUS SUR LE WEB http://xfsc.mu3d.com/saisonvirtuelle ************************************* SIEGE DU FBI, LA NOUVELLE-ORLEANS 23 DECEMBRE, 07:58 “Jingle Bell, Jingle Bell, Jingle Bell Rock…” La voix de Bruce Springsteen résonnait dans l’ascenseur. Doggett et Reyes étaient seuls à l’intérieur, la plupart des autres agents ayant pris leur congé pour Noël. Reyes remuait doucement les lèvres, murmurant les paroles, jusqu’à ce que son partenaire lui lance un regard interrogateur. « Tu peux chanter tout haut si ça t’amuse. » « Non, ça va. De toute façon je chante beaucoup moins bien que le Boss. » dit-elle sans se rendre compte que les portes derrière elle s’étaient ouvertes sur Pearson. « Vraiment Agent Reyes ? » dit celle-ci en pénétrant dans l’ascenseur. Doggett tentait en vain de dissimuler son sourire. « Je crois que l’agent Reyes parlait de Springsteen, Madame. » dit-il. Il montra les enceintes qui diffusaient toujours le chant de Noël. « J’avais compris agent Doggett. » répondit-elle sans que son visage ne trahisse la moindre expression. Doggett paniqua un quart de seconde à l’idée d’avoir vexé Pearson. Mais finalement elle sourit largement. Reyes profita alors de la bonne humeur évidente de leur chef pour lui demander : « Qui a eu l’idée de la musique dans l’ascenseur ? » « Washington. Le directeur a lancé une circulaire dans tous les bureaux régionaux. Je crois qu’il pense que ça va l’aider à garder son poste. » Les portes s’ouvrirent et les deux agents suivirent Pearson dans son bureau. « Bien » Elle passa derrière son bureau. « Pas la peine de vous asseoir, je voulais juste vous donner ce dossier. » Elle leur tendit le dossier et Doggett le prit pendant que Reyes interrogeait leur chef du regard. Habituellement les dossiers arrivaient directement à leur bureau. Quand Pearson les faisait venir, il s’en suivait généralement un long et souvent pénible discours. Mais cette fois, Pearson était simplement assise, le sourire aux lèvres. Monica eut rapidement une réponse à ses questions quand Doggett leva la tête après avoir parcouru le dossier. « Des disparitions de « pères Noël » ! ? » dit-il, les yeux ronds. La tête de Reyes tourna si vite qu’elle en eut presque des vertiges. Elle se pencha par dessus l’épaule de son collègue pour lire. « « Harry Kunningam, 46 ans, Père Noël professionnel. Vu pour la dernière fois le 11 Décembre à 19h devant le marché français. Luke Fenning, 38 ans, employé à Cookin’ Cajun. Vu pour la dernière fois le 13 Décembre à 11h sur son lieu de travail…» Bla bla bla. «Malgré les efforts conjugués du NOPD et du FBI, aucun suspect sérieux n’a pu être interpellé et aucun témoin valable n’a été trouvé. A l’heure qu’il est, il est impossible de spécifier si ce sont véritablement des enlèvements.» » Reyes souleva la feuille et lut le témoignage du «témoin non valable» Au bout de quelques lignes elle releva la tête. « C’est une plaisanterie, non ? » demanda Reyes. « Pas du tout ! Et puis vous devenez des spécialistes des cas de disparitions. » Les mâchoires des agents tombèrent. On leur demandait de retrouver des Pères Noël ! « Mais… enfin vous ne croyez pas ce témoin quand même !? » intervint Doggett. Pearson sourit et ses yeux s’illuminèrent. « Et pourquoi pas ? » les nargua-t-elle. « Non, ok… Madame, je sais que nous avons vu des choses étranges mais là !… Un traîneau volant ? » fit Reyes. « C’est à vous de découvrir ce qu’il en est, vous pouvez y aller. » « Mais, hum, c’est tout ? Vous n’avez rien à nous dire ? Je veux dire vous nous avez faire venir ici… » Doggett était confus et se perdait dans ses phrases. Pearson savoura le moment avant de les achever. « Non, je voulais juste voir vos têtes à la lecture du dossier. » Elle se retourna pour ne pas éclater de rire. Doggett et Reyes lui dire au revoir et sortirent. Pearson se laissa aller à son fou rire. Elle s’arrêta net au bout de quelques secondes. « J’aurais vraiment dû prendre une photo ! » Derrière la porte, Doggett et Reyes échangèrent un regard penaud. « Dindons de la farce. » fit remarquer Monica. « C’est celui qui dit qu’y est. » répondit John avant de s’éloigner. GÉNÉRIQUE Robert Patrick dans le rôle Annabeth Gish dans le rôle de John Doggett de Monica Reyes THE TRUTH IS OUT THERE… ACTE UN **** SALLE DE REUNION DU FBI, 10:45. « Je suis contre ! » hurla Doggett. Dans la grande salle, la poignée d’agents qui avait accepté d’aider Doggett et Reyes sur cette affaire donnait tous raison à cette dernière ; ce qui déplaisait à John au plus haut point. Elle l’avait choisi parmi les trois agents « mâles » de leur équipe pour se ridiculiser. « Et pourquoi moi ? Est-ce que j’ai fais quelque chose pour mériter ça, Monica ? » « Cesse de faire l’enfant John, tu seras parfait. » répondit calmement sa partenaire. « Allons John, elle a raison, vous êtes le plus qualifié pour le job. » lança le plus jeune des agents, un certain Scott Danes. Il fut récompensé de son soutien par un sourire à 10 000 watts de Reyes. « Bon si c’est OK pour tout le monde, Alex vous allez avec John chercher ce qu’il lui faut » Bledel acquiesça, Doggett grogna « Scott vous aller voir les techniciens et les policiers pour organiser la planque, et moi je vais aller demander l’autorisation à Pearson ! Il semblerait qu’il y ait un enlèvement tous les deux jours donc il faut être prêts aujourd’hui.» En sortant de la pièce, Doggett s’approcha de sa partenaire et lui souffla à l’oreille : « Tu utilises ton charme pour arriver à tes fins, c’est totalement amoral ! » « La fin justifie les moyens, John, je t’apporterai du café, promis ! » RIVERWALK MARKETPLACE, LA NOUVELLE-ORLEANS, 14:50. Doggett se tenait devant un des nombreux magasins du centre commercial, déguisé en Père Noël. Cependant, contrairement aux autres pères Noël qui l’entouraient, il restait stoïque. Il fixait d’un œil noir un camion garé un peu plus loin. A l’intérieur, Reyes et Scott Danes discutaient tranquillement tout en surveillant les écrans de contrôle. Monica jeta un coup d’œil au moniteur qui montrait John puis alluma le micro. « John, ne regarde pas vers le camion tu vas nous faire repérer. » Sur l’écran, le deux agents virent Doggett froncer les sourcils puis secouer la tête ce qui fit tomber son oreillette. Il la remit prestement en place. « Et mon café ? » bougonna-t-il « Alex est parti en chercher. Tu n’es pas très crédible en père Noël. Essaie au moins de faire « HOHOHO » je ne sais pas. » « Non, tu ne sais pas et tu n’as qu’à venir prendre ma place. Je ne passe pas ce que j’appellerais un bon moment ! » marmonna Doggett dans l’épaisse barbe blanche. « John ? » « Quoi !? » « Un petit effort ? S’il te plait ? » dit Reyes d’un ton faussement suppliant. Il y eut un petit silence puis un « ho ho ho » de père Nöel se fit entendre. « C’était magnifique, vous pouvez le refaire ? » demanda Danes. « Danes !» appela John avant de faire un geste obscène en direction de la caméra. Bledel arriva avec les cafés et ne comprit pas l’hilarité de ses collègues avant de voir Doggett se faire sermonner par une mère en colère. Finalement Doggett s’excusa auprès de la femme qui le laissa tranquille. Il profita de cet incident pour engager la conversation avec les autres pères Nöel pendant leurs pauses, allongeant indéfiniment la sienne. Dans le camion, les trois autres agents commençaient à s’ennuyer. Le soleil déclinait peu à peu et il ne s’était toujours rien passé. Il y eut plusieurs appels des policiers qui s’occupaient des autres zones marchandes de la ville mais il n’y avait eu aucun enlèvement. D’un seul coup, Danes leva les yeux de son magazine. « Monica ? » « hum ? » demanda-t-elle sans bouger de sa position, affalée sur la console, le tête sur ses bras. « Ca fait bien deux heures que Doggett est en pause, ça ne va pas paraître suspect ? » « Si » dit-elle sans bouger. Bledel prit les choses en main et alluma le micro. « John, va faire semblant de bosser. » Celui-ci ne répondit pas mais deux minutes plus tard, il prit congé de son collègue et retourna devant le magasin. « Ca ne mène à rien, on ne pourrait pas laisser tomber ? » demanda Doggett un peu plus tard. « NON ! » bondit Reyes, soudain très réveillée. « John, où est le père Nöel avec qui tu discutais tout à l’heure ? Le dernier. » Doggett regarda autour de lui pendant que les autres agents scrutaient les écrans. « Je ne le vois pas ! » finit par reconnaître Doggett. « File là ou tu l’as laissé, on te rejoint ! » dit Reyes dans le micro avant de sortir en courant du camion, Danes sur ses talons. Doggett courait lui aussi. Au moment où il arriva au lieu de la pause il crut apercevoir son collègue tourner dans une ruelle. Il continua à courir tout en l’appelant. Au coin de la rue, il pensa l’avoir rattrapé. Il était au bout de la ruelle, accompagné d’un homme très petit habillé en lutin du père Noël. Tous deux contemplaient quelque chose derrière un grand carton posé contre le mur. Il s’arrêta, essoufflé. « Désolé les gars, je me demandais où vous allier. » dit-il en avançant plus doucement. Aucun des deux ne répondit. L’homme habillé en lutin fit signe au père Noël de passer devant et celui-ci passa derrière le carton, immédiatement suivi par le lutin. Reyes et Danes arrivèrent au moment où le lutin disparaissait derrière le carton. Doggett, incrédule, s’approcha. Mais il ne put que constater que les deux hommes avaient disparu. « Ils sont là ? » demanda Danes. Doggett secoua la tête. Les trois agents se mirent alors à fouiller la ruelle, renversant les cartons, tâtant les murs à la recherche de passages secrets. A la nuit tombée, ils abandonnèrent n’ayant rien trouvé. Un autre père Noël avait disparu, cette fois devant leurs yeux et le principal suspect était un lutin. La nuit allait être longue. COMMISSARIAT CENTRAL, LA NOUVELLE-ORLEANS 22:25. Dans la salle de réunion où se tenait le débriefing, les quatre agents étaient la risée des policiers. « Un nain déguisé en lutin, hein ? On devrait peut-être prévenir les Stups… pour vous, je veux dire. » dit l’un d’eux en riant. « Très drôle, vraiment. Cependant nous avons des hommes à retrouver. » Lui rappela Doggett. Les agents laissèrent les policiers retrouver leur sérieux puis Bledel commença le débriefing. « Nous avons maintenant sept disparitions. Inutile de vous dire que c’est beaucoup trop. Cependant pour la première fois, nous avons assisté à l’un des enlèvements. Les portraits robots que l’agent Reyes est en train de vous distribuer seront affichés un peu partout et chaque patrouille devra en posséder une. Il faut retrouver cet homme. » « En gros on cherche un nain déguisé en lutin, juste avant Noël, ça va être un jeu d’enfant ! » dit un policier. « On ne vous demande pas d’être sarcastique, trouvez cet homme, un point c’est tout ! » s’énerva Doggett. Doggett était de moins en moins patient. En tant qu’ancien policier il comprenait très bien les réactions de ceux-ci et son esprit logique tendait même à leur donner raison. Cependant il ne pouvait faire abstraction de ce qu’il avait vu. Les affaires non classées lui avaient appris à ne pas forcer une « explication logique » sur des faits juste parce qu’il ne voulait pas croire. L’ordre de Doggett avait troublé le calme relatif de la réunion. A présent, il régnait un brouhaha assourdissant. Finalement lassée de tout ce bruit, Reyes frappa du poing sur la table. Ses yeux noirs lançaient des éclairs et les conversations cessèrent petit à petit. « Est-ce qu’il y a des questions ? » Sa voix était posée mais ferme. « Et pour le traîneau ? » demanda quelqu’un au fond de la salle. Reyes fit taire les rires en lançant un regard glacial puis laissa Doggett répondre. « Le témoin n’est toujours pas valable, à presque trois pour cent d’alcool dans le sang, il aurait tout aussi bien pu voir un éléphant bleu. Cependant, notre principal suspect étant déguisé en lutin, tenez compte du traîneau mais oubliez le « volant ». » Cette fois, il n’y eut que des hochements de tête et la réunion continua dans le calme jusque tard dans la nuit. ACTE DEUX **** SIEGE DU FBI, 24 DECEMBRE, 09:00. Reyes et Doggett arrivèrent en même temps devant la porte du FBI. Il semblait régner à l’intérieur du bâtiment une animation inhabituelle. A peine les deux agents avaient-ils franchi la porte qu’ils furent encerclés par une nuée de lutins. Ils formaient dans le hall du FBI un groupe hétéroclite et braillard. Doggett tentait de se frayer un chemin quand il vit Edna Pearson fendre la foule dans sa direction. Il était clair qu’elle était furieuse et que cette mascarade allait leur retomber dessus. Danes apparut soudain à leurs côtés. « On est en train de les trier. On renvoie les trop grand, les trop gros, etc. Tous les agents présents sont en train d’interroger ceux qui répondent à la description. Et d’ailleurs, j’y vais aussi. » dit-il en pointant un lutin à côté de lui. Doggett et Reyes ne l’avaient pas vu, et pour cause, il arrivait à peine à la taille de Danes. « Bon courage » souffla celui-ci avant de s’éloigner rapidement. « Agent Reyes, Agent Doggett, est-ce l’un d’entre vous pourrait m’éclairer sur ce qu’il se passe ici ? » demanda Pearson d’un ton sec. « John, je te laisse expliquer à Madame Pearson notre journée d’hier. Je vais aider les autres. » dit Reyes avant de suivre la direction que Danes avait pris. Pearson croisa les bras, visiblement peu encline à la patience. Doggett lui lança un sourire crispé. « En fait, c’est très simple. » commença-t-il. De son côté Monica avait rejoint Bledel. « Agent Reyes, formidable ! » dit-il en la voyant. « Vous en prenez un avec vous. Allez l’interroger. » Devant lui se tenait un petit groupe de lutin qui ressemblaient à celui qu’ils avaient vu la veille. « Autant vous dire qu’ils ne sont pas content d’être là. Je vois que Doggett s’occupe de Pearson… à moins que ce ne soit l’inverse. » « Vous pouvez toujours aller l’aider, Alex. » Elle fit signe à l’un des lutins de la suivre. « Je suis “très” occupé. » répondit-il à Monica qui partait déjà en souriant. Il se tourna vers les lutins. « Bon, comme je vous le disais, nous faisons aussi vite que possible. Il s’agit juste de vous poser quelques questions. » Le groupe s’agita et tous commencèrent à s’énerver, invoquant leurs droits constitutionnels et pointant leurs doigts sur Bledel. Cependant un peu à l’écart de ce groupe d’excités, un lutin contemplait l’absence de décoration de Noël. « Incroyable » dit-il en tournant sur lui-même, « pas une seule guirlande. » Il était aussi petit que les autres, mais plus mince. Ses vêtements étaient d’un vert plus lumineux et d’une façon générale, chaque personne qui le croisait trouvait son déguisement bien plus beau que la moyenne. Son chapeau rouge semblait être collé à sa tête, il avait beau agiter la tête dans tous les sens, le chapeau restait bien en place. La petite cloche fixée à son extrémité tintait joyeusement, en rythme avec celles de ses chaussures. « Il y a sûrement un sapin. » fit remarquer le lutin en s’éloignant du groupe vindicatif qui demandait à présent le remboursement de leur journée de travail. Mais à peine avait-il fait un pas que l’agent Danes l’intercepta. « Vous, suivez-moi. » Sans dire un mot et sans paraître troublé par les manières un peu brusque de l’agent du FBI, il le suivit dans l’une des salles d’interrogatoire. SIEGE DU FBI, LA NOUVELLE-ORLEANS, 11:00. L’agent Danes sortit en courant de la salle où il était entré quelques heures plus tôt. Il heurta un de ses collègues et sans même s’excuser, il demanda où était Reyes. « Salle 4, mais pour… » Danes n’entendit pas la fin, il était déjà parti. Il entra en trombe dans la salle 4 et supplia Monica de venir immédiatement. Surprise, elle s’excusa auprès de l’employé du K-mart qu’elle interrogeait et suivit Danes. « Je crois que je tiens une piste, ce type est complètement fou, ça fait deux heures qu’il parle sans arrêt et qu’il répond à côté, à chacune de mes questions. J’ai bien cru que j’allais devenir fou moi aussi. Finalement, il vient de me lâcher que lui et ses copains recherchent des pères Noël. J’ai l’impression que c’est une secte ou un truc comme ça. » l’informa Danes sur le chemin. Quand elle entra dans la pièce où Danes avait interrogé le lutin, celui-ci était perché sur la table. Il tentait en vain d’accrocher une boule de gui au néon qui éclairait la pièce. Quant il vit Reyes, un énorme sourire apparut sur son visage. « Bonjour ! Formidable, merci ‘lagendanes’ ! Je suis Páidí. Je n’arrive pas à accrocher ça au plafond, ce serait très aimable à vous de m’aider. » « Descendez de là ! » hurla Danes. Páidí le regarda en souriant. « Oui, vous avez raison, il vaut mieux que je lui laisse la place ! » Il sauta à terre et tendit le gui à Monica, mais avant qu’elle n’ai pu le prendre Danes l’avait arraché des mains du lutin. Reyes lança un regard appuyé à son collègue en lui reprenant avec autorité le gui. « Merci Scott, à tout à l’heure. » Elle s’adressa ensuite au lutin qui se tenait toujours devant elle. « Nous accrocherons le gui plus tard, d’accord ? » « Oui, oui, bien sur. » dit-il en retournant s’asseoir. « D’habitude c’est SC qui s’occupe de les accrocher lui-même au plafond, il est plus grand c’est plus facile. » L’espace d’un instant, son sourire s’effaça et c’était comme si une ombre était passée sur lui. Mais très vite il se ressaisit. « ‘Lagendanes’ m’a dit que vous auriez des questions à me poser ? » « Oui, heu, Páidí, c’est ça ? » le lutin acquiesça. « Je suis Monica. Je recherche des gens qui ont disparu… » « Ah moi aussi, je recherche quelqu’un ! » l’interrompit le lutin. Il se mit debout sur sa chaise. « C’est marrant ça, quand je le dirais aux autres ! Comment s’appellent ceux que vous recherchez ? Moi c’est SC, c’est mon patron ! Mais attention il est très gentil, il est grand, ah oui ça, très grand, comme ça à peu près… » Il avait sauté sur la table et avec sa main, montrait une hauteur d’environ 1m80. Il sauta à nouveau à terre et commença à marcher de long en large dans la pièce. « … enfin, il a disparu, c’est pas qu’il veut pas faire son travail, mais c’est que, vous comprenez ça devient dur et puis il est fatigué, il oublie des choses. Alors quand il a disparu y’a un mois, on est parti le chercher ! C’est à cause de Fringuant et Mégère, les pauvres, ils dépérissaient à vu d’oeil sans lui, je sais pas comment il a fait pour les oublier ! J’ai peur qu’ils perdent un peu la tête. En plus moi si j’en oubliais un - non pas que je veuille en oublier - ce serait plutôt Fougueux, il me marche tout le temps sur le pied ! bah ! Et vous ? » « Pardon ? » demanda Reyes qui était complètement abasourdie par le monologue de Páidí. « Qui recherchez-vous ? » demanda gentiment le lutin. « Des pères Noël. » Páidí fronça les sourcils. « Je ne comprends pas, des pères Noël ? Mais il n’y a qu’un SC ! » A ces mots, Monica sortit de sa léthargie. « SC, c’est Santa Claus ? » « Et bien oui ! pas Steven Cpielberg ! » Le sourcil droit de Reyes se souleva. « Steven Sp.. peu importe ! Vous dites que vous recherchez le Père Noël, c’est ça ? » « Oui, il est parti il y a un mois, et on commence à s’inquiéter, c’est bientôt le 24. » C’est à ce moment que Doggett entra suivi de Danes. « Oh chouette, il est encore plus grand ! Bien joué ‘lagendanes’, il va même peut-être nous aider à installer un sapin ! » « Qu’est-ce qui se passe ici ? » « John ! Je crois que j’ai compris ce qu’il se passe. » Elle l’entraîna à l’extérieur en le tirant par le bras. Juste avant que la porte ne se referme sur eux, elle la bloqua du pied et passa la tête dans l’entrebâillement. « Páidí, vous pouvez rester avec Danes un moment ? On s’occupera du gui un peu plus tard. Je crois qu’on va vous aider à retrouver SC ! » « Formidable ! » s’écria le lutin qui à présent bondissait dans sur place. « Monica ? Vous savez où je pourrais trouver un sapin ? » « Demandez à Danes. » dit-elle en partant définitivement. RESTAURANT CHEZ BRUNO, LA NOUVELLE-ORLEANS, 12:00. Reyes et Doggett étaient partis déjeuner pour qu’elle puisse lui expliquer sa théorie. Assis dans un coin du restaurant, ils parlaient de leur affaire devant leur assiette. Doggett ne pouvait toujours pas croire ce que lui racontait sa coéquipière. « Enfin Monica, un lutin du Père Noël ? tu as perdue la tête ? » « Mais réfléchis John – tu manges ça ?- tout concorde ! » Il lui fit signe de prendre ses épinards, ce qu’elle s’empressa de faire. « Tout ? » dit-il, perplexe. « Il a parlé de Mégère, Fougueux et Fringuant ! » Doggett la regarda stoïquement. « Enfin, John, ce sont trois des rennes du père Noël. Et puis, il a dit qu’il cherchait Santa Claus » « Celui qu’il appelle SC ?! Enfin Monica, c’est n’importe quoi ! C’est juste un fou ! » « Le père Nöel a disparu et ses lutins le cherchent à la Nouvelle-Orléans… Ok, je me suis peut- être emportée en disant que le père Noël existait… » « Tu m’étonnes… » murmura Doggett dans son assiette. Reyes continua comme si elle n’avait pas entendu. « …mais je suis sûre que, fou ou pas, Páidí, peut nous aider à retrouver les pères Noël. » « Et comment il ferait ça ? » demanda Doggett en finissant son morceau de poulet. « Je crois que c’est lui et les autres lutins qui les enlèvent en croyant que c’est le vrai. Ca expliquerait le traîneau volant. » avoua Reyes d’une seule traite. Doggett faillit s’étouffer en l’entendant. Il toussa puis, ayant vérifié qu’elle ne plaisantait pas, il jeta sa serviette sur la table. « Et moi qui croyais qu’après le coup du tueur numérologue, tu m’avais tout fait ! » Ils finirent leur repas et retournèrent au siège du FBI. Là, Danes se précipita sur eux. « Merci de m’avoir laissé avec lui, vraiment ! Au fait, vous me devez 30 $ pour le sapin. » dit-il. Il leur montra le sapin qui trônait à présent dans un coin. Páidí était en train de le décorer tout en parlant à Pearson qui l’écoutait patiemment, tout comme Bledel. Reyes, Doggett et Danes s’approchèrent du groupe. Le lutin expliquait à quel point il était important de bien équilibrer les décorations sur le sapin et ne semblait pas vouloir s’arrêter. Le sapin était beaucoup plus grand que lui mais quelqu’un avait apparemment fourni à Páidí un escabeau. Il avait décoré le sapin avec de nombreuses guirlandes rouges et or et il accrochait à présent des boules qui scintillaient en se balançant au bout des branches. « Monica ! » s’écria le lutin qui venait d’apercevoir la jeune femme. « Je vais devoir y aller, les autres vont se demander où je suis ! J’ai passé une très bonne matinée ! » « Attendez un peu, où est-ce que vous voulez aller exactement ? » demanda Doggett. « A la maison. Avant je vais peut-être faire un tour au centre commercial au cas où je croiserais SC. Mais à priori notre dernière chance de le retrouver sera sur le bateau, j’en ai peur. » « Le bateau, quel bateau ? C’est la première fois que vous parlez d’un bateau. » Le lutin prit le bras de Doggett qui était à côté de lui et regarda sa montre. « Je n’ai malheureusement pas le temps mes amis, le bateau part à deux heures. » Il lâcha le bras de Doggett et plongea la main dans sa tunique. « Mais, j’ai le temps de finir le sapin par… l’Etoile ! » s’écria-t-il en sortant une grande étoile de sous sa veste. Il monta précipitamment sur l’escabeau et installa l’étoile à la cime de l’arbre de Noël. Il sauta ensuite au pied du sapin et brossa ses vêtements. « Páidí, nous ne pouvons pas vous laissez partir sans savoir où vous allez. » dit Reyes. « Oui, je pourrais vous donner l’adresse mais nous n’avons pas fait le changement depuis qu’on a fait venir la maison, je m’en voudrais de vous envoyer en Laponie. Hum… OH ! Mais oui ! Venez avec moi, Faranle a fait plein de gâteaux ! Peut-être que vous trouverez les gens que vous cherchez, Merfolin nous a ramené plein de sosies de SC, il a une très mauvaise vue. » « Páidí, il y a des gens déguisés en père Noël dans votre maison ? » « Oui, sept je crois, Merfolin les a fait venir et du coup on les a invité pour l’avent. C’est toujours une grande fête chez les lutins du Père Noël. » Pearson passa une main sur son front. « Très bien, Allez-y tous. Et que quelqu’un aille me chercher une aspirine. » Elle tourna les talons, laissant les quatre agents en compagnie du lutin et de son sapin. ACTE TROIS **** RUE INCONNUE, LA NOUVELLE-ORLEANS 12:45AM Les quatre agents et Páidí se tenaient devant une immense maison de style nordique. Les murs en bois étaient décorés avec des guirlandes lumineuses. Le toit était curieusement recouvert de neige. Les agents se regardèrent, perplexes. Doggett jeta un coup d’œil par-dessus son épaule : les passants ne semblaient pas remarquer l’étrangeté que représentait une telle maison au milieu des maisons typiques de la Nouvelle-Orléans. « C’est très… » commença Bledel sans pouvoir finir. « Bizarre ? » proposa Danes. « Lapon. » dit Monica. Elle lut le nom sur la boîte aux lettres : « Herrpresang og hans små menn, c’est un langage nordique. » « Venez, venez ! » s’écria Páidí en leur faisant signe de le suivre. Le chemin qui menait à la maison avait été dégagé de la neige mais le jardin des deux côtés était recouvert d’une épaisse couche de poudre blanche. Il y avait ici et là des traces de sabots mais aucun animal n’était en vue. Páidí entra sans frapper dans la maison et il fut tout de suite assailli, ainsi que ses invités par une nuée de lutins. Il régnait dans la maison une ambiance de fête. Un grand sapin trônait dans la pièce principale. Celle-ci était encombrée de tables sur lesquelles étaient posés de nombreux plats très appétissants. Des chants de Nöel résonnaient et certains lutins chantaient à tue-tête. Très vite, les quatre agents se retrouvèrent au milieu de la pièce, des verres de lait de poule à la main. Doggett remarqua l’entrée d’un groupe de Père Noël et fit signe à Reyes de regarder. Tous deux se précipitèrent vers le groupe qui s’attaquait à un plat de gâteaux. Arrivée à porter de voix, Monica appela les deux premiers noms de disparus qui lui vinrent à l’esprit. « Luke Fenning ? Harry Kunningam ? » Ceux-ci se retournèrent, la bouche et les mains pleines de gâteaux à la crème. L’un deux, le plus grand, avala rapidement et répondit. « Je suis Luke Fenning. Que puis-je pour vous ? » Reyes resta sans voix. Ces hommes étaient recherchés depuis plusieurs semaines et ils ne semblaient même pas s’en rendre compte. Après un moment d’hésitation, elle explosa. « Vous avez disparu depuis plus de 10 jours et vous me demandez ce que je peux pour vous ?! Est-ce que vous êtes inconscient ? La police, le FBI et… » Bledel arriva derrière elle et posa une main sur son épaule pour la calmer. « Je m’en occupe. Messieurs ! » appela-t-il avant de sortir son insigne « Je suis l’agent Bledel du FBI. Moi et mes collègues sommes à votre recherche, certains d’entre vous ayant disparu depuis le 11 décembre, Monsieur Kunningam ? » L’autre homme leva une main, doucement, craignant que Reyes ne lui fasse le même sermon. « Heu, ben moi… hum… attendez je finis. » bafouilla-t-il, la bouche couverte de chantilly. Doggett intervint. « Ok ça suffit ! » Il écarta Bledel et se dirigea vers le groupe de pères Nöel. « Vous avez intérêt à avoir une bonne explication. » « Il se trouve qu’on était plutôt bien ici, les gâteaux sont délicieux et les gens charmants. » dit Fenning en tendant son verre en signe de salut vers un lutin, qui fit de même. « Vous me suivez, tous ! » ordonna Doggett, énervé. « Où allons-nous ? » demanda un homme corpulent en engloutissant un muffin. « Au FBI, pour un interrogatoire. » répondit Doggett. Il en prit un par le bras et l’emmena, trouvant tant bien que mal un chemin à travers les tables et les lutins qui lui lançaient des guirlandes dorées. Les autres pères Nöel suivirent en riant après avoir emporter le maximum de gâteaux possible ; le tout sous les yeux médusées des trois autres agents. Ils se retrouvèrent tous à l’extérieur, couvert de morceaux de guirlandes. Bledel sorti son portable et appela des taxis pour pouvoir ramener les sept pères Nöel. « On les ramène et on les garde au frais jusqu’au 26. Ca leur apprendra à jouer les disparus. » dit Doggett. « John, il faudrait peut-être mieux savoir ce qui s’est passé. » fit remarquer sa partenaire. « Elle a raison ! Il vaut mieux les interroger avant. » acquiesça Danes. Doggett fronça les sourcils mais ne dit rien. Bledel, ayant raccroché, les prévint que les taxis seraient là d’une minute à l’autre. Alors qu’ils attendaient - les agents en silence, les pères Nöel en chantant « Mon beau sapin » - Páidí sortit en courant de la maison. « Monica ! Monica ! » appela-t-il « et SC ? » Il s’arrêta, essoufflé, à coté de Reyes et leva vers elle des yeux implorants. « Il faut nous aider à le retrouver, c’est le 24 ! Nous savons qu’il est sur le bateau mais nous aurons besoin d’aide. » « Páidí, je… » Elle leva les yeux et coupa nette sa phrase, tous les lutins se tenaient sur le perron, les yeux humides, les lèvres serrées et légèrement tremblantes. « Ok, vous avez gagné. » finit-elle par articuler. Tous les lutins sautèrent de joie et s’éparpillèrent rapidement. Páidí tendit alors une feuille à Reyes qui la lue attentivement : Croisière des feux de Nöel 24 décembre Débarcadère de LaSalle, Kenner’s Rivertown Célébrer Nöel d’un façon unique cette année à bord du bateau à roue "Créole Queen". Le bateau remontera le Mississippi pour voir les immense feux de joie qui illuminent le chemin de Gramercy à Lutcher. A la nuit tombée, les feux de joie sont allumés et Papa Nöel fait son apparition, apportant des cadeaux à tout le monde à bord. La croisière disposera d’un large buffet créole, d’un bar et de spectacles. Le Créole Queen partira à 3pm et rentrera à 1am Pour réserver, visitez www.neworleanspaddlewheels.com. « Nous avons eu la confirmation que SC avait réservé sur ce bateau » l’informa le lutin. « Est- ce que vous voulez bien nous accompagner ? Nous avons très envie de retrouver SC mais parfois nous sommes un peu distraits par l’ambiance de Nöel. » « C’est pas vrai ?! » ricana Doggett. Reyes ne fit pas attention à lui et continua sa conversation avec Páidí. « Le bateau part bientôt il faut se dépêcher. » « Nous sommes prêts. » lui dit le lutin. A ce moment, une grande porte sur le côté de la maison s’ouvrit et un car roula doucement hors du garage. Il était rempli de lutins qui écrasaient leurs nez contre la vitre en riant. Páidí se précipita vers le car en criant. « Je veux une place au fond ! » Reyes se tourna vers ses collègues. Deux taxis étaient arrivés et les pères Nöel y montaient toujours en chantant. Bledel avait rempli le premier taxi et partait. « Je lui ai promis. » dit Monica. Elle offrit un sourire à Doggett et Danes. John soupira, hésitant entre le mécontentement et la résignation. « Je viens avec vous, c’est plus prudent. Et il ne reste qu’une seule place dans le taxi. » « Parfait. A plus tard, John, on se tient au courant. » Elle partit en direction du car avec Danes. Doggett la regarda partir, dégoûté par l’attitude de son collègue. « Elle a raison ! Il vaut mieux les interroger avant. » répéta-t-il en imitant Danes avec une voix haut perché. Il se retourna vers le taxi et observa, morose, les quatre pères Nöel entassés à l’arrière en train de chanter. Bien qu’il ait vécu à New York, ceci allait être le pire voyage en taxi de sa vie : il le sentait. De leur côté, Reyes et Danes prenaient place à l’avant du car. Ils étaient peu rassurés par le dispositif qui permettait aux lutins de conduire. L’un s’occupait des pédales, un autre, debout sur le siège du conducteur, tenait le volant et un troisième, à côté de lui, donnait les indications pour les deux premiers. « Vous ne voulez pas que je conduise ? » proposa Danes. « Non, merci on a l’habitude maintenant » lui répondit un autre lutin en mettant le contact « il y a même quelqu’un qui fait le rétro arrière. » Les agents se retournèrent et virent Páidí leur faire un signe de la main avant de se retourner vers la vitre arrière. Il tenait un mégaphone rouge et vert, visiblement pour crier en cas de problème. Le car se mit en branle alors que les deux FBI blanchissaient à vu d’œil. CREOLE QUEEN, RIVIERE MISSISSIPPI 19:35. La nuit tombait alors que le bateau descendait doucement le Mississippi. A bord du Créole Queen, la fête battait son plein. Cependant deux passagers arpentaient le bateau sans se préoccuper de l’agitation autour d’eux. Ils arrivèrent sur l’un des ponts arrière. « On est déjà passé par là, non ? » demanda Danes. « Trois fois… au moins ! La dernière fois, il y avait une course en sac organisé par les lutins. » soupira Reyes. « Ils ont récupéré celui qui est tombé à l’eau ? » demanda Scott. Reyes hocha la tête. « Je l’ai vu dans le concours de galipettes dans la salle de restaurant. » Les deux agents avaient cessé d’être étonné par leurs nouveaux amis. Ils avaient, au départ, eu peur que les passagers ne les trouvent trop « remuant » ; mais ils avaient cru que cette bande de joyeux lurons faisait partie de l’animation et certains participaient même à leurs jeux. Finalement, seul l’équipage avait du mal à les supporter et les chassait sans grand succès. Danes et elle s’appuyèrent sur la rambarde épaule contre épaule observant les feux d’artifice tirés depuis les rives. La nuit était douce et agréable, une brise légère soufflait. Reyes frissonna et Danes, le remarquant, commença à enlever son manteau pour le lui offrir. Mais une étrange agitation attira soudain l’œil de Reyes et elle se pencha sur le pont inférieur. « Oh mon dieu ! C’est pas vrai ! » s’écria-t-elle. Elle se précipita vers l’escalier laissant Danes remettre précipitamment son bras dans sa manche. En bas, les lutins semblaient tous avoir oublié SC. Reyes et Danes avaient déjà pu, ces dernières heures, se rendrent compte du désordre que pouvaient mettre sur un bateau toute une bande de lutins. Pourtant rien n’aurait pu les préparer à ça : ils avaient allumé un feu de camp avec des bouts de bois arrachés aux bancs du navire. De hautes flammes éclairaient leurs danses et les craquements du bois couvraient à peine leurs chants et leurs rires. Autour d’eux les passagers étaient partagés entre la panique et l’amusement tandis que les membres d’équipage tentaient en vain de mettre fin à la mascarade. Monica et Scott se précipitèrent pour aider ces derniers. En arrivant en bas, Reyes tomba sur Páidí. « Est-ce que vous êtes fous ? Un feu sur un bateau ? » hurla Reyes, et pas seulement pour couvrir le bruit. « On en a eu l’idée en voyant les feux sur les berges. Vigdolinoffur s’est rappelé que SC adore les marshmallows grillés. » répondit le jeune lutin, très calmement. « Qui ? » demanda Danes. « Lui. » Páidí leur désigna un gros lutin vêtu de rouge et qui transportait un énorme sac de marshmallows. « YOUPI, il en a trouvé ! Maintenant on est certain que SC va venir, il ne résiste jamais. » ajouta Páidí avec le sourire. Il laissa les agents seuls et se précipita vers le dénommé Vigdolinoffur. Danes se tourna vers sa collègue. « Je vais chercher un extincteur. » l’informa-t-il avant de s’éloigner à son tour. Mais Reyes ne l’écoutait pas. Elle avait levé les yeux vers le toit du bateau, ayant aperçu quelque chose bouger. Au même moment, sur la rive gauche du fleuve, Doggett, Bledel et quelques policiers se tenaient à côté de leurs voitures, observant le Créole Queen avancer doucement. « Est-ce que ce n’est pas un feu là bas, à droite ? » demanda un policier. Un autre apporta des jumelles et confirma, il y avait bien un feu à l’arrière du bateau. « Bon Dieu, mais qu’est-ce qu’ils font là-dedans ! Ils vont faire couler le bateau ! » s’écria Doggett. Bledel ordonna aux policiers d’aller chercher des bateaux. « Trouvez n’importe quoi, des péniches, des barques… N’importe quoi ! Fabriquez des radeaux s’il le faut. » Quelques minutes plus tard, Doggett et Bledel naviguaient dans des barques trouvées un peu plus loin. Leur « flotte », composée d’embarcations de fortune et conduite par des policiers loin d’avoir le pied marin, s’approcha doucement du Créole Queen. Les policiers qui ramaient avaient bien du mal à se synchroniser, ralentissant leur progression. A bord, la panique avait fini par s’emparer de tous. Le bateau avait commencé à prendre l’eau et les passagers avaient embarqué dans les canots de sauvetage. Les policiers s’occupèrent des quelques passagers qui n’avaient pas encore trouvé de places. Doggett et Bledel laissèrent leurs places dans les barques aux lutins qui y montèrent plein d’entrain, la panique qu’ils avaient provoqué n’ayant en rien entamé leur enthousiasme. Doggett marcha directement vers les membres d’équipage qui tentaient d’organiser un semblant d’évacuation. Il sortit son badge, laissant à peine le temps à Bledel de le rattraper. « Agent Doggett, FBI. Deux de mes collègues sont sur ce bateau, il faut les retrouver. » L’homme a qui il s’adressait ne lui accorda même pas un regard. « Chercher dans les canots de sauvetage, ils sont sûrement déjà partis. » répondit-il. Bledel sentit que Doggett était tendu, prêt à éclater. Il l’éloigna du membre d’équipage. « Allons demander à quelqu’un d’autre, John. » Ils s’approchèrent d’une jeune femme qui finissait de remplir un canot. « Bledel, FBI. Nous cherchons deux agents qui sont à bord de ce bateau…. Ils ne sont pas dans les canots » s’empressa-t-il d’ajouter. « Vous n’avez pas des photos, agents du FBI, c’est une peu court comme description. » dit la jeune femme. Bledel allait répondre par la négative quand il vit Doggett mettre la main dans sa poche intérieur. « Hum… j’ai une photo de l’agent Reyes. » dit-il en évitant le regard de son collègue qui haussa les sourcils, amusé. « Une photo de Monica, hein ? » fit-il. John lui lança un regard noir qui n’eût pour effet que de faire sourire Bledel. « C’est très utile pour la retrouver. » ajouta-t-il un peu tristement. Il pensait à la dernière fois où il avait du utiliser la photo. Mais la femme le sortit de ses sombres pensées en lui hurlant à l’oreille. « Ah oui ! Je la reconnais, elle est montée au moment où on s’est aperçu que l’on coulait. Je lui ai crié de redescendre mais elle ne m’a pas écoutée. » « Par là ? » demanda Doggett en montrant une échelle « Oui mais… attendez, vous ne pouvez pas… ON COULE ! » les deux hommes s’étaient déjà engagés dans l’escalier, Doggett en tête. TOIT DU CREOLE QUEEN, 19:45. Après de longues minutes de recherche, Monica avait fini par trouver le Père Nöel. « Hum…. Père Nöel ? » l’appela-t-elle doucement, ne sachant comment le nommer. Il se retourna et un grand sourire illumina son visage. « Mais c’est la petite Monica de Chichen Itza ! » Reyes fut tellement surprise que cet homme connaisse non seulement son prénom mais aussi la ville où elle avait grandit qu’elle en oublia de parler pendant un moment. Elle ne manqua pas cependant d’observer ce « Père Nöel ». Il ressemblait à l’image que Monica – et la plupart des gens – se faisait de celui-ci : taille moyenne, rondouillard, une longue barbe blanche. Par contre, au lieu de porter le traditionnel costume rouge et blanc, il était vêtu d’un costume classique, noir, d’une chemise bordeaux et d’une affreuse cravate rouge décorée de sapins vert et qui jurait avec le reste. SC rit doucement en voyant l’expression sur le visage de Reyes. Il pointa son front et ajouta : « Je n’ai pas complètement perdu la tête. Je me souviens de tous les enfants, de tous. » Monica sourit. « Vos… lutins vous cherchent partout. Ils étaient très inquiets, ils le sont toujours je crois… Est- ce que vous allez bien ? Nous sommes le 24 décembre et… » Le Père Nöel l’interrompit. « Je sais. J’avais besoin de me reposer un peu et de voir autre chose que des cheminées. J’ai bien essayer de leur en parler, mais les lutins sont un peu… » « Dissipés, excités, passionnés, fous ? » essaya Reyes. SC se contenta de sourire. « Ne vous inquiétez pas, les cadeaux arriveront à temps, j’ai tout prévu ! » dit SC, enthousiaste. « Vous êtes vraiment le Père Nöel ? » demanda Monica, sans y croire. SC sourit à nouveau et éclata de rire : un magnifique et retentissant « HO HO HO ». Reyes allait réagir quand elle entendit Doggett et Bledel derrière elle. « Monica ! Qu’est-ce que tu fais encore là ? Le bateau brûle, il faut sortir de là. » cria Doggett en arrivant à la hauteur de sa partenaire. « John, c’est le Père Nöel, le vrai ! » lui dit-elle, toute excitée. « Quoi ? Pas encore ! On a pas le temps, il faut y aller. Alex, occupe-toi de… ce monsieur. » Doggett regardait l’homme d’un drôle d’œil. « SC. » l’aida Monica. Doggett ne réagit pas. Ils se précipitèrent tous les quatre dans les escaliers. Arrivés tout en bas, ils s’aperçurent que tous les canots étaient partis. « Je croyais que le capitaine devait être le dernier à quitter le navire. » commenta Bledel. Doggett le regarda du coin de l’œil. « Tu as trop regardé Titanic, Alex. » « Ils ont du croire qu’il n’y avait plus personne. » dit Reyes. Elle regarda autour d’elle à la recherche d’un canot. Bledel se pencha par-dessus bord. « Pas question de sauter, c’est trop dangereux et l’eau est trop froide. » « Ce sera pourtant la seule solution si on ne trouve pas de bateau, et vite ! » Déjà, le bateau commençait à s’enfoncer. Les flammes avaient beaucoup avancé et les menaçaient maintenant directement. Pendant que les autres regardaient à droite et à gauche, SC fouillait dans son costume. « Je suis sûr de l’avoir vu il n’y a pas longtemps. » marmonnait-il dans sa barbe. Finalement il sortit un grand carré jaune en plastique de sa veste, et le déplia. « Le voilà ! J’espère qu’il est assez grand. » A la plus grande surprise des trois agents, le carré jaune enfla tout seul et un bateau gonflable apparut. « Wow ! » s’exclamèrent en cœur les agents. « Co… Comment avez-vous fait ça ? » demanda Bledel, ayant récupéré du choc. « C’est le dernier modèle ! » répondit Santa Claus. Il jeta le bateau à l’eau et monta à bord. Il aida Reyes puis Bledel et Doggett suivirent. Ces derniers prirent les rames et commencèrent à éloigner leur bateau du Créole Queen. Ils finirent par rejoindre les deux canots où s’étaient rassemblés les lutins. « Ils brûlent bien ! Je me demande quel genre de bois c’était. » disait l’un d’eux en parlant du Créole Queen qui s’enfonçait maintenant rapidement dans l’eau. « Moi je trouve ça joli ! » ajouta un autre. Il y eut un craquement et l’une des roues du Créole Queen s’affaissa. « Oh ! » firent les lutins avant d’applaudir. Puis Páidí aperçut le Père Nöel et commença à sauter de joie, faisant dangereusement tanguer leur canot. « SC ! SC ! SC ! » Les autres lutins commencèrent à faire de même : crier, sauter, hurler au Père Nöel à quel point il leur avait manqué. Mais SC, d’un geste net et autoritaire de la main les calma. « Vous avez mis en danger la vie de ces gens » dit SC d’une voix forte tout en désignant les passagers qui avaient tous atteint la berge. « Je vous croyais moins inconscients que ça ! Est- ce que vous êtes devenus fous ? Comment êtes-vous arrivés ici ? » Tous les lutins se mirent à parler en même temps, expliquant, s’excusant. « STOP » cria le Père Nöel. « Páidí ? » Celui-ci se gratta la tête, gêné. « On est, en quelque sorte, venu avec la maison… » hésita-t-il. SC soupira, abasourdi. « Très bien, je m’occuperai de vous plus tard, il faut commencer la distribution. » Pendant la discussion, Doggett, Bledel et les policiers qui accompagnaient les lutins avaient continué à ramer. Ils atteignirent la rive et tous mirent précipitamment pied à terre. Le Père Nöel remercia Monica et la prit dans ses bras. « Ce n’est pas un livre sur les baleines que tu voulais ? Nöel 86 ? » « Si. » souffla Reyes. Il prit ensuite par surprise Doggett, Bledel et Danes, qui les avaient retrouvés, en les prenant chacun leur tour dans ses bras. « John, un bateau de pirates. » « Alex, un coffret de magie. » « Scott, une voiture télécommandée. » Il s’éloigna ensuite, ne se retourna qu’une seule fois, leur adressant un signe de la main. Les lutins le suivirent en courant. « Je veux conduire le traîneau, SC, c’est mon tour ! » criaient-ils tous. Seul Páidí resta un peu en arrière. « Merci ! Enormément ! » dit-il aux agents « J’espère qu’on se reverra. » Comme SC il leur fit un signe de la main avant de partir en courant rejoindre les autres. Reyes, Doggett, Bledel et Danes se sentirent d’un seul coup bien seuls malgré la foule des passagers et les policiers qui les entouraient. « C’est plus calme… d’un coup. » fit Danes, presque triste. ACTE QUATRE **** APPARTEMENT DE SCOTT DANES, LA NOUVELLE-ORLEANS. 25 DECEMBRE, 13:25. On sonna à la porte et Danes se précipita. « C’est à cette heure là qu’on arrive ? » demanda-t-il sur le ton de la plaisanterie. « J’étais au téléphone avec ma sœur, désolé. » répondit Doggett en tendant la bouteille de vin qu’il avait apporté. « Bonjour à tous. » Dans le salon de Scott étaient rassemblés tous les agents qui avaient travaillé la veille sur « l’affaire des pères Nöel ». Depuis le canapé, Monica lui fit signe de venir. Il s’assit à côté d’elle. « Tu as le bonjour et le, je cite : ‘Noyeux Jöel’ d’Andrew. C’est gentil de m’avoir gardé une place. » « En fait c’est celle de Scott. Mais il a déjà essayé de m’entraîner trois fois sous le gui, j’ai besoin de toi pour me protéger. » murmura-t-elle. « Quoi ! Monica Reyes demande une protection ? » Doggett fit semblant d’être choqué. « Chut ! Je ne veux pas le vexer. » souffla-t-elle. « Qu’est-ce que le Père Nöel t’a apporté ? » reprit-elle normalement. « Plein de choses, dont un bateau de pirates en lego, merci Monica, tu n’aurais pas dû ! » dit-il, sarcastique. « Mais de rien… Je ne t’ai pas encore donné mon cadeau.» répondit-elle, surprise. « Tu plaisantes ? » Bledel s’immisça dans la conversation. « J’avais un paquet bizarre sous mon sapin : un coffret de magie. C’est ce que je voulais quand j’étais gamin et je ne l’ai jamais eu, avant aujourd’hui… Tiens c’est bizarre, je crois que ce SC m’a murmuré quelque chose comme ça à l’oreille avant de partir. » « John, tu n’as pas déposé de cadeau chez moi ? » demanda Monica. « Non, ton cadeau est dans ma voiture. » Elle plongea la main dans son sac. « Alors, qu’est-ce que c’est que ça ? » dit-elle en sortant un livre intitulé ‘Les baleines’. Danes arriva par derrière et s’appuya sur le canapé, une télécommande de jouet dans les mains. « Vous avez vu ma nouvelle voiture ? Je rêvais d‘une comme ça quand j’avais 8 ans.» Sous la table basse roulait une Ferrari miniature. Doggett, Reyes et Bledel échangèrent des regards mi-horrifiés, mi-interrogateurs. « C’était le Père Nöel ! » s’écria Reyes en se levant. Les autres se retournèrent. Doggett leva les yeux au plafond. « Monica ! » « Quoi ?! John, ces cadeaux en sont la preuve ! » « C’est juste un ‘truc’, c’est dans nos têtes. On imag…» « Ta seule joie est de me prouver que j’ai tort, hein ? Enfin, tu ne vois pas que… » Bledel et Danes s’éloignèrent, voulant à tout prix éviter d’être mêlés à la dispute. Pendant que Reyes et Doggett se disputaient, à l’extérieur, très haut dans le ciel, passa comme une étoile filante. Mais toute personne qui aurait été attentive aurait pu entendre un rire franc et sonore et peut-être même voir voler un traîneau tiré par huit rennes. FIN =================== LES PERSONNAGES DE JOHN DOGGETT ET DE MONICA REYES SONT LA PROPRIÉTÉE DE LA FOX ET DE CHRIS CARTER. CE SCRIPT EST LA PROPRIÉTÉ DES AUTEURS. LES REPRODUCTIONS EN PARTIE OU EN INTÉGRALITÉ SONT INTERDITES. POUR TOUTES UTILISATIONS, L’AUTORISATION DES AUTEURS ET DE LA SAISON VIRTUELLE DE DOGGETT ET REYES EST OBLIGATOIRE. © 2001-2003 =================== 1 22