¤ SAISON VIRTUELLE DE DOGGETT ET REYES ¤ 1SV79 : PILOT 2/2 par Milagro et MarieEve ************************************* Diffusé le : 3 novembre 2002 Catégorie : 18+ Violence, Horreur VISITEZ-NOUS SUR LE WEB http://xfsc.mu3d.com/saisonvirtuelle ************************************* ================ PRECÉDEMMENT DANS LA SVDR : À peine de retour à la Nouvelle-Orléans, sous les ordres de la nouvelle Directrice, Mme Edna Pearson, l’agent Monica Reyes se retrouve confrontée à une affaire d’enlèvement d’enfant : une petite fille de neuf ans qui aurait été kidnappée par un couple de sadiques. Sans le savoir, Reyes met John Doggett, toujours à Washington, au courant de cette affaire en demandant l’aide d’Edie Boal, une connaissance de ce dernier, pour analyser une substance qui les mènera sur la piste des criminels et de la petite. Celle-ci ne reste pas sans rien faire et la dernière fois que nous l’avons laissée, elle était sur le point de s’échapper malgré avoir dû s’infliger de graves blessures pour y arriver. ACTE IV FERME DES RAVISSEURS 18:12 PM Le couple maudit s’était vêtu de nouveau de noir, mais cette fois, ils avaient en plus avec eux un sac à dos en cuir que la femme portait. À l’intérieur, il y avait des ustensiles de cuisines divers, des bougies et quelques épices… Ils allaient chercher la petite, car l’heure du rituel était venu : la lune s’élevait dans le ciel. Cela ne servait à rien d’attendre, surtout qu’ils avaient déjà eu un aperçu du goût de cette petite. Ils ne pouvaient attendre plus longtemps. La faim les tenaillait. À mi-chemin entre la maison et la ferme, l’homme se sépara de la femme pour aller chercher l’automobile avec laquelle ils avaient amené la petite plus tôt et qui était peu éloignée de la bâtisse. La femme, en ouvrant la porte non verrouillée de la ferme, vit tout de suite les menottes de la petite sur le sol, baignant dans une flaque de sang. Elle regarda tout autour d’elle, dans la pièce peu encombrée, pour voir Jamie en train d’essayer d’ouvrir la fenêtre du fond. Sans attendre la femme courut vers la petite qui avait réussi à ouvrir la fenêtre et qui était sur le point de s’enfuir. Jamie paniquait et bien qu’elle fût environ à un mètre du sol en contrebas de la fenêtre, elle se jeta littéralement par l’ouverture avant que la main de la femme ne l’attrape. Comme elle tombait durement sur le sol couvert de cailloux et de branches, Jamie entendit la femme crier après son mari pour qu’il l’attrape. En tombant, Jamie s’était blessée au bras et avait senti une onde de douleur la parcourir jusqu’à la pointe des orteils. Malgré tout, elle ne pouvait se permettre aucun répit et se releva le plus rapidement possible. LES BOIS 18:15 PM Alors elle se précipita dans les bois. Courant le plus vite possible, malgré les branches coupantes lui fouettant le visage et qui lui laissaient quelquefois des coupures assez douloureuses. Jamie ne savait pas vers où elle courait, mais l’important pour celle-ci était de mettre le plus de distance possible entre ces deux monstres et elle. Après quelques minutes, elle sentit ses jambes qui chancelaient et sa vue qui semblait se brouiller. Elle ralentit et se cacha derrière une grosse roche pour examiner sa blessure. Sa plaie saignait toujours et ce n’était pas joli. Elle se disait qu’elle avait dû couper une artère ou quelque chose du genre. Bien qu’il faisait froid, Jamie déchira une partie de son pantalon pour bander sa blessure, comme on le lui avait appris à l’école. Avec un peu de chance, croyait-elle, cela allait peut-être arrêter l’hémorragie. Cependant, elle ne savait pas où elle était et surtout où ces sadiques étaient. Le plus prudent, jugea-t-elle, était de se cacher. Elle rampa entre un tronc couché sur le sol et un bosquet assez touffu pour se mettre hors de vue. Alors qu’elle terminait à peine cette manœuvre, Jamie s’évanouie. FERME DES RAVISSEURS 18:17 PM Tout semblait calme, mais plusieurs voitures arrivèrent sur les lieux. Des agents en sortirent avec leurs armes à la main. Trois d’entre eux se dirigèrent vers la maison, tandis que les agents Wallace et Doggett se dirigèrent, eux, vers la ferme. Il y avait toujours de la lumière dans les deux bâtiments. Doggett avait comme une mauvaise impression concernant ce qu’ils allaient trouver. Doggett, arme au poing, demanda d’un signe si Wallace était prêt à entrer dans la bâtisse. Après une réponse affirmative, John ouvrit la porte d’un coup de pied et laissa passer Wallace qui se précipita directement vers la femme en noir qui s’était cachée dans le bâtiment. Profitant de son effet de surprise, la femme donna un bon coup de bâton rétractable en métal derrière le crâne de Wallace qui n’eut pas le temps de réagir. Il fut aussitôt assommé. Alors que Doggett pointait son arme vers la femme pour tirer, celle-ci le frappa avec le bâton sur le bras, lui faisant perdre son arme à feu qui tomba avec un bruit métallique sur le sol. Les autres agents étaient trop occupés à fouiller les autres recoins pour voir la porte de la grange être vivement refermée par la femme qui se mettait entre la sortie et Doggett pour l’empêcher d’alerter des secours. Notre agent ne pouvait pas se risquer à se pencher pour reprendre son arme et devenir une cible facile pour cette détraquée et son bâton. Doggett savait comment une tige d’autodéfense pouvait faire mal et ne voulait pas se retrouver sur le sol comme Wallace. Avant que celle-ci ne bouge, John se jeta sur la femme avec la rapidité d’un félin pour saisir le bâton par l’extrémité et essayer de le lui arracher, mais contrairement à ses plans, la femme utilisa son propre élan pour le plaquer face contre le mur derrière elle. Il n’eut que le temps de se retourner pour voir la femme lui planter une seringue dans le cou. Elle injecta la substance en vitesse et Doggett put seulement réussir à enlever la seringue avant de tomber lourdement sur le sol… conscient ! - "Ouf !!! On doit avoir une minute ou deux avant que les autres agents ne vous cherchent.", lui dit la femme en noir. La femme riait un peu en replaçant ses quelques mèches sur son visage. John était sur le sol, sa joue contre le sol poussiéreux, paralysé, incapable de parler, mais conscient de ce qui se passait. - "On peut dire que tu es un dur toi ! Tu te sens mieux là ?, lui dit-elle." Elle sortit un couteau de chasse de son sac et se pencha au-dessus de Wallace, toujours inconscient. Après avoir relevé sa tête, la femme lui coupa le cou de sang froid. Doggett, horrifié par la scène, ne pouvait pas bouger, mais il ferma les yeux. Le sang et la vie de l’agent Wallace s’écoulaient avec ces derniers battements de cœur et une énorme flaque de sang se forma. FERME DES RAVISSEURS 18:20 PM Les agents sortirent de la maison pour fouiller les alentours. Au même moment, deux autres voitures arrivèrent. De la première, sortirent Reyes et Pearson. Reyes demanda au premier agent qu’elle croisa où était l’agent John Doggett. Ce dernier lui indiqua la ferme. Lorsqu’elle vit la porte curieusement fermée, Monica eut un mauvais pressentiment : les agents ne fermaient jamais les portes derrière eux lorsqu’ils faisaient des descentes, au contraire. Sans plus attendre, Reyes courut vers la porte en bois, tout en dégainant son arme de l’étui accroché à sa ceinture. Mme Pearson ne savait pas trop ce qui se passait pour que l’agent Reyes semble si nerveuse, mais n’hésita pas non plus à sortir son arme pour la suivre jusqu’à la porte. Il était rare qu’elle puisse se jeter dans le feu de l’action ainsi. Monica ouvrit promptement la porte d’un violent coup de pied qui la fit presque sortir de ses gonds rouillés, en criant le traditionnel : - "FBI ! Personne ne bouge." Personne ne risquait de bouger. Un agent était allongé sur le sol, face contre terre, gisant dans ce qui semblait être une mare de sang. - "Vite, un agent blessé ! Appelez les secours d’urgences !", dit Monica. Mme Pearson courut vers Wallace pour prendre son pouls, mais c’était en vain ; il était mort. Reyes regarda autour d’elle et vit la fenêtre ouverte, les menottes rouge sang sur le sol, avec un anneau toujours attaché au poteau, le verre de la bouteille cassée, mais pas de Doggett. Elle remarqua rapidement une arme à feu sur le sol et, en voyant que celle de Wallace était à ses côtés, comprit ce qui venait d’arriver à Doggett. Elle eut encore plus peur. LES BOIS 18:25 PM La femme traînait John en le tenant par les épaules à travers les bois depuis presque 10 minutes. Une chance pour elle qu’elle fut si en forme physiquement. Doggett qui était conscient, mais toujours incapable de bouger par lui-même et il ne pouvait pas parler. La femme continuait à le tirer pour ne pas qu’ils soient vus des autres agents qui étaient arrivés en masse. Elle lui parlait de temps à autre. John avait vite compris que c’était une psychopathe, mais malheureusement pour lui, elle était tout de même dotée d’une certaine intelligence. Il savait que c’était le pire genre de criminel. Elle continua en lui disant : - "T’inquiète pas mon beau. Je vais être gentille avec toi. La petite s’est sauvée, mais toi j’ai pu te piquer… Considère-toi chanceux, tu ne sentiras rien le moment venu. Qu’elle était bonne cette petite ! Je n’arrive pas à y croire ! La petite morveuse !" Tout à coup, son mari apparut. Surprise, elle lâcha Doggett qui tomba une fois de plus sur le sol. - "Tu as réussi à fuir, mon amour !", dit-il en remarquant le corps de Doggett. " Mais qu’est-ce que c’est que ça ? Et la petite, tu ne l’as pas rattrapée ?" -"Non, j’ai été surprise par ce mec et son copain. Mais ça va aller, tu vois que j’ai pensé à tout. Faut être positif, tu sais. Ça va nous en faire plus ! ACTE V LES BOIS AU MÊME MOMENT La petite Jamie errait entre le sommeil et la douleur… Toujours cachée dans les buissons derrière le tronc, elle savait qu’il ne fallait pas que ce couple maudit la retrouve. Son bras lui faisait tellement mal, et en outre elle sentait des picotements sous son bandage de fortune. En veillant à ne pas faire de bruit, Jamie rampa hors de sa cachette juste assez pour y voir grâce au clair de lune et enleva son bandage qui était un peu collé à cause du sang. Elle comprit alors la raison de la démangeaison, il y avait quelques petits insectes divers qui s’étaient réfugiés sur la chair tendre mise à nu. Jamie fut révulsée et sentit son estomac vouloir cracher le peu qu’il contenait. Mais la brume de la douleur était plus forte, et de plus du sang s’écoulait toujours de la blessure, même si l’hémorragie était faible. Elle s’évanouit de nouveau sur le sol. EXTÉRIEUR DE LA FERME 18:32 PM Les ambulanciers emportaient le corps sans vie de l’agent Wallace sur une civière alors que des experts étudiaient la scène du crime. Ils venaient de faire un rapport préliminaire à Mme Pearson sur ce qu’ils avaient constaté grâce aux lieux et aux événements : le couple se nommait Max et Joan Perry. La femme était assistante médicale dans une boîte qui avait fait des études sur l’octébirus. C’est là qu’elle avait rencontré Max, son mari, qui venait tester le médicament à cause d’un problème de malformation au cœur. Ces derniers avaient décompté les jours lui restant à vivre. C’est ainsi qu’ils s’étaient tournés vers les rituels « d’ingestion de vie ». Des livres avaient été retrouvés dans la maison. Ces rituels consistaient à mâcher certaines parties du corps d’une personne bien vivante pour se guérir soi-même. Mme Pearson discutait avec Reyes de ce qui était arrivé et lui expliqua ce qu’ils venaient de trouver. C’est alors qu’elle lui demanda : - "L’agent Doggett a sûrement été entraîné contre son gré dans les bois. Mais pourquoi son arme est-elle ici ? Les ravisseurs ne l’auraient pas prise avec eux ? " - "Je n’ai pas le temps de vous expliquer, Mme Pearson, mais j’ai le pressentiment que l’agent Doggett a certainement été drogué pour qu’il soit plus malléable. Et le sang autour des menottes sur le plancher signifie que la petite s’est peut-être enfuie, donc le couple a dû improviser…" Mme Pearson réfléchissait et constata que Reyes avait raison. Elle devait lui faire confiance. - "Je vais envoyer des hommes pour fouiller les bois, il faut les retrouver (en donnant un Walkie-talkie à Reyes). Quoi, vous n’êtes pas encore partie ? Qu’attendez-vous ?" Monica mit la radio dans sa poche et courut à l’extérieur très rapidement. Après avoir examiné le rebord de la fenêtre, Monica entra dans les bois avec une lampe de poche à la main tout en cherchant des indices sur le sol. Elle trouva non loin une chaussure de Doggett, ainsi que les traces laissées sur la terre par ses jambes traînant sur le sol. LES BOIS AU MÊME MOMENT Max et Joan avaient étendu Doggett sur le dos et enlevé son veston et sa chemise. D’après ce que John savait, ils étaient quelque part dans la forêt, au milieu de nulle part. Il ne sentait pas le froid, mais comprenait qu’il était dans une belle merde. Des bougies étaient allumées autour de lui, faisant qu’il semblait être le seul visible dans la noirceur de la forêt. Le couple avait vidé leur sac de cuir et avait sorti, en plus des bougies, des couteaux et des fourchettes. Ils étaient maintenant assis face à face avec John entre eux. Reyes marchait toujours en suivant les traces que les pieds de Doggett avaient laissées en étant traîné plus tôt par les ravisseurs. Ce n’était pas facile avec l’obscurité, mais rien n’aurait arrêté Monica. Le mari tendit un couteau bien coupant à sa femme en lui disant : - "A toi l’honneur. Coupe-moi une belle tranche saignante !" La femme rit en prenant le couteau et commença à trancher avec application une lanière dans la peau entourant le nombril de John, qui ne pouvait qu’avoir les larmes aux yeux. Le sang coulait lentement, mais Joan savait ce qu’elle faisait et finit de couper une belle tranche mesurant au moins cinq centimètres de long. Elle la tendit ensuite à son mari qui la mangea goulûment. Alors que son amour se régalait, Joan se pencha au-dessus de la blessure, plongea la langue dans la chair et la lécha. Doggett était horrifié. Jamais il n’avait vécu quelque chose d’aussi terrifiant et il ne pouvait pas bouger. Si seulement Monica avait été là, pensa-t-il. Il n’eut pas le temps de penser très longtemps qu’il vit la femme le trancher comme du bacon de nouveau. S’il avait pu hurler au moins. À ce moment-là, Reyes vit des lueurs au milieu de la nuit et éteignit sa lampe de poche en s’approchant doucement. Ce qu’elle vit était un spectacle d’horreur, John était allongé sur le dos et semblait impuissant alors que le couple le grignotait en tranchant des tranches de la peau de son abdomen. Elle les vit même verser ce qui semblait être du sel ! Elle n’en croyait tout simplement pas ses yeux. Comment avait-elle pu mener Doggett jusqu’ici. Tout ça était à cause d’elle. Une idée lui vint à l’esprit : John avait peut-être eu raison de ne pas vouloir la suivre. Cependant, Monica savait qu’il n’y avait pas une minute à perdre. Arme à la main, elle profita de l’effet de surprise pour s’avancer sans faire de bruit assez près derrière l’homme pour le frapper de toutes ses forces avec la crosse de son arme sur le crâne. Max ne vit rien venir : une seconde, il mâchait avec satisfaction une bouchée de la chair de John, l’autre, il se retrouvait dans le noir total, inconscient. Reyes n’attendit pas une seconde pour pointer son arme vers Joan qui tenait toujours le couteau près de Doggett. - "Ok ! Vous posez ce couteau et vous vous couchez sur le sol… Vite !" Après quelques secondes sans bouger, la femme tenta vivement de poignarder Doggett avant que Reyes ne puisse faire feu. Mais la drogue avait commencé à se dissiper et John pouvait maintenant bouger les bras. Il saisit sa main tenant le couteau avant qu’elle ne puisse le poignarder. Monica tira sur la femme une balle bien placée entre les deux yeux. La matière grise gicla derrière la tête de la femme en même temps que la balle ressortait. Un peu contraire à la procédure, mais elle s’assurait qu’il n’y avait pas de danger de récidive ! Elle pensa à prendre le pouls de l’homme, qui confirma qu’il vivait toujours, avant de le menotter promptement, les bras autour d’un tronc. Alors, elle prit la radio dans ses poches pour appeler des secours, en tentant de dire leur position le plus précisément possible dans la forêt. Puis elle s’agenouilla aux côtés de Doggett qui ne pouvait à peine bouger les bras et la tête. Il lui dit assez difficilement : - "Monica…" Il n’avait presque pas réussi à prononcer son nom, mais elle le comprit et lui toucha le visage maculé de larmes pour lui faire comprendre que ça irait. Reyes examina les blessures de Doggett qui n’étaient pas très jolies (plusieurs languettes de sa chair avaient été enlevées), mais aucun organe vital n’avait été touché, ce qui était l’essentiel. Il survivrait. Elle cacha sa blessure avec son propre veston, ne se souciant pas du froid. John reprenait petit à petit le contrôle de son corps, mais pas de ses émotions. Il pleurait. Reyes lui disait : - "Ça va aller John, c’est terminé… Tout va bien…" Mais en pleurant il lui répondit : - "Oui… Tu es là... Tout ira bien …" Puis, il pleura encore un peu, consolé par Reyes. - " Tu es là... Tu es là… " Reyes souffla sur les bougies, puis les ténèbres les enveloppèrent. FERME DES RAVISSEURS 30 MINUTES PLUS TARD L’ambulance transportant Doggett venait de partir. Mme Pearson discuta quelques secondes avec un des agents, puis alla rejoindre Reyes qui s’appuyait contre le mur de la maison, pensive. Mme Pearson lui dit : - "Vous devez être soulagée, c’est une vie de sauvée. Je crois savoir que c’est un bon agent, vous devez être fière agent Reyes. Même si je n’aime pas ce que je vais vous dire." Reyes sentait les larmes lui monter aux yeux. Elle se doutait bien de ce que Mme Pearson allait lui dire. Il y avait un moment qu’elle avait appris qu’il y avait toujours un prix à payer, mais aussi que rien n’arrivait sans raison. - "On a retrouvé la petite Jamie dans la forêt. Elle est morte. Si ça peut vous soulager, je crois toujours que vous avez fait ce qu’il y avait à faire. Vous n’auriez rien pu y changer. La petite est morte d’une hémorragie après avoir réussi à s’enfuir. Nous ne serions pas arrivés à temps." Reyes n’était pas si convaincue. ACTE VI NOUVELLE ORLÉANS, SIÈGE DU FBI DEUX JOURS PLUS TARD Monica était assise dans le même fauteuil qu’il y a trois jours, lors de son retour. Kimberly allait lui faire signe, dès que Mme Pearson allait pouvoir la recevoir. Elle n’avait pas d’autre choix que d’attendre. Voilà deux jours qu’elle avait vu Doggett sur le sol de cette forêt, le ventre en sang, en larmes. Depuis, elle n’avait pas eu le courage de lui demander de ses nouvelles. Elle savait de source sûre que John n’avait pas encore quitté la ville. Le téléphone sonna et Kimberly fit signe à Reyes que Mme Pearson allait la recevoir. Lorsque Reyes entra dans le bureau de sa supérieure, elle n’en crut pas ses yeux. Doggett était assis face à Mme Pearson. Comme si elle venait de reprendre conscience, elle s’avança et alla s’asseoir aux côtés de Doggett. Mme Pearson brisa le silence : - "J’expliquais justement à l’agent Doggett que le suspect principal était toujours dans le coma à l’hôpital de la ville suite au coup reçu sur le crâne. Donc aucun espoir de le voir se réveiller, car sa malformation cardiaque va sûrement le tuer d’ici quelques semaines tout au plus." Elle fit une pause. "Mais je suppose que vous vous demandez ce que l’agent Doggett fait ici ?" John regarda Reyes du coin de l’œil. - "Un peu oui !" - "Suite à cette enquête, l’agent Doggett a demandé un transfert dans notre Bureau. Requête que je vais accepter, car je crois vous avoir dit que je n’acceptais que les personnes qui pouvaient être utiles pour faire avancer les enquêtes. Eh bien, si vous aviez travaillé ensemble dès le début, peut-être que cette petite serait encore en vie aujourd’hui, sans parler de l’agent Wallace de Washington. D’après ce que j’ai appris, il n’aurait suffi que de quelques minutes pour la sauver. Nous serions arrivés quelques minutes avant et nous les aurions sauvés tous les deux. Je tiens tout de même à ce que cette situation ne se répète pas. Agent Reyes, auriez-vous un problème à ce que l’agent Doggett soit votre équipier ? (Elle regarde un moment Doggett) - "Aucun !" - "Tout va bien alors ! Je vais demander à Kimberly de vous conduire à votre nouveau bureau. Pour vous deux bien sûr, sûrement celui qui vient de se libérer au deuxième étage. Je vous avertis qu’il ne sera certainement pas aussi spacieux que celui des affaires non-classées, mais rappelez-vous une chose, je vous ai à l’œil. Vous tâcherez de donner vos expertises sur les affaires en cours, mais je veux que vous veniez me voir avant d’entreprendre quoi que ce soit. Je me fais bien comprendre je crois !" Monica et John (en posant sa main sur son abdomen) se levèrent, alors que Mme Pearson demandait à Kimberly, par le biais de son téléphone, de montrer aux deux agents leur nouveau lieu de travail. PLUS TARD BUREAU DE DOGGETT ET REYES La pièce où Kimberly avait laissé les deux agents aurait pu servir de placard étant donné ses dimensions. Il n’y avait aucune fenêtre. Un bureau placé presque au centre de la pièce était accompagné tout simplement de deux chaises (de part et d’autre du bureau), d’un vulgaire classeur, d’un téléphone et enfin d’une lampe, mais des néons éclairaient depuis le plafond. Malgré tout, Reyes se dit que c’était toujours mieux que d’être épié par les nombreux agents d’une même pièce et que finalement, ce serait très bien lorsque tous les deux seraient bien installés. Avec tous ces changements, John et Monica ressentaient le même malaise. Tous les deux réunis à nouveau dans un même bureau après tout ce qui s’était passé. John savait ce qui avait poussé Monica à revenir à la Nouvelle-Orléans, mais elle ne savait pas pourquoi Doggett avait voulu revenir auprès d’elle, mais aussi de leur travail. Elle lui demanda tout simplement, mais avec beaucoup de courage : - "Qu’est-ce qui t’a fait changer d’avis John ? Pourquoi es-tu ici ?" Il lui répondit en s’asseyant sur la chaise derrière le bureau. - "Cette petite est morte. Moi, je ne pensais qu’à moi, je ne voulais pas souffrir et voilà où ça m’a mené. (Il souleva sa chemise sous laquelle on voyait les bandages de ses blessures). J’ai finalement été blessé, un agent est mort et la petite aussi. Je ne veux pas que ça se reproduise à nouveau. Et je sais que j’ai besoin de toi pour ça." Monica s’assit aussi, face à Doggett et lui dit : - "Je crois qu’au fond de moi, j’étais sûre de la sauver. Je le devais, mais j’ai raté mon coup, et j’ai failli te perdre en plus. C’est ironique non ? Je suis partie pour éviter de te voir souffrir, et c’est à cause de ça que tu as été blessé, presque tué." - "Et moi je croyais préserver des vies en m’éloignant de ta quête. Si je ne t’avais pas laissé partir seule ici, on aurait sauvé cette petite à temps… Il n’y aurait eu aucun délai", lui dit Doggett. - "Ça n’arrivera plus. Nous y veillerons. N’est-ce pas ?" C’est alors que Doggett lui fit un sourire qui voulait dire qu’il était heureux de retrouver Reyes. - "Certainement ! Alors, c’est quoi la prochaine affaire ?" Malgré ce qui s’était passé, Reyes ne put que lui rendre son sourire. FIN