¤ SAISON VIRTUELLE DE DOGGETT ET REYES ¤ 1SV79 : PILOT 1/2 par Milagro et MarieEve ************************************* Diffusé le : 27 octobre 2002 Catégorie : 16+ Violence, Horreur VISITEZ-NOUS SUR LE WEB http://xfsc.mu3d.com/saisonvirtuelle ************************************* NOTE : Le début officiel de la Saison Virtuelle. Nous vous souhaitons une bonne lecture et surtout, nous vous remercions de nous faire part de vos impressions qui sont très importantes pour nous ! Et ne manquez pas la suite ! ================ BONER PARK, NOUVELLE-ORLÉANS 26 OCTOBRE, 9:03 AM Le soleil plombe durement sur la peau d'Annette Lovez, qui se dépêche de sortir sa bouteille de crème solaire de son sac à dos pour s’en couvrir aussitôt. Une chance que les vents soient présents. Approchant de la soixantaine, Annette fait attention aux rayons UV si dommageables, surtout en ces journées intenses. Aujourd’hui elle accompagne son fils Thomas, sa belle-fille Danielle, et sa petite- fille de neuf ans, Jamie, au pique-nique annuel familial de la ville comme chaque année depuis la naissance de la petite. Il y a beaucoup de gens autour d’eux, certains assis sur l’herbe, comme eux, d’autres debout; ce qui est logique vu le beau temps et la présence de la scène toute proche sur laquelle la plus connue des stars pour enfants de la ville doit bientôt commencer son spectacle musical. Pour l’instant un clown est sur scène en train de tordre des ballons pour en faire des formes d’animaux plutôt moches. Jamie est impatiente et se tourne vers sa grand-mère. - "Pourquoi c’est pas elle qui a commencé le spectacle Mamie ? C’est pourtant elle qu’on vient voir !", dit-elle à sa grand-mère. - "Parce que c’était la première partie, pour mettre les enfants dans l’ambiance. La vraie vedette se laisse toujours désirer, tu sais que je te le répète à chaque été !" - "Alors tu sais ce que je vais te demander !", dit Jamie. - "Moi je le sais ! Un gros sac de pop-corn pour le spectacle !", dit un homme en s’approchant. Thomas, le père de Jamie est non loin et se dirige vers elles. Il est comme tous les papas aux yeux de Jamie : l’être protecteur qui est toujours là pour donner son approbation lorsque sa maman n’est pas d’accord. Il a le sourire aux lèvres et il se dit qu’il est heureux d’être entouré de sa famille. Un moment de vie dont il faut profiter. Sa fille lui dit : - "Mais voyons papa, tu sais bien que Mamie va toujours me chercher un cornet au chocolat avant que le spectacle commence." 9h09AM Jamie et Annette font la file au seul kiosque de crème glacée sur le site. Malheureusement pour elles, il y a beaucoup des spectateurs qui ont eu la même idée par une journée si chaude. Alors qu’Annette et Jamie vont se positionner à la fin de la file d’attente, la petite voit un beau billet vert sur le sol à l’entrée de la forêt. En criant elle court vers lui : - "Regarde Mamie ! De l’argent !" Alors que le vent s’élève un peu plus, le billet s’envole plus profondément dans la forêt, suivi de près par Jamie, elle-même poursuivie par sa grand-mère. Jamie attrape enfin le billet alors que Annette arrive derrière elle, un peu essoufflée de cette course au trésor. Argent en main, Jamie se tourne vers sa Mamie. - "Je l’ai ! ", dit Jamie avec le billet dans sa petite main. À ce moment même, elle s’aperçoit qu’il y a quelque chose de collé sur le billet, comme une brindille. Comme Annette entend un bruit de feuille morte écrasée pas très loin d’eux, Jamie comprend que ce n’est pas une brindille, mais un fil de pêche transparent. - "Mamie, c’est quelqu’un qui s’amusait à tirer le billet pour nous faire courir ! " Comme elle se retourne vers sa grand-mère, elle voit une femme dans la vingtaine habillée de noir qui s’est approchée sans faire de bruit. Elle tient à la main une barre de métal rétractable qu’elle brandit haut pour tenter de frapper Annette sur le crâne, mais celle-ci bouge rapidement pour son âge et pare le coup en déviant vers la droite. Jamie agit sans réfléchir et saisit le bout du bâton alors qu’Annette prend un caillou sur le sol pour se défendre. La femme en noir donne un coup de pied au visage de Jamie qui se retrouve sur le sol, assommée et le visage ensanglanté dû à son nez blessé. Annette tente tant bien que mal de frapper la femme en noir avec la pierre, mais celle-ci a l’avantage de la jeunesse et bloque facilement le bras de la grand-mère, tout en lui mettant un bon coup au visage avec son autre main. Annette est saisie, mais tente elle aussi de lui donner un coup, sans succès. La femme réussit finalement à saisir la pierre des mains d’Annette. Elle en profite pour l’assommer à la tempe, avec le côté pointu du caillou. Annette tombe sur le sol, inconsciente. Jamie ramasse une grosse branche par terre et cogne durement le genou droit de la femme qui tombe sur son autre genou. La petite n’attend pas et la frappe de toutes ses forces au visage. La femme en noir est maintenant hors service pour quelques minutes sur le sol. Jamie se jette sur sa grand-mère toujours inconsciente. - "Mamie ! Mamie ! " Une forme aussi habillée de noire apparaît derrière Jamie, elle aussi avec un bâton rétractable. Comme la petite se retourne, elle est frappée au visage. ACTE I SIÈGE DU FBI, NOUVELLE-ORLÉANS 27 OCTOBRE, 7:02 AM Une femme marchait dans un des couloirs du bureau. Beaucoup de temps s'était écoulé depuis sa dernière visite dans ces lieux et les circonstances étaient quelque peu différentes. Aujourd’hui, Monica Reyes devait rencontrer Edna Pearson, sa supérieure. Malgré les événements survenus, elle voulait recommencer à travailler. Évidemment, elle et l’agent John Doggett n’avaient pas eu toutes les réponses à leurs questions. Et pour une raison qu’elle ignorait encore, Reyes savait que quelqu’un avait besoin d’eux quelque part. Reyes entra dans une pièce et referma la porte derrière elle. Une femme grande et rousse, l’adjointe de la directrice Pearson nommée Kimberly, était assise à son bureau. Cette dernière la salua et annonça tout de suite son arrivée. La secrétaire l’invita à s’asseoir en attendant. Reyes s’exécuta en s’asseyant dans un fauteuil de cuir noir adjacent au bureau de Pearson en croisant les jambes. Même si elle est une femme qui contrôle assez bien ce genre de situation, Reyes était tout de même nerveuse concernant ce qui se passerait dans ce bureau. Normalement, il y avait toujours son collègue à ses côtés. Malgré les divergences d’idées, Reyes ne pouvait pas s’empêcher de penser à ce que Doggett devait faire en ce moment même. Se doutait-il juste un peu qu’elle était de retour à la Nouvelle-Orléans pour travailler à nouveau au FBI ? Serait-il d’accord ? Elle commençait à se poser des questions lorsque la porte s’ouvrit. La directrice Pearson était dans le cadre de la porte et invita Reyes à entrer. Elle avait une stature assez petite. Lorsque Reyes lui avait parlé au téléphone un peu plus tôt, elle avait cru que c’était une femme un peu plus vieille qu’elle, mais c'était tout le contraire. Ses cheveux étaient presque tous blancs. Cependant, sa tenue et son expression faisaient d’elle une femme sûre d’elle-même et très directe au premier coup d’oeil. C’est alors que Reyes se demanda si elle avait bien fait et si elle s’en sortirait vivante. Tout se fit dans le silence, jusqu’à ce qu’elles soient assises toutes les deux. Les bureaux n’étaient pas bien différents de ceux de Washington quant à l’aménagement. Ils étaient évidemment moins spacieux, mais ils avaient la même atmosphère qui montrait qu’ils étaient bien dans un bureau du FBI. C’est évidemment Pearson qui débuta la conversation. - "Je connais votre réputation vous savez.", dit-elle. C’est alors que Reyes retrouva tout son courage comme elle l’avait jadis. Elle n’avait rien perdu et elle tenta de défendre sa cause. - "Vous voulez parlez de celle que je me suis faite ici ou de celle qui me suit de Washington ?" - "Disons que les deux sont assez amusantes en soi, on peut dire que vous aimez avoir une vie mouvementée agent Reyes. Tout comme vos collègues John Doggett et Dana Scully." Alors que Reyes voulait lui répondre, Pearson lui coupa la parole : - "Je sais ce que vous allez me dire, que ce ne sont plus vos collègues. Et en ce qui concerne le cas Fox Mulder, je suis au courant de tout aussi, comme vous pouvez vous en douter. Nous sommes toutes les deux nouvelles ici agent Reyes, mais à la différence de vous, pour moi, ce n’est pas un retour aux sources. Je ne vous connais pas. Tout ce que je sais sur vous c’est que vous devriez être dehors." Reyes ouvrit grand les yeux et lui répondit : - "Je vous demande pardon ?" - "Oh, mais vous le pouvez bien, agent Reyes. Surtout si d’après ce que je lis ici vous avez pris part à l’évasion et l’extradition de Fox Mulder, condamné pour le meurtre d’un soldat nommé…" Reyes prit donc l’initiative de lui couper la parole à son tour : - "Mulder n’avait pas tué ce militaire. C’était tout simplement un ..." - "Super Soldat ? C’est bien ça dont vous voulez parler ? " Alors que Pearson devenait bouillante simplement au fait d’entendre ce mot, Reyes resta impassible devant elle. - "Mettons les choses au clair, si vous êtes de retour ici, agent Reyes, c’est parce il n’y a encore aucune conclusion à l’enquête à laquelle vous faites face. Vous êtes dans une sorte de période de probation. Ce qui veut dire que si j’entends encore parler de vos histoires abracadabrantes de Super Soldats, ou bien de complots extraterrestres, je vous envoie devant la commission des affaires internes. Tout cela est du passé, nous sommes bien claires toutes les deux là-dessus ?" - "On ne peut plus clair." Voyant que cela ne mènerait à rien, Reyes crut bon de céder, mais elle savait que ce qui devrait être résolu le serait en temps et lieu. Pearson s’adoucit sur sa chaise. - "Alors agent Reyes, d’après les notes laissées par votre ancien supérieur de la Nouvelle- Orléans, vous êtes une vraie experte en crime satanique de tous genres. Ces temps-ci, il semble y avoir une recrudescence en terme de crimes ayant trait à l’adoration du diable. Votre aide, aussi peu conventionnelle soit-elle, peut toujours être utile." Sur un ton sarcastique Reyes lui répondit : - "Mais tout le plaisir est pour moi." Pearson continua son discours tout comme si elle n’avait rien entendu. - "Trêve d’ironie. Il y a eu un enlèvement d’enfant hier midi au Boner Park. C’est tout près d’ici. Une petite fille de neuf ans était avec son père, sa mère et sa grand-mère au spectacle musical. La grand- mère et la petite ont été attaquées dans le bois et la petite a été kidnappée." - "J’en ai entendu parler aux nouvelles oui. La grand-mère a été assassinée." Pearson leva les yeux du dossier qui était posé sur son bureau pour regarder Reyes. - "Ce que vous ne savez pas des nouvelles c’est que la petite Jamie a sûrement été enlevée par un groupe qui pratique un culte satanique : la grand-mère, Annette Lovez, a eu les yeux arrachés et ils n’ont pas été retrouvés dans les alentours. " - "Ça ne pourrait pas avoir été fait par des animaux ? ", lui dit Reyes. - "Non. Aucune trace de morsures animales. Il y avait un signe écrit avec du sang qui n’était ni celui de la petite, ni celui de la grand-mère. Je l’ai envoyé au labo régional pour analyse. Écoutez agent Reyes, je ne vous cacherai pas que j’ai déjà des équipes là-dessus qui interrogent tout le monde, mais je veux voir ce que vous valez. Croyez-vous être capable de fournir une aide à l’enquête ?" Reyes réfléchit quelques instants, puis accepta. Pearson lui tendit un dossier en disant : - "Il va sans dire que si vous vous foutez de ma confiance, il ne faudra pas compter sur moi pour ramasser les miettes qu’il restera de vous. Je suis bien claire Agent Reyes ?" Reyes lui fit un regard qui voulait dire que oui. Elle suivra à la lettre ce que sa supérieur lui dira. Pearson lui donna en main le dossier de cette enquête. Elle se leva et se dirigea vers la porte pour sortir et rejoindre son bureau… mais toujours seule. 7:28 AM Reyes se dirigea vers le nouveau bureau qu’on lui avait assigné. En chemin, elle se disait que si tout se passait bien durant ses prochaines enquêtes, elle devrait rester dans ce bureau pour les mois à venir. Malgré le fait que le bureau des affaires non-classées était au sous-sol et en retrait de tous, elle appréciait beaucoup ce dernier et elle espérait que son nouveau bureau serait à la hauteur. Arrivée à l’endroit indiqué, Reyes tomba face à face avec ce qui serait son lieu de travail. Une salle qui comptait environ 10 bureaux. Chacun occupé par un agent. Au moment où elle entra dans la pièce, des agents étaient déjà au travail. On pourrait dire que c’était une cacophonie de sonneries de téléphones, d’agents qui parlent à d’autres et même un poste de télévision qui était allumé sur une chaîne d’infos. Reyes se demanda soudainement comment elle pourrait y travailler. Alors qu’elle se dirigeait vers le seul bureau vide dans la troisième rangée, un homme vint vers elle. - "Hey ! Regardez qui est de retour. On ne peut pas dire que ton escapade à Washington ait duré longtemps ! ", dit l’agent. Cet homme était l’agent Billy Carpenter. C’était un ancien collègue d’une trentaine d’années. Certaines ont déjà avoué à Reyes qu’il était bel homme : cheveux châtains et les yeux verts clairs. Mais Reyes avait toujours eu du dégoût à chaque fois qu’elle le voyait. Elle savait que c’était le genre de collègues auquel il ne fallait pas se frotter. Malheureusement, elle ne pouvait pas l’éviter et elle lui dit : - "Toujours aussi sympathique, Carpenter. Maintenant tu peux m’excuser, je dois aller faire de la lecture. " Mais Carpenter lui prit son dossier en vitesse et alors que Reyes, bouillante, tentait de le lui reprendre, il dit : - "Quoi ? Mais c’est l’affaire Lovez ?! " Reyes réussit à reprendre son bien, et tenta de rester calme. - "Tu viens à peine de revenir de ton aventure avec tout ce qui te suit et on te confie une affaire aussi grave et urgente ? Je crois que la nouvelle directrice devrait faire un peu plus attention avec tes théories farfelues." -"Tu sais, Carpenter, je croyais qu’après un an tu aurais mûri au moins pour dépasser le stade de l’enfant en toi." - "Et moi j’aurais cru que tu serais devant la commission des affaires internes après tes folies avec ce Spooky Mulder et ses amis. Monica, je sais que nous ne sommes pas des amis …" C’est alors que Reyes lui coupa la parole : - "Ce que nous ne serons jamais." - "Mais si tu veux un conseil, avec toutes les rumeurs à ton sujet, aussi bien parmi les agents qu'au travers des "pontes" du bureau, je penserais à me recycler comme diseuse de bonne aventure, ou bien Reine du "Freak show" dans un cirque avec tes histoires de "sentiments" ! " Reyes, avec une rage calme, s’approcha doucement de Carpenter, assez près pour qu’elle ne soit qu’à quelques centimètres de son visage, et dit d’une voix calme et déterminée : - "Tes idées et tes conseils sont bien intéressants, mais en ce qui me concerne ne sont d’aucune utilité. Mon seul but ici est de faire jaillir la vérité, que ça te plaise ou non, car je me fous de ce que tu peux penser autant que de tes conseils malveillants." Carpenter, un peu déstabilisé, tenta une retraite, mais Reyes l’attrapa doucement mais fermement par le devant de son veston pour l’empêcher de reculer loin d’elle. Monica savait qu’elle jouait un peu avec le feu concernant le code d’éthique du bureau qui spécifie que des agents ne doivent jamais avoir d’altercation physique, mais à quoi bon ! - "Je n’ai pas fini ! Tu vas faire passer le message aux autres. Ma réputation n’est qu’une réputation. Tu leur feras comprendre que si je suis ici ce n’est pas pour me donner en spectacle, mais bien pour aider des gens. Carpenter fut surpris par tant de rudesse et ne parla pas. Il avait bien saisi le message! Monica le relâcha et il recula de deux pas immédiatement. - " Comme toi n’est-ce pas ? Alors tu m’excuses mais je dois aller étudier mon dossier. " Sur ces dernières paroles, Reyes repartit vers son bureau alors que Carpenter semblait frappé. Il s’était aperçu que Reyes avait changé. La femme qui était auparavant une collègue avertie l’était deux fois plus aujourd’hui. 8:29 AM Reyes était toujours assise à étudier le dossier. Elle avait lu que les premières constatations avaient démontré que le signe écrit sur la victime, par les ravisseurs, n’avait pas été fait à l’aide du sang de la grand-mère ou de la petite fille, car le groupe sanguin ne correspondait pas avec celui de ces dernières, comme Pearson avait dit plus tôt. C’était celui d’un être humain de groupe sanguin B-, type qui était bien répandu parmi la population en général. Mais il y avait autre chose que les analyses démontraient : il y avait quelque chose dans le sang, une substance que le rapport sous ses yeux disait « Inconnue »… Elle savait que Scully aurait tout simplement utilisé ses connaissances et ses appareils pour déterminer quelle était cette substance, mais les années passées avec Mulder l’avait habituée à se servir de son intuition pour ce genre de cas. Reyes avait compris qu’elle s’éloignait des affaires non-classées, mais que finalement, il y aurait toujours un élément étrange à résoudre. Dorénavant, elle ne devrait se fier qu’à sa propre intuition. Reyes réfléchit quelques secondes et composa un court numéro sur le téléphone près d’elle. - "Bureau de Mme Pearson.", dit Kimberly, l’adjointe de Pearson. - "Bonjour ! Ici l’agent Reyes, j’aurais besoin de parler à Madame la Directrice. " - " Un moment." Reyes était en attente mais, presque immédiatement, Pearson lui répondit. - "Qu’est-ce qui se passe agent Reyes ?" - "Voyez-vous, c’est concernant les analyses du sang qui contient une substance inconnue, j’aimerais vous demandez si c’est possible… Voyez-vous, j’ai un ami à Washington qui pourrait m’aider et …" Reyes se fit couper par Pearson : - "Allez droit au but, vous parlez de l’agent Doggett n’est-ce pas ? S’il peut être d’une aide significative pour quoi que ce soit, vous avez carte blanche, mais s’il se passe quelque chose, vous en subirez les blâmes, vous me comprenez Reyes ? " - "Compris Madame." Alors que Reyes s'apprêtait à raccrocher : - " Agent Reyes… N’oubliez pas que j’ai dit que j’acceptais seulement l’aide significative, nous n’avons pas de temps à perdre ici. " Avant que Reyes ne réponde, Pearson avait raccroché! Reyes sentit son cœur tourner, car elle allait finalement rappeler Doggett. Plusieurs semaines s’étaient écoulées depuis ce qu’il s’était passé suite aux événements au Mexique avec Mulder et Scully. Jamais Reyes n’aurait cru que leurs chemins allaient être séparés à nouveau si longtemps. Ce dernier n’avait exprimé aucun désir de continuer leur toute dernière enquête. Allait-il vouloir lui adresser la parole à nouveau. Reyes voulait de tout cœur trouver des réponses pour Mulder et Scully, mais Doggett n’avait jamais voulu. Il était finalement plus sensible qu’il n'y paraissait. Reyes pouvait encore se rappeler la fin de leur toute dernière conversation chez Doggett, après avoir découvert que Gibson n’était plus là : || ~ DÉBUT FLASHBACK ~ || - "Tu as cherché à joindre Skinner ? Il doit bien savoir quelque chose ? " Doggett, qui tenait son téléphone sans fil à la main raccrocha, furieux. - " Que crois-tu que je fais ? Sa boîte vocale n’est même plus joignable, et quand je parle à une standardiste, elle me dit qu’il n’y a plus de connexion pour le bureau de Skinner ! Même chose pour Kersh. Il semblerait qu’il y ait du remaniement dans l’air. Du changement pas très bon pour nous il me semble. Et avec l’évasion de Mulder, nous sommes fichus. Nous aurions dû prendre le gosse, Skinner et Kersh, puis traverser la frontière avant la nuit." - "Voyons John ! Il y a sûrement un moyen. Skinner et Kersh n’ont pas disparu dans le brouillard !" Doggett perdait patience, mais Reyes était toujours devant lui et l’écoutait attentivement : - "Ne vois-tu donc pas ce qui se passe ici ??? Es-tu donc aveugle ? Ou bien tu ne veux pas voir ??" - "Voir quoi ? Dis-moi !" - "Tout ce que Mulder et Scully ont sacrifié, toutes ces choses horribles pour quoi finalement ? Ils doivent aller se cacher comme des lapins en chasse ! Tout ça pour rien ! Tu veux payer ce prix ? Moi j’ai déjà donné." Reyes n’en croyait tout simplement pas ses oreilles. Doggett allait définitivement déposer les armes. - " Tu ne vas pas laisser passer tout ça ? Rester là sans rien faire ?" Doggett s’adoucit et vit le visage défait de Reyes à l’effet de ces paroles. - "Je te rappelle que c’est le plus gros de ce qui reste de notre année de collaboration aux affaires non-classées (En lui montrant l’affiche "I want to believe" roulée dans sa main gauche). Attends que je réfléchisse, il n’y avait pas aussi huit ans de travail de Mulder et Scully non plus ? Voilà ce que ça donne." - "Je crois que c’est clair (un court silence)… tu ne veux pas te battre pour les affaires non- classées ?" - " Je crois que mon point de vue est logique." Sa coéquipière devint plus calme et sereine. Il y avait finalement une fin à tout. - "Bien." Elle se tourna et se dirigea vers la porte de sortie. Doggett lui demanda ce qu’elle faisait. - " Je prends une décision… une décision logique. Je pars. Si tu veux m’accompagner, tu es le bienvenu. " Alors que Reyes ouvrait la porte, Doggett la bloqua de son bras et ils se regardèrent dans les yeux quelques secondes. Le moment était intense et les larmes montaient aux yeux de Reyes, mais elle ne pleura pas. - "Ça ne donnera rien, tu ne vas que perdre ceux que tu aimes.", dit-il avec un ton de voix défait à son tour. - "Si tu crois que rester ici sans réagir va te protéger, tu te trompes. Maintenant, excuses-moi je dois y aller." || ~ FIN FLASHBACK ~ || Depuis, ils ne s’étaient ni revus, ni reparlés. Reyes avait demandé une mutation pour un retour aux sources, mais Doggett ne se doutait de rien, tandis que ce dernier, lui, était devenu simple agent qui s’occupait d’affaires mineures. Ce n’était certes pas les affaires non-classées, mais il tenait tout de même à rester au FBI. - "Alors Reyes, tu es en train d’essayer de percevoir des sensations ou bien tu dors ?" Reyes sortit de ses tristes souvenirs pour voir Carpenter qui venait de passer devant son bureau et qui partait en riant. Elle n’en tenait pas compte, car elle avait plus grave à affronter : elle devait téléphoner à Doggett… ACTE II LIEU INCONNU Elle ne voyait rien, le bandeau lui cachait les yeux. Le baillon sur sa bouche l’empêchait d’appeler à l’aide. Jamie s’était réveillée dans un coffre de voiture, les mains attachées derrière le dos avec une bride de plastique. Comme il lui était impossible de desserrer ce lien, elle réfléchissait. La voiture semblait rouler à une bonne vitesse ce qui voulait dire qu’ils étaient sûrement sur l’autoroute, ou bien sur un long chemin privé. Il fallait qu’elle trouve une façon de se sortir de là à tout prix. 8:48 AM Pendant qu’elle en avait encore le courage, Monica appela le siège du FBI à Washington. Une standardiste lui répondit : - " Bureau Fédéral d’Investigation." - " L’agent John Doggett je vous prie. " - " Un moment." Elle ne pouvait pas. Comment pourrait-elle lui demander de l’aider après tant de semaines sans l’avoir vu? Reyes approcha sa main près du combiné sur le bureau pour raccrocher, mais elle vit le dossier sur la table. Elle ne pouvait pas laisser tomber, tout ça était pour la petite disparue. Personne d’autre mieux que Doggett ne pouvait comprendre. La voix de la standardiste la ramena à la réalité - " Agent Reyes ? Désolé, l’agent Doggett n’est pas encore arrivé. Puis-je vous transférer à un autre agent ? " C’est alors que Reyes se souvint de l’agent qui les avait aidés dans une précédente enquête et qui était elle aussi à Washington. Son expérience pouvait évidemment l’aider. Après tout, elle n’était peut- être pas prête pour parler à son ancien collègue. Reyes se décida : - " Analyses Spécialisées, l’agent Edie Boal je vous prie. " - " Un moment. " Reyes ne pouvait pas reconnaître sa voix puisqu’elle ne lui avait jamais parlé. Ce qu’elle ne savait pas, c’est que Boal était un agent qui n’avait pas froid aux yeux. Malgré le fait que ses paroles soient on ne peut plus directes envers les gens qu’elle côtoyait, l’honnêteté et la franchise étaient à parts égales chez elle. Après un court instant, une femme d’âge mûr répondit : - " Edie Boal.", dit une voix sèche au bout du fil. - " Bonjour agent Boal. Je suis Monica Reyes, une amie de John Doggett." - " Venez-en au fait Reyes, nous ne sommes pas des amies, à vrai dire je ne vous connais que par réputation, donc je suppose que vous avez un service à me demander ? " - " Un service, mais pas pour moi. C’est pour une petite fille de neuf ans qui a été enlevée hier. " Boal s’adoucit : - " C’est cette histoire qui s’est passée au Boner Park ? Il s’agirait d’un crime penchant vers le satanisme d’après ce qu’on apprend aux travers des branches. " Reyes vit que rien ne pouvait être caché au sein du FBI. - " Très possible, mais le ou les ravisseurs ont sûrement un but précis avec la petite, sinon ils l’auraient tuée sur place. Tout ce qu’ils ont laissé à part le corps sanglant de la grand-mère est un signe écrit avec du sang humain qui n’est ni celui de la petite Jamie, ni celui de Madame Lovez. Le signe ne semble pas déchiffrable en soi quand on n’a pas la connaissance de ces adeptes, certainement quelque chose ayant trait au mal pur. Mais ce qui pourrait être utile serait une analyse détaillée d’une substance qu’il y avait dans le sang et que notre petit laboratoire n’a pu qu'identifier comme « inconnue »…" - " Typique pour des légistes qui tournent les coins ronds… J’avoue être bien occupée en ce moment, mais si ça peut vous être utile…" Reyes, très heureuse et surprise de cette réponse affirmative, n’attendit même pas que Boal finisse sa phrase pour répondre d’une voix enjouée : - " Mais bien sûr que ça va m’être d’une grande utilité … " - " Je veux dire si ça peux vous être utile pour retrouver cette petite, mais je ne vous promets rien. Envoyez-moi un échantillon de ce sang ici, à Washington. - " Vous pouvez vous dire que c’est déjà parti ! " LIEU INCONNU La voiture arrêta de rouler et quelques instants après, le coffre arrière de la voiture était ouvert. On enleva le bandeau des yeux de Jamie. Éblouie par la forte intensité de la lumière, elle vit peu à peu ses ravisseurs. Ils étaient habillés de noir et elle put facilement distinguer l’homme de la femme, car ils ne portaient rien sur leur visage. Ils étaient en fait mari et femme. La femme en noir prit la parole la première : - " Salut petite ! Alors, le voyage était bien ? ", dit-elle. Malgré l’ignoble geste qu’elle avait commis, la femme montrait une sorte de sympathie face à Jamie. Cette dernière avait toujours un bandeau sur la bouche et ne répondit pas. Elle regarda autour d’elle et tenta d’enregistrer ce qu’elle vit. Elle croyait reconnaître un genre de ferme. Tout était bien entretenu. La peinture presque fraîche colorait les bâtiments de cette propriété. Cependant, elle n’y voyait aucun animal, ils étaient peut-être à l’intérieur d’une des bâtisses. La maison n’était pas bien loin. Tout semblait vivant, mais c’était en même temps assez désert. A sa vue, Jamie se disait qu’elle voudrait être avec ses parents, chez elle. L’homme en noir se montra impatient et répliqua en disant à sa femme : - " Allez, emmenons-là à l’intérieur. " SIÈGE DU FBI, WASHINGTON D.C. 14:12 PM L’agent John Doggett embarqua dans l’ascenseur, le même depuis bientôt trois ans. Mais depuis quelques temps, il ne le prenait plus pour allez au sous-sol, qui était le lieu des affaires non-classées, puisque celles-ci étaient maintenant fermées. Honnêtement, même si John regrettait le bon vieux temps des enquêtes avec Reyes, Scully et même Mulder, il ne souhaitait plus avoir affaire avec ce département qui n’en était plus un. Ce travail entraînait trop de douleurs et de pertes, plus qu’il n'en voulait. Et il se considérait surtout chanceux d’être encore en vie et de pouvoir continuer à travailler malgré tout. Les portes s’ouvrirent au deuxième étage, pour laisser entrer quelqu’un avec lui : Edie Boal. Elle lui dit : - " Agent Doggett. Celui que je voulais voir !" Doggett appuya sur le bouton pour fermer les portes en disant : - " Vous me voyez surpris ! Je vous dois un service, car je ne me rappelle pas vous avoir mis sur un cas depuis un bout de temps…" - " D’après ce que je sais vous n’avez pas été sur un cas depuis un bout de temps vous- même. Vous ne croyez pas qu’il est temps de vous reprendre en main ? " - " Mais c’est ce que je fais, je préserve ma santé mentale et physique. ", dit-il. - " Vous préservez aussi les criminels on dirait." Doggett ne voulu pas paraître impatient et répondit simplement : - " Vous vouliez quelque chose ?" - " Oui. ", dit Boal en sortant un papier du dossier qu’elle tenait dans ses mains. - " Voilà les résultats de l’analyse que votre collègue m’a demandée." - " Ma collègue ? ", dit Doggett très surpris. - " Oui, l’agent Reyes. Elle est parmi ceux qui enquêtent sur l’affaire Lovez à la Nouvelle- Orléans. Ils ont découvert quelque chose d’inconnu dans le sang utilisé pour inscrire un signe apparemment d’origine satanique. Bien sûr, s’ils avaient ma compétence, ils auraient découvert ce que je sais maintenant…" Boal remarqua que Doggett semblait perdu dans ses pensées au son du nom de Reyes. - " En tous cas, comme vous êtes là, vous pouvez prendre ça pour faire suivre à l’agent Reyes, même qui sait lui donner un coup de main ? Car après tout, je ne voudrais pas être mêlée à vos enquêtes à chaque fois. ", dit-elle. Au fond d’elle-même, Boal savait bien qu’elle voulait l’aider à nouveau, mais elle savait que c’était son caractère et qu’elle n’y pouvait rien. Ses paroles dépassaient quelques fois ses pensées. Elle lui donna donc le rapport au complet et sortit en vitesse de l’ascenseur avant que John ne puisse réagir. Ce dernier était à la fois surpris et presque pétrifié par ce que venait de lui dire Boal. Il se disait que le hasard allait enfin lui permettre de revoir Reyes qui avait finalement rejoint le bureau de la Nouvelle- Orléans. L’envie soudaine de la rejoindre et d’être à ses côtés lui vint à l’esprit, mais il ne voulait pas lui faire de peine, car elle penserait sûrement à faire équipe à nouveau, mais Doggett ne voulait pas. Un coup de main et c’était tout. Ainsi, les pensées de Doggett allaient jusqu’à l’idée de revoir Reyes. Il en oubliait presque le rapport qu’il avait entre ses mains. FERME DES RAVISSEURS 14:44 PM L’homme et la femme en noir firent entrer Jamie dans la ferme. L’homme lui attacha les mains sur des poteaux de fer soudé du plancher jusqu’au plafond avec des menottes métalliques. Il n’y avait rien de bien précis dans cette étable qui avait peut-être été utilisée dans le temps pour des animaux. Des caisses de bois étaient rangées ici et là. Comme Jamie n’était plus bâillonnée, elle tenta de dissuader la femme en noir. - " Pourquoi vous me faites ça ? Vous savez qu’on va me retrouver… Vous serez punis…" Avant que Jamie continue sa phrase, la femme en noir lui donna un coup de poing sur sa joue. Jamie fondit en larmes et son nez se mit à saigner. - " Tu vois ce qui arrive aux petites filles qui sont méchantes, lui dit la femme en noir. Et en plus tu as osé me frapper ce matin… Petite tigresse ! Grrrr !" Cette dernière rit quelques instants pour redevenir sérieuse, voir effrayante, alors qu’elle prenait la seule bouteille qui était sur une étagère non loin de l’entrée pour la briser en la tenant par le goulot. Elle en dirigea les tessons de verre coupant vers le cou de Jamie qui recula de crainte. - " Tu vas voir, petite brebis galeuse…" La femme trancha dans le vif du cou de Jamie sur quelques centimètres, près de la jugulaire, mais sans porter le coup mortel, juste pour que le sang coule… Jamie, horrifiée cria. - " Awwww ! Non !! AAAAAWWWW ! " La femme en noir sourit malicieusement et s’approcha de Jamie sans défense pour commencer à lécher le sang près de la coupure. - "Mmm…", s'exclama la femme. Jamie tenta de s’éloigner, mais la femme en noir la tenait très fort contre elle et maintenant, en plus de lécher, elle mordillait des bouts de peau pour que Jamie saigne plus. Tout à coup, le mari alerté par les cris arriva et enleva sa femme de Jamie. - " Chérie! Qu’est-ce que tu fais ? Tu n’es pas bien ? " Il vérifia si Jamie survivrait de cette blessure, ce qui était le cas. - " Tu sais que nous devons attendre que la lune se lève pour que le rituel soit au point… Pas question de la bouffer avant." - " Mais elle est si appétissante…" Elle s’avança vers Jamie, la prit par le collet et l’approcha de son mari, le plus près possible considérant les menottes. - " Goûte ! " L’homme pensa, mais il ne put s’empêcher de goûter à ce petit être. Il se rapprocha tranquillement de la fillette et goûta son sang. Jamie cria, mais en vain. ACTE III SIÈGE DU FBI, NOUVELLE-ORLÉANS 15:15 PM Reyes était toujours à son bureau et étudiait ce que les autres agents avaient fait comme travail sur l’enquête. Une enquête sur Thomas et Danielle, les parents de Jamie, n’avait rien révélé. Tout semblait bien normal. Aucun dossier criminel ou signe ne permettant de les accuser de quoi que ce soit. De plus, aucun témoin potentiel n’avait vu la scène sur les lieux. Il n’y avait donc aucune possibilité d’interrogatoire. Elle regarda sa montre et se demanda ce que pouvait bien faire l’agent Boal. Plus le temps s’envolait rapidement et plus ses chances de retrouver la petite diminuaient. Elle décida d’attendre encore un peu. FERME DES RAVISSEURS 17H59 PM La nuit tombait sur la ferme entourée d’arbres à perte de vue… Voilà bientôt presque trois heures que Jamie était seule dans la grange. Elle avait beaucoup pleuré depuis le départ du couple ; depuis ce que ces deux sadiques lui avaient fait subir. Ils l’avaient « goûtée » pendant plus de quinze minutes, jamais elle n’oublierait, si bien sûr elle s’en sortait, car elle avait bel et bien entendu le couple maudit parler de rituel qui semblait consister à la « goûter » de nouveau ce soir, mais malgré son jeune âge, Jamie n’était pas dupe, elle comprenait que si elle était toujours ici dans cette grange dans quelques heures, ce serait fini pour elle. Elle avait beau tirer sur les menottes, tout ce qu’elle réussit à faire fut de se faire mal. Jamie ne pouvait s’empêcher de penser ironiquement que peut-être elle allait mourir atrocement parce qu’elle était bloquée par les maudits petits os de ses pouces. Les poteaux étaient bien soudés aussi, elle avait beau donner des coups de pieds, tirer, forcer, rien à faire. Pourtant, il fallait qu’elle trouve une solution. SIÈGE DU FBI, NOUVELLE-ORLÉANS 18:02 PM Monica tourna la dernière page du dossier Lovez et leva les yeux pour regarder autour d’elle. Il ne restait plus un agent dans la salle. Reyes regarda sa montre et surprise par l’heure avancée prit le téléphone pour téléphoner à Washington D.C. La standardiste répondit : - " Bureau Fédéral d’Investigation. " - " Boujour ! Analyses Spécialisées, Edie Boal.", lui dit-elle. Reyes ne comprenait pas pourquoi Boal n’avait pas donné de nouvelles depuis ce matin. Les résultats devraient être arrivés… À moins qu’ils ne soient pas concluants bien sûr, mais l’instinct de Monica lui disait qu’il y avait une piste là-dessous, et son instinct se trompait rarement. - " Edie Boal. ", dit la voix au bout du fil." - " Agent Boal, Monica Reyes à l’appareil." - " Si vous avez un autre service à me demander, Reyes, je vais commencer par demander une tarification." - " Que voulez-vous dire ? Je vous appelle pour savoir si les analyses que je vous ai demandées ce matin ont donné quelque chose ! " - " Mais de quoi parlez-vous ? L’agent Doggett ne vous a pas mise au courant ?" Reyes fut aussi surprise que touchée en entendant le nom de John. Mais elle ne comprenait toujours pas. - " Mais qu’est-ce que l’agent Doggett vient faire là-dedans ?" - " Très simple, je croyais que vous étiez toujours partenaires, je lui ai donné les résultats d’analyses qui confirmaient que le sang que vous aviez envoyé contenait des traces d'octébirus." - " Qu’est-ce que c’est que ça ?" - " Une substance inconnue, agent Reyes. Enfin, elle l’est pour la plupart des légistes de cette planète vu que c’est un médicament qui a été testé en clinique pour traiter les patients venant de subir une opération cardiaque. Il n’y a pas longtemps, la régie médicale s’est vite aperçue des symptômes secondaires qu’il apportait." - " L’octébirus rendait les gens fous ?", demande Reyes à Boal. - " L’octébirus donnait des palpitations cardiaques et des fortes nausées. C’est tout !" - " Il devait y avoir peu de patients qui l’ont testé, il suffit de trouver la liste de tout ceux qui l’ont testé et de faire le tri entre les patients. " - " Vous avez un coche de retard agent Reyes, l’agent Doggett a déjà fait ça, il a même réussi à la réduire à une courte liste de suspects. À vrai dire, je vous croyais au courant. Vos patrons doivent l’être." Le téléphone de Reyes sonna pour avertir qu’il y avait une deuxième ligne en attente. - " Je vous remercie infiniment agent Boal. " Reyes termina sa conversation avec Boal pour prendre l’autre ligne. C’était Pearson : - " Agent Reyes, il y a des développements en provenance de Washington sur l’affaire Lovez. Je suppose que j’ai bien fait de vous dire que la seule aide acceptée serait celle utile, car il paraît que l’agent Doggett aurait peut-être découvert où les suspects gardent la petite, ce serait une ferme à quelques centaines de kilomètres au nord. Nous comptons avoir la place en main dans une demi- heure maximum. Vous comptez y aller ? FERME DES RAVISSEURS, 18:09 PM La nuit était presque complètement couchée maintenant, mais la petite était toujours là, et pour elle pas question de finir comme un "McJamie" pour deux cinglés. Pourtant, elle avait beau chercher un moyen de fuir de ces menottes, elle n’en avait aucun. Il en fallait tellement peu pour que les anneaux glissent hors de ses bras qu’elle savait qu’avec l’aide d’un lubrifiant quelconque, comme de l’huile ou bien du beurre, elle arriverait sûrement à se libérer. La blessure à son cou lui faisait mal, mais cela donna une idée à Jamie. Voilà qu’elle se rappelait un cours qu’elle avait eu, il n’y a pas longtemps, où le professeur parlait des liquides lubrifiants comme l’huile, ou même… le sang ! Une idée lui vînt à l’esprit. Elle porta la main à sa blessure, mais bien sûr le peu de sang que les deux sauvages avaient laissé était maintenant sec et sa blessure aussi. Jamie regarda autour d’elle sur le plancher. Elle vit des morceaux de verre de la bouteille que la femme en noir avait cassée plus tôt et se pencha pour en choisir un à portée de main, un des plus gros et pointus. Maintenant, c’était la partie la plus dure pour la petite qui, en retenant son souffle pour ne pas crier et verser des larmes, se coupa dans la chair tendre et rose de son avant-bras droit. Le sang coula de la blessure jusque sur la menotte qui tenait son bras droit. Après avoir bien imbibé tout le tour de l’anneau, elle tira comme elle faisait tout à l’heure. Bien sûr l’os du pouce bloqua toujours la menotte, mais avec moins de mordant. En retenant encore son souffle, Jamie tira plus fort. Après quelques secondes, comme elle commençait à croire que ça ne marcherait pas et qu’il valait mieux abandonner, sa main fut libérée. La menotte maintenant libre tinta sur le plancher aux pieds de Jamie. La joie submergea Jamie qui n’avait plus qu’une main attachée. Elle prit son morceau de verre (qu’elle ne pouvait s’empêcher d’appeler son morceau chanceux !) et taillada à peu près un demi centimètre au-dessus de la dernière menotte. C’était beaucoup moins douloureux cette fois ! Jamie fit comme pour la première fois : elle imbiba bien l’anneau avec son sang. Alors qu’elle s’apprêtait à tirer dessus, la petite entendit la porte de la maison du couple maudit à quelques dizaines de mètres de la grange claquer. La joie laissa place à la terreur et Jamie comprit qu’elle devait se libérer au plus vite. Mais la menotte la bloquait toujours. Elle ferma les yeux, serra les dents, tira plus fort et elle senti que ça commençait à céder, la menotte glissait, mais pas comme la première fois tout d’un coup ; trop lentement cette fois et son bras lui faisait terriblement mal. En ouvrant les yeux elle réalisa avec horreur que la menotte n’avait pas bougée, c’était SA PEAU ! A force de tirer la coupure qu’elle avait faite avec le bout de verre s’était élargie et entr'ouverte, laissant voir quelques tendons. Jamie entendit maintenant des pas tout près. Pas question de finir comme repas pensa-t-elle, en resserrant les dents et tirant plus fort. Plus elle se libérait de la menotte, plus sa peau se pelait comme une orange et le sang giclait maintenant sur elle et sur le sol. La douleur était atroce ! Mais voilà qu’au travers les affres de la douleur, elle entendit un tintement distinct : celui des menottes tombant au sol. Elle était maintenant libre !! Jamie leva son bras gauche devant ses yeux pour voir que la peau autour de son poignet était comme détachée de son bras, comme une peau morte… Mais elle n’avait pas de temps à perdre, le couple pouvait entrer d’un instant à l’autre… À SUIVRE… =================== LES PERSONNAGES DE DOGGETT ET REYES SONT LA PROPRIÉTÉ DE LA FOX ET DE CHRIS CARTER. CE SCRIPT EST LA PROPRIÉTÉ DE L’AUTEUR(E). LES REPRODUCTIONS EN PARTIE OU EN INTÉGRALITÉ SONT INTERDITES. POUR TOUTES UTILISATIONS, L’AUTORISATION DE L’AUTEUR(E) ET DE LA SAISON VIRTUELLE DE DOGGETT ET REYES EST OBLIGATOIRE. © 2002 ===================