¤ SAISON VIRTUELLE DE DOGGETT ET REYES ¤ 1SV12 : SIMPLE TOGETHER par Isa ************************************* Diffusé le : 11 mai 2003 Catégorie : Général VISITEZ-NOUS SUR LE WEB http://xfsc.mu3d.com/saisonvirtuelle ************************************* TEASER NEW-YORK James Philbin sortit de l’hôpital aussi vite que possible. Après s’être assuré que les policiers qui avaient pris sa plainte et accompagnés à l’hôpital étaient bien partis, il s’approcha d’une cabine téléphonique. A l’intérieur, il prit le temps de se souvenir du numéro qu’il gardait en tête. Tremblant, il le composa, jetant des coups d’œils hagards par-dessus son épaule. « Joseph ? C’est fait… exactement… j’ai suivi vos instructions et tout s’est passé comme vous m’aviez dit … oui, ils devraient aller voir le gosse dès vendredi… j’ai eu un peu chaud mais je pense que c’est passé… très bien, à bientôt. » Il raccrocha. Il était exténué et se demandait comment il avait réussi à s’en sortir. Maintenant que le jeu avait commencé, rien ne pourrait l’arrêter. GENERIQUE LA NOUVELLE-ORLEANS L’immense appartement aux murs blancs était traversé par une gentille brise qui faisait se soulever le rideau. La fraîcheur et un doux parfum de pluie entraient par la fenêtre ouverte. L’air était chargé d’humidité et dehors, les premières feuilles des quelques arbres étaient chargées d’eau de pluie. Là-haut cependant, au huitième étage, seul le bruit de l’eau s’écoulant dans la gouttière témoignait de l’averse qui avait eu lieu. Sortant de la salle de bain, Doggett frissonna. Il se dirigea vers la fenêtre et, après un rapide coup d’œil désintéressé à l’extérieur, écarta le rideau d’un geste brusque et ferma la baie. Le soleil commençait à percer à travers les nuages, les faibles rayons de mai éclairaient un coin encore vide de l’appartement. Après avoir été enfilé un T-shirt, Doggett entra dans la cuisine et débarrassa la table de sa tasse de café. Il jeta à la poubelle la bouteille d’eau vide qu’il avait bu pendant son jogging et regarda d’un œil morne la vaisselle qui l’attendait dans l’évier. Ce n’était que le début des corvées, rituel du samedi matin. Il commençait à retrouver des habitudes, s’en créant même de nouvelles. Le ménage du samedi matin était de celles-là. En tant qu’ancien marine, il ne supportait pas d’avoir un appartement sale. Six ans à nettoyer des chiottes à la brosse à dents vous rendent maniaque. Et dix ans de célibat n’y peuvent rien. Il ouvrit le robinet, versa du liquide vaisselle et s’attaqua au premier plat. Il avait à peine commencé quand la sonnette retentit. Il leva les yeux, agacé, et attrapa un torchon pour s’essuyer les mains avant d’aller ouvrir. A la porte il ne prit pas la peine de regarder par le judas et ouvrit directement. « Barbara ? » La surprise se lisait sur son visage. Il fronça les sourcils, son ex-femme se tenait sur le seuil, en jeans et cardigan, sa tenue pour les voyages. Il pensa tout de suite que quelque chose n’allait pas. Mais elle avait l’air bien, ses cheveux blonds tombaient sur ses épaules, plus long que la dernière fois qu’il l’avait vue. Ses traits étaient toujours aussi marqués mais ces lignes, comme les siennes, ne pourraient jamais s’effacer. « Je te dérange, excuse-moi. Je n’aurais pas dû. » Elle faisait déjà demi-tour. Il la retint par le bras, laissant ensuite sa main glisser pour prendre la sienne. Elle ne pouvait pas avoir fait tout ce chemin depuis Long Island pour rien. « Non ! Qu’est-ce qu’il se passe ? Tu vas bien ? » Il la fit entrer et la regarda évoluer dans son appartement. Elle osait à peine bouger, enfin jusqu’à ce que ses yeux se posent sur les photos. Posées sur une étagère, elles étaient alignées, la distance qui les séparaient ayant été savamment calculée. Barbara vit d’abord celle de Luke. C’était la même que celle qu’elle gardait dans son sac et John dans son portefeuille. Il souriait au photographe. Ses cheveux blonds dressés sur la tête le faisaient ressembler au petit prince. Elle tendit la main et ses doigts effleurèrent la photo. John l’observait en silence, il connaissait bien ses gestes pour les avoir fait des centaines de fois. Il savait que la prochaine photo qu’elle irait voir serait celle de la famille. Il avait mis la plus neutre possible, une photo qui ne crierait pas ‘Bonheur Perdu’. Il ne savait pas s’il avait réussi. La photo avait été prise à Noël. Sa famille et celle de Barbara s’étaient réunies pour fêter le premier vrai Noël de Luke. Il était assis sur les genoux de sa mère. Sa petite main tenait une mèche de cheveux de son père, accroupi à leurs côtés. Bien qu’ils soient une vingtaine sur la photo, John ne voyait que son couple et Luke. Il savait que c’était aussi le cas de son ex-femme. « Je t’avais dit d’aller chez le coiffeur. » dit-elle en souriant tristement. « J’y suis allé… après que Luke m’ait arraché une bonne poignée de cheveux. » Il y eut un moment de silence puis Barbara se détacha des photos. Son regard fit le tour de la pièce. « C’est bien ici. C’est grand. Et la Nouvelle Orléans est très jolie. » « C’est une belle ville en effet. Il paraît que le quartier français vaut le coup d’œil… Qu’est-ce qui ne va pas, Barb ? » Elle fixa le sol. « Je suis désolée de débarquer comme ça. J’ai besoin de ton aide John. Enfin pas moi… Mary. Tu te souviens ? Mary Hillsburg » Comment aurait-il pu oublier Mary Hillsburg ? Elle était la meilleure amie de Barbara. A la mort de Luke, elle avait été auprès d’elle pour la soutenir. Et là également pour reprocher à John de ne pas avoir été présent. Elle lui avait reproché de n’avoir pas pleurer avec Barbara, de ne pas être rester à la maison pour se lamenter sur la perte de leur petit garçon. Au lieu de cela, il s’était plongé dans l’enquête pour retrouver son fils. Il avait échoué. Il n’avait jamais trop su si cela aurait fait une différence, avec Barbara. L’idée ne l’avait même pas effleurer jusqu’à il y a peu. « Je me souviens d’elle. Elle a des ennuis ? » « C’est son fils, Mark. Elle a découvert des choses inquiétantes qui traînaient dans sa chambre. Ces temps-ci, il est souvent parti avec des gens… étranges. Tu le verrais, il a tellement changé ! Il s’habille tout en noir et il ne parle pas… » « Beaucoup de jeunes font ça aujourd’hui. Je ne dis pas que ce n’est pas inquiétant, mais en quoi suis-je concerné par les crises de ton filleul ? » l’interrompa t-il brusquement. Il n’avait pas voulu paraître rude. Pourtant ses mots l’avaient blessé. Il s’excusa et elle fit un simple signe de tête pour accepter. « Il y a une semaine, il est revenu avec du sang sur ses vêtements. Il a essayé de se cacher mais elle a trouvé la chemise dans la poubelle. Elle a aussi trouvé dans une boîte des livres qui parlent de satanisme, de fin du monde. Elle a très peur, John. » Cette fois, il y avait vraiment quelque chose. « Elle a appelé la police ? » Barbara le regarda fixement. « C’est son fils, John. Et puis, il y a une rumeur qui circule. Une secte se serait installée dans le coin. Un culte satanique ou je ne sais quoi, et j’ai pensé que… Je ne connais pas très bien Monica et ça m’a parut la meilleure solution que de venir te voir. » « Tu as bien fait. Je vais l’appeler. » Il l’invita finalement à s’asseoir et lui offrit un café. Ils attendirent l’arrivée de Reyes en silence. Après avoir reçu le coup de fil de John, Monica ne perdit pas de temps. Même si son partenaire lui en avait dit très peu, elle avait sentit que c’était important. Elle partit à pied, son appartement n’étant pas loin de celui de John. Sur le chemin, elle se demanda, comme l’avait fait Doggett, ce qui avait poussé Barbara à parcourir tout ce chemin. Elle finit par arriver. John l’accueillit et l’emmena vers le canapé où était assise son ex-femme. Elle serrait sa tasse de café entre ses mains. La scène rappelait vaguement à Monica celle qui s’était déroulée 10 ans auparavant, à New-York. Elle chassa cette image et serra la main tendue de Barbara. « Merci d’être venue. Je suis désolée de vous déranger ainsi. » Monica lui sourit gentiment et le regretta immédiatement. Elle avait fait la même chose. Elle ne s’en souvenait pas, mais l’expression de Barbara ne permettait aucun doute. L’autre femme aussi ressentait ce désagréable sentiment de déjà vu. Elle décida d’enchaîner tout de suite pour éviter que le malaise ne s’installe définitivement. « John m’a dit que vous vouliez mon avis sur une secte satanique ? » « Oui. C’est mon filleul, Mark. Il a 19 ans et il est un peu… perturbé. Sa mère croit qu’il fait partie d’une secte qui s’est, parait-il, installée à Long Island. » « Très bien, je n’ai pas beaucoup d’éléments. Pouvez-vous-m’en dire un peu plus ? » Les deux femmes s’assirent. John apporta un café à Monica et s’assit sur un fauteuil en face. Il écouta Barbara refaire le récit des six derniers mois et de la transformation de Mark. Il avait bien connu le jeune garçon. Mais la dernière fois qu’il l’avait vu, il avait 9 ans. Bien que de deux ans l’aîné de Luke, il était à peine plus grand. Les cheveux noirs, le regard brun et perçant. Lui et Luke s’entendaient bien, ils jouaient ensemble au base ball. John avait du mal à se représenter Mark tel que le décrivait à présent Barbara. Il aurait été à mille lieux d’imaginer que l’ami de Luke puisse devenir un adolescent mal dans sa peau. Encore moins aurait-il osé croire que le gentil Mark puisse se laisser entraîner dans une secte. Peu avant midi, Reyes aidée de Doggett avait réuni assez d’information pour estimer qu’il était d’important de mener une enquête. John proposa d’aller déjeuner dehors puis de passer au siège du FBI où ils auraient plus de ressources pour continuer. Dès le milieu de l’après-midi, Reyes avait joint le bureau de New-York pour plus d’information. Elle avait menti effrontément à l’agent qu’elle avait eu au téléphone. Inventant une affaire à la Nouvelle-Orléans. Néanmoins, Doggett ferma les yeux sur cet écart de conduite. Mary avait supplié Barbara d’éviter une enquête officielle sur son fils et il la comprenait. Barbara les regarda travailler. Elle resta silencieuse, assise dans un coin du bureau, pendant que les deux agents s’agitaient. Ils téléphonaient à l’autre bout du pays, tentant de récolter un maximum d’information sur ce culte. « Merde ! » C’était John qui avait juré ainsi. Son ordinateur venait de "planter" et il appuyait sur des touches, essayant désespérément de l’éteindre ou de le rallumer. Mais la stupide machine restait bloquée sur l’écran bleu, se bornant à signaler que le système avait connu une erreur. A la fin, John abandonna et annonça qu’il allait faire sa recherche sur un autre ordinateur. Monica, qui était au téléphone avec la police de Newark, lui fit signe qu’elle avait entendu et continua sa conversation. Barbara profita du départ de John pour observer Monica. Elle était au téléphone et semblait essayer de tirer les vers du nez d’un policier. Elle se battait pour des gens qu’elle ne connaissait même pas. C’est une qualité que John possédait également : savoir se dépasser pour des inconnus comme s’ils étaient de leur famille. C’est sans doute pour ça qu’ils faisaient ce métier et qu’ils étaient de bons agents. Mais aussi douée que fut Monica Reyes, elle n’avait pas trouvé Luke. Barbara ne lui en voulait pas, au contraire. Quand après les premières heures, ses collègues commençaient à désespérer, elle avait porté l’enquête sur ses épaules. Du haut de ses 26 ans, elle s’était imposée comme la plus qualifiée pour le boulot. Elle avait arrêté Harvey, elle avait fait tout ce qu’elle avait pu et plus encore. Quand Luke avait été retrouvé, elle avait pleuré. Et de toutes les personnes qui pleuraient ce jour là, elle, plus que tout autre, avait le droit de pleurer aux yeux de Barbara, comme elle et John. Sa détermination, son empathie, avaient aidé Barbara plus que les pleurs hystériques de sa famille. Barbara sursauta quand Monica raccrocha. « J’ai une mauvaise nouvelle. » dit Reyes en grimaçant. « C’est grave ? » « Ca pourrait. Mark fait en ce moment l’objet d’une enquête. Apparemment sa petite escapade de la semaine dernière l’a amené à Newark. Newark, où une tentative d’enlèvement a eu lieu. Il fait parti des suspects. Il a été vu dans les environs par deux personnes. Le policier que j’ai eu m’a dit qu’on l’avait simplement interrogé chez lui. Ils n’ont rien pour l’instant. » « Qui… qui a été enlevé ? » « Ce n’était qu’une tentative mais c’est un notable de la ville. » Reyes tapota un peu sur le bord de son bureau avec son crayon. Barbara commençait à craindre le pire et elle n’était pas la seule. Cela faisait beaucoup de coïncidences pour que Mark ne soit pas impliqué dans l’affaire. Restait à savoir à quel point il avait trempé dans cette histoire. « Allons voir ce que John a trouvé. » proposa Reyes d’un seul coup. Barbara et elle se mirent à chercher Doggett. Elles finirent par le trouver dans le bureau de Pearson. Assis au bureau comme s’il en était le propriétaire. Au moment où elles entrèrent il lançait une impression. « John ? Tu es fou ? Le bureau de Pearson ! » « Ah vous êtes là ! C’est Kim qui m’a fait entrer. J‘ai trouvé quelque chose d’intéressant sur la base de données du FBI. » Il tourna le fauteuil et pris la feuille qui sortait de l’imprimante. Il tendit la feuille à sa partenaire et, se renversant dans le fauteuil, commença son explication. « Tom Perry, 36 ans…. » « Perry !? » l’interrompit Monica. « Le frère. Il vit à Newark, New Jersey. Apparemment Max Perry n’était pas le seul dérangé de la famille. Il serait le leader du culte. Il a été renvoyé d’un lycée où il travaillait pour avoir tenter d’enrôler des jeunes dans une secte. » « Pourquoi on n’a pas vu ça en enquêtant sur son frère ? » « Il a changé de nom. Sur le dossier, il est marqué ‘Philip Vans’. J’ai remarqué la ressemblance sur la photo fournie avec le dossier et j’ai voulu vérifier. Et toi, quoi de neuf ? » « Mark est un des suspects dans la tentative d’enlèvement de James Philbin, à Newark, New Jersey. » Le visage de Doggett se ferma. Cette histoire s’annonçait mal. Barbara le regardait. Il tenta de ne pas paraître trop soucieux en se demandant si elle était dupe. Doggett avait peur que se soit trop tard. Il craignait que le filleul n’ait dépassé les limites. Si c’était le cas, même eux ne pourraient l’aider. En attendant, la meilleure solution pour l’aider était d’anticiper les mouvements de la secte. Si ce que Barbara avait dit était vrai, ils tenteraient de tuer. Cette tentative de kidnapping était la preuve qu’ils étaient près à passer à l’acte… s’ils ne l’avaient pas déjà fait. Il était tard. Il fut décider de continuer à étudier les dossiers sur la secte chez Doggett. Les derniers fax de New York étant arrivés, ils quittèrent le siège du FBI. Chez Doggett, le travail continua. Cette fois, Barbara participait. Il fallait croiser les informations des différents dossiers, regarder si aucun nom n’était familier. Assez vite la fatigue se fit sentir. Barbara la première déclara forfait. « Je n’en peux plus, je ferais mieux d’aller me coucher. Je repasserai demain. » « Où vas-tu ? » demanda John. « A l’hôtel, j’en ai vu un près d’ici. » « Non tu ferais mieux de rester ici. Tu ne vas quand même pas aller à l’hôtel. » « Je ne veux pas te déranger, tu en as déjà beaucoup fait. Tous les deux d’ailleurs. » dit-elle en se tournant vers Monica. John se leva et se dirigea vers sa chambre. « Tu vas prendre ma chambre. Je vais changer les draps. » Elle le suivit de telle sorte que la conversation fut inaudible pour Reyes. « Changer les draps ? » Doggett se retourna, surpris par le ton qu’elle avait employé. Puis il réalisa. Ils avaient tout partagé pendant les 11 ans qu’avaient duré leur mariage, et les draps même un peu plus longtemps. Et aujourd’hui il voulait changer les draps ? Comme si, parce qu’ils avaient divorcé ils redevenaient de parfaits étrangers. Par cette simple phrase, il avait, inconsciemment, effacé 13 ans d’intimité. Pourtant, dieu sait si ces treize années étaient importantes à ses yeux. Il avait aimé Barbara, à la folie. Au point de la demander en mariage, d’en faire la mère de son enfant. Et même si les choses ne s’étaient pas déroulées aussi bien qu’il l’avait souhaité, il ne renierait jamais ces années. Sans un mot, il ouvrit un placard et sorti une chemise à carreaux. « Pour dormir. La salle de bain est à droite. » « Merci. » dit-elle en esquissant un sourire. « Bonne nuit. » Il se pencha et l’embrassa. Un simple réflexe qui la prit par surprise. Il recula brusquement, soudain conscient de ce qu’il avait fait. « Bonne nuit. » se contenta-t-elle de dire avant de disparaître dans la salle de bain. Quand Doggett repassa dans son salon, Reyes enfilait sa veste. « Tu t’en vas ? » « Hum… oui. Je ne pense pas qu’on trouve quelque chose ce soir. » Doggett hocha la tête. « Bonne nuit. Je reviendrais demain, tu n’as qu’à m’appeler quand vous êtes prêts. » dit-elle en passant la porte. Il la suivit dehors. « Qu’est-ce que tu penses ? » « A propos de quoi ? » « De la secte. » Monica s’arrêta au bord de l’escalier et lui fit face. « De la secte. » répéta-t-elle « Je crois qu’il y a quelque chose de grave là. J’ai peur que Mark y soit impliqué. Mais d’ici on ne peut rien faire. J’ai remarqué deux trois choses que je communiquerais au bureau de New-York lundi. » « On pourrait aller à New-York ? » Monica lui lança un regard sceptique. « D’accord, mais au moins aide-moi à finir de lire ces dossiers. » « Pas ce soir. Il vaut mieux que je vous laisse seuls… Vous devez avoir des choses à vous dire. » dit-elle. Elle évita son regard et descendit une marche. « Quoi ? » fit Doggett, incrédule. Qu’est-ce qu’elle croyait ? Que dès qu’elle serait partie il retournerait voir auprès de son ex-femme comme si les 10 dernières années n’avaient jamais existé ? « Certains le font. » souffla-t-elle avant de descendre les marches quatre à quatre. Elle avait lu en lui comme dans un livre. Il aurait voulu l’arrêter et dire quelque chose. Mais il ne pouvait pas. Parce que l’idée lui avait traversé l’esprit, parce qu’il y avait pensé et peut-être même souhaité. Il s’était souvent demandé si leur divorce, après la mort de Luke, n’avait pas été une décision un peu rapide. Le chagrin aidant, ils s’étaient séparés et avaient abandonné. A l’époque il s’était dit qu’ils avaient essayé et que ça ne marchait plus. Il n’en était plus si sûr à présent. Peut-être que s’il avait fait un effort, ils seraient à nouveau heureux, ensemble. Mais il avait baissé les bras et elle n’avait pas cru bon d’y croire, elle non plus. Doggett ressentit soudain le besoin de parler. Il rentra dans son appartement et alla doucement frapper à la porte de sa chambre. NEW-YORK Mark se tenait là, dans le froid, le visage illuminé par le feu. Sa petite amie, Kathy, le regardait, horrifiée. Elle avait peur, et elle était frigorifiée. Il lui semblait que le froid la pénétrait de partout, la transperçant comme des poignards dans ses mains et son visage. Le vent glacial qui traversait la clairière où ils se tenaient, la faisait sans cesse frissonner. Elle ne sentait déjà plus ses orteils. Pourtant elle n’osait pas bouger. Mark observait sans broncher les ombres qui s’affairaient autour du feu. Une dizaine de personnes étaient avec eux dans cette clairière, ils semblaient en pleins préparatifs, Kathy ignorait de quoi. Ils avaient installé comme un autel en face du feu qui montait maintenant très haut. Finalement un homme s’approcha d’eux. Il portait une longue cape noire dont la capuche lui cachait le visage. L’homme salua Mark sans prêter attention à la jeune fille et tendit au jeune homme un verre. « C’est quoi ça ? » L’homme devant lui soupira tout en jaugeant Mark du regard. Celui-ci était vêtu d’un long manteau sombre. Les mains dans les poches il se tenait légèrement voûté. « Jeune homme, j’aurais apprécié plus de respect dans votre question. La cérémonie de ce soir est une des plus importante, elle doit permettre à chacun d’entre nous de s’ouvrir. » « Quand pourrais-je *lui* parler ? » demanda Mark, toujours agressif. « Pas ce soir, tu dois d’abord ouvrir ton esprit. » « Ecoutez Philb… Mr Philbin ! J’ai failli avoir des ennuis, moi, à cause de vous ! Je veux juste… » Mark jeta un rapide coup d’œil à Kathy avant de continuer. « … faire ce que vous m’avez dit que je pourrais faire. » « Sois patient. » lui dit simplement Philbin avant de repartir. Kathy le laissa s’éloigner puis s’en prit violemment à Mark. « Putain, mais c’est quoi ces conneries !? » « Je t’ai déjà expliqué, ils peuvent m’aider ! » « C’est juste des conneries, merde Mark, réveilles-toi ! Tu me fous les boules… » Kathy était agitée, elle se demanda pourquoi elle avait accepté de venir. De toute évidence son petit ami avait pété les plombs. Nerveusement, elle se passa une main dans les cheveux en observant Mark. Il semblait désorienté et son visage exprimait une souffrance qu’elle avait du mal à comprendre. « Non, je t’assure c’est juste… j’ai besoin de… » bafouilla t-il. « Je me casse ! » Elle s’éloigna d’un pas rapide. Mark se sentait tiraillé. Il savait que sa petite amie avait raison. Cet endroit, cette cérémonie et ces hommes qui lui avaient assuré qu’ils pouvaient réaliser son rêve ne lui inspiraient pas confiance. Mais il ne pouvait pas passer à côté de sa seule chance de *lui* parler une dernière fois. Il appela Kathy, lui demandant de revenir mais elle ne se retourna même pas. Il la regarda s’éloigner, les poings serrés dans ses poches. Il s’en voulait d’être aussi indécis. Il avait besoin de croire, peu importait ce que sa raison lui dictait. Il but le contenu du verre apporté par Philbin avant de rejoindre le groupe. Un peu à l’écart, tapis dans l’ombre, un homme l’observait. Il sourit, une lueur étrange illuminait ses yeux. Philbin se tourna vers lui et l’interrogea du regard mais l’homme ne bougea pas. Il regarda la cérémonie et le sacrifice de loin. Il attacha une attention toute particulière aux réactions de Mark alors que l’un des membres du cercle se mutilait. Bien que mark ne bougeât pas, il sentait sa peur et ses doutes mais aussi son espoir. Le lendemain Doggett appela Reyes de l’aéroport. Ce matin, il avait décidé de partir à New-York. Il ne savait pas trop pourquoi. Il était clair qu’il ne pourrait pas résoudre cette affaire, encore moins sans l’aide de Monica. Néanmoins il avait emporté les dossiers avec lui. Il parlerait à Mark, à la police de Newark et il comptait être de retour lundi. Avec un peu de chance… Il secoua la tête, il ne savait même pas ce qu’il pouvait espérer. En tout cas il était là, tournant en rond dans le hall de l’aéroport, son téléphone portable à l’oreille. Enfin, Reyes décrocha. « Monica Reyes » « Monica, c’est moi. Désolé je te réveille, je voulais juste te dire que je partais à New- York. Je serais là lundi. » Il avait parlé vite pour qu’elle ne puisse pas objecter. Elle s’attendit même à ce qu’il raccroche mais il n’en fit rien. Elle s’assit et regarda l’heure : 7:49. Elle réfléchit un instant ne sachant trop que dire. Il savait que ce qu’il faisait était inutile. Mais John Doggett acceptait difficilement d’être inutile. « Monica, tu es là ? » « Oui, oui. Tu… tu veux que je vienne ? » demanda Monica en sortant de son lit. « Non, c’est bon. Je t’ai déjà assez dérangé comme ça. Ne t’inquiètes pas pour moi. On se voit lundi ? » « Oui, lundi. Oh John… ne te fait pas trop d’illusion, ce genre d’affaire prend du temps. » « Ok, à demain. » Avec un timing parfait, Barbara arriva des toilettes et rejoignit Doggett qui venait de raccrocher. Il sourit en la voyant arrivée. Il ramassa leurs deux sacs et ils se dirigèrent vers la porte d’embarquement. La nuit avait été courte et ils profitèrent du vol pour dormir un peu. Après un changement à Washington, ils arrivèrent à Newark en fin de matinée et allèrent directement au commissariat. Là-bas, Doggett obtint l’adresse du policier qui avait, la veille, eût Monica au téléphone et avait recueillit la plainte pour tentative d’enlèvement. Le policier de garde lui fournit aussi une copie du rapport préliminaire. « C’est si grave que ça ? » dit le policier en tendant à Doggett le dossier « Je veux dire.. pour qu’ils envoient deux agents du FBI, ça doit être sérieux. » Doggett se tourna vers Barbara qui avait insisté pour l’accompagner. Il lui fit discrètement signe de ne pas corriger l’agent de police. Elle lui fit signe qu’elle avait compris et, instinctivement, se redressa. Elle prit un air sérieux comme elle avait vu Monica et John le faire. « Nous sommes sur une piste, mais rien de précis pour le moment. Merci pour votre aide. » dit Doggett en refermant le dossier. Il l’avait rapidement parcouru et avait été soulagé de voir que Mark n’était apparemment pas mêlé à cette histoire. Il avait été aperçu à Newark mais l’enquête n’avait rien donné de concret. Doggett et Barbara prirent congé du policier. Ils marchèrent en silence jusqu’à la voiture. « Je vais te déposer. » dit sobrement Doggett, une fois qu’ils furent sur la route. « Merci. Il est plus de midi, tu n’as qu’à rester manger. » Doggett décrocha ses yeux de la route pour la regarder. Son regard était posé loin devant. Elle s’aperçut qu’il la regardait et elle tourna la tête vers lui. « Oui, d’accord. » finit-il par dire. Le reste du trajet fut silencieux. L’ambiance devenait malsaine, la conversation sonnait faux, les gestes étaient maladroits. Ni John, ni Barbara ne savait comment se comporter avec l’autre. Les 10 dernières années les avaient séparés plus qu’ils ne l’auraient jamais cru. Et pourtant ils se sentaient proche. D’une certaine manière, le temps passé ensemble, le repas qu’ils partagèrent les ramenèrent quelques années en arrière. Le paradoxe était flagrant, dans leurs rires, leurs yeux. Le malaise s’évanouissait grâce à un regard, une complicité mais le souvenir d’autres complicités revenait et faisait s’effacer les sourires. Avant de partir, Doggett demanda à Barbara de prévenir Mary Hillsburg qu’il passerait. Il voulait voir Mark et lui parler. Il ne savait pas ce qu’il allait lui dire, tout dépendrait de ce qu’il apprendrait de Philbin et du détective DiMarco. Il se rendit d’abord chez ce dernier. DiMarco n’habitait pas Newark mais Jersey City. Sa maison était située dans un quartier résidentiel et rappelait à Doggett celle qu’il avait habitée. Il observa depuis le seuil les parterres de fleurs et la pelouse impeccablement tondue. Et puis la porte s’ouvrit, interrompant ses pensées. « Détective DiMarco ? » demanda-t-il en sortant son badge. « Agent Doggett, du FBI. Je suis désolé de vous déranger un dimanche mais… » Le détective l’interrompit. « C’est bon, c’est bon. » dit-il avec le sourire « On m’a prévenu, c’est pour cette affaire d’enlèvement ? » Il fit entrer Doggett et l’emmena jusqu’au salon où ils prirent place. Doggett était très étonné par l’accueil. C’était la première fois qu’il était aussi bien reçu par un policier depuis qu’il était au FBI, sans parler du fait que c’était dimanche. Cependant il n’eut pas à attendre longtemps pour connaître la raison de cette hospitalité. « Je suis content que le FBI prenne en main cette affaire. Ca ne sent pas bon du tout. J’avais déjà vu ça, même avant que votre collègue me téléphone.. l’agent… » « Reyes. » « Oui c’est ça. Enfin bref, tout ce que je sais est dans le rapport. Tout y est sauf ce que je pense. Il y a quelque chose de louche là-dessous. Philbin a décrit un homme : très bien. Mais comment se fait-il que personne d’autre ne l’ait vu s’attaquer à Philbin ? Mark Hillsburg correspond à la description mais il était au même moment dans un restaurant avec sa petite amie et ne s’est pas absenté. La jeune fille dit qu’ils se sont séparés vers 11 heures. Or à cette heure, notre victime était interceptée. Mais Philbin est quelqu’un d’influent à Newark. Je ne peux pas me permettre de mettre en cause son témoignage. » « Mais pourquoi faire un faux témoignage ? » « Il ne voulait pas porter plainte au départ. Seulement les collègues l’ont arrêté quand ils l’ont vu couvert de sang. Il leur a dit qu’il allait bien mais les gars l’ont emmené au poste. » « Je vois. Depuis vous l’avez vu ? » « Non, pas du tout. Vous savez au départ j’ai cru que c’était la mafia. Mais quand votre collègue m’a appelé et questionné à propos d’une secte… Je ne suis sûr de rien. J’ai cru voir une sorte de tatouage, je saurais pas dire ce que c’était mais c’était récent j’en suis sûr. Une sorte de dessin mystique. Ca m’a étonné venant d’un gars comme Philbin. » « Vous pourriez me le décrire un peu mieux ce tatouage ? » « Tenez, je vais vous le dessiner. » Dessin en poche, Doggett roula ensuite vers Newark. Il s’arrêta à la station de police où il put scanner le dessin et l’envoyer à Reyes. Il lui téléphona pour la prévenir mais tomba sur son répondeur. Il laissa un message sur son portable. « Monica, c’est John. J’aurais besoin de ton expertise. Je t’ai envoyé un dessin par e- mail. Pourrais-tu me dire si tu peux le rattacher à un culte ? Rappelle-moi. Merci. Ah et je pense rester un peu plus longtemps, tu peux me couvrir ? » Chez Philbin, il fut accueilli froidement. Il n’obtint rien de la rencontre. Philbin se borna à répéter ce que John avait lu dans le rapport. Et puis très rapidement Philbin coupa court à la discussion en prétextant une importante réunion. Doggett ne prit même pas la peine de lui signaler que c’était dimanche. Il n’aurait de toute façon pas eut le temps, la porte s’était refermée devant son nez. Il décida qu’il était temps d’aller voir les Hillsburgs. Mais étant donné l’heure, il allait tomber dans les embouteillages et mettrait plus que l’heure et quart habituellement nécessaire pour rejoindre Woodbury, il décida de remettre sa visite à Mark à plus tard. LA NOUVELLE-ORLÉANS Pendant ce temps, Reyes faisait des recherches sur le dessin que lui avait envoyé John. Assise en tailleur au beau milieu de son appartement, entourée de livres et de papiers, elle restait perplexe. Elle fixait un point sur le mur en face d’elle tout en faisant sonner sa cuillère contre les parois de la tasse qu’elle tenait. Elle avait déjà rassemblé de nombreux éléments, cependant quelque chose la gênait. Elle ne parvenait pas à faire le lien entre les indices qu’elle avait. La description que Barbara lui avait faite l’orientait vers une secte, les éléments du dossier à New York vers un culte satanique. Mais le plus étrange était le dessin que lui avait envoyé John. Il mêlait de nombreux symboles sans lien apparent entre eux, du moins aux yeux de Reyes. Les symboles appartenaient à des religions, cultes et groupes différents et parfois opposés. Elle ne savait, pour certains, même pas quelle signification leur donner parmi les nombreuses qu’elle avait trouvées. Cette affaire lui semblait de plus en plus étrange au fur et à mesure que ses recherches avançaient. Feuilletant dans un livre, elle aperçut soudain un des symboles et parcourut le paragraphe. Le symbole en bas à gauche, en plus de signifier "poison", pouvait également s’interpréter par "échec et mat". L’expression lui rappela une de ses premières affaires aux côtés de John et un sentiment de malaise s’empara d’elle. Elle ne voulait pas croire que ce soit possible et pourtant, d’une façon ou d’une autre, elle savait. Si elle avait raison, la croix inversée n’était pas non plus là par hasard. Elle pensa appeler John, mais se ravisa avant de composer le numéro. Le combiné du téléphone dans la main, elle commença à peser le pour et le contre, finalement elle se leva pour chercher son carnet. Il fallait maintenant savoir si elle ne faisait pas fausse route. Elle prit contact avec Nemis pour qu’il lui donne son avis. Ils se donnèrent rendez-vous dans un café du quartier français. Il faisait beau et le soleil chauffait la terrasse où ils s’étaient installés. « Et où a-t-il vu ça votre partenaire ? » demanda Nemis après avoir examiné le dessin quelques secondes. « C’est un tatouage, sur une victime ou un suspect, il n’a pas été très clair. » « Très bien. Tout d’abord, je pense que la croix inversée au milieu est clairement le signe des satanistes. En haut à gauche, il me semble que c’est un signe égyptien, la descendance peut-être. L’œil en bas est sans nul doute l’ouverture sur la conscience. » Monica hocha la tête, jusque là, elle et Nemis étaient d’accord. Mais elle voulait surtout l’entendre sur le reste des symboles. Elle lui désigna celui en haut à droite. « Pour celui-ci, j’ai trouvé la lyre, est-ce que ça pourrait être autre chose ? » « C’est une lyre en effet, le symbole est celtique. Mais je me demande ce qu’il vient faire là. » « John et moi avions reçu un message signé d’une lyre surmontée de deux clés à la fin d’un de nos enquêtes. » « Et vous croyez que c’est lié ? » Monica ne répondit pas, elle commençait à se perdre dans ses hypothèses et les symboles lui paraissaient maintenant confus. Elle le dit à Nemis. « Ils le sont. Bon, Ce sont les deux au bas de la croix qui m’inquiètent. Qu’avez-vous trouvé pour celui-là ? » « En mathématiques, c’est la différence. Il peut signifier poison même si la tête de mort est plus souvent utilisée. Et j’ai trouvé qu’il était utilisé pour "Echec et mat" également. » « En effet, votre avis ? » « Et bien, au départ j’ai pensé que le culte utilisait du poison, mais les mots échec et mat me rappellent quelque chose. Ce sont les mots qu’a prononcé John à la fin d’une autre enquête. » « Et elle est liée avec l’autre. » Monica poussa un soupir qui en dit long à Nemis. « C’est possible. » Nemis la regarda et comprit que le vrai problème se situait dans le dernier symbole. Le premier sens intéressant était la mort de l’enfant. Monica finit par avouer à Nemis l’objet de son inquiétude. « John a perdu un fils. Et un ami de son fils est au centre de cette affaire. » Nemis écouta Reyes lui raconter les liens qu’elle avait faits. « Vous devez me prendre pour une folle paranoïaque ! » plaisanta-t-elle. « Pas du tout. Je trouve que votre théorie est très intéressante. Vous l’avez exposé à votre partenaire ? » « Non, à vrai dire je n’ose pas. J’ai peur qu’il le prenne mal. Et puis sur la première enquête, ça ne s’était pas très bien passé. Je suis sûre qu’il avait senti la même chose que moi mais c’est comme s’il avait fait exprès de le nier pour me prouver qu’il avait raison. » Ceci fit rire Nemis. Monica lui lança un regard surpris et réprobateur. « Pardon. Vous savez Monica, je serais vous, je prendrais un billet pour New York, je ferais ma petite enquête sur ce Kobold et j’irais voir Doggett avec des preuves. Cela ne sert à rien de le replonger dans la mort de son fils pour rien. Mais si, comme vous le croyez, on cherche à lui faire du mal, alors mieux vaut qu’il soit prévenu. Et qui sait, peut-être que cette fois vous mettrez en prison ce malade. » « Encore faut-il que ce soit vraiment lui qui soit derrière tout ça. » En toute fin d’après-midi, Reyes réserva un billet d’avion de nuit pour New York puis retourna au bureau. Là, elle entreprit quelques recherches approfondis sur Kobold. Elle et John avaient juste signalé l’affaire Enerys au Marshal qui recherchait Kobold. Il avait noté le lien avec Parthénopé mais n’était jamais revenu pour d’autres informations sur Kobold. Elle téléphona en Virginie, au bureau du Marshal. Elle eut du mal à obtenir des informations, le sujet Kobold était sensible. Elle finit par savoir qu’il avait failli l’avoir en Floride et que la dernière information, non vérifié, le situait dans le nord est des Etats- Unis. Cette nouvelle n’était pas pour soulager Monica. Elle avait initialement prévu de partir dans la nuit sans prévenir Pearson. Mais John était toujours là-bas et elle n’avait personne pour la couvrir pendant son absence. Elle décida de prendre son courage à deux mains et de téléphoner à la directrice adjointe. « Oui » dit la voix sèche et claire d’Edna Pearson. « Mme Pearson. C’est l’agent Reyes, je suis absolument désolée de vous déranger mais c’est important. » Reyes se mordit la lèvre, attendant avec anxiété la réponse de Pearson. Soit celle-ci hurlait immédiatement en lui disant d’aller au diable, soit elle l’écouterait mais finirait par hurler de toute façon. Pearson poussa un soupir exaspéré. « Qu’est-ce que vous ou votre partenaire avez encore fait ?!» « Nous sommes tombés par hasard sur une affaire qui semble être grave. Elle concerne un culte satanique ou une secte qui pourrait mettre en danger la population. J’ai fait des recherches et j’ai trouvé des éléments qui m’amènent penser que cela pourrait être grave. L’agent Doggett est déjà parti sur les lieux et devait rentrer ce soir mais… » « Attendez, Attendez ! Agent Reyes ! *Où* est l’agent Doggett ? » ‘Aïe aïe aïe’ pensa Monica avant de répondre d’une petite voix. « New-York » « QUOI ! Vous me dites que l’agent Doggett est parti *sans autorisation* enquêter à New York sur une affaire qui vous est *tombée dessus par hasard* ! Qu’est-ce que vous attendez de moi ? Que je vous dise ‘allez-y, agent Reyes, allez enquêter sur cette affaire, vous avez le feu vert, il n’y a aucun problème’ ? » Pearson avait déjà commencé à crier. Reyes pouvait la voir fulminer rien qu’en entendant sa voix, ce qui rendait encore un peu plus délicat ce qu’elle avait à dire. « Oui… Ca ne sera pas long, il faut juste donner des éléments au bureau de New-York et… » « Agent Reyes. Vous savez apparemment vous servir du téléphone! Mais je sais que vous me cacher quelque chose. Et je vais vous dire, agent Reyes, ça m’est bien égal, alors partez. Mais je commence à en avoir marre de vos petites magouilles à vous et à l’agent Doggett. Je vous attends à la Nouvelle-Orléans mardi. Et préparez-vous à me remplir des papiers pendant un bon moment… Et évitez que l’agent Doggett finisse par servir de dîner à des cannibales ! » Pearson raccrocha sans attendre la réponse de Reyes. Et se tourna vers la petite fille brune qui venait d’entrer. Elle se jeta dans les bras de Pearson et demanda : « C’était qui Mamie ? » « Gretel, ma chérie. » dit-elle en la prenant des ses bras. « C’est vrai ? tu lui as dis quoi ? » demanda la petite file, émerveillée de voir que sa grand-mère connaissait Gretel. « D’aller chercher Ansel. Qu’est-ce que tu dirais d’un bon chocolat pour le goûter ? » « Ouiiiii ! » s’exclama la petite tête brune « mais il est où Ansel ? Et pourquoi Gretel. » Pearson, tenant toujours sa petite-fille dans les bras entra dans la cuisine et ferma la porte, étouffant le flot continu de questions. NEW-YORK La maison était calme, tout semblait indiquer que les occupants dormaient. Pourtant, allongé sur le canapé, Doggett était bien éveillé. Il fixait le plafond, laissant son esprit vagabonder. La journée avait été riche en événements et il tentait d’y voir plus clair. C’était difficile. Il pensait à appeler Monica malgré l’heure tardive quand un bruit le sortit de sa rêverie. Il s’assit d’un bond, les sens en alerte. Il sentit son cœur battre rapidement dans sa poitrine puis ralentir progressivement quand il reconnut son ex- femme dans la cuisine. Il repoussa la couverture et se leva. « Barbara ? » appela-t-il doucement pour ne pas lui faire peur. « Tu ne dors pas ? » Elle chuchotait, comme s’il y avait quelqu’un à ne pas réveiller. Elle se tenait à côté du frigo, une bouteille entre les mains. Elle n’avait pas pris la peine d’allumer dans la cuisine. Elle avait cru qu’il dormait quand elle avait entendu sa respiration régulière et vu qu’il était immobile. Pourtant elle n’était pas surprise de le voir debout. Elle savait que John s’inquiétait pour Mark, au moins autant qu’elle. Il le lui avait dit la veille. Ils avaient aussi tenté de parler de Luke mais la douleur était encore trop forte et présente. Ils avaient finalement mis fin à la conversation sans avoir réellement parlé. Depuis son retour, il n’avait ouvert la bouche que pour lui souhaiter bonne nuit et ne lui avait même pas dit qu’il n’était pas aller voir Mark. Elle aurait cru qu’il avait eût peur. Sans attendre la réponse à la question qu’elle avait posée, purement formelle, elle alla chercher des verres. Ils retournèrent s’asseoir dans le salon, chacun d’eux comprenant qu’il fallait qu’ils parlent… finalement. Plus la conversation avançait plus ils découvraient à quel point ils s’étaient trompés l’un sur l’autre. Doggett vit que, contrairement à ce qu’il pensait, Barbara ne l’avait pas détesté. Et Barbara s’aperçut que John avait pris sa peine pour de la colère. Ils avaient passé ses années séparés parce qu’ils avaient été incapables de se parler. A présent, éclatait la dispute qu’ils auraient dû avoir dix ans auparavant. « Je n’ai jamais voulu te faire du mal, John. C’est toi qui as voulu divorcer ! » « Parce que tu n’étais pas heureuse, tu… » « Je venais de perdre mon fils ! » s’exclama-t-elle. « Notre fils » rectifia Doggett. En entendant sa voix tremblante, Barbara regretta ses mots durs. Elle pouvait deviner son regard triste. Elle savait à quel point ses yeux bleus trahissaient sa peine, elle n’avait pas besoin de les voir réellement. Elle tendit la main et caressa sa joue. Mariés, ils avaient naturellement eût quelques disputes. Elles se terminaient toutes de la même façon car ils étaient incapables de rester en colère l’un envers l’autre très longtemps. Rien n’avait changé, et sans trop savoir comment, ils se retrouvèrent enlacés sur le canapé comme des adolescents. Ils s’interrompirent un instant, pour reprendre leur respiration. Leurs regards se croisèrent mais ni Barbara ni John n’émirent d’objection. Le lendemain matin, Doggett fut réveiller par la sonnerie persistante de son portable. Tâtonnant un peu, il finit par le trouver sur la table de chevet. « Doggett » « La nuit a été bonne ? » Doggett fronça les sourcils, la voix de l’homme lui était familière sans qu’il puisse y associer un nom ou un visage. « Qui êtes-vous ? » « oh ! Agent Doggett, je vais moi aussi finir par avoir *pitié* de vous, quoiqu’il soit normal d’essayer d’oublier quelqu’un qui s’est joué de vous aussi facilement. » L’accent mis sur le mot "pitié" remplit John de rage. « Kobold ! » « J’avais peur que vous m’ayez oublié ! Moi je ne vous ai pas oublié Agent Doggett. Je dois vous laisser. Mes amitiés à Barbara… si vous la revoyiez. » Il y eut un clic puis la tonalité remplaça la voix du professeur. Doggett crut entendre les mêmes voix que l’année précédente chuchoter le mot « Daemonicus » mais se persuada que c’était son imagination. Cependant il commençait à s’affoler : Barbara n’était pas à côté de lui. Le réveil indiquait 8 heures 30. John se leva précipitamment. « Barbara ! Barbara ! » appela t-il. La panique s’emparait de lui au fur à mesure qu’il entrait dans une pièce vide. Il arriva dans la cuisine. Barbara était là, saine et sauve. Assise à la table et déjà habillée, elle buvait un café en compagnie de Reyes. En l’entendant, Monica se retourna, surprise et inquiète par le ton de son partenaire. Mais ce fut Barbara qui parla : « John, ça ne va pas ? » « Heu… si, je ne te trouvais pas… Monica qu’est-ce que tu fais là ? » demanda t-il en essayant d’être naturel. Reyes buvait lentement son café pour se donner une contenance. Pourtant, elle n’avait pas été étonnée de voir Doggett débarquer en caleçon dans la cuisine. « J’ai trouvé des choses intéressantes à propos du dessin que tu m’as envoyé et j’ai des soupçons plus qu’inquiétants. J’ai téléphoné à Pearson, elle était en colère et elle m’a dit de venir t’aider. » John hocha la tête mais resta silencieux. « Je dois aller travailler. » dit Barbara en se levant. Doggett la suivit jusqu’à la porte. « Je préférerais que tu restes là. » dit-il. Venant de John Doggett, Barbara savait que ce n’était pas du sentimentalisme. « Tu entres dans la cuisine paniqué, tu *préférerais* que je reste là… Y a-t-il quelque chose que je devrais savoir ? » A nouveau, John prit cette expression pleine de douleur mais ne dit rien. « Je dois vraiment y aller… » Barbara passa la porte. « Fais attention s’il te plaît. » Elle ne se retourna pas. De retour dans la cuisine, après s’être habillé, John s’assit en face de Monica. Elle lui avait servi une tasse de café. Il but, laissant le silence s’installer. Reyes l’observait, attendant le meilleur moment pour lui annoncer son sentiment à propos de l’affaire. Elle du réfléchir un peu trop longtemps car Doggett finit par parler. « C’est Kobold. » Reyes fut prise par surprise par cette affirmation. Elle s’attendait à émettre l’hypothèse que le professeur soit derrière ce culte ou cette secte. Elle s’était préparée à débattre avec Doggett pour le convaincre, encore une fois, que ce qu’elle sentait n’était pas une affabulation de sa part. Et voilà que la discussion était finie avant d’avoir commencé. S’apercevant de son trouble mais l’interprétant mal, Doggett continua. « Rassures-toi, je n’ai pas eu de vision, juste un coup de téléphone. » Reyes fronça les sourcils. « Comment ça ? » Doggett se réinstalla sur sa chaise, mal à l’aise. « Ce matin, kobold m’a téléphoné sur mon portable. Il voulait me provoquer. J’ai demandé au Bureau de tracer l’appel mais ils sont débordés. Ils n’auront le résultat que ce soir. « Il sera déjà loin d’ici ce soir. » fit remarquer Reyes. « Je sais. » répondit Doggett, fataliste. Il ne voulait pour l’instant pas en dire plus à sa partenaire. Même si ce coup de fil l’inquiétait, il savait que Kobold voulait le pousser à commettre une faute. Il fallait absolument éviter de paniquer et bien réfléchir avant de révéler ou de faire quoique ce soit. Plongé dans ses réflexions, il avait même oublié que Reyes avait, elle aussi des nouvelles. Monica hésita à en demander plus sur Kobold et son mystérieux appel mais se rendit compte que John en parlerait quand il en aurait envie. Elle lui exposa ce qu’elle avait trouvé et lui rapporta sa conversation avec Nemis. Au fur et à mesure les yeux de Doggett s’agrandissaient. Un voile de tristesse passa sur son visage quand Reyes mentionna Luke mais il se ressaisit vite. L’affaiblir, voilà ce que voulait Kobold. « Bon, il est maintenant clair que Kobold est la clé de cette histoire. Il est lié à Philbin par le tatouage. Reste à savoir quels sont ces motifs. Il a réussi son évasion et s’est bien joué de nous, pourquoi continuer ? » s’interrogea Doggett. « C’est un malade John, il veut jouer et j’ai bien peur que n… tu sois devenu sa proie favorite. » Doggett sentit sa gorge se serrer. Les paroles de Kobold résonnaient dans son esprit. //si vous la revoyez// Comment sa vie avait-elle pu déraper à ce point. Onze ans auparavant, il était un simple policier avec une femme et un fils. Il avait des projets, des rêves : une nouvelle maison, avoir une petite fille, apprendre à Luke à conduire… Et voilà qu’il se retrouvait en enfer, où du moins assez proche pour avoir envie de se rouler en boule et dormir. Pourtant ce n’était pas dans son tempérament d’abandonner. Parfois seulement, il lui semblait que le sort s’acharnait contre lui et ceux qu’il aimait. Alors qu’il pensait, les voix recommencèrent à résonner. Daemonicus Daemonicus Daemonicus « John ? » appela Reyes. Il leva les yeux et s’aperçut qu’il avait dû lui faire peur. Elle ne semblait pas avoir entendu les voix donc il essaya de se reprendre. « Ca va, je suis juste un peu inquiet. Ca va aller, je t’assure. » Reyes le regarda droit dans les yeux, sceptique et inquiète. « Bon, qu’est-ce qu’on fait maintenant ? » demanda-t-elle. « Je n’ai pas eu le temps de parler à Mark hier, on va aller le voir. » Un quart d’heure plus tard, ils sonnaient à la porte des Hillsburgs. Un homme plutôt mince leur ouvrit. Il ressemblait à la photo de Mark que Reyes avait vu. Cependant il était plus grand et plus corpulent que Doggett. Il sourit quand il vit Doggett à sa porte. « John ? Ca faisait longtemps ! » « Jack » dit sobrement Doggett. « Comment ça va ? » « Bien, bien et toi ? » Il sourit à Monica puis il revint à John. « Tu ne me présentes pas ? » dit-il, toujours avec le sourire. Doggett et Reyes échangèrent un regard perplexe. Reyes sortit son badge. « Je suis Monica Reyes, la partenaire de John. Je suppose que vous êtes le père de Mark, est-ce qu’il est présent ? » Jack Hillsburg montra quelques signes de confusion. Il fit cependant entrer les deux agents. « Il est là-haut, je vais le chercher… John ? Qu’est-ce qu’il se passe ? Je viens de rentrer d’un voyage d’affaire et… » « Jack, calmes-toi. Tu n’es pas au courant ? » « Non ! » A nouveau, Reyes et Doggett se regardèrent. « Je vais parler à Mark. » dit Reyes. Elle avait compris qu’il valait mieux laisser le champ libre à Doggett pour expliquer ce qui se passait à Jack. Celui-ci lui indiqua quelle était la chambre de Mark et elle monta, laissant les deux amis seuls. Elle n’eut aucun mal à trouver la chambre du jeune homme. La musique qui parvenait de sa chambre faisait trembler sa porte : du hard rock, pur et dur. Elle frappa et l’appela assez fort pour couvrir le son. La porte s’ouvrit brusquement. Mark portait un T-shirt noir et un jean. Il portait aussi des bandages sur les avant-bras. Reyes les remarqua mais garda la question pour plus tard. « Mark ? Je suis Monica Reyes. » dit-elle en ressortant son badge mais Mark l’arrêta. « Je me souviens de vous. Où est John ? » « Il est en bas. Avec ton père. Nous nous sommes déjà rencontrés ? » Mark pencha la tête sur le côté et fit un pas sur le côté pour la laisser entrer. Il la suivit du regard, méfiant. « Août 93 » « Oh » fit Monica, se rappelant soudain du petit garçon qu’il était alors. « Pourquoi vous êtes là ? » « A cause de tes ennuis. Est-ce que tu peux me dire ce qu’il se passe Mark ? » « Je ne comprends pas. » Mark croisa les bras sur son torse. Reyes ne bougea pas, ni ne parla, attendant qu’il se décide. Finalement, il abandonna. « Ok, les flics sont venus me voir vendredi. Apparemment il croyait que je faisais parti d’une secte.» « C’est le cas ? » « Non ! » s’offusqua Mark. « Très bien. Est-ce que tu t’es blessé ? » Reyes leva un sourcil et Mark lui lança un regard méchant. « Vous me faites tous chier ! » Il attrapa sa veste et sortit de la pièce en coup de vent. Reyes resta plantée au milieu de la chambre, un peu étonnée. Elle commença à scanner la pièce. Elle ne vit rien d’intéressant et redescendit. Elle trouva John seul dans le salon. Avant qu’elle ne put parler, Doggett lui raconta sa conversation avec Jack Hillsburg. Apparemment, le père de Mark n’était plus très souvent à la maison et n’était au courant de rien. Quand Mark était descendu, Jack lui avait couru après. « Et maintenant ? » demanda Reyes à son partenaire. « Je ne sais pas. » En sortant, ils croisèrent Jack. Celui-ci, le portable à l’oreille semblait parler affaire. Doggett fit signe à Monica de continuer pendant qu’il s’arrêtait au niveau de son ami. Il lui prit le téléphone des mains et coupa la communication. « Jack, c’est grave ! Je suis sur que tu ne veux pas perdre ton fils. » « John, je mène ma vie comme je l’entends. Mon portable s’il te plaît. » Doggett le lui rendit avec un regard en coin qui exprimait son désaccord. Il rattrapa Reyes. « De l’eau dans le gaz ? » « Je me demande ce qui est arrivé. » « Comment ça ? » « Jack était un père fabuleux, je ne comprends pas ce qui l’a fait changer à ce point. On dirait qu’il s’en fout. » « Pourquoi n'irait-on pas demander à sa femme ? Tu sais où elle travaille ?» Doggett lui sourit et lui lança les clés de la voiture. « Je te guide. » Suivant les indications de John, Monica se gara dans une petite rue de New-York. Ils continuèrent à pieds jusqu’à un cabinet d’avocats. Doggett semblait très bien se repérer dans le luxueux immeuble. Monica le suivait, un peu perdue, alors qu’ils parcouraient les bureaux. Finalement Doggett s’arrêta devant le bureau de Mary Hillsburg et frappa à la porte. « Entrez » Le bureau était grand et très bien décoré. Des tableaux étaient accrochés aux murs et un petit salon occupait un coin de la pièce. Au fond, la grande baie vitrée offrait une vue imprenable sur New-York. « John ! » s’écria Mary en se levant et contournant son bureau pour les accueillir. Elle fit la bise à Doggett et serra la main de Reyes quand il les présenta. « Je ne savais pas que tu étais venu. Barbara n’est pas encore arrivée. Je te remercie d’être là, vraiment. » continua Mary en leur faisant signe de s’asseoir sur le canapé. « Nous aurions besoin de te poser quelques questions à propos de Mark. » dit Doggett. Mary s’assit en face des deux agents. « Pas de problème. » « Est-ce que votre fils a déjà parlé des cérémonies ou de leurs buts ? » demanda Reyes. Mary secoua la tête. « Je n’ai découvert qu’il y participait que vendredi dernier, quand la police est venue. Bien sur avant je m’étais aperçue que quelque chose n’allait pas. J’en avais même parlé à Barbara. J’attendais le retour de Jack pour agir, mais les choses se sont précipitées. J’aurais du m’inquiéter plus tôt. » Mary était bouleversée. Doggett aurait voulu lui dire quelque chose de gentil mais aucune phrase ne lui venait à l’esprit. Il était désolé de voir à quel point Mary était à bout de nerfs. « Est-ce que le nom de Joseph Kobold te dit quelque chose ? » « Kobold ? Non. » « Et Perry ou Vans ? » « Philip Vans est un ami de Mark. Il est venu à la maison plusieurs fois. » Mary regardait John puis Monica, ne sachant trop que penser. « Philip Vans serait à l’initiative de ces cérémonies. » lui annonça Monica. « Oh mon Dieu ! » cria Mary, au bord des larmes. « Mais on a découvert qu’un autre homme pourrait être derrière le culte. » « Ce Kobold ? » demanda Mary, en s’essuyant les yeux. Reyes et Doggett hochèrent la tête en silence. « Je suis désolée, ça ne me dit vraiment rien. » Cela rassura Doggett. Peut-être s’était-il inquiété pour rien au sujet de Kobold. Il espérait que celui-ci se contentait de le surveiller et qu’il n’avait téléphoné que pour lui faire peur. Il décida de changer de conversation. Jack lui avait semblé inconscient des problèmes dans lesquels son fils était plongé. « J’ai vu Jack. Il travaille toujours autant apparemment. » « Plus » dit-elle alors que son visage s’assombrissait encore un peu plus. « C’est à peine si ce qui ce passe l’inquiète. De toute façon il n’est plus très souvent là. Il voyage de plus en plus pour son travail. » Ne voulant pas avoir à prendre partie, Doggett se leva, imité par Reyes. Il rassura Mary en lui disant qu’il ferait tout pour tirer Mark de ce mauvais pas. Elle les remercia chaleureusement en les raccompagnant. « Tu vois Barbara aujourd’hui ? » demanda Doggett. « Je l’assiste au tribunal cet après-midi, pourquoi ? » « Dis-lui que j’aimerais la voir avant de repartir ce soir. » « Je lui dirais. » Mary prit John dans ses bras. « Ne t’inquiète pas » souffla-t-il à Mary, de nouveau en larmes. Il rejoint Monica dans le couloir. « Il est midi, qu’est-ce que tu dirais d’aller déjeuner avant de passer au siège du FBI . J’aimerais savoir s’ils ont avancé sur mon coup de téléphone. » Plus tard, Doggett et Reyes discutaient avec les agents qui s’occupaient de la secte. Ils n’avaient pas pu tracer l’appel de Kobold et une équipe de Miami avait été envoyée chez sa dernière cachette connue pour voir si des indices n’avaient pas été laissés de côté. « Et vous suivez Philip Vans ? » « En ce moment même. Mais rien à signaler, il est allé au travail ce matin, rien d’anormal. Pourtant il semble nerveux. On pense qu’il y a une cérémonie ce soir. » répondit Wylde, l’agent en charge du dossier. « Pourquoi ? » demanda Doggett. Mais avant que Wylde puisse répondre, son téléphone sonna. Il se détourna et s’éloigna avant de décrocher. « Doggett. » « John, c’est Mary. Tu te souviens que je t’ai dis que j’assistais Barbara aujourd’hui ? » « Oui. » répondit Doggett, étonné. « Et bien, elle n’est pas venue au tribunal. Tu ne l’aurais pas vue ? » Le cœur de John fit un bond dans sa poitrine. « Tu as essayé son portable ? » Il commençait à paniquer, se souvenant des paroles de Kobold. « Bien sur. John ? Est-ce que… » « Je te rappelle ! » Il raccrocha rapidement. Une nouvelle fois il entendit les voix, plus fort que la dernière fois. DAEMONICUS DAEMONICUS DAEMONICUS Il secoua la tête vigoureusement puis essaya lui-même de joindre Barbara mais il tomba au bout d’un moment sur son répondeur. Il se décida seulement à cet instant de parler des menaces de Kobold à Reyes et aux autres agents. Au même moment, Barbara se trouvait à bord de la voiture de son filleul. Le jeune homme était au volant et ils roulaient à vive allure sur une petite route. Le matin, Mark l’avait attendue à son travail et lui avait demandé s’il pouvait lui parler. Elle avait accepté et ils s’étaient assis dans un café. Mais très vite, la conversation s’était enlisée. Mark avait essayé de lui faire comprendre ce que les cérémonies lui avaient apporté. Il avait fini par plus ou moins la convaincre de venir voir ce qui se passait. Barbara pensait qu’il allait lui montrer le lieu de la prochaine cérémonie et qu’il la ramènerait ensuite. Elle aurait pu ensuite prévenir John qui serait intervenu. Malheureusement, Mark ne semblait pas vouloir la ramener à New-York. Au contraire ils roulaient depuis ce matin et elle ne savait pas du tout où ils étaient. Elle le soupçonna de rallonger le chemin pour la perdre. Elle avait cessé en début d’après-midi de parler avec lui, son monologue bien huilé sur les réponses, l’ouverture de sa conscience et la perception de la mort ayant eu raison d’elle. Il n’avait pas été agressif, au contraire. Elle avait été surprise et inquiète de voir à quel point il souriait, comme si toute cette histoire n’était qu’une surprise d’anniversaire pour sa marraine. Brusquement, Mark quitta la route pour tourner dans un chemin en terre. Ils arrivèrent devant une maison en bois et Mark arrêta la voiture. Il fit descendre Barbara qui commençait à avoir peur. Le ciel était très sombre et elle entendait des sons étranges, comme des voix. Elle avait du mal à comprendre ce qu’elles prononçaient. Mark l’emmena à l’intérieur, il faisait sombre et la maison sentait le renfermé. « Mr Kobold ? » appela-t-il. Un homme était assis au fond de la pièce principale, dans l’ombre. Il se leva et prenant soin que son visage reste dans l’ombre, il s’avança. « Mme Doggett, j’espère que vous avez fait bon voyage. Désolé pour la maison, je n’ai pas eu le temps de faire le ménage. Mark peux-tu aller chercher Philip ? » Mark sembla contrarié. « Mais, je croyais que… » Kobold l’interrompit en levant la main. Mark laissa tomber et s’approcha de Barbara. Il lui parla doucement. « Ne t’inquiète pas, il fait un peu peur comme ça mais il a quelque chose à te montrer, quelque chose d’extraordinaire. » Il sortit laissant Barbara seule avec Kobold. Il s’approcha et elle retint son souffle. Il lui sourit et lui proposa de s’asseoir et un café qu’elle refusa. Elle était terrifiée et malgré les paroles de Mark, elle sentait que cet homme n’était pas là pour son bien. Elle jetait des regards furtifs vers la porte. « Mark va bientôt revenir. Mme Doggett, croyez-vous qu’on puisse parler aux morts ? » « Je ne suis plus Mme Doggett. » lui répondit-elle, sur la défensive. « On aurait pu croire le contraire hier. » Un frisson parcourut Barbara. « Qui êtes-vous ? » « Un ami de l’agent Doggett, un vieil ami. » Kobold souriait, Barbara était perdue. « Trêve de bavardage, j’ai quelque chose à vous montrer. » Il passa derrière le fauteuil où elle s’était assise. Il se baissa et murmura à son oreille : « Regardez près de la cheminée, Barbara. » Elle s’était raidie mais ses défenses tombèrent quand elle vit qui était au pied de la cheminée. Des larmes coulèrent le long de ses joues alors qu’elle voyait son petit garçon assis par terre, en train de dessiner. Luke leva la tête et sourit en la voyant, il se précipita vers elle. « Maman ! Regarde le dessin que j’ai fait. » Il courait vers elle, sa feuille à la main. Mais alors qu’il allait atteindre les bras de sa mère, il s’évanouit. Barbara laissa tomber ses bras sur ses genoux et éclata en sanglots. Kobold posa une main réconfortante sur son épaule. « Je peux vous offrir plus. Je peux vous rendre votre fils. » finit par dire Kobold. « Vous êtes un monstre. » La voix de Barbara était emplie de rage, contre cet homme, contre elle aussi. Elle se savait manipulée mais elle ne pouvait empêcher de ressentir comme un espoir, l’espoir de revoir son fils. Elle se détestait d’y croire, elle savait que son fils était mort et que rien ne pourrait changer ça. Cependant une petite voix, au fond d’elle, ne cessait de répéter "et si ?". « Ce soir, vous pourrez revoir votre fils. Vous êtes sure que vous ne voulez pas un café ? » Au siège du FBI à New-York, Doggett tournait en rond. Reyes, assise à la table de la salle de conférence où était installée la cellule de recherche, lui demande de se calmer. « Tu me donnes le tournis John. » « Je ne peux pas croire qu’on nous dise de rester en dehors de ça ! BORDEL ! » Il shoota dans la poubelle, l’envoyant voler à l’autre bout de la pièce. Les regards se tournèrent vers lui mais tous les agents se replongèrent rapidement dans leurs dossiers après avoir croisé le regard assassin de Doggett. Celui-ci ne tenait plus en place depuis qu’on lui avait ordonné de rester là. La plus grande partie de l’équipe était partie à droite et à gauche à la recherche de son ex-femme. Wylde lui avait gentiment fait comprendre que sa présence n’était pas requise. Il était censé aider quelques gamins à peine sortis de l’académie à relever des indices dans les dossiers sur Kobold et la secte. Reyes, elle, s’efforçait de calmer son partenaire. Elle avait presque réussi quand un agent passa la porte à bout de souffle. « Où est Wylde ? » « Parti, qu’est-ce qu’il se passe ? » Demanda Doggett qui avait sauté sur ses pieds. « Il faut que je lui parle ! » « Qu’est-ce qu’il se passe ! ? » lui hurla Doggett. Reyes se rapprocha d’eux. « On a perdu Vans, il était à son boulot mais quand j’ai envoyé un gars vérifier, il avait pointé et s’était cassé. On ne l’a pas vu sortir, on ne sait pas où il est ! » Doggett l’empoigna par le col. « QUOI ? ! » Doggett était rouge de colère. Reyes s’empressa de le faire lâcher prise. « John, va t’asseoir ! » Doggett s’éloigna un peu en fulminant et Reyes se retourna vers le pauvre agent qui se frottait le cou. « Vous n’avez aucun moyen de savoir où il est ? » « Il n’a pas pris sa voiture, on ne sait même pas comment il est parti, ni par où. » « Vous surveillez les autres membres de la secte ? » « Certains. » « Mark Hillsburg ? » « Non. » C’est à cet instant que Wylde entra, suivi de ses hommes portant des cartons qu’ils déposèrent sur la longue table. Ils commencèrent à les vider, à la recherche d’indices dans les affaires de Barbara. L’agent que Doggett avait failli étrangler apprit la mauvaise nouvelle à son supérieur qui se contenta de le renvoyer chez Vans. « Pourquoi vous ne surveilliez-vous pas Mark ? » demanda Reyes d’un ton accusateur. « Il n’était pas important. Ecoutez agent Reyes, je sais qu’on s’est planté sur ce coup-là mais on fait de notre mieux. » Doggett arracha sa veste de la chaise ou il était assis et sortit de la pièce en bousculant Wylde. Reyes le regarda s’éloigner, elle hésita à le suivre. Elle se doutait qu’il avait besoin de rester seul. De plus elle savait qu’il n’irait pas trop loin de peur de manquer une information. Dans la maison de Kobold. Mark était revenu et consolait maintenant Barbara. Kobold était parti dans une autre pièce avec Vans. « C’est rien, ça va aller. Ce soir, ce soir on le reverra. » « Mark… » « Non, ne dis rien, il sera là je te dis. » Barbara n’avait même plus la force de le contredire. Ils restèrent dans la maison jusqu’à la nuit tombée puis Kobold leur dit qu’il était temps de se mettre en route. Mark et Vans firent monter Barbara dans la voiture. Kobold était resté sur le pas de la porte, il leur dit qu’il les rejoindrait plus tard sur le lieu de la cérémonie. Mark acquiesça avant de monter en voiture et de partir. Kobold retourna à l’intérieur et ferma la porte après avoir pris les deux bidons qui étaient à côté de la porte. Après quelques minutes, Barbara vit apparaître devant elle un énorme feu devant lequel trônait un large autel. Mark se gara et ils descendirent de voiture. Barbara prit soin d’observer les lieux. Ils se trouvaient dans une clairière entourée de chênes. L’herbe était grasse sous ses pieds, il avait du pleuvoir récemment. L’odeur de bois brûlé et la fumée lui irritaient la gorge. Mark et Vans la menèrent jusqu’au groupe d’hommes vêtus de noir qui se tenaient auprès de l’autel. Philbin les accueillit et la salua respectueusement en l’appelant Mme Doggett. Apparemment tout le monde la connaissait et ça lui faisait peur. On cœur battait fort et elle avait du mal à respirer. Soudain sans qu’elle comprenne ce qui se passait, elle se retrouva attachée. Mark avait été mis K.O. Elle cria et tenta de se défendre mais on la bâillonna et les cordes se serrèrent autour de ses poignets et des ses chevilles. Alors qu’on l’allongeait sur l’autel, elle pouvait entendre comme un murmure menaçant. DAEMONICUS DAEMONICUS DAEMONICUS DAEMONICUS Elle commença à pleurer, terrifiée. Elle implorait silencieusement John de venir la secourir. Ses larmes l’empêchaient de voir que Philbin se tenait maintenant au-dessus d’elle. Elle sentit que quelque chose lui transperçait le ventre et elle cria dans le mouchoir. A côté d’elle, on découpait Mark. Elle voulut crier d’effroi quand elle vit l’un des hommes découper et manger un bout de la cuisse de son filleul. Mais le mouchoir dans sa bouche l’étouffait et elle n’avait plus la force de se débattre. Quand le second coup de couteau la frappa, elle perdit connaissance. Elle eut juste le temps de lancer une dernière prière à John. Doggett s’était assis sur la dernière marche de l’escalier. La tête enfouie dans ses mains, il ressassait ce qu’il aurait pu faire pour éviter ça. Il se sentait aussi impuissant que lors de la disparition de Luke. Il ne voulait pas perdre Barbara comme il avait perdu son fils. Il ne le supporterait pas. Il savait d’or et déjà que l’attente que quelqu’un qu’il aime disparaisse encore serait trop dure. « Jamais deux sans trois » disait le dicton, il n’attendrait sûrement pas de voir si c’était toujours vrai. Il se rendit compte qu’il voyait déjà Barbara morte et se secoua. ‘Elle est vivante, on va la retrouver’ se répétait-il. Comme cela ne semblait pas suffire, il parla à haute voix. « Il faut qu’on la retrouve ! » « On la retrouvera John. » Il se retourna et sourit à Monica. Elle s’assit auprès de lui. « Ca va ? Tu tiens le coup ? » Il ne prit pas la peine de répondre. Reyes passa sa main dans son dos pour le réconforter. « Je ne sais pas trop quoi te dire John. Je ne peux pas te promettre que… » « Je sais. » l’interrompa t-il en lui prenant la main. « Tu es là, ça me suffit. » Reyes força un sourire. Elle n’eût pas à trouver une réponse, Wylde arriva en courant. « On a eu un coup de fil. Des campeurs ont alerté les flics à propos d’un grand feu. » En moins de deux minutes, Doggett et Reyes étaient sur la route, dépassant toutes les limitations de vitesse et brûlant les feux rouges. Quand ils arrivèrent après deux interminables heures de route, la clairière avait été nettoyée de tous les membres de la secte. Mark venait de partir en ambulance. Doggett et Reyes avaient depuis longtemps distancé le reste du FBI. Seuls les hommes du shérif et les ambulanciers étaient là. Un groupe se tenait autour d’une forme immobile. Doggett s’arrêta brusquement, son pouls stoppa également un court instant avant de se remettre à bondir dans sa poitrine. Il commença à courir vers le groupe, suivi par Reyes. Il écarta tout le monde violemment. Il s’agenouilla, pétrifié. « On est du FBI » précisa Reyes. « Barbara ? » murmura Doggett. « Elle est inconsciente, monsieur, mais elle va s’en sortir. Si vous pouviez vous écarter, il faut qu’on l’emmène, maintenant qu’elle est stable. » Doggett regarda, soulagé, s’éloigner l’ambulance. Un peu plus loin Reyes parlait avec Wylde et les hommes du shérif. Elle revint vers Doggett. « Pas de trace de Kobold mais il y a une maison à quelques kilomètres. Tu viens ? » Son regard se remplit d’une détermination nouvelle, comme une envie de vengeance. « Oui. » Très vite ils arrivèrent à la maison de Kobold. « Faites attention » cria Doggett aux policiers. Une seconde plus tard, il y eut une énorme explosion. Tout le monde entendit nettement le mot "Daemonicus" résonner dans la nuit, semblant venir de nulle part et de partout à la fois. La maison brûlait. Quelques policiers gisaient à terre, soit blessés soit morts. Doggett, qui avait plongé derrière la voiture, se releva. « Salopard ! » Une fois de plus, Kobold s’était joué d’eux. Et même si Barbara était vivante, ni Doggett, ni Reyes n’avaient l’impression d’avoir gagné. Les deux agents se regardèrent. Reyes avait sa mine des mauvais jours. « Allons voir comment va Barbara. » se contenta-t-elle de dire avant d’ouvrir la portière. Quelques heures plus tard, quand Doggett sortit de la chambre de Barbara, Monica était toujours là. Elle dormait, allongée dans le couloir sur un des doubles sièges. Elle avait réussi à trouver une position lui permettant de tenir sur les deux sièges. Ses genoux pliés, ses bras autour d’elle, elle semblait profondément endormie. Doggett réalisa qu’elle n’avait pas plus dormi que lui ces derniers jours. Elle avait roulé en boule sa veste et l’avait glissé entre sa tête et l’accoudoir. Son cou faisait cependant un angle qui allait lui valoir un torticolis quand elle se réveillerait. Il s’approcha doucement d’elle et souleva sa tête sans qu’elle ne se réveilla. Il se glissa sur le siège et réinstalla sa partenaire de telle sorte que sa tête reposât sur ses genoux. Il déplia la veste et la posa sur elle. Reyes bougea un peu, toujours endormie. Il écarta une mèche de ses cheveux et se pencha pour l’embrasser doucement. « Merci. » murmura-t-il à son oreille. Il se rendit compte trop tard qu’il avait parlé un peu fort et l’avait tiré de son sommeil. « Quoi ? » demanda-t-elle d’une voix enrouée. Il hésita un moment puis, voyant qu’elle se rendormait rapidement, il ajouta doucement : « Merci. Quoique je fasse, tu es là. Je ne sais pas si tu sais à quel point tu… ça compte pour moi. » « Hum hum…. » Elle s’était déjà rendormie. Il sourit puis se rassit correctement et posa sa tête contre le mur. Il ferma les yeux. Sa main chercha celle de Monica et, après avoir entrelacé leurs doigts, il s’endormit. FIN Notes de fin : Un merci général et chaleureux à : Marie-Eve, Milagro, Sony, Fox Guillaume et la SVDR; à Jul, à Izzy ("Tu ne me présentes pas ?" C’est de lui !). Le titre "Simple Together" vient d’une chanson d’Alanis Morissette. Quand à la fin elle est inspirée par la fin de l’épisode "Heart Wounds" par Fox Guillaume et "I’ll stand by you" des Pretenders. Enfin, merci aux lecteurs qui sont arrivés jusque là ! =================== LES PERSONNAGES DE DOGGETT ET REYES SONT LA PROPRIÉTÉ DE LA FOX ET DE CHRIS CARTER. CE SCRIPT EST LA PROPRIÉTÉ DE L’AUTEUR. LES REPRODUCTIONS EN PARTIE OU EN INTÉGRALITÉ SONT INTERDITES. POUR TOUTES UTILISATIONS, L’AUTORISATION DE L’AUTEUR ET DE LA SAISON VIRTUELLE DE DOGGETT ET REYES EST OBLIGATOIRE. © 2003 =================== 22