¤ SAISON VIRTUELLE DE DOGGETT ET REYES ¤ 1SV09 : GOODBYE MY SWEET HEART – PARTIE I : HEART MEMORIES par Fox Guillaume ************************************* Diffusé le : 23 mars 2003 Catégorie : Général VISITEZ-NOUS SUR LE WEB http://xfsc.mu3d.com/saisonvirtuelle ************************************* « Si les coïncidences n'étaient que des coïncidences, pourquoi les remarquions-nous à ce point ? » Fox Mulder, Voyance par procuration TEASER NOUVELLE-ORLEANS, 23 MARS 2003, 23H14 C’était un soir de pleine lune, le ciel était étoilé. Mais les gens qui se promenait dans la bruyante rue n’en avaient pas conscience, aveuglés par les panneaux lumineux : « Bar », « Pub », « Disco Night », ces enseignes qui scintillaient et se réfléchissaient sur les vitrines des différents magasins de l’avenue, comme un appel à la consommation, aux plaisirs, aux laisser aller. Un soir comme tous les autres en somme à la Nouvelle-Orléans. Un homme d’une cinquantaine d’année, les cheveux argentés, le visage marqué par la fatigue, tout de noir vêtu et le ventre un peu bedonnant, sortait du bar « Louisiana Folks ». Il se retourna pour fermer la porte et entendit le barman, finissant de laver des verres, lui dire : - « À la prochaine Tony ! » - « C’est ça à la prochaine Al ! » répondit sur un ton un peu bourrue Tony Menier. Ayant fermé la porte, Tony s’avança dans la rue, contemplant le spectacle urbain nocturne qui s’offrait à lui, puis il regarda à gauche puis à droite, hésitant un peu. Alors, comme sous l’impulsion d’un coup de tête, il s’engagea sur la droite, longeant les autres bars et commerces de la rue, marchant en rythme avec la musique d’un orchestre de rue, jouant du jazz. Il passa devant l’épicerie ou il avait l’habitude d’aller, et machinalement il se mit à fouiller ses poches à la quête d’argent afin de satisfaire son insatiable envie d’alcool. Mais il avait déjà tout dépensé au « Louisiana folks ». Il jura, puis continua sa route. Tony se sentait fatigué par sa dure journée, c’est pourquoi il décida de prendre un petit raccourci : il prit la petit ruelle entre deux buildings, derrière laquelle un orchestre ambulant de Jazz jouait en fanfare. Ayant fait quelques pas, il se retourna revoyant les musiciens et la rue illuminée qu’il venait de quitter, et regardant maintenant la petite ruelle sombre qui s’ouvrait à lui, il leva la tête constatant que la pleine lune n’était pas visible depuis cet endroit, expliquant la faible luminosité du chemin. Il hésita puis continua son chemin, tout en évitant les poubelles et détritus en tout genre qui jonchait le sol. Il était aux trois quarts de la rue, quand il trébucha sur quelque chose, il entendit une plainte s’élever derrière lui. Toujours à terre, il jeta un coup d’œil en direction du cri, et vit une petite ombre s’élever au dessus de lui. Dans la pénombre il distinguait une silhouette humaine d’environ un mètre cinquante de hauteur, avec apparemment un manteau et un objet à la main droite, peut-être une bouteille se dit-il. Il pensa en lui-même qu’il avait du trébucher sur la jambe de ce qui paraissait donc être un clochard. Il essaya de deviner les yeux du malheureux : - « Excusez-moi, je ne vous avez pas vu, je suis vraiment confus. » Le clochard en guise de réponse le menaça avec sa bouteille, et l’injuria : - « C’est pas des manières espèce de connard, sale alcoolique, je vais t’arranger la gueule tu vas voir ! » Quinze mètre au-dessus de la scène, une fenêtre s’ouvrit silencieusement, et Franck un adolescent d’environ seize ans, se pencha pour voir l’action. Visiblement amusé par ce qu’il voyait, il fit un grand sourire, et dit tout bas « Ouais, de la baston ! ». Il disparut de la fenêtre, pour y revenir trente secondes plus tard, un caméscope à la main. L’œil à l’objectif, il régla le contraste pour pouvoir filmer la scène qui se déroulait plus bas dans la semi obscurité, un brin déçu de ne pouvoir filmer essentiellement que les ombres des protagonistes du combat. Dans la ruelle, le clochard frappait Tony avec sa bouteille, son adversaire lui rendant coup pour coup avec ses poings et ses jambes. Soudain un fort rayon lumineux éclaircit la scène, les deux combattants regardèrent vers la source de cet éblouissement et devinèrent la présence massive d’un policier, arme au poing : - « Les mains en l’air ! Tout de suite ! » Franck l’œil sur l’objectif paraissait déçu, il ne pouvait plus assister à la fin de ce combat de catch. Mais, comme il était là, il continua à filmer, espérant au moins voir une arrestation musclée. Le clochard se releva rapidement et détala comme un lapin sans demander son reste, le policier ne broncha même pas, se contentant de le suivre avec sa lampe torche jusqu’au fond de la ruelle ou le clochard déboucha sur une autre rue, et s’enfuie sur la droite. Le policier rengaina lentement son arme, et s’avança d’un pas décidé, tout en pointant sa torche sur Tony toujours à terre, et le nez en sang. - « Tout va bien, rien de cassé ? » Menier se releva avec difficulté, soutenant avec peine son avant-bras gauche de sa main droite : - « Je crois que j’ai le bras cassé, et quelques bleus un peu partout. Mais merci, sans votre intervention je serais peut-être mort. » Il s’avançait maintenant vers le policier en titubant fortement, et plissant les yeux ébloui par la lampe du policier dont il ne pouvait toujours pas voir le visage. - « Vous avez l’air bizarre monsieur, vous avez bu ? » - « J’ai un peu bu avec des amis, ce n’est pas interdit, non ? » Le policier sortit deux paires de menottes de sa poche : - « Je vais devoir vous amenez au poste de police, monsieur ! » L’adolescent qui continuait de filmer la scène n’en revenait pas, quand il montrerait ça à ses copains, il ferait des envieux ! Mais brusquement il fronça les sourcils, et murmura : - « C’est quoi ce bordel ? » En effet grâce à la lampe torche du policier il voyait beaucoup mieux la scène, et avec beaucoup de stupéfaction il constata que le policier avec ses menottes, avait attaché Tony aux deux pieds d’un container à déchets de la sombre ruelle, et ensuite l’avait bâillonné. Tony paraissait complètement terrifié, essayant de hurler à travers son bâillon, maculée du sang qui coulait de son nez. Le policier posa sa torche sur le couvercle de la poubelle située derrière lui, ceci afin d’éclairer au mieux la poitrine de Tony. Puis il s’avança vers lui et se laissa tomber les genoux les premiers sur les cuisses de Tony, et avec une grande vigueur il arracha la chemise noire et le T-shirt de sa victime, lui laissant le torse nu. Franck n’y comprenant plus rien, mit son caméscope sur le zoom maximum, il n’arrivait pas à voir le visage du policier, caché par son képi, mais par contre discernait l’expression de terreur de Tony étendue sous le policier. Il voyait le sourire de l’agent de police qui visiblement contemplait avec une grande satisfaction sa victime, toujours essayant de se débattre, et de crier en vain. Délicatement il resserra ses gants noirs, et sorti de sa veste un couteau de boucher, qui scintilla à la lumière de la torche, envoya un reflet sur le veston du policier. Franck toujours l’œil fixé à l’objectif, ne perdant rien de la scène, aperçu furtivement grâce au reflet de la lame, l’inscription NYPD sur l’épaule gauche du policier, et sur la poche gauche, la petit plaque argentée qui portait le nom de l’agent, mais tout se passa trop vite pour qu’il puisse la lire. Mais il comprit immédiatement : - « Mon dieu, c’est pas un vrai flic de la Nouvelle-Orléans, il va sûrement commettre un meurtre. » Il laissa son caméscope en place et couru vers le téléphone, et essoufflé, il composa le 911 : « Allô, police-secours, un crime est en train de se produire dans la ruelle à coté de chez moi. » silence « Oui je vous dit qu’un homme commet un meurtre sous ma fenêtre, j’ai peur venez vite ! » silence « Crawford Street » Silence « Oui mais faites vite ! » Franck raccrocha, l’appel n’avait pas duré plus d’une minute, mais il couru sans faire de bruit à sa fenêtre, se mit derrière sa caméra, et lâcha : « Oh mon dieu ! » Il n’y avait plus de traces du policier, mais seul dans les ténèbres, le corps de Tony était allongé à terre avec une énorme tache noire au niveau de la poitrine qui paraissait déchiquetée. GENERIQUE SCENE DU CRIME, LE LENDEMAIN 8H36 : Dans la rue, de nombreux curieux se pressait derrière les barrières dressées par la police, dont cinq voitures étaient présentes, et quatre policiers assuraient la garde. Un coup de klaxon retentit, la foule de badauds se scinda en deux partie, laissant place à une voiture noire avec à son bord deux hommes. Les policiers acquiescèrent, et ouvrirent les barrières à la voiture, les refermant aussitôt le véhicule passé. L’agent John Doggett sortit de la Ford par la porte du conducteur, et un grand brun d’environ 1,83 mètre, au yeux bleus clairs, sortit par l’autre portière. Doggett alla directement se présenter à l’inspecteur responsable, montrant sa plaque d’agent du FBI : - « Bonjour inspecteur Shapiro, Vous vous souvenez de moi je suis l’agent spécial John Doggett du FBI, et voici mon coéquipier temporaire l’agent David Deckard. Qu’avons nous ? » - « Enchantée de vous revoir agent Doggett, je me souviens parfaitement de mon travail avec vous sur l’affaire Enerys, qui m’a d’ailleurs valut trente points de sutures après l’explosion. » Il souleva sa manche gauche et montra les énormes cicatrices lui striant l’avant bras. Puis il jeta un coup d’œil vers David « Bonjour agent Deckard. » Shapiro les invita à le suivre dans la petite ruelle. « Allons-y ! Suivez-moi ! » Ils s’avancèrent dans la ruelle, leur pas rythmés par le crépitements des appareils photos des hommes de la police scientifique. Doggett et Shapiro avançaient à vive allure. Deckard quant à lui avait l’air d’un gosse dans un parc d’attraction, c’est à dire complètement émerveillé de voir tous ces policiers, ces hommes s’affairer autour du lieu du crime, c’était sa première vraie affaire sur le terrain, hors des bancs de Quantico. Et il était ravi d’être assigné auprès de l’agent Doggett, qui il l’avait lu, arborait d’excellents états de service. Bien entendu il était conscient que sa présence ici pour son tuteur, n’était ni plus ni moins que du baby-sitting, et ça il voulait le changer, faire ses preuves sur cette enquête, et être considérer comme un agent à part entière par Doggett. Tout en marchant Shapiro fit un petit compte rendu : « La victime s’appelle Tony Menier, 55 ans, responsable d’un club de sport sur le boulevard, et très porté sur la boisson. Un habitué du « Louisiana folks », le patron l’a vue quitté le bar vers 23H15. » Quant les médecins légistes avec leurs appareils photos virent Doggett et Shapiro arriver vers eux, ils rangèrent leurs matériels, remirent le drap sur le cadavre et laissèrent les enquêteurs faire leur boulot. Doggett, Deckard et Shapiro s’accroupirent autour de la victime. L’inspecteur de police plaça sa main sur le drap prêt à le retirer, et demanda en direction des deux agents : « Prêt ? » Il découvrit le drap, et tous virent un corps complètement meurtri au niveau de la face, où du sang avait coagulé tout autour du nez, et sur un bâillon. Le corps présentait une ouverture béante d’environ douze centimètre de largeur au niveau du sternum, laissant entrevoir à l’intérieur l’œsophage, présentant de multiples entailles, ainsi que les deux poumons, le tout parsemé de sang foncé. Shapiro partit en courant les deux mains devant la bouche, Doggett et Deckard le suivirent quelques instants du regard, puis reportèrent leurs attentions sur le cadavre. Doggett paraissait fortement ennuyé : - « Bon dieu ! Ce n’est pas vrai ! J’ai déjà vu ça auparavant, je crois même savoir qui est le meurtrier. Stone Heart» - « Moi aussi j’ai déjà vu ça, c’est l’un des derniers cas qu’on a vu à Quantico, à savoir thoracotomie grossièrement effectué, et ablation du péricarde et du myocarde. Sauf qu’à Quantico on n’a jamais pu identifier aucun indice nous permettant de suivre une quelconque piste. Cette affaire était particulièrement dure, mais vous me dites que vous connaissez l’identité de Stone Heart ?» John semblait étonné par la déclaration de David, et le regarda dans les yeux : - « Combien de fois avez-vous vu ce cas Deckard ? » - « Deux fois en cours à Quantico, mais il y a sûrement eu d’autres crimes, si le meurtrier cours toujours. Vous voulez que je réalise l’autopsie agent Doggett ? » - « Oui, vos compétences de médecin vont grandement nous aider, et ensuite renseignez-vous sur tous les meurtres identiques à celui-ci commis dans le pays, et ceci depuis 1995. » fit Doggett en se relevant. David Deckard se releva aussi : - « Je m’en occupe, et je ferais analyser aussi le bâillon. » Il regarda vers le haut. « Il faudra que la police interroge les habitants de ces deux immeubles adjacents, car si il y a des fenêtres il y a peut-être des témoins oculaires. Quand le crime s’est-il produit précisément ? » Shapiro les rejoignit, s’essuyant la bouche : - « Excusez-moi. Pour votre info agent Deckard, c’est déjà fait. D’ailleurs c’est la personne qui nous a appelée, un adolescent de seize ans qui a filmé toute la scène depuis le balcon que vous voyez au quatrième étage » Il leur montra un balcon situé à quinze mètres au dessus d’eux. - « De là-haut ? », fit Doggett. « La vidéo est-elle assez précise et surtout assez lumineuse pour qu’on puisse distinguer quelque chose ? » - « Je ne sais pas encore, c’est les gars de votre laboratoire photographique qui ont récupéré le film ce matin, ils étaient avec un certain Billy Carpenter. Je pense qu’on peut aller voir si ils ont réussi à avoir de nouveaux éléments.» Doggett et Deckard acquiescèrent, Shapiro se retourna et il se redirigèrent vers les voitures. VOITURE DE DOGGETT : Doggett conduisait à travers les embouteillages matinaux, et Deckard était en train d’écrire quelques notes. Arrivé à un feux rouge, il se releva et se tourna vers son tuteur : - « Agent Doggett, vous dites que vous connaissez le meurtrier, comment le savez-vous, pourrais-je avoir plus de détails ? » - « C’est un longue histoire Deckard, mais voici les principales lignes. » Le feu venait de passer au vert, et il accéléra doucement. « En 1995, j’étais flic à New-York dans la division des fugitifs en tant que détective, et je me suis retrouvé à enquêter sur des meurtres abominables portant sur des hommes entre 25 et 65 ans. A chaque fois la victime avait le cœur arraché. Les médias de l’époque avaient surnommés le meurtrier « Stone Heart », ceci à cause du sang froid du tueur, et de sa force, car perforer un sternum même avec les bons instruments n’est chose évidente, mais ça vous le savait mieux que moi, je suppose. » John réfléchit quelques secondes et continua : - « Le suspect principal dans l’affaire étant un sculpteur, ayant fait de la médecine auparavant, Vince Noonan, et quasiment à chaque meurtre il n’était pas à plus de dix kilomètres. Et j’avais l’intime conviction que c’était lui le fameux « Stone Heart ». Néanmoins même au bout de six mois d’investigations et de 10 meurtres, il manquait énormément de preuves afin de permettre l’incarcération et la condamnation de « Stone Heart », et on n’a pas non plus retrouvé les cœurs. On peut dire qu’à chaque fois c’était presque le crime parfait, pas de preuves, pas de témoins, rien du tout, à part mes soupçons. » Il prit une grande inspiration : - « C’est pourquoi un jour je prit la décision d’appréhender Noonan afin d’obtenir des aveux forcés qui permettraient enfin de mettre un terme à ces mois d’enquêtes infructueux. Bien entendu ce genre de méthode peu orthodoxe n’était pas le style de la police de New-York, mais je voulais savoir la vérité, mettre un terme à ce carnage, et à toute la souffrance des familles des victimes. Mon coéquipier du moment : Duke Tomasick, m’avait toujours dit « Un bon flic n’abandonne jamais », c’est ce que j’ai fais. Mais sur cette affaire Duke ne voulait plus pousser plus loin les investigations, n’ont pas qu’il ne me respectait pas, ni qu’il ne croyait pas en la culpabilité de Noonan. Au contraire, mais la retraite approchant, il ne voulait plus risquer sa peau. Ainsi j’y suis allé seul. » John s’arrêta de parler un petit instant, le temps de prendre un virage serré. FLASHBACK, NEW-YORK 8 AOÛT 1995, 18H12: C’était un jour sombre, le ciel était couvert de menaçants nuages noirs et pluvieux, un petit vent frais cheminait entre les buildings. Dans un carrefour de la périphérie de la ville, Une voiture de police était stationnée sur le trottoir. À l’intérieur John Doggett dans son costume de policier New-yorkais, scrutait la rue qui se présentait face à lui, et plus particulièrement un bâtiment gris qui était un ancien entrepôt. Les gens marchaient précipitamment sur les trottoirs, parapluie en main afin de rentrer chez eux. Tout le contraire de John, qui sortit de la voiture, et se dirigea vers la bâtiment gris. N’ayant pas de parapluie, il couru jusqu’au porche de l’immeuble. Puis il sonna. La porte s’ouvrit, un homme d’une trentaine d’année, une cigarette à la bouche, en tablier blanc, barbu et de forte corpulence se présenta, dévisageant Doggett d’un regard plein de haine. - « Bonjour monsieur Noonan, je suis venu vous poser quelques questions. » Noonan cracha sa cigarette sur le sol, aux pieds de John : - « Doggett, vous savez tout, je suis innocent et je n’ai rien de plus à vous dire, mise à part allez vous faire foutre, ok ? » - « Que de politesse Noonan ! » John souriait, comme pour narguer son interlocuteur. « Mais vous ne devinerez jamais la meilleure ! Nous avons un témoin qui vous a formellement identifié ! » Le visage de Noonan devint livide : - « Vous bluffez Doggett ! » Bien qu’il essayait de se contrôler, sa voix était à la limite de la rage et de la folie. - « Ah vous croyez ? » Doggett souriait toujours, en lui-même il espérait que ses longues heures passées à jouer au poker n’avaient pas été vaines, et que cela lui permettrait de réussir ce coup de bluff. Noonan, regarda intensément Doggett, puis fit volte-face et se mit à courir, il remonta les marches qui l’avait amené à la porte d’entrée. Doggett, le poursuivit aussitôt, il dégaina son Smith et Wesson 1056, et montant les marches deux par deux : - « Noonan vous êtes en état d’arrestation ! Rendez-vous ! » Il déboucha sur une immense salle très sombre sûrement l’ancienne pièce principale de l’entrepôt, il y avait des escaliers sur les cotés, menant à des passerelles surplombant l’endroit, avec sur la grande passerelle au fond une sortie de secours. Les différentes fenêtres filtraient beaucoup la lumière et ne laissant que de petits faisceaux lumineux par endroits. De plus des statues abstraites étaient disposées anarchiquement dans toute la salle, compliquant sa quête du fugitif. John sentit une montée d’adrénaline, surtout lorsqu’il se rendit compte que cet endroit lui faisait étrangement penser à une très sombre église gothique, et même les statues lui renvoyaient l’image de sinistres gargouilles. Quand soudain il entendit un bruit de roulement, et un grand fracas au-dessus de lui, se retournant il vit Noonan poussant une statue depuis une passerelle supérieur. John fit une roulade sur sa gauche, allant buter contre un autre statue, qui tomba juste devant son visage. Puis se relevant prestement il ramassa son arme, et recherchant ou « Stone Heart » était passé. Doggett vit que Noonan se courait sur la passerelle supérieur gauche, en direction d’une sortie de secours, il monta à l’étage aussi, et coursa Noonan, parmi les statues. Puis plus aucun bruit, hormis le claquement régulier de la pluie sur le toit de l’entrepôt, et ses rapides battements de cœur. Il se baissa pour regarder si il ne voyait pas de pieds dépasser des statues, mais rien, comme si Noonan s’était volatilisé, ou alors changé en statue au cœur de pierre. C’est alors qu’un petit roulement se fit entendre, et John aperçut le dos de Nonan à cinquante mètres de lui, juste à proximité de la sortie de secours. John estima qu’il n’aurait plus le temps de le rattraper, alors il leva son arme et la pointa vers le plafond de la vaste salle et tira : - « Noonan ne bougez plus ! » lui hurla-t-il. Et il vit que son coup de feu avait rebondit sur l’une des poutres métalliques formant la charpente, la balle ricocha, et repartit en direction de la sortie de secours. Un grand cri de douleur retentit puis une statue tomba et se fracassa à terre. John s’avança ne sachant pas si il avait réellement touché Noonan par mégarde, ou si ce dernier lui tendait un piège, et allait lui arracher le cœur. L’agent de police parcourue prudemment et sans faire de bruit la salle, évitant les statues. Puis il déboucha tout près de la sortie de secours et découvrit le corps inanimé de Noonan, avec une énorme marre de sang lui barrant la poitrine, apparemment la balle avait touché le cœur. Parmi un flots de gémissements, Noonan réussi à articuler : - « Doggett, on se reverra, et je t’arracherais ton cœur à la petite cuillère ! » Puis ses yeux se fermèrent, et son visage se vida de toute expression. - « Et merde ! » Lâcha Doggett. RETOUR VOITURE DOGGETT : - « Et donc il a survécu ? » demanda David Deckard. - « Oui, mais il a eu le sternum perforé, et le cœur déchiré, mais les médecins ont réussi à le sauver. » John se sentait plein d’amertumes « Les dernières nouvelles que j’ai eu de lui en 1996, disait qu’il était toujours dans un état critique, dans le coma, mais vivant. J’ignore comment ils ont réussi à sauver ce monstre » - « Et l’affaire ? » - « Lorsque j’ai quitté la police, l’enquête avait été close faute de preuves, et les meurtres avaient cessés. » - « Vous avait été blâmé après ça ? » - « En fait non, car il avait essayé de me tuer avec la statue, puis la balle qu’il a reçu n’était pas intentionnelle, une balle perdue en quelque sorte. Ceci dit j’avais quelques relations à l’époque notamment au ministère de la défense, et j’ai évité que cela ne figure sur mon dossier. » - « Et vous l’aviez bien bluffé ? » - « Absolument. J’étais prêt à tout pour arrêter ce connard. Mais cela m’a permis de constater que bien souvent la police est inefficace face aux criminels de notre société, c’est pourquoi je me suis engagé au FBI quelques mois plus tard. Mon passé militaire m’aidant beaucoup à rentrer directement à Quantico. » - « Je vous comprend tout à fait agent Doggett. Et je dois vous dire que depuis que j’ai lu vos états de services, et que je vous vois à l’œuvre, vous êtes l’un des mes idoles. Et ce que vous venez de me racontez renforce le mythe Doggett. » Doggett ne pu s’empêcher d’esquisser un sourire de satisfaction : - « Merci agent Deckard, est-ce que je dois prendre ça pour un compliment ou comme tout bon agent stagiaire vous graissez la pattes de vos aînés ? » - « Si je ne vous appréciez pas, je ne serais jamais venu ici, après Quantico, j’aurais pu aller à New-York près de ma famille » - « C’est bon, je vous accepte dans mon fan-club ! » Et tous les deux se mirent à rire de « bon cœur ». APPARTEMENT DE MONICA REYES, 10H13 : Monica était en train de déjeuner lisant le journal, le téléphone sonna. Elle replia le journal et alla répondre : - « Monica Reyes. » - « Bonjour agent Reyes, ici la directrice Pearson. Je vous appelle pour vous dire que votre congé à partir d’aujourd’hui est bel et bien accepté, vous avez donc deux semaines. » - « Et l’agent Doggett ? » - « Un nouvel équipier travaille à ses côtés en attendant votre retour. Un agent tout juste sortit de l’académie, l’agent David Deckard, qui d’ailleurs a un doctorat en médecine. Comme ça lui permettra de voir comment un bon agent procède, c’est pour cela que l’agent Doggett est le tuteur qu’il lui faut. De plus, Deckard a déjà travaillé avec vous je crois ? » - « Tout à fait madame, il était sur l’affaire Enerys. » - « Bien. Bonnes vacances agent Reyes, reposez-vous bien, pour nous revenir en parfaite forme. » - « Bien madame, merci, et à dans deux semaines. » Elle raccrocha, puis revint à sa place reprenant son journal. Elle finit son café, et regarda face à elle, elle avait sorti les quelques cartons qu’elle n’avait pas encore rangé depuis son déménagement du 67 avenue Bennett à Georgetown. Elle soupira, puis alla en direction des cartons, elle allait en prendre un, quant son pied buta contre une pile de trois cartons, le carton du haut tomba à terre et répandit son contenu sur le plancher du salon. Parmi les divers objets, elle trouva une photo d’elle jeune, lorsqu’elle était encore au Mexique, puis continuant elle parcouru différentes photos d’elle étudiante à Quantico, puis elle tomba sur un cliché ou elle posait avec un homme le bras par-dessus son épaule et souriant. L’homme avait environ trente ans, blond les yeux verts. Monica fixa la photo avec un brin de nostalgie, puis elle lu le petit mot écrit derrière l’image : « Salut Sweet heart, Je te souhaite un bon anniversaire, plein de bonheurs, et de réussite sur le plan professionnel comme sur le plan sentimental. Bye, ton équipier préféré Mick Larson » Monica ébaucha un petit sourire, Mick Larson était son ancien coéquipier et ancien amant, qui malheureusement avait tragiquement disparu, à six mois de leurs fiançailles. Le choc avait été très dur pour Monica, qui ensuite avait été réconforté par Brad Follmer. C’est alors que le téléphone retentit de nouveau. Elle se releva et décrocha : - « Monica Reyes» - « Bonjour agent Reyes, j’ai des informations de la plus grande importance à vous remettre. Rendez-vous, dans le bar «The Unicorn » dans une demi-heure. » - « Qui êtes-vous ? » - « Bip bip bip bip. » la ligne venait d’être raccrochée. BUREAU DU FBI, NOUVELLE-ORLEANS 10H16 : John et David traversaient la salle où tous les agents locaux travaillaient, dans un vacarme de sonnerie en tout genre, de bruit de crayons, et de claviers. Parmi les agents, l’un d’eux se leva au passage de Doggett, c’était Billy Carpenter, qui vouait une certaine animosité à l’égard de l’ancien New-Yorkais : - « Alors agent Doggett ! On chasse ses vieux démons, ne vous brûlez surtout pas ! » Doggett, se retourna aussitôt et s’avança vers Carpenter, lui répondant sur un ton glacial : - « De quoi parlez-vous Carpenter ? » - « De Stone Heart ! Tout le monde est au courant de votre passé, et peut-être même de votre futur. » - « Vous vous êtes renseigné sur moi ? Je vois que vous êtes débordé de boulot. Remarquez c’est sûr que personne ne donneras à un cloporte comme vous la moindre affaire intéressante. » Carpenter réajusta ses lunettes, et continua, prêt à exploser de rage, levant le poing : - « Moi cloporte ? On en reparlera dans quelques jours agent Doggett. » - « Oui, bien sûr ! Dans quelques jours agent Carpenter, dans quelques jours » lui répondit John, avec un sourire sarcastique. BUREAU DU FBI, NOUVELLE-ORLEANS: Dans la salle audio-visuel, John, l’inspecteur Shapiro et un autre homme en blouse blanche regardait la vidéo sur grand écran. L’écran redevint blanc. John ouvrit la bouche : - « Impressionnant à voir, je n’imaginais pas que les hommes pouvaient en arriver à de telles cruautés. De plus, c’est la première fois que je vois « Stone Heart » à l’œuvre. Ceci dit, il a énormément maigri, car la dernière fois que je l’ai vu, il était sacrément costaud. Mais c’est bien lui Vince Noonan, mon suspect de 1995. » Shapiro le regardait, faisant non de la tête : - « Comment pouvez vous être sur que c’est bien Vince Noonan, on n’a jamais eu de preuves contre lui ? » - « Une intuition, Shapiro. Et puis certaines similitudes sont tout de même assez troublantes. » Puis réfléchissant un peu : « J’ai demandé à New-York de m’envoyer le dossier ». - « Bien. C’est tout à fait terrifiant comme histoire. » Doggett se retourna vers le fond de la salle, s’adressant à un homme en blouse blanche : - « Agent Morgan, pourrait-on revoir la séquence du reflet sur l’uniforme ? » - « Tout de suite, en même temps je vais vous la recadrez, et améliorer le contraste de l’image. » L’écran géant se trouvant devant eux rediffusa les images : Le policier posa sa torche sur le couvercle de la poubelle se situant derrière lui, et s’avança vers Tony, laissa tomber ses genoux les premiers sur les cuisses de Tony, et avec une grande vigueur il arracha la chemise et le T-shirt noirs de sa victime, lui laissant le torse nue. Le policier resserra ses gants, et sorti de sa veste un couteau de boucher, qui scintilla à la lumière de la torche, envoya un reflet sur le veston du policier. Doggett plissa les yeux pour mieux voir, et dit : - « Stop ! » L’image s’immobilisa sur le reflet du veston. « C’est bien ce qu’il me semblait, un uniforme de policier de New York. Tirez-en une épreuve pour moi ! Ensuite avancez lentement la vidéo, il m’a aussi semblé avoir vu la plaque avec le nom. » L’image avança centième de seconde par centième de seconde jusqu’au moment où on pouvait complètement voir la plaque en question. « Re-zoomez, et essayer de réajuster la qualité d’image. » Shapiro, lui aussi reconnaissant l’uniforme New-Yorkais demanda : - « Vous croyez qu’il vous adresse une menace, un avertissement en portant l’uniforme de New-York ? ». - « Tout à fait, ça ne m’étonne pas. Les dernières paroles qu’il m’a dit furent : On se reverra, et j’arracherais ton cœur à la petite cuillère. Il veut me dire qu’il a retrouvé ma trace, et qu’il vient honorer sa parole ». A l’écran l’image augmenta, et à présent on pouvait deviner un nom à sept lettres. Shapiro tenta de déchiffrer : - « O-O-O-O-E-T-T, on dirait. C’est une matricule réglementaire de New York ça ? » Le visage de Doggett, parut soudain comme livide, incrédule, il sentit des gouttes de sueurs lui coulaient le long des flancs : - « Malheureusement ce n’est pas l’agent Quadruple O ETT, je crois que c’est mon nom : D-O- G-G-E-T-T. » - « Ça confirme vos dires. Mais cela vous désigne aussi comme suspect numéro un, vous devez vous en douter. Je crois que vous devriez vous placer sous contrôle pénitentiaire. De plus comme ça, si votre hypothèse s’avérait exact, vous serez protégé. » À ce moment précis, la porte de la salle s’ouvrit brusquement, et David Deckard s’engagea rapidement dans la pièce : - « Agent Doggett, vous avez un problème, je crois ! » - « C’est le moins qu’on puisse dire ! » rétorqua l’inspecteur de police. Deckard ignora la remarque de Shapiro, et continua, fixant Doggett : - « Comme vous l’avez demandé, j’ai recensé tous les crimes identiques depuis 1995. En fait les crimes ne recommencent qu’en 2001 à Washington, ensuite les crimes se déplacent vers la Louisiane, puis reviennent vers Washington environ entre février 2001 et mai 2002, pour finalement retourner ici. Tous les crimes se sont toujours déroulés à moins de 120 kilomètres de vous. » Il reprit son souffle. « Agent Doggett tout laisse penser que le tueur est à vos trousses. » BAR « THE UNICORN » : C’était un bar étonnamment bruyant pour l’heure, il y avait beaucoup de personne adossées au comptoir, une petite dizaine sur la piste de danse, et les tables qui entourées en croissant la piste de danse étaient à moitié prises. La lumière était énormément tamisée, ce qui faisait qu’on ne distinguait pas vraiment les visages. C’est ce que constata Monica quand elle passa la porte. Elle se demandait comment elle allait pouvoir reconnaître son mystérieux informateur, mais son intuition lui disait qu’elle devait se diriger vers les tables entourant la piste de danse, car la pénombre était l’endroit idéal pour « informer » en toute tranquillité. Elle se dirigea, donc vers ces tables. Ainsi elle traversa la piste de danse ou résonnait « Strange Love » de Depeche Mode, quand soudain quelqu’un l’agrippa doucement et tendrement, et se colla à elle pour danser. Tout cela se passa si vite qu’elle n’avait pas vu qui c’était, mais la personne était un homme : - « Monica, si tu savais combien de fois, j’ai rêvé de cet instant magique, danser de nouveau avec toi. » Monica se rendit aussitôt compte que c’était bien la voix du téléphone, c’était son informateur. Le seul problème c’est que manifestement l’homme la connaissait bien ou plutôt l’avait bien connu, mais pourtant sa voix lui était inconnue. - « Allons-nous asseoir tranquillement qu’on puisse discuter. » L’homme, la prit par la main, et l’entraîna vers une table un peu à l’écart. Avant qu’ils n’aient atteint la table, Monica de sa main libre attrapa l’homme par l’épaule, et elle la tira vers elle. C’est alors que le visage de la mystérieuse voix se révéla : c’était Mick Larson. - « Mick ! Mon dieu c’est bien toi ! Comment …. », ses yeux devirent humides. - « Oui Sweet Heart, c’est bien moi. » Des larmes de joies, et un sourire illuminaient son visage. - « Pourtant tu …. Tu es ….. » FLASHBACK, NEW-YORK, 10 AOUT 1995 : Il pleuvait des cordes, la foudre frappait au loin. Une colonne de dix voitures, dont neuf de police, fonçaient à travers les rues encombrées de New-York, les gyrophares et les sirènes en pleine action. Les véhicules s’immobilisèrent devant un petit immeuble rouge brique, tous les policiers sortirent armes au poings, Monica Reyes, et son coéquipier Mick Larson en tête, tous deux portant un gilet par- balle. - « Allez vite suivez-moi, et faites attention ils sont dangereux et armés ! », cria Larson. Larson et Reyes se mirent de part et d’autres de la porte, tandis que deux policiers armés d’un bélier la défonçaient. L’entrée du bâtiment libre, tous se ruèrent à l’intérieur. Des femmes et des enfants chacun portant une toge noire, avec autour du cou une croix rouge sans la branche gauche, étaient devant eux leur barrant le passage pour accéder aux différentes pièces. Larson arriva face à eux, puis se retourna vers son équipe d’assaut : - « Occupez-vous d’eux je monte voir ce qui se passe à l’étage avec l’agent Reyes ! » Monica et Mick, se faufilèrent rapidement parmi « la barrière humaine », jouant des coudes. Les policiers commençaient à arrêter les femmes suivies de leurs enfants. Un petit groupe de quatre policiers regardant les frêles silhouettes de Reyes et Larson monter à l’étage, s’engouffrèrent à leur suite. Monica et Mick arrivés à l’étage découvrirent ce qui devait être la principale salle de prière du bâtiment. En effet, une cinquantaine de chaises dorées, étaient disposées en forme de Croix sans branche gauche, ceci sur de grand tapis de velours rouge bordé de fines lignes dorées. Le tout dirigé vers un grand autel noir, surmonté d’un christ crucifié, sans bras gauche, le cœur arraché, et la couronne d’épine autour du cou, que Monica désigna : - « Mick, regardes ce Christ, ça correspond exactement au schéma des mutilations ! » - « Effectivement, maintenant nous avons tous les éléments pour coincer ces salopards. » Soudain une rafale de tir parti de l’autel en direction des deux agents, qui se mirent aussitôt à couvert derrière l’un des piliers de la salle. Monica jeta un coup d’œil à Larson qui leur ordonna : - « FBI ! rendez-vous, ou nous ferons feu ! » Les balles continuaient de leur siffler aux oreilles. L’agent du FBI se retourna vers sa partenaire, et lui dit non sans ironie : - « On va considérer cela comme une réponse négative. » Larson et Reyes firent à leur tour feu sur leurs assaillants. Dans la bataille trois grandes plaintes s’élevèrent, c’étaient des hommes de la sectes blessés. Derrière l’autel, il n’y avait plus de deux hommes en mesure de tirer, ils se regardèrent puis cessèrent de mitrailler. Monica et Larson échangèrent eux aussi un regard, puis avec précaution ils sortirent de leur cachette. Larson avançait devant Monica en direction de l’autel, comme s’il voulait la protéger de quelque chose. - « Rendez-vous ! » fit-il. Aucune réponse ne se fit entendre, Mick avançait toujours, il était à présent à cinq mètres de l’autel. Brusquement l’un des deux hommes restant se releva rapidement et mitrailla à bout portant Mick, qui hurla puis tomba à terre. Monica cria : - « Non, espèce de salaud ! » Puis aussitôt elle tira trois balles en pleine gorge du meurtrier qui s’écroula aussi vite qu’il s’était levé. À ce moment précis des policiers firent irruption dans la pièce, se dirigeant vers l’autel pour arrêter le seul homme encore indemne qui s’y trouvait encore. Monica rengaina son arme et s’agenouilla auprès de Mick, qui apparemment avait pris deux balles au milieu du thorax, à proximité du cœur, du sang lui recouvrant tout son gilet par balle perforé. Monica prit la tête de Mick entre ses mains et se rapprocha, prête à éclater en sanglots : - « Mick, non mon Dieu ! Tu vas t’en sortir bats-toi ! » - « Pas cette fois, Monica. » murmura Mick, agonisant. - « Mick ! » Larson se força à sourire: - « Te connaître aura été la plus grande joie de ma vie, et passé mes derniers moments avec toi aussi. Monica je t’aime….. Monica, on se reverrra…. Goodbye my sweetheart. » Ses yeux se fermèrent, et sa tête glissa des mains de Monica, et tomba doucement à terre, en direction du christ mutilé, qui semblait le contempler avec pitié. Monica se mit à pleurer, et enfoui sa tête contre celle de Mick : - « Non, ce n’est pas possible, nooonnnnn ! » BAR « THE UNICORN » : Mick la regardant tendrement, séchant sur les joues de Monica les larmes de bonheur. Monica assise en face de lui était complètement sous le choc, à la fois ému et contente. - « Comment est-ce possible ? » - « Après la fusillade l’ambulance qui me prit en charge, réussit à stabiliser mon état, j’avais l’estomac et l’aorte abdominale déchirés. J’ai eu une chance incroyable de m’en sortir. Sauf que l’ambulance m’amena directement dans un hôpital militaire top secret, qui me prodigua d’excellents soins. Et en fait la CIA et la NSA, qui depuis quelque temps s‘intéressait à moi, profitèrent de l’occasion pour m’embaucher. Et bien sûr voulant un agent « parfait », non repérable et non-identifiable, ils confirmèrent au FBI et à tous ma prétendu-mort. Je sais que c’est dur à croire Monica, mais c’est ce qui s’est passé. » - « Pourquoi ne m’as-tu pas contacté ? On allait se fiancer Mick ! » - « Je devais œuvrer pour le gouvernement dans le secret, le plus absolu. Tu ne peux pas imaginer tout ce que j’ai enduré et souffert, tous les jours je pensais à toi, et je n’avais pas le droit, ne serais-ce que de te téléphoner. Ce furent les plus dures années de ma vie, voyageant partout dans le monde, risquant ma vie, et ….Je t’aime Monica et …. » Le portable de Monica se mis à sonner, elle sortit le téléphone de sa poche : - « Excuse-moi Mick, je reviens. » Mick commença à ouvrir la bouche comme pour commencer une phrase, mais aucun mot, ne sortit de sa bouche, et il baissa la tête. Monica quitta la table, et sortit du bar, et décrocha : - « Agent Reyes. » - « Salut Monica, tout va bien ? », c’était Doggett à l’autre bout du fils. - « Que veut-tu John ? » répondit Monica, un peu sur la défensive. - « Écoute, je sais que t’es en vacances, mais j’aurais besoin de ton aide sur une affaire et… » John semblait surpris par le ton de sa partenaire. - « Non, désolé pas maintenant John. Il faut que je mette un peu d’ordre dans ma vie, et que je m’éloigne du boulot. » fit-elle de façon à faire comprendre à Doggett, qu’elle n’admettait pas de désapprobation. - « Bien…. » - « À plus John…» BUREAU DU FBI, NOUVELLE-ORLEANS 10H59 : À son bureau Doggett raccrocha, il n’en revenais pas Monica ne lui avait jamais parlé comme ça, qu’est-ce que cela pouvait bien signifié ? Mettre de l’ordre dans sa vie que voulait-elle dire ? Dans la salle d’autopsie, Deckard s’apprêtait à examiner le corps du pauvre Tony Menier. C’est alors que la porte s’ouvrit brusquement et Carpenter apparut, un sachet transparent avec l’étiquette « Evidence », et contenant ce qui semblait être un gant : - « On a retrouvés ça sur les lieux du crimes, il faudra chercher les empreintes. » - « Sur les lieux du crimes ? Quand ça ? » - « C’est mon équipe qui la trouvé sous le corps, comme quoi Doggett est un incapable, a moins qu’il ne fasse exprès de saboter l’enquête. » - « C’est étrange j’avais vérifié moi-même le corps. Quant à John il ne saboterait jamais une affaire, c’est un agent exemplaire ». - « Exemplaire ne signifie pas au-dessus de tous soupçons. Enfin, Quantico, n’est plus ce qu’il était ! J’espère au moins que vous savez mieux autopsier, que chercher des preuves ». rétorqua méchamment Carpenter. Et sans attendre de réponse, il quitta la pièce claquant la porte. Deckard se leva alla ramasser le gant et le posa sur son bureau. BAR « THE UNICORN » : - « Mais Mick comment se fait-il que ta voix, soit…. » - « Durant mes missions, plusieurs fois j’ai été gravement blessé, ce qui m’a causé des dommages aux cordes vocales. De plus, j’ai du faire de la chirurgie esthétique, d’ailleurs mon visage a été en partie refait. » - « Et le gouvernement ? » - « Maintenant qu’ils m’ont utilisé, que j’ai mené ma mission à bien jusqu’au bout, il n’ont plus besoin de moi. D’ailleurs je n’ai aucune existence légale. Aucune identité à présent. Enfin bref parlons de toi, comment ça va le boulot ? » - « Ça va, ça peut aller. » - « Et ton coéquipier ? Tu le trouves comment ?» - « John ? Il est très bien, c’est un excellent agent, un homme de paroles, et d’honneurs. Mais aussi un grand ami. » - « Je vois le tableau. » dit-il avec dépit. - « Non, ce…. » - « Tu ne connais rien de ce Doggett, Monica, c’est un sale type », son ton s’était durcit. - « Toi tu le connais peut-être ? Je rêve, ou tu me fais une scène de jalousie ? Au bout de huit années sans avoir de tes nouvelles ?» Monica commençait à s’énerver. - « Quand je bossais pour la NSA, j’ai eu accès à son dossier secret, et un homme que tu connais Billy Carpenter m’en a parlé aussi, il a travaillé un moment sur lui. » - « Écoute Mick, je n’ai pas besoin de lire de dossier secret sur John, je le connais suffisamment bien pour lui faire entièrement confiance quelques soient les circonstances. C’est un type bien qui a beaucoup souffert dans son passé. » - « Son passé le rattrape. Écoute Monica, ce que je vais te dire, c’est pour ton bien. Tu dois savoir que Doggett est….. » BUREAU DU FBI, NOUVELLE-ORLEANS : Deckard, tapait à l’ordinateur. Il venait d’analyser l’empreinte trouvée sur le gant. Il vérifia la correspondance dans les fichiers des criminels. Mais rien, pas une trace, Deckard compara alors avec la base de donnée de la police, rien non plus. C’est à croire que ce gars n’a jamais commis de délits. Ce qui lui paraissait bizarre compte-tenu que John était persuadé que Noonan était le meurtrier. Ce qui signifiait, que Noonan avait un complice, ou alors quelqu’un qui imitait ses meurtres. Et là encore ça clochait, les détails précis des meurtres n’avait jamais été révélé au grand public. Et si le meurtrier était un gars de chez-nous, songea-t-il. Il entra alors dans le registre des empreintes du gouvernement, et compara l’empreinte, à la vue du résultat David blêmit, et jura tout bas. L’écran d’ordinateur montrait la photo de John Jay Doggett. BAR « THE UNICORN » : - « C’est impossible. » S’il y a avait une échelle d’étonnement, Monica à ce moment aurait atteint le plus haut degré. - « Pourtant c’est la triste vérité. John Doggett est « Stone Heart ». Tout concorde, ses déplacements n’étaient jamais à plus de 100 kilomètres des lieux du crime. De plus, il a grièvement blessé à New-York en 1995, un brave type qui était innocent. D’après le profil de Carpenter, Doggett ferait ça pour venger la mort de son fils Luke. » - « Mais si tu savais ça, ou si la NSA le savait cela, pourquoi ne l’a-t-elle pas coffré. Ton histoire ne colle pas Mick. C’est complètement absurde ! » - « Bien au contraire, le gouvernement avait besoin de John aux affaires non-classées. Tout a été orchestré, tout !» - « Et maintenant ? » - « Je sais qu’un agent du FBI est sur le coup, ce n’est plus qu’une question de temps, et qu’on accumule les preuves, maintenant que Doggett n’est plus d’utilité pour personne.» - « Non, je ne te crois pas. John Doggett n’est pas un meurtrier. » - « Je sais que c’est très dur pour toi de l’admettre Monica, je sais. Mais n’oublie pas je suis de retour, tu peux compter sur moi ». BUREAU DU FBI, NOUVELLE-ORLEANS : David Deckard recula de l’écran d’ordinateur, il n’en revenait pas son nouveau coéquipier John Doggett, était un meurtrier. Il repianota sur le clavier et accéda aux précédents crimes de « Stone Heart », il vérifia les preuves accumulées, et il n’y avait rien. Et puis subitement avec ce crime c’était l’orgie de preuves : les empreintes, le costumes de flic de New-York, la plaque. Tout ça n’était pas normal, ça ne pouvait être qu’un machiavélique coup monté. Il prit son portable et composa le numéro de Doggett. - « Agent Doggett ? » - « Oui, c’est vous Deckard ? » - « Tout à fait, dites-moi John, où êtes-vous ? » - « Je suis à mon bureau, vous avez trouvé quelque chose ? ». - « Oui, quittez le bâtiment au plus vite, et allez vous cacher. » - « Je vous demande pardon ? » John fronça les sourcils. - « Agent Doggett, les empreintes retrouvées sur les lieux du crimes, dans le gant, sont les votre ! » - « Quelles empreintes Quel gant ? Je n’ai rien vu. » - « C’est l’équipe de Carpenter qui les a trouvées après nous. » - « Impossible, on avait tout passé au peigne fin. Et vous me dites que Carpenter …… » - « Écoutez Doggett, je sais que vous êtes innocent, sinon je ne vous appellerais pas. Et je crois que c’est un coup monté contre-vous. Fuyez-vite ! Et nous resterons en contact, j’irais remettre mes résultats à Pearson comme si de rien n’était, et je continuerais l’enquête comme ça je pourrais savoir qui tire les ficelles dans l’ombres. » - « Mais si je fuis, tout le monde va croire que je suis vraiment coupable ! J’aurais toute la ville à ma poursuite ! » - « Shapiro a des doutes sur vous, Carpenter aussi. Vous n’avez plus le choix John ! Fuyez ! » PARKING DU FBI, NOUVELLE-ORLEANS : Quelques instants plus tard, John traversait rapidement le parking souterrain du FBI, il s’approcha de sa voiture, et ouvrit sa portière. Derrière lui une ombre s’approchait, Doggett se retourna : - « Carpenter ! il y a un problème ? » - « C’est à vous que je pose la question. Que se passe-t-il Doggett, on quitte le bureau à cette heure-ci ? » Il avait un air faussement surpris. - « Je vais interroger un témoin potentiel. » - « Bien sûr John, Bien sûr. » Il dévisagea longuement Doggett scrutant le moindre mouvement qui trahirait ses sentiments. « J’aurais besoin de vous parler dans mon bureau, j’ai quelque chose à vous montrer. Un document confidentiel que j’ai reçu de quelqu’un de très haut placé. » Doggett essaya de rester calme : - « Plus tard. » - « Ne m’obligez pas à vous poursuivre John. » - « C’est vous qui manigancez tout ça ! N’est-ce pas ?» Carpenter se mit à sourire : - « Et dire que dans peu de temps la charmante Monica Reyes, sera ma coéquipière, et vous vous serrez derrière les barreaux, ou bien encore sous terre ! » Doggett attrapa Carpenter par le col. Et lui décocha un violent coup de boule. Carpenter fut projeté à terre inconscient, et le nez en sang. La voiture de John démarra en trombe, et quitta précipitamment le parking. Dans l’ombre près du plafond, un petit clignotement rouge scintillait. C’était une caméra de sécurité qui venait de tout filmer. BUREAU DU FBI, NOUVELLE-ORLEANS : « Entrez », fit une forte voix féminine. David Deckard pénétra dans le grand bureau présentant sur le mur de nombreuse photos et diplômes, ainsi qu’un grand drapeau américain derrière une petite femme aux cheveux blancs, qui était adossé sur un fauteuil. - « Bonjour Directrice Pearson. » - « Bonjour agent Deckard. Alors ça vous plait le terrain, les enquêtes ? » - « Tout à fait, si je suis venu vous voir, c’est qu’il y a un gros problème avec l’agent Doggett ». - « Tiens-donc ! L’agent Doggett est un mauvais tuteur pour vous ? » Deckard hésita quelques instants, puis annonça : - « Les empreintes retrouvées sur les lieux du crimes sont celles de l’agent Doggett. » - « Quoi ? L’agent Doggett serait « Stone Heart » ? Remarquez c’est vrai qu’il y avait des coïncidences troublantes, comme me l’avait déjà signalé l’agent Carpenter, j’aurais du l’écouter davantage. » Elle marqua une pause. « Bien, savez-vous où est l’agent Doggett à l’heure actuelle. » - « À son bureau je suppose. » Bien qu’il ne le montrait pas David était étonné que Pearson ne fut pas plus surpris, sa réaction ressemblait à celle d’une mauvaise actrice. Pearson, décrocha son téléphone : - « Kimberly, passez-moi l’agent Doggett immédiatement. » Quelques secondes passèrent, et Deckard se sentait de plus en plus mal à l’aise. - « Il est parti ? Où ça ? » Bref silence. « Bon merci.» Elle reposa le combiné, puis s’adressa à Deckard : - « Vous connaissez bien l’agent Doggett ? » - « Non, je n’étais son coéquipier que depuis hier. » - « Bien, donc vous allez continuer temporairement l’enquête avec l’agent Carpenter. » - « Vous savez, je pense que je peux continuer seul. » - « Hors de question, je ne remets pas vos capacités en cause, mais vous sortez juste de Quantico, il vous faut un tuteur pendant quelques temps, et comme l’agent Reyes est en vacances, je ne vois que Carpenter pour vous aider. » Pearson avait parlé sur un ton on ne peut plus sec. Quelqu’un frappa à la porte et entra, c’était Carpenter, il portait une bande blanche au niveau du nez. - « Que s’est-il passé agent Carpenter ? » - « Ce que je pensais était fondé n’est-ce pas ? C’est Doggett le meurtrier, il m’a frappé dans sa fuite. Je suppose qu’il a compris qu’il ne tarderait pas à être démasqué, quand il a su pour les empreintes sur le gant qu’il a oublié. Enfin, la sécurité a tout filmé, ça nous fait un élément de plus contre lui. » - « Ce qui m’ennuie, c’est que tout le pays sache que c’est un gars de chez nous, qui a commis tout ces crimes. C’est pour cela que officiellement, et dès à présent, je démissionne John Doggett, il n’est plus agent du FBI, c’est un simple fugitif » Elle regarda alternativement David et Billy : « Vous allez faire équipe tous les deux, je vous donne carte blanche, et vous avez 48 heures pour le trouver et le ramener. Au delà, je ne pourrais plus rien cacher à la presse. De plus j’ai déjà appelé le bureau de New-York, afin qu’il m’envoie l’agent qui suit l’enquête depuis le début, l’agent Brad Follmer. Il devrait arriver bientôt, très bientôt. » ENDROIT SOMBRE ET INCONNU : Le téléphone sonne, une main surgit des ténèbres et décroche : - « Oui ? » …… « Parfait, tout ce passe comme prévue, que le calvaire de John Doggett commence ! » À suivre …. =================== LES PERSONNAGES DE DOGGETT ET REYES SONT LA PROPRIÉTÉ DE LA FOX ET DE CHRIS CARTER. CE SCRIPT EST LA PROPRIÉTÉ DE L’AUTEUR(E). LES REPRODUCTIONS EN PARTIE OU EN INTÉGRALITÉ SONT INTERDITES. POUR TOUTES UTILISATIONS, L’AUTORISATION DE L’AUTEUR(E) ET DE LA SAISON VIRTUELLE DE DOGGETT ET REYES EST OBLIGATOIRE. © 2002 - 2003 ===================