¤ SAISON VIRTUELLE DE DOGGETT ET REYES ¤ 1SV08 : La tempête de la saison par Milagro ************************************* Diffusé le : 9 mars 2003 Catégorie : 18 ans et +, Horreur et violence VISITEZ-NOUS SUR LE WEB http://xfsc.mu3d.com/saisonvirtuelle NOTE DE L’AUTEUR : Le 9 mars est une date bien spéciale pour moi, car c’est la journée de mon anniversaire. D’autant plus que mon nouvel épisode soit diffusé le même jour. J’avais l’occasion de pouvoir en écrire un, je l’ai donc saisie. Vous remarquerez que le chiffre neuf revient souvent dans les heures de repère, ainsi que le chiffre 3 (pour le 9 du troisième mois). Pour ce qui est de l’épisode, je voulais une histoire classique d’horreur bien gore, avec une petite touche d’humour, comme dans le bon vieux temps. Et pour terminer, je remercie toute l’équipe de la SVDR et tout particulièrement une personne proche de moi, Tweety, et qui m’a donné les inspirations pour le teaser. La glace est maintenant cassée, car c’est mon premier loner en solo puisque je n’ai écrit que des mythologiques jusqu’ici. J’espère sincèrement que vous allez aimer. ************************************* NEBRASKA NUIT La femme courait sans arrêt depuis au moins cinq minutes. Cinq minutes qui auraient pu sembler courtes mais qui pour cette femme signifiait l’horreur. Il faisait froid, le vent était puissant contre son visage, si froid que les larmes qui avaient coulées sur son visage s’étaient bien vite glacées depuis qu’elle était dehors. Mais le pire était qu’elle ne portait que ses sous-vêtements maculés de sang… Son corps était meurtri à plusieurs endroits, mais elle ne sentait plus les blessures grâce au vent. Depuis deux jours, elle vivait l’enfer, enlevée après son travail, elle ne se souvenait presque de rien, sauf qu’il y avait de l’aide et que si elle pouvait l’atteindre elle serait sauvée. Maintenant qu’elle avait pu fuir, elle courait sur la seule route, presque nue. En plus, la neige lui arrivait aux genoux, ce qui ne l’aidait pas du tout… Mais tout à coup elle vit au loin une lumière colorée qui tournait. La jeune femme courut plus vite vers la police, l’ambulance ou quoi que ce fût, elle était sauvée ! Elle avait de la difficulté à distinguer ce que c’était à cause du vent et du blizzard, de la neige, mais en plus il y avait un son qui était de plus en plus fort. Elle arrêta de courir et resta figée sur place, ne comprenant pas ce qui se passait, ce que c’était que ce son, que cette lumière, comme si son esprit s’était gelé avec son corps. Elle ne comprit même pas ce qui arriva lorsque les lames puissantes de la souffleuse l’attrapèrent et la déchiquetèrent, elle ne savait toujours pas ce qui se passait. La douleur fut courte, mais horrible. GENERIQUE SIÈGE DU FBI, NOUVELLE-ORLÉANS 7 MARS 2003, 8:29 AM On était vendredi, enfin. Monica Reyes était seule ce matin dans le petit bureau qu’elle partageait depuis bientôt plus de cinq mois avec son partenaire John Doggett. Quand elle s’amusait à se remémorer tout ce qu’ils avaient vécu depuis son retour à la Nouvelle-Orléans, Reyes ne pouvait s’empêcher de sourire. Jamais elle n’aurait pu croire que tout irait si bien et surtout que John accepterait de la suivre ! Alors qu’elle venait à peine de s’asseoir derrière le seul bureau de la pièce pour finir de rédiger les derniers compléments concernant leur dernière enquête en Louisiane demandée par Mme Pearson, le téléphone se mit à sonner. - « Monica Reyes ! », répondit-elle. - « Agent Reyes, ici Kimberly. Mme la Directrice souhaite vous voir dans son bureau dans les prochaines cinq minutes ! Il paraît qu’il y a urgence. » Reyes regardait autour d’elle dans la pièce vide puis jeta un coup d’oeil à sa montre, puis se décida à parler : - « Mais il y a un petit problème, l’agent Doggett n’est pas encore arrivé, donc si Mme Pearson…» - « Aucun problème agent Reyes, Mme la Directrice ne veut voir que vous. » Puis la secrétaire raccrocha en laissant Reyes béate de surprise. Et elle se demandait pourquoi une rencontre avec elle, mais sans John ? Peut-être était-il arrivé quelque chose de grave. Reyes sortit de leur bureau et se dirigea en vitesse vers celui de la Directrice. 8:39 AM Assise seule devant Mme Pearson, une chaise vide à ses côtés, Reyes attendait patiemment que la patronne finisse sa conversation téléphonique. - « Bien sûr que je comprends… Mais vous ne croyez pas qu’il vaudrait mieux envoyer des policiers des factions locales des villes environnantes ? Tant que ça ? Oui… Oui je promets que ce service fera de son mieux, mais sachez que nos agents ne sont pas particulièrement préparés pour une telle opération, nous aurons besoin de coopération. D’accord… Et (combien) de temps encore avant que le plus gros de la tempête passe sur la ville ? Mon Dieu ! D’accord je vous donne des nouvelles le plus vite possible, de toute façon j’envoie mes deux meilleurs agents pour ces cas. » Reyes se savait soulagée, comme si elle comprenait bien, elle ne partirait pas seule, mais avec John. Malheureusement, elle n’avait pas encore eu vent de lui depuis le tout début de la journée, mais il ne fallait pas s’inquiéter autre mesure, car Doggett arrivait quelques fois après 9:00. En raccrochant, Mme Pearson regarda Reyes dans les yeux avec son regard glacé, et après l’avoir poliment saluée, commença à lui expliquer la situation : « Il y a une petite ville dans le Nebraska qui s’appelle Omaha. - « C’est là que vous souhaiter que je me rende ?», questionna Reyes. - « Oui, mais votre enquête est dans une petite ville à côté de Omaha, un village composé d’à peu près cent habitants. Omaha sera votre point de destination et à partir de là un guide vous mènera au village avant que les routes ne soient complètements ensevelies sous des tonnes de neiges car croyez-le ou non, elle tombe depuis bientôt trois jours sans arrêt. Au moins, les accumulations ne sont pas si catastrophiques jusqu’ici. Mais une tempête s’annonce pour cette nuit, donc le village risque de devenir injoignable.» - « Si je puis me permettre Mme Pearson, demanda Reyes, qu’est-ce qui semble si urgent dans cette histoire de neige et de tempête ? Le FBI n’a pas l’habitude de se rendre à un endroit quand il risque d’y avoir un blizzard ! » - « Il n’y a pas que ça, agent Reyes. Depuis bientôt une semaine, des gens disparaissent mystérieusement selon le shérif de Omaha. S’il n’y avait que ça… Cette nuit, une souffleuse à neige de la localité a littéralement « avalée » une des disparues qui a été bien sûr déchiquetée donc aucune chance d’avoir des informations de ce côté-là. Et laissez moi vous dire que ce n’était pas juste un corps que le chauffeur a happé, la femme était bien vivante. Et, assez curieusement, la victime était assez peu vêtue et était certainement en train de fuir quelqu’un ou quelque chose. » - « Alors si je comprends bien, l’agent Doggett et moi risquons de passer toute une fin de semaine dans un trou perdu du Nebraska. Mais il doit y avoir une agence locale qui pourrait certainement faire ce travail ! - « Oh mais agent Reyes c’est que c’est vous qu’on demande ! Les autorités ne veulent pas dire pourquoi, mais ils ont peur et il y aurait du paranormal là-dessous selon eux.» répondit Mme Pearson avec un petit sourire que Reyes ne pouvait déchiffrer. Cela la fit paniquer intérieurement pendant quelques instants, car la situation lui échappait de plus en plus. Et surtout, où était donc Doggett merde ! - « Il paraîtrait que votre réputation vous suit maintenant agent Reyes ! On demande l’aide des experts des Affaires non-classées au FBI. Bien sûr, ce département n’est plus de notre ressort, mais les agents qui y travaillaient existent toujours, donc voilà pourquoi je vous envoie là-bas… - « Mais pourquoi ne pas avoir déjà prévenu l’agent Doggett pour qu’il entende toutes ces informations dans ce cas là ? Je vais devoir tout lui répéter les détails ? » s’insurge Reyes ! - « Il y a des circonstances qui font que l’agent Doggett ne vous accompagnera pas là-bas pour cette enquête agent Reyes. Il est pris pour la fin de semaine et m’a même demandé un congé spécial pour aujourd’hui donc impossible pour lui de se déplacer. » - «Il se passe quelque chose ? » s’inquiéta Reyes. Puis, après avoir réfléchie une seconde rajouta vivement: « Mais je ne veux pas me rendre là-bas et tenter de résoudre cette enquête toute seule ça n’a pas de sens ! » - « Oh mais ne vous inquiétez pas pour ça », dit Mme Pearson en se redressant sur sa chaise de cuir au haut dossier. « Je vous envoie avec l’agent Billy Carpenter, il s’est même montré enthousiaste à l’idée de travailler avec vous ! » Reyes avait le haut le cœur juste à entendre qu’elle allait devoir bosser avec cette foutue limace, mais en plus qu’il ait joué la carte du léchage sûrement en espérant une promotion la dégoûtait à un point tel qu’elle faillit dire sa façon de penser sur le champ à Pearson sur Carpenter. Mais elle se ressaisit en vitesse car elle savait bien qu’avec cette patronne que l’agressivité ne servirait à rien. Mais tout de même elle n’allait pas laisser passer ça comme ça. - « Vous voulez rire ? Votre contact demande les experts des Affaires non-classées et vous voulez envoyez l’agent Carpenter et moi ? Je n’ai passé qu’un an dans ce service et je ne parlerai pas du cas de l’agent Carpenter sauf pour dire qu’il n’est absolument pas préparé pour ce genre d’enquêtes. » - « Écoutez-moi bien Agent Reyes », dit Pearson en levant le ton ce qui eut pour effet de faire se recroqueviller un tantinet Reyes sur sa chaise. « J’y ai bien pensé, croyez-moi, il y a longtemps que je ne suis plus une novice. Mais que voulez-vous je fasse honnêtement ? Je sais bien que les vrais experts des Affaires non-classées sont Fox Mulder et Dana Scully, mais de ceux qui ont travaillés dans ce département seul l’agent Doggett et vous êtes disponible. De plus, vous êtes dans mon service, donc je vous envoie là-bas avec Carpenter. Si l’agent Doggett avait pu, c’est bien sûr lui qui vous aurait accompagné mais les circonstances sont différentes. » L’interphone sur le bureau de Mme Pearson sonna et la voix de Kimberly dit que Carpenter était arrivé et la directrice le fit entrer puis s’asseoir à côté de Reyes à la place qu’occupait normalement Doggett quand ils étaient ensemble dans ce bureau. - « Bonjour Mme Pearson, » dit-il d’une voix mielleuse, avant de se tourner vers Reyes en lui souriant tout autant. Reyes se força à sourire pour être polie face à la patronne, mais elle savait intérieurement que ça n’allait pas durer. SIÈGE DU FBI, NOUVELLE-ORLÉANS 9:13 AM Carpenter et Reyes sortaient du bureau de Kimberly après cette rencontre et déjà Reyes n’en pouvait plus, il fallait qu’ils prennent un vol alors elle dit à Billy d’aller chercher la voiture, qu’elle allait prendre des réservations pour trois. Mais il la suivait, comme un petit chien. - « Pourquoi trois réservations ? Tu sais bien que Doggett ne viens pas », affirma Billy avec un petit sourire que la plupart des femmes aimaient et trouvait délicieux, mais qui répugnais Reyes. - « Bien sûr que je le sais, mais comme je crois que ton aide ne sera que sommaire, j’aurai besoin de quelqu’un de vraiment expérimenté donc je vais faire appel à un spécialiste des cas paranormaux. » Maintenant qu’ils étaient seuls et qu’elle se savait quand même en position de supériorité, Reyes n’allait pas lui rendre les choses faciles. Pendant qu’ils discutaient, ils se rendaient vers le bureau de Reyes. - « Mon aide serait sommaire ? Sais-tu le nombre de diplômes que j’ai passé haut la main ? » répliqua Carpenter, alors que Reyes se souciait à peine de lui, occupée à chercher un numéro de téléphone dans un calepin sur le bureau. Elle trouva ce qu’elle cherchait et Billy lu le nom par-dessus son épaule. - « Quoi ? », dit-il d’un air ahuri, pas cette vieille croûte de Karl Nemis ! Si tu veux quelqu’un qui n’a sûrement pas de diplôme. » Reyes en avait assez et se retourna pour le couper sèchement et lui répéter qu’ils avaient besoin d’une voiture et que concernant les diplômes de M. Nemis : - « Il a ce qu’on appelle du jugement et de l’expérience, et ça vaut tous les diplômes que tu peux avoir. Maintenant disparais, je vais te voir au parking dans dix minutes. » Elle le poussait poliment, mais fermement hors du bureau et quand il fut dans le couloir. Elle lui sourit le plus faussement possible en lui disant : - « Merci ! », et en lui claquant la porte du bureau au visage. QUELQUES INSTANTS PLUS TARD Tout était arrangé avec Karl Nemis, Reyes avait encore du batailler un peu pour qu’il accepte de venir avec eux, surtout dans un délai aussi court, mais elle savait qu’il serait un atout précieux. Maintenant, elle composait le numéro de John car elle voulait savoir ce qui se passait avec son partenaire pour qu’il demande un congé et surtout que maintenant elle allait se retrouver avec Carpenter dans les pattes ! - « Allo ! », dit une voix qui n’était certainement pas celle de Doggett, car elle était trop jeune. Reyes crut un instant s’être trompée en composant le numéro mais demanda tout de même John, et à sa surprise le jeune lui dit d’attendre et que ça ne serait pas long ! APPARTEMENT DE DOGGETT 9:39 AM Andrew, un adolescent de 13 ans, plutôt beau garçon, aux yeux bleus et aux cheveux châtains courts, criait à John qu’il y avait une femme pour lui au téléphone. Doggett pris le combiné le plus proche de la salle de bain, car il était en train de se raser. - « Qu’est-ce qui se passe ? » entendit-il Reyes demander à l’autre bout du fil. - « Bien, je rends service à ma soeur et je lui ai promis de garder son fils pour la fin de semaine. Elle assiste à un mariage et elle est de Philadelphie. Je ne pouvais pas refuser, c’est mon neveu ! » - « Tu es au courant depuis longtemps et tu ne m’avais rien dit ? », demanda Reyes. - « Bien je suis désolé, mais tu me connais, quand je suis au bureau je pense aux affaires en cours. Mais ça va te donner l’occasion de décompresser toi-même non. » Il entendit Reyes soupirer à l’autre bout du téléphone et elle lui expliqua dans quelle situation elle était. John ne pu s’empêcher de sourire, mais en même temps il comprenait comment sa collègue devait se sentir. Il était content de ne pas avoir affaire directement à Billy Carpenter, car il avait une sacrée réputation de lécheur qui poignarde facilement dans le dos pour avoir ce qu’il veut. John souhaitait bonne chance à Reyes et raccrochait alors que Andrew, qui avait bien sûr écouté toute la conversation demanda : - « C’était la belle femme rousse que tu m’avais présenté l’an dernier au téléphone ? - « Non », répondit John avec un sourire. « Elle c’était mon ancienne collègue de Washington ! Celle-ci c’est Monica. Tu te rappelles de Monica non ? » - « Oui », répondit Andrew déçu. « Mais ça veut dire, avec laquelle tu sors en ce moment ? ». La question fit rire Doggett tout haut et il répondit à son neveu qu’il lui fallait peut-être apprendre à poser des questions moins personnelles. Andrew ne parla pas pendant quelques instants, puis ajouta innocemment : - « Ça veux-tu dire que tu couches avec les deux ? ». DANS L’AVION - VERS LE NEBRASKA 11:39 AM Reyes croyait enfin aux miracles. Elle avait réussi à supporter Carpenter depuis qu’ils avaient quittés le siège du FBI de la Nouvelle-Orléans. Ils étaient passés prendre M. Nemis à son domicile, et les bagages habituels aux appartements respectifs des deux agents, avant de se rendre à l’aéroport pour prendre leur vol. Ils étaient maintenant bien assis, et Reyes avait même Karl entre elle et Carpenter. Le vieil homme et elle parlaient de l’expérience qu’ils avaient vécue la dernière fois. Lorsque Carpenter entendit M. Nemis parler de sa possession, il rit tout haut. - « Jeune homme, vous pouvez bien rire, mais sachez que bien peu de gens savent voir le Mal et le détecter », répliqua Karl, offusqué au plus profond de ses croyances. Reyes se pencha vers son vieil ami pour lui dire confidentiellement mais assez fort pour que Billy entende : - « Ne vous occupez pas de lui, c’est normal on dit que la puberté cause ce genre de comportement ». Ils avaient atterri maintenant et alors que le trio sortait de l’avion, ils furent accueillis par un froid intense et une neige agaçante. Une chance qu’ils aient leurs habits bien chauds, sinon l’hypothermie aurait été à craindre ! - « Je vais chercher une voiture de location. Attendez-moi à l’entrée, » dit Carpenter. - « Essaie d’utiliser ton cerveau et de prendre un 4X4, je n’ai pas envie de rester bloquée au milieu d’un chemin désert », répliqua Reyes en souriant vers Nemis. Finalement, elle allait essayer de tirer les avantages du voyage. OMAHA 1:29 PM Aucun guide n’était disponible finalement. Reyes et même Carpenter n’y avait presque pas cru mais il fallait bien qu’ils se rendent à l’évidence, le poste de garde forestier était vide, et verrouillé avec un mot dans la porte qui disait -- Urgence Familiale --. - « Comment on va faire pour se rendre au village ? », demanda Billy. « Et même là, qui nous dit que nous pourrions faire quoi que ce soit ? Nous ne savons pas ce qui se passe. » Reyes composa un numéro sur son cellulaire tandis que Nemis, assis derrière commençait à dire qu’il sentait le Mal, et qu’il venait de la route qui menait au village. Route qui comme la neige continuait de tomber, semblait tout juste praticable pour leur 4X4, mais pas pour longtemps, surtout si la tempête annoncée arrivait. - « On dirait qu’il n’y a aucune réponse en ville, comme si tout était mort », dit Reyes en fermant son portable. - « Tu es sure que tu avais la tonalité ? », questionna Carpenter. Reyes se contenta de lui jeter un regard noir voulant dire ‘Est-ce que j’ai l’air stupide‘ ? Il fallait maintenant prendre une décision, des gens avaient sûrement besoin d’eux, mais ils ne connaissaient pas la nature du danger. Que devaient-ils faire ? - « Mais qu’est-ce que nous attendons ? », demanda Nemis. Reyes, au volant, appuya sur l’accélérateur pour que les quatre roues motrices mordent dans la neige dans la route qui était tout juste visible. Il y avait à peine 9 kilomètres pensa t-elle. 2:59 PM Le village était composé de quelques dizaines de maisons et d’une rue principale. En fait, le village n’était qu’une rue, avec des maisons, un ou deux commerces et une église au bout du chemin. Tout ça entouré de sapins hauts et blancs. Le trio roulait tranquillement en regardant autour d’eux. Il ne semblait y avoir personne, aucune âme qui vive. - « On est venu jusqu’ici pour rien », grommela Carpenter sur le siège du passager. Mais Nemis dit qu’il sentait le Mal, mais qu’il ne pouvait pas le voir pour l’instant. - « Que se passe-t-il ici M. Nemis ? Le sentez-vous ? », dit Reyes. Le pauvre homme ne pouvait répondre. Reyes arrêta la voiture et ils débarquèrent, bravant le vent qui était de plus en plus fort, et la neige qui giflait le visage. Ils se séparèrent dans des directions différentes ; Nemis alla vers la maison la plus proche, Reyes marchait avec peine dans la neige qui lui arrivait aux genoux jusqu'à ce qui semblait être une forme sombre dans un tas de neige. Carpenter examinait une des voitures ensevelies sous une poudre blanche. Elle devait appartenir a un des habitants. - « Il semble n’y avoir personne dans cette maison », dit Nemis et revenant vers Carpenter qui se relevait du sol. - « Et moi je viens d’examiner cette voiture et on a crevé les pneus. Volontairement je dirais, car ils sont en morceaux. Et celle à côté aussi donc je suppose que tous les véhicules ont étés mis hors service, mais pourquoi ? - « Je ne le sais pas», répondit Reyes au loin par-dessus le vent. « Mais ça ne regarde et ne sent pas bon », dit elle en pointant une main ensanglantée et gelée qu’elle venait de découvrir de la neige. En plus, la nuit semblait prête à tombée, déjà. Les nuages gris et de la neige qui tombait de plus en plus dru. Tout à coup, les doubles portes de l’église au bout de la rue s’ouvrirent brutalement, laissant apparaître deux hommes massifs et couverts de sang qui sortirent en titubant. Carpenter se précipita vers eux pour voir s’ils étaient blessés alors que M. Nemis plissait les yeux et cria à Billy de ne pas approcher. Même s’il avait bien ri plus tôt du vieil homme, Carpenter ne prit pas de risque et stoppa net en revenant aussi sur ses pas vers ses amis. Les deux hommes semblaient enrobés de sang, et avançaient vers le trio, tranquillement. Plus d’une dizaine de mètres les séparaient et on aurait dit que la tempête s’était levée, car les agents ne pouvaient presque plus distinguer quoi que ce soit autour d’eux, même les deux hommes disparaissaient dans le vent et la neige de plus en plus épaisse. - « Bordel qu’est-ce qu’il se passe ? », criait Carpenter en sortant son arme qu’il pointait autour de lui. - « Quoi ? », répliqua perfidement Reyes. Elle pointait aussi son arme devant elle. « On ne t’a pas appris les phénomènes paranormaux avec tous tes diplômes ? ». Ils gardaient les yeux vers l’église, mais ils ne voyaient rien. À ce moment, M. Nemis sentit une main se poser sur sa bouche et se fit tirer hors de vue des deux agents qui étaient dos à lui, surveillant l’église, armes en main. Karl tentait de se débattre mais reçu pour la peine un coup sur la tempe qui l’assomma. Pendant ce temps, les deux agents avaient décidés qu’il valait mieux aller au 4X4 mais quand ils se tournèrent vers M. Nemis, ils constatèrent sa disparition. Reyes était horrifiée et criait pour qu’il réponde, mais en vain. - « Ils l’ont tué », dit Carpenter en surveillant autour de lui, mais on ne voyait presque rien. La tempête s’intensifiait. Ils inspectèrent le sol autour d’eux à la recherche de sang ou d’un indice tout en faisant attention pour ne pas s’éloigner les uns des autres, mais on aurait dit que le vent était toujours plus fort. Ils devaient maintenant crier pour se faire entendre. Reyes fit signe à Carpenter qu’ils allaient vers l’église d’où était venu les deux hommes. Ils prirent deux lampes torches dans le 4X4 avant de le verrouiller. Ils marchaient lentement vers l’église, sans la voir à cause de la neige et du vent. Reyes avait des gants, mais elle sentait le froid de son arme commencer à lui mordre la peau. C’est alors qu’ils distinguèrent l’église, même ils étaient rendu ils étaient même arrivés à l’escalier menant aux doubles portes qui étaient fermées. Reyes détestait Carpenter, mais maintenant elle n’avait pas le choix, ils allaient devoir travailler en duo pour tenter de sauver M. Nemis. Elle se plaça sur le coté droit de Carpenter alors qu’il défonçait d’un coup de pied les portes qui n’étaient pas verrouillées. À l’intérieur, c’était il faisait sombre, mais ce qu’ils voyaient n’était pas très encourageant : c’était même une vraie scène d’horreur. Toute la petite population du village était certainement là, morts égorgés, démembrés et éventrés, la plupart attachés et encore assis sur les bancs de l’église qui était maintenant souillés à jamais. Il y avait même des morceaux de corps autour. Mais quelques uns semblaient encore vivants, mais sérieusement battus. Reyes distinguait même des enfants parmi les victimes et elle eut presque les larmes aux yeux. Les deux hommes vus plus tôt étaient près de l’Autel, tenant un couteau sous la gorge de M. Nemis qui était toujours vivant, mais semblait apeuré 4:06 PM - « D’accord les amis, on pose ses armes doucement ou je tranche papa ! », dit l’homme imposant qui tenait M. Nemis avec sa lame. Les agents n’avaient d’autres choix que de faire ce qu’il demandait et laissèrent tomber les pistolets sur le sol, pendant que l’autre homme s’avançait vers eux. - « Hey Max », dit l’homme au couteau qui devait être âgé d’une vingtaine d’années. Il commença par attacher l’homme. « La femme elle sera pour moi plus tard ! » Reyes eu un haut le cœur en entendant ces mots, mais elle se savait en meilleure position que M. Nemis jusqu’ici et elle tenta le tout pour le tout. Alors que Max finissait d’attacher Carpenter, les deux bras dans le dos avec ses propres menottes, Reyes s’avança doucement vers l’homme sans nom en parlant d’une voix douce : - « Écoutez, laissez cet homme tranquille, je ferais ce que vous voudrez. Je crois qu’il est préférable d’avoir une compagne qui se donne qu’une qui se débat non ? ». L’homme ne semblait pas du tout amadoué, et expliqua : - « Tu ne comprends pas, je ne vais pas te donner du plaisir ma belle, il n’y a rien de sexuel, nous avons étudié notre plan depuis quelques plusieurs années. Tu souffriras, comme tous les autres. » Max donna un coup de poing dans le ventre de Billy pour qu’il s’écroule contre un des bancs qui était maculé de sang. Il y avait même une odeur de pourriture dans l’air. L’autre homme enleva sa lame de la gorge de Karl et continua à parler : - « Si vous êtes ici, c’est pour conclure votre destinée. Comme tout ceux qui sont morts, ils ont aidé à l’appeler ». - « Mais appeler qui ? », demanda Reyes avec une rage contenue. - « Le Mal ma chère », répondit Max, qui s’approchait d’elle. « Comme mon ami a dit, nous avons attendu de connaître tous les rituels, et de mettre notre plan a exécution. Tu sais, tu vas me prendre pour un fou, mais j’ai vu le Mal déjà… sous une forme diluée bien sûr, mais ces âmes brûlées étaient tout de même la signification du Mal. J’ai compris les signes qu’il m’envoyait. La preuve, je savais que la personne qui voit le Mal allait venir, il ne manquait plus que ça dans l’équation finale. - « Vous êtes malades… », bredouilla Billy, toujours attaché et assis contre le banc. - « Ha oui ! Tu crois ? Il fallait être drôlement intelligent pour faire tout ça et maintenant ton ami va être notre touche finale, dit l’homme sans nom en s’avançant vers Reyes, tandis que Max s’approchait de Karl, comme pour le retenir vu qu’il n’était pas attaché. - « Que voulez vous dire ?», demanda Reyes. - « Plus il y a de la douleur, plus forte sera la tempête répondit Max, et maintenant, laisse-moi te montrer mon pouvoir » Il se tourna vers Karl Nemis, lui saisit le crâne entre ses deux mains et lui dit : - « Tu es celui qui voit ». Puis il lui planta littéralement son pouce droit dans l’œil du vieil homme, qui creva aussitôt avec beaucoup de sang. M. Nemis poussa un hurlement alors que Max se préparait à lui crever l’autre œil. Carpenter était complètement saisi sous le choc et semblait de glace. Reyes avait les larmes aux yeux et décida d’agir avant que son ami ne meure. Comme elle n’était pas attachée, elle en profita pour prendre par surprise l’homme sans nom en saisissant, non sans un peu de dégoût, un bras qui avait été coupé et qui était maintenant raide pour le frapper vicieusement sur le nez qui se brisa aussitôt. L’homme assez baraqué fut tout de même saisi surpris par le geste de Reyes et celle-ci lui donna un coup de pied entre les jambes pour l’immobiliser au sol. Elle savait que ça ne durerait pas, mais il fallait sauver M. Nemis. Max sorti un couteau de sa poche pour le mettre sous la gorge de Nemis tandis que Reyes courait l’espace entre elle et l’assassin pour ne pas qu’il mette son plan à exécution. Elle arriva juste à temps pour saisir le bras qui tenait la lame, mais il était beaucoup trop fort pour elle, donc il lui mit un revers au visage avec son autre main, mais dut lâcher son couteau qui tomba sur le sol. Max avait la même taille que Reyes, mais il devait peser le double. M. Nemis était au plancher et gémissait en se tenant le visage. Reyes tenta encore le coup de pied entre les jambes, mais Max le lui pris avant qu’elle ne l’atteigne au point douloureux et tira brusquement vers le haut, ce qui la fit tomber dos contre le sol sur le dos la tête première. Elle vit des étoiles, mais pas longtemps. Max grimpait sur elle a califourchon, profitant de sa semi inconscience temporaire et il lui dit : - « Tu voulais te faire pénétrer ma jolie ? Je vais exaucer ton désir ! » Puis il lui planta littéralement le couteau dans le ventre, au niveau du nombril. Reyes criait de douleur et savait qu’elle n’aurait jamais le dessus maintenant. Tout ce qu’elle verrait avant de mourir serait le visage perfide de Max au dessus d’elle, souriant d’une façon diabolique. BANG ! La cervelle de Max gicla contre le plancher au dessus de la tête de Reyes. Lorsqu’il tomba sur le sol, Reyes vit que c’était Carpenter, arme à la main qui venait de faire sauter la cervelle de l’homme. La tempête était trop forte et Reyes se laissa aller dans la douceur de l’inconscience. 9 MARS 2003 HÔPITAL DE LA NOUVELLE-ORLÉANS - « Monica !... Monica ! ». Elle était encore groggie à cause des anti-inflammatoires. Reyes était si bien, comme sur un nuage. - « MONICA ! ». Cette voix nasillarde lui tapait sur les nerfs. Elle se força à ouvrir les yeux pour voir un jeune adolescent penché sur elle qui disait son nom pour la réveiller. Reyes émergea finalement et le jeune se recula brusquement comme si de rien n’était. C’est à ce moment que Doggett entra dans la chambre, café à la main, et il vit rapidement que sa collègue était réveillée. Il se tourna vers Andrew qui faisait l’innocent en disant, le regard glacé : - « Tu ne l’as pas réveillée j’espère ? », demanda Doggett à Andrew. Reyes dit rapidement qu’elle était revenue à elle toute seule et Andrew lui lança un petit regard de remerciement que Doggett ne manqua pas de noter, mais il n’en fit pas cas. - « Ça ne m’aurait pas surpris, je lui ai promis que dès qu’on quitterait tout à l’heure, sur le chemin de l’aéroport, je l’emmènerai dans un restaurant de son choix ! ». Il fit sortir Andrew en lui promettant d’être rapide. Dès qu’ils furent seuls, Doggett alla s’asseoir sur le lit près de Reyes en lui demandant comment elle allait. - « Très bien, sauf que le dernier souvenir que j’ai est celui de la cervelle d’un malade qui avait faillie me gicler en plein visage. Ah ! Et j’oubliais le coup de couteau ! », dit Reyes tentant de diminuer la situation. - « Oui ! Mme Pearson m’a tout appris. Il parait que l’agent Carpenter a pris les clefs sur le premier homme qui était sur le sol pour enlever ses menottes, prendre ton arme sur le sol à côté, puis il t’a sauvée. M. Nemis lui portera un œil de verre malheureusement, mais au moins il est sauf. Et il y avait encore une dizaine de personnes en vie. Et toi tu auras besoin de repos. » - « Mais que c’était-il passé là-bas John ?», demanda Reyes. - « Et bien, l’autre homme a été interrogé, il a révélé que leur but était bien planifié. Ils ont enlevé toutes les personnes dans leur maison, une par une pour les transporter dans l’église et les torturer à mort dans l’espoir que le Mal se manifeste. Quand tu imagines Monica, tout ça pour ça… Plus d’une cinquantaine de morts…. » Le silence ce fit quelques secondes, puis Doggett ajouta : «Tu sais ce qui est étrange ? Une fois que les meurtriers furent neutralisés, la tempête cessa presque sur le coup. Tu crois que ça veut dire quelque chose ? ». Reyes le regarda, pensive tandis qu’Andrew était déjà de retour, affamé. FIN = = = = = = = = = = = = = = LES PERSONNAGES DE DOGGETT ET REYES SONT LA PROPRIÉTÉ DE LA FOX ET DE CHRIS CARTER. CE SCRIPT EST LA PROPRIÉTÉ DE L’AUTEURS(ES). LES REPRODUCTIONS EN PARTIE OU EN INTÉGRALITÉ SONT INTERDITES. POUR TOUTES UTILISATIONS, L’AUTORISATION DE L’AUTEUR(E) ET DE LA SAISON VIRTUELLE DE DOGGETT ET REYES EST OBLIGATOIRE. © 2002-2003 = = = = = = = = = = = = = =