¤ SAISON VIRTUELLE DE DOGGETT ET REYES ¤ 1SV06 : THE PROOF par Milagro, Dollar, La Martienne Elfique et MarieEve NOTE : Nous tenons à remercier The Cistercian pour sa généreuse collaboration. Vous êtes tous une chouette équipe. ************************************* Diffusé le : 12 janvier 2003 Catégorie : Général VISITEZ-NOUS SUR LE WEB http://xfsc.mu3d.com/saisonvirtuelle ************************************* TEASER NOUVELLE-ORLEANS, APPARTEMENT DE DOGGETT Reyes était en train d’essayer d’installer le troisième cadre qu’elle avait sorti d’une grosse boîte à ses côtés. Une grosse boîte certes, mais il en restait encore une bonne douzaine à déballer. Au moins, les meubles étaient bien en place et le plus gros était fait. Mais Monica n’arrivait pas à maintenir droit le cadre et elle perdait de plus en plus patience ; il était très large et elle ne voulait pas abîmer le mur fraîchement peint, mais là c’en était trop. Il fallait dire que cet appartement était splendide, au huitième et dernier étage d’un des seuls immeubles encore chics dans le quartier. Monica avait hérité de ce qu’elle avait pu trouver, ce n’était pas laid, loin de là, mais il n’y avait pas de comparaison, surtout par rapport au prix. D’après sa discussion avec John un peu plus tôt, Reyes savait que c’était même Edie Boal qui lui avait fourni le tuyau. Elle songea que ce ne serait pas des collègues comme Carpenter qui pourraient lui être autant utiles. « John, ça te tuerait de lâcher cette saloperie de plomberie d’évier et de venir me dire si je suis dans les normes, si ce n’est pas trop te demander ? » dit Monica d’un ton ferme. Doggett émergea de la cuisine pour la rejoindre au salon, en s’essuyant les mains. Il esquissa un sourire lorsqu’il vit sa partenaire qui tenait le cadre avec peine tellement celui-ci était large. Comme il allait se porter au secours de sa collègue, on frappa à la porte. Même si Doggett était plus près de la porte, Reyes laissa tomber le cadre sur le sol et lui dit en passant devant lui, l’air fatigué, mais souriant : « Toi tu t’occupes du cadre, moi de la visite. J’espère que ce n’est pas d’autres meubles, car sinon je t’assassine ! » C’était un livreur de Fed Ex qui avait un colis un peu plus gros qu’une boîte à chaussures au nom de Doggett. Celui-ci écarta Reyes et signa le bon pour laisser partir le livreur. Il y avait une lettre collée sur le couvercle de la boîte. « Je n’attends plus rien pourtant » dit Doggett en ouvrant l’enveloppe et en lisant la courte lettre qui était à l’intérieur. Reyes était curieuse de savoir ce quelle disait et Doggett lui dit : « C’est Barbara qui a reçu ce colis chez elle à mon attention. Elle me le renvoie ici, je devrais la rappeler pour la remercier… ». Les deux agents déposèrent la boîte sur la table de la cuisine et Reyes prit un couteau pour couper le ruban adhésif qui scellait la boîte tout en jasant, d’un ton insouciant : « Tu sais, ton appartement est vraiment abordable, John, mais moi je crois que je sais comment tu aurais pu économiser beaucoup plus : si tu étais venu vivre avec moi ! Tu sais que j’ai une pièce de libre en plus ! » Doggett était aussi surpris que les autres fois, lorsque Reyes avait tenté une approche vers lui, mais avant même qu’il se demande comment réagir, Reyes poussa un hoquet de surprise devant la boîte maintenant ouverte. « Oh ! Mon Dieu ! » dit Reyes, complètement enthousiasmée, en sortant la dizaine de dossiers, qui appartenaient auparavant aux Affaires non-classées, de la boîte cartonnée. Doggett, lui, était encore sous le choc et chercha le tampon d’envoi d’origine. Il n’y avait que quelques chiffres aléatoires avec quelques lettres. « Je me souviens, dit Monica. Tu te rappelles cette histoire avec cet homme qui disait s’appeler Daniel Miller, et que l’on croyait être Mulder ? » « Jeffrey Spender, répondit Doggett. Oui, je me rappelle maintenant. » « Et bien Scully nous avait confié avoir gardé des dossiers chez elle, fichiers qu’elle avait sortis du placard de sa chambre. Une boîte comme celle-ci. J’en mettrais ma main au feu. » « Mais pourquoi nous envoyer ça, après tout ce temps ? » Reyes regarda les dossiers qu’elle prit pour les remettre soigneusement dans la boîte, et dit à Doggett : « Cette fois, nous avons une chance John. Nous pourrons prouver notre innocence et en même temps Mulder et Scully seront de nouveau des personnes libres. Nous avons de nouveau les Affaires non-classées entre nos mains. Cette fois, pas question de se faire avoir. Je vais téléphoner à Kimberly pour avoir une rencontre à ce sujet le plus tôt possible. » Doggett semblait déboussolé. Il se leva en même temps qu’elle, la table était entre les deux, le colis posé dessus. « Tu ne trouves pas que c’est un peu rapide, Monica ? » « John, nous tenons de nouveau les Affaires non-classées entre nos mains. Cette fois-ci, ils ne nous les enlèveront pas. » Doggett ne savait pas s’il devait être effrayé par la détermination de sa collègue, ou par les conséquences que tout cela pouvait provoquer. ACTE I SIEGE DU FBI, NOUVELLE-ORLEANS, 9:10 AM Doggett arriva légèrement en retard ce matin-là. Il profita des parois translucides de l’ascenseur pour inspecter son visage. En plus d’avoir mal évalué le temps nécessaire entre son nouvel appartement et le bureau, il n’avait pas trouvé de rasoir. Il espérait que personne ne s’en apercevrait. Après tout, ce n’est pas comme s’ils avaient des rapports à rendre à Mme Pearson. Les portes s’ouvrirent sur Kimberly, la secrétaire de Mme Pearson. Elle eut l’air soulagé en voyant Doggett dans l’ascenseur. « Ah ! Agent Doggett, formidable, je n’aurais pas à m’arrêter une nouvelle fois. Mme Pearson veut vous voir avec l’Agent Reyes dans son bureau dès que possible. » La jeune femme rousse semblait affolée. Elle s’était appuyé contre le mur de l’ascenseur et avait fermé les yeux. « D’accord… Qu’est-ce qui ce passe ? » « Les lignes internes ne marchent pas, je fais des allers et retours depuis 8 heures ce matin. » Doggett prit un air compatissant même si Kimberly ne pouvait le voir. « J’en suis désolé. Et pourquoi Pearson veut-elle nous voir ? » Cette fois, elle ouvrit les yeux et se redressa. « Je ne sais pas, Agent Doggett, je suis seulement la secrétaire. » Elle fit une pause, observant Doggett en fronçant les sourcils. « Vous vous laissez pousser la barbe ? » Doggett ne prit pas la peine de répondre. Quand les portes s’ouvrirent sur son étage, il se précipita dans le couloir, adressant juste un rapide salut à Kim. Dans le bureau, Reyes épluchait les dossiers du carton qu’elle avait apportés. Elle semblait absorbée par leur contenu, tournant avec enthousiasme les pages et comparant plusieurs dossiers à la fois. « Salut ! Pearson veut nous voir » dit Doggett de but en blanc. C’est à peine si Reyes releva la tête. Il attendit un court instant puis s’approcha du bureau de sa partenaire. « Maintenant Monica ! » dit-il en posant la main sur les lignes qu’elle lisait. Monica lui lança un regard réprobateur avant de lever un sourcil. « Maintenant ?… On a fait quelque chose d’inhabituel récemment ? » « Si par "inhabituel", tu entends "interdit" ou "contraire au règlement", non, pas à ma connaissance. On peut y aller ? » demanda-t-il depuis la porte. Reyes le rejoint et ils se dirigèrent vers le bureau de Mme Pearson. Peu avant d’entrer dans le bureau de Kimberly, Reyes arrêta son partenaire en le tirant par la manche. Elle s’approcha de lui et, baissant la voix, lui demanda : « Tu crois qu’il pourraient être au courant pour les dossiers ? » « Je ne vois pas comment, Monica. Et puis d’abord, qui "ils" ? » « Les patrons du FBI. Ils pourraient très bien nous les réclamer pour les mettre sous scellés et toutes les preuves seraient perdues ! » Doggett ne put s’empêcher de lancer un regard narquois. Il sourit légèrement avant de répondre. « Franchement Monica, je ne crois pas qu’on ait quoi que ce soit, là ! Ces dossiers ne contiennent aucune preuve. Ces dossiers sont tout au plus un souvenir de la croisade de Mulder. Ces dossiers sont vides de sens aujourd’hui, ils n’ont aucun intérêt, pour eux comme pour nous. » Monica avait du mal à le croire, comment pouvait-il dire ça après ses deux années aux Affaires non-classées. « Tu ne les a pas encore lus, John. Je t’assure que ce qu’il y a dans ces dossiers est… » Reyes n’eut pas le temps de continuer, Kim les vit et les fit entrer dans le bureau de Pearson, au grand soulagement de Doggett. ******* Doggett était furieux, redressé sur son siège, il ne pouvait s’empêcher de hurler. « Quoi ?? Comme ça, sans aucune raison, c’est bien ça ? » Reyes tenta d’apaiser son partenaire d’un regard, mais celui-ci fixait Mme Pearson. Ses yeux lançaient des éclairs et sa mâchoire était serrée : il voulait une réponse. Il voulait comprendre ce non-sens. Reyes finit par parler pour lui éviter une mise à pied pour insolence. « John, s’il te plaît, ça ne sert à rien de s’énerver. » Elle se tourna ensuite vers Mme Pearson et lui parla calmement mais fermement. « Et comment est-ce possible ? Une mise en examen pour complicité dans l’évasion d’un condamné à mort n’est pas abandoonée du jour au lendemain !? » « Apparemment si, Agent Reyes. Je ne comprends pas plus que vous. J’ai reçu ces nouvelles ce matin de Washington. Vous devriez vous estimer heureux. » « Donc, c’est terminé ? Il n’y aura pas de procès, pas d’enquête, rien du tout ? » demanda Reyes, toujours incrédule. « En effet. » Doggett s’enfonça dans son fauteuil en secouant la tête. « Ouais, ils étouffent l’affaire maintenant qu’ils ont eu ce qu’ils voulaient. Mulder et Scully hors du coup, leurs réputations salies et les Affaires non-classées aux oubliettes. » « Agent Doggett, » lança Pearson, « je ne suis absolument pour rien dans toute cette histoire, si vous avez des problèmes, ce n’est pas à moi qu'il faut s’en prendre. Si vous tenez absolument à être mis en examen, je vous conseille d’aller le demander directement à Washington. » Reyes était pensive depuis quelques minutes, ce qu’avait dit Doggett à propos des Affaires non-classées l’avait frappée. « Les charges contre Mulder ont, elles aussi, été abandonnées ? » demanda-t-elle à Mme Pearson. « C’est ce qu’on m’a dit. » « Ça veut dire que nous pourrons retourner aux Affaires non-classées. Avec Mulder et Scully. » Ce fut au tour de Mme Pearson de se rasseoir au fond de son fauteuil. Elle prit une longue inspiration. « Les Affaires non-classées ne sont pas dans ma juridiction, elles ne me concernent pas. Si vous voulez les voir rouvertes, il faut le demander à Washington. En attendant, j’attends de vous que vous fassiez votre travail, ici, et que vous ne me dérangiez plus avec ces affaires. » Elle se remit au travail, indiquant aux agents qu’ils pouvaient disposer. Les dernières paroles de Mme Pearson avaient surpris Doggett et Reyes par leur dureté. Mme Pearson était directe mais jamais elle n’avait employé ce ton amer avec eux auparavant. Alors que Doggett avait déjà la main sur la porte, elle les arrêta. « Je suis désolée. Je crois que je suis un peu déçue de vous voir si pressés de repartir. Il me semblait que vous vous plaisiez ici. J’ai été très heureuse de travailler avec vous, vous avez fait du bon travail ici. » Doggett et Reyes restèrent silencieux un moment. Ils étaient à la fois surpris et touchés par l’aveu de leur chef. Finalement, Reyes fut la première à parler. « Merci, Mme. Il ne faut pas nous en vouloir à propos des Affaires non-classées. Nous y avons découvert des choses très graves et cela n’a rien à voir avec notre expérience ici. Je peux vous dire que j’ai été très heureuse de travailler ici. John ? » « Moi aussi, et je serais encore très heureux d’y travailler » dit-il. Mme Pearson hocha la tête. « Alors, si je peux vous donner un conseil en toute amitié : avant d’engager une confrontation avec eux, ayez des arguments solides. Des preuves, des témoins. Tout ce que vous pourrez. Car vous savez que c’est votre carrière que vous mettez en jeu. » PLUS TARD, PARKING DU FBI Doggett et Reyes se dirigeaient vers leur voiture. « Je pense qu’il faut dès maintenant demander la réouverture des Affaires non-classées. Avec le carton que tu as reçu, on peut monter un dossier solide. Pearson a raison, il faut aller à Washington et demander la réouverture. Ils ont abandonné les charges et... » Doggett la coupa, agacé. « Monica, Monica ! Doucement ! Pearson nous a également mis en garde. C’est notre carrière qui est en jeu." « Depuis quand notre carrière passe avant… » « Avant quoi ? » coupa Doggett, qui commençait à s’énerver. Ils étaient arrivés à la voiture et discutaient face à face. « Pourquoi freines-tu des quatre fers ? Cette réouverture est importante. » « Pour qui ? Pour quoi ? Mulder et sa quête invraisemblable ? Moi je ne cherche rien, seulement la paix. » « Et la vérité ? Qu’est-ce que tu en fais ? » demanda Reyes, elle aussi en colère à présent. Il fit un pas en arrière et alla s’installer au volant. Quand Reyes l’eut rejoint, il continua. « La vérité a coûté 10 ans à Mulder et Scully. Et après ? Ca ne m’intéresse pas de détruire ma vie. » Reyes regarda son partenaire en silence quelques instants. « Puisque tu sembles si motivé, je devrais peut-être retourner seule aux Affaires non- classées » dit-elle, la colère et la déception évidentes dans sa voix. Doggett ne dit rien, il se contenta de démarrer et de quitter le parking du FBI. ACTE 2 NOUVELLE-ORLÉANS, APPARTEMENT DOGGETT Depuis qu’ils avaient quitté le siège du FBI, les agents roulaient depuis près de 25 minutes lorsqu’ils arrivèrent à proximité de l’immeuble où logeait Doggett. Le quartier était composé de très nombreuses boutiques. Ce qui attirait beaucoup de gens. C’était un détail auquel Doggett n’avait pas porté attention lorsqu’il avait choisi sa nouvelle demeure. Il cherchait un endroit pour se garer, mais aucun stationnement n’était disponible à l’horizon. « Je vais devoir me familiariser avec le quartier si je ne veux pas arriver en retard au boulot la prochaine fois », dit Doggett à Reyes qui n’avait presque pas dit un seul mot depuis qu’ils étaient sur la route. C’est alors qu’elle se mit à parler. « Tu sais John, tu n’es pas obligé de t’impliquer si tu ne le souhaites pas. » Doggett fut surpris par ces mots, alors qu’il essayait toujours de trouver une place de parking. Avant même qu’il ne put placer un mot, Reyes poursuivit : « Tout ce que je te demande, John, c’est de trouver Mulder et Scully. C’est sans aucun doute grâce à eux que nous avons la boîte des dossiers. Ce sont eux qui l’ont envoyée, car ils étaient les derniers à l’avoir en leur possession. Avec eux comme témoins, nous aurons une chance. » Reyes crut entendre un faible soupir sortir de la bouche de Doggett, mais il continuait à rouler. « J’irai moi-même à Washington pour obtenir des explications concernant l’abandon des charges contre nous. Pendant ce temps, tu suivras à partir des dernières traces Mulder et Scully. Ce sont les seuls témoins qu’il nous reste. Et je veux aussi savoir ce qu’il leur est arrivé », lui dit Reyes avec fermeté. John accepta la proposition de Reyes. « Arrête-toi juste devant l’entrée. Je vais aller chercher pour toi ton sac et le tampon de la boîte. De cette manière, nous gagnerons du temps. » « D’accord, voici mes clés. Ma valise d’urgence est à l’endroit où je te l’ai montrée hier. Ainsi que la boîte », lui dit Doggett en lui donnant les clés. « Je reviens tout de suite, John. » À l’intérieur, Reyes se dirigea directement vers l’ascenseur. Elle appuya sur le numéro 8 où était situé l’appartement de Doggett. Elle se disait qu’elle aimait bien son appartement. Il était bien situé, à la fois près du travail et de son appartement à elle. Il y avait une femme dans l’ascenseur. Elle était montée juste après Reyes. Lorsque cette dernière sortit de ses pensées, elle la dévisagea. C’était une femme d’un certain âge qui semblait anodine à première vue. C’est alors que Reyes ressentit un petit vertige et la femme lui apparut comme faite de cendres noires. Exactement comme le phénomène qu’elle avait observé précédemment dans une autre enquête. Cela faisait bien longtemps qu’elle n’avait pas été témoin de cette vision. Mais ici, les circonstances n’étaient pas les mêmes. Reyes sentait quelque chose de différent de ce qu’elle avait déjà ressenti. Pour elle, nul doute que c’était le Mal. La femme se tourna vers elle et lui dit d’une voix plutôt masculine : « Vous le sentez n’est-ce pas ? Vous le sentez ? » Reyes recula d’un pas pour se protéger. Mais la femme en cendres continuait de la regarder et de lui parler. « Vous devez l’empêcher, vous le pouvez. Ce n’est pas l’ordre des choses. » L’ascenseur s’arrêta à l’étage de la femme qui était redevenue normale. Reyes vit qu’elle était bien faite de chair et non de cendres noires. Comme si rien ne s’était passé, la femme sortit de l’ascenseur avec un air naturel. Reyes était surprise par ce qui venait de se passer et elle réalisa qu’elle était déjà rendue à destination. Elle se dirigea tant bien que mal vers la porte de l’appartement de Doggett. Mais comme la femme le lui avait dit, elle sentit le Mal l’envahir lorsqu’elle inséra la clé dans la serrure. C’est alors qu’elle se demanda pourquoi elle n’avait pas senti ceci la veille. Une fois entrée, elle se dépêcha de prendre le sac de voyage d’urgence dans la chambre de Doggett et la boîte qui était cachée dans une des armoires où étaient rangées des casseroles diverses. Doggett avait cru bon de cacher la boîte pour des raisons de sécurité, c’était les seules preuves qu’il leur restait. Après s’être redressée, Reyes vit à nouveau la vision de la femme en cendres et brûlée devant elle et fut prise d’un sursaut. Elle avait pourtant bien refermé la porte derrière elle. Sans même l’avertir, la femme tendit les bras vers Reyes, mais cette dernière esquiva le geste de la femme et poussa une chaise juste devant elle pour l’empêcher d’avancer davantage vers elle. Sa voix se fit entendre de nouveau : « Donnez-moi ceci. Vous ne pouvez leur faire cela. » Reyes lui demanda d’une voix un peu forte : « Qui êtes-vous ? » « Celle qui vous arrêtera. » Alors que la femme voulut se jeter sur Reyes, cette dernière répondit à son geste en poussant la table de la cuisine d’un coup de pied vers la femme. C’est à ce moment-là que Reyes remarqua que tout objet touché par la femme semblait brûler comme au contact d’une très forte source de chaleur. Elle profita de ce moment pour sortir de l’appartement en refermant la porte derrière elle, courut et appela l’ascenseur à nouveau. Elle ne savait pas à quoi elle faisait face. Elle tenait toujours le sac de voyage et la boîte contre elle. Elle surveilla la porte de l’appartement et sortit son cellulaire pour appeler son partenaire. Avant qu’elle ne puisse le joindre, elle vit la femme sortir et se diriger vers elle. Reyes déposa tout sur le sol et s’approcha du mur à sa droite. Elle donna un coup de coude sur une vitre et sortit un extincteur de son emplacement. Elle appuya sur le déclencheur, et une vapeur blanche aspergea la femme. Après quelques secondes, Reyes arrêta l’extincteur et vit que la femme avait disparu. La sonnerie de l’ascenseur émetta un bruit et les portes s’ouvrirent. Après avoir repris ses effets et laissé l’extincteur, Reyes descendit rejoindre Doggett à l’extérieur. Ce dernier l’attendait toujours comme convenu. Elle tenta de paraître moins nerveuse qu’elle ne l’était. Elle ne voulait pas impliquer Doggett dans ce qui venait de ce passer. C’était son appartement, mais elle ne voulait pas changer leur plan, maintenant que la décision était prise. Elle ouvrit donc la portière et alla s’asseoir au côté de Doggett. « Voici le tampon de la poste », lui dit-elle en lui tendant le papier adhésif qui était sur la boîte. « Je garde la boîte et son contenu pour qu’ils soient en sécurité », dit-elle en pensant à la vision qu’elle venait d’avoir. Elle n’était plus certaine maintenant. Elle savait que les dossiers avaient pu être en danger même dans l’appartement de Doggett. « Merci Monica ! » « Avec ça, tu devrais pouvoir localiser l’endroit d’où provient le colis. Tu pourras par là même retrouver la trace de Mulder et Scully. » Selon les dernières nouvelles, Mulder et Scully avaient passé la frontière du Mexique. Inévitablement, Doggett devrait avoir une chance de retrouver leurs traces à partir de ces indices. Doggett la regarda et lui dit : « Monica, si je fais ceci, c’est uniquement pour toi. C’est pour une aventure bien dangereuse que nous embarquons en ce moment. Finalement, je crois que ça pourra nous être tout de même bénéfique. » « Fais attention à toi John et tiens-moi au courant de tes recherches, d’accord ? » lui dit-elle. « Toi aussi, Monica ! » Elle lui offrit un petit sourire, car elle savait que c’était maintenant l’occasion de retrouver Mulder et Scully. Elle descendit de la voiture et referma la porte et laissa partir Doggett. Elle tenait toujours contre elle la boîte des dossiers des Affaires non-classées. C’est alors qu’elle vit qu’elle avait toujours en main les clés de l’appartement de Doggett. ACTE 3 WASHINGTON D.C., LE LENDEMAIN Reyes était assise en face d’un parterre de grands pontes du FBI. Elle avait réussi à se faire réunir une commission des affaires internes. Elle avait dû batailler pour que soit examinée sa requête. Mais finalement, elle avait obtenu le droit de s’exprimer devant la commission. « Agent Reyes, tout d’abord permettez-nous de nous étonner de votre venue puisqu’il n’y a plus de charges retenues contre vous, » commença un homme situé à gauche de l’immense table. « J’ai appris cela. Mais j’aimerais savoir ce qu’il va advenir des agents Mulder et Scully. » L’homme au centre jeta un rapide coup d’œil à son voisin qui prit la parole. « Les informations concernant Fox Mulder et Dana Scully sont confidentielles et ne peuvent en aucune façon vous être communiquées. Nous sommes désolés. » « Très bien. Parlons de quelque chose qui me concerne alors. Étant donné que les poursuites contre les agents Scully, Mulder, Doggett et moi-même ont été abandonnées, il me semble que les Affaires non-classées ont toutes les raisons d’être rouvertes. » Les hommes en face de Reyes commencèrent à parler tout bas. Se penchant les uns vers les autres, ils échangeaient des regards ou bien quelques paroles que Reyes ne parvenait pas à distinguer, mais elle savait que ce n’était pas de bon augure pour elle. Finalement, on lui répondit. « Agent Reyes, il est encore un peu tôt pour envisager la réouverture de ce département. Soyez certaine, cependant, que nous en étudierons la possibilité le moment venu.» Reyes tenta de dissimuler son agacement. Ces hommes avaient décidé du sort des Affaires non-classées avant même qu’elle n’arrive. Elle n’avait été qu’un contretemps qu’ils avaient écarté comme on élude les questions des journalistes. « Mais… » « Agent Reyes ! Je n’ai pas à vous rappeler que depuis les attentats du 11 septembre, le FBI subit d’importantes modifications de structure. Les choses ont changé ici depuis votre départ pour le bureau de la Nouvelle-Orléans. De nouveaux directeurs et assistants directeurs ont remplacé ceux qui ont dû nous quitter. » « Je ne doute pas que la lutte contre le terrorisme soit la priorité mais je pense qu’il serait également profitable de rouvrir les Affaires non-classées. » Cette fois, ce fut l’homme au centre qui lui répondit. « Écoutez, nous ne voyons aucune raison pour que soit rouvert ce département qui coûte très cher et obtient peu de résultats. Mais je veux bien vous donner une chance. Trouver moi des témoins *crédibles* nous permettant d’abonder dans votre sens et la question sera reconsidérée. » « Les agents Mulder et Scully ont travaillé huit ans sur ces affaires. Les preuves sont là. » « Trouvez des témoins, Agent Reyes, c’est tout ce que je peux vous dire. Je vous souhaite un bon retour à la Nouvelle-Orléans. » Les membres de la commission se levèrent, laissant Monica seule dans la pièce. Cette mascarade n’avait rimé à rien. Elle enfouit son visage dans ses mains. Les seuls témoins valables étaient Mulder et Scully mais même si les charges avaient été abandonnées, elle ne pouvait se permettre de les mettre en danger en les faisant témoigner. Elle finit par sortir de la pièce, dépitée et frustrée. Elle décida d’aller voir l’agent Boal. LABORATOIRE DU FBI QUANTICO, VA Reyes entra dans le laboratoire. Plusieurs agents travaillaient, chacun penché sur son microscope. Reyes remarqua tout de suite Boal et la rejoignit. Elle attendit que celle-ci eut fini d’examiner le bout de tissu devant elle pour se présenter. « Agent Boal ? Monica Reyes, vous vous souvenez ? » Reyes lui tendit la main. Edie Boal l’inspecta des pieds à la tête avant d’enlever ses gants et de lui serrer la main. « Je me souviens. Qu’est-ce qui vous amène ? » demanda-t-elle directement mais avec un léger sourire de bienvenue. Monica sourit également, se souvenant de la description que Doggett lui avait faite. « Je suis venue demander la réouverture des Affaires non-classées. » « Et je parie qu’ils vous ont dit non » dit Boal, sans laisser transparaître d’émotion. « En effet. Je me demandais si vous auriez le temps de prendre un café ? Mon avion ne part que dans deux heures. » « Bien entendu, » répondit la scientifique en se levant. ***** Devant leur café, assises à la cafétéria, Boal expliqua à Reyes les changements qui avaient eu lieu. Elle lui apprit notamment que Skinner avait "pris sa retraite". « Mais mon avis, Agent Reyes, c’est qu’on l’a poussé vers la sortie. Et je me demande même s’il n’y a pas pire. Personne n’a plus entendu parler de lui depuis qu’il a quitté le J. Edgar Hoover. » Reyes était abasourdie, elle fixait son café, incapable de trouver les mots. Elle connaissait peu Walter Skinner. Mais elle avait vite appris à le respecter. C’était un homme intègre qui les avait toujours aidés et soutenus. Boal sentit que cette nouvelle affectait Monica et changea de sujet. « Et Doggett ? Son nouvel appartement lui plaît-il ? » demanda-t-elle gentiment. « Oui, énormément. Il est vraiment très grand, c’est vraiment très gentil ce que vous avez fait. Mais savez-vous pourquoi le prix est aussi bas ? C’est absolument incroyable pour un tel appartement. » « Oui, en fait, c’est un ancien bâtiment du gouvernement qui a été récemment converti en immeuble d’habitation, je connaissais quelqu’un qui connaissait quelqu’un, vous savez comment c’est. » Un laborantin entra et appela l’Agent Boal. Ils avaient un problème sur une procédure et avaient besoin de son aide au laboratoire. « Qu’est-ce qu’ils feraient sans moi ! Je suis désolée. J’ai été heureuse de parler avec vous, Agent Reyes. J’espère que vous obtiendrez ce que vous voulez. Et surtout, n’hésitez pas à me rappeler en cas de besoin. » Sur ce, elle partit, laissant Reyes finir son café, seule. ***** En chemin vers l’aéroport, Reyes décida de faire un détour par le sous-sol du J. Edgar Hoover Building. Quand les portes de l’ascenseur s’ouvrirent, un flot de souvenirs remontèrent à la surface. Tout semblait irréel à présent. Elle prit son temps pour aller jusqu’à la porte. Elle s’attendait presque à entendre Doggett épeler son nom avec agacement ou pester contre la méthode de rangements des dossiers de Mulder. Mais rien de tout cela ne se produisit. Quand elle arriva à la porte, celle-ci avait été verrouillée et scellée. Il était impossible de rentrer dans l’ancien bureau des Affaires non classées. Les noms sur la porte avaient été enlevés et plus rien n’indiquait ce que cette pièce avait un jour été. SIÈGE DU FBI, NOUVELLE-ORLÉANS PLUS TARD Dans la soirée, Reyes repassa par son bureau. Là, elle attendit que le bâtiment se vide pour pouvoir téléphoner tranquillement. Pendant le vol du retour, elle avait eu une idée. Cependant, la méthode qu’elle souhaitait employer pour découvrir ce qui s’était passé chez Doggett était loin d’être orthodoxe. Elle savait que le FBI n’apprécierait pas, Doggett non plus, mais il n’était pas là. Après un rapide passage dans les couloirs de l’étage, Reyes s’assit à son bureau et composa un numéro. « Karl Nemis » répondit une voix fatiguée, d’un homme sans doute âgé. « Mr Nemis, bonsoir. C’est Monica Reyes du FBI. Nous avions travaillé ensemble sur une affaire il y a 3 ans environ. » « Ah oui ! En effet, comment allez-vous ? » « Je vais bien, merci. J’aurais besoin de votre aide cependant : un cas de possession » « Oh ! Je suis désolé, mais j’ai arrêté. Je suis un peu trop vieux, vous comprenez. L’exorcisme, c’est possible quand on est jeune, plus à mon âge. » « Je vous en prie, Mr Nemis. Vous êtes le seul expert compétent en qui je peux avoir confiance. » Il y eut une longue pause de l’homme à l’autre bout du fil. Reyes ferma les yeux et croisa les doigts. Elle avait absolument besoin d’un expert en possession et Karl Nemis était le seul qui ne soit pas un charlatan. Finalement Nemis poussa un soupir et capitula. « Très bien, que faut-il que je fasse ? » Reyes sourit largement. « Je vous remercie infiniment ! » dit-elle. Puis elle commença à expliquer ce qui c’était passé et ce qu’elle voulait faire. ACTE 4 DEVANT L’APPARTEMENT DE DOGGETT, UN PEU PLUS TARD Reyes, accompagnée de Karl, entra dans l’immeuble où Doggett logeait. Tout en se rendant dans l’appartement de celui-ci, Karl racontait à Reyes ce qu’il savait sur cet établissement. « Durant les années 60, cette bâtisse était une clinique psychiatrique, mais elle a fermé ses portes suite à des histoires pas très nettes. Le directeur permettait aux docteurs d’y pratiquer d’atroces expériences sur leurs propres patients. Bref, c’était une bien triste époque pour cet édifice. Longtemps après, l’endroit a été abandonné et le temps a fait son œuvre. Aujourd’hui, cela va bientôt faire cinq ans qu’il a été reconverti en immeuble d’appartements. » Dans l’ascenseur, Karl commença à ressentir quelque chose. Malheureusement, il ne pouvait dire ce que c’était. Reyes le regarda et sut tout de suite qu’il sentait ce qu’elle avait ressenti la dernière fois qu’elle avait mit les pieds en ce lieu. « C’est le Mal », dit-elle. À cet instant, le téléphone de Reyes sonna. C’était Doggett. « Écoute Monica, nous allons devoir couper toute communication ensemble par mesure de sécurité. Ça pourrait être risqué et dangereux si tu sais où je me trouve. » « D’accord John », lui dit-elle à contrecœur. « Au fait dis-moi, où te trouves-tu ? » « Ne t’inquiètes pas pour moi, tout va bien. » « Tu es sûre ? » « Oui, ça va aller. Occupe-toi de retrouver Mulder et Scully, ils sont notre seule et unique chance pour les Affaires non-classées. » « D’accord. Je te contacterai plus tard. » Ils raccrochèrent. Reyes et Karl arrivaient devant la porte de l’appartement de Doggett. Reyes ouvrit la porte avec la clef qu’elle avait oublié de rendre à son collègue quelques heures plutôt. Lorsqu’elle pénétra à l’intérieur, tout était normal. Il n’y avait plus aucune trace du combat qu’elle avait eu contre l’étrange femme. Même la table avait été replacée, bien que Reyes l’ait violemment déplacée quelques heures plus tôt. Tandis que Reyes regardait la pièce en ordre, Karl sortait ses objets de son sac de cuir noir afin de pratiquer le rituel pour que l’esprit se manifeste. « J’ai un livre de rituel avec moi. Je tenterais de faire un sort de protection si je le peux, et si esprit il y a, bien sûr! Ça risque de prendre un moment alors si vous avez quelque chose à faire, ne vous gênez surtout pas. » Reyes lui fit signe de la tête puis elle alla s’installer à la table du salon, où elle posa les dossiers qu’elle avait toujours en sa possession, et elle commença à les étudier silencieusement. Après quelques instants à lire les dossiers, elle en déduisit que la plupart de ces affaires traitaient d’enlèvements que Mulder qualifierait d’extraterrestres. Quelques instants passèrent. Reyes alla se chercher un verre d’eau glacée à la cuisine et elle vit Karl en train de dire toutes sortes d’incantations. Elle l’observa un instant puis retourna au salon analyser les dossiers. Curieusement, elle vit que plusieurs dossiers concernaient le Mal. L’agent Mulder y avait écrit de nombreuses notes expliquant le mal qui sommeille au fond de chacun de nous. Soudainement, Reyes fit tirée de sa lecture par un cri. Elle se rua vers la cuisine, l’arme à la main, afin de voir ce qui se passait. En y arrivant, elle aperçut Karl assis tranquillement sur le sol. Celui-ci était entouré de bougies lumineuses. Bizarrement, il était comme décalé. Un peu comme si Reyes voyait double, mais ce n’était pas le cas. Elle voyait Karl comme elle l’avait toujours connu mais elle en vit un autre brûlé en cendres. Elle s’inquiéta et tenta de lui parler. « Karl, est-ce que ça va ? » Karl ne répondit pas. Elle tenta encore de lui parler mais en vain. Tout à coup, une voix qui n’était pas celle de Karl se mit à parler. « Ce n’est pas l’ordre des choses. » « Quoi ? » demanda Reyes, essayant de comprendre ce que la voix disait. « Ce n’est pas L’ORDRE DES CHOSES », répéta la voix. « Qu’est-ce qui n’est pas l’ordre des choses ? » En tentant de poser cette question, Reyes fut projetée au travers de la pièce sur un mur par une force invisible. Pourtant, elle ne se laissa pas abattre si facilement. Elle se releva, arme à la main. Elle ordonna à Karl ou au démon qui se cachait en lui de se coucher sur le sol, les mains sur la tête. Karl la regarda d’un air démoniaque mais ne bougea point. Brusquement, un vent se leva et entra par les fenêtres. Plusieurs objets se mirent à tourner autour d’elle, gênant ses mouvements. Karl resta assis sur le sol une minute puis il se leva lentement. Reyes le regarda se lever et lui demanda à nouveau de s’étendre sur le plancher. « Étendez-vous sur le sol immédiatement ou je vais faire usage de mon arme. » Encore une fois, Karl n’écouta pas. Il se dirigeait vers le salon. « Ne bougez pas, c’est mon dernier avertissement. » Malheureusement, cet avertissement ne fut pas plus efficace que le précédent. Karl marchait toujours vers le salon. Il voulait prendre les dossiers non-classés. Lorsque Reyes le réalisa, elle ajusta son arme, et tira sur Karl. La balle ne fit aucun effet. Elle tira de nouveau, mais en vain. ACTE 5 APPARTEMENT DE DOGGETT Aucun effet. Les balles de l’arme de Reyes n’avaient aucun effet sur Karl. Elle prit sa veste de cuir et la jeta sur lui et comme celui-ci prit feu, elle décida de le frapper d’un coup de pied entre les deux omoplates, ce qui le fit valser dans la salle de bain. C’est alors qu’il prit temporairement une forme humaine et Reyes profita de ce moment pour lui donner un coup de poing et ensuite un coup de pied dans l’un des genoux. Ce qui l’immobilisa immédiatement au sol. Reyes referma la porte de la salle de bain et courut mettre en sécurité les dossiers, et elle tenta à nouveau de fuir. Mais le démon possédant Karl était déjà de retour et lui bloqua le chemin vers la sortie. Reyes lui cria : « Mais que voulez-vous ? » Karl avança doucement vers elle et celle-ci recula de quelques pas. C’est alors que l’entité qui était en lui, lui expliqua qu’il avait subi des expériences dans le passé. L’homme avait cru qu’elle était un médecin. A ce moment-là, Reyes ressentit quelque chose de différent. Elle décida d’écouter ce qu’il pouvait dire. « Qu’a-t-on testé sur vous ? » lui demanda t-elle alors qu’elle perdait de plus en plus ses forces. C’est alors que Karl reprit une forme bien humaine. « Durant des années, des gens, des scientifiques, ont voulu étudier le gène de la folie sur des gens atteints de celle-ci. Ces savants croyaient en leur théorie, selon laquelle la maladie mentale était la cause du mal pur, et voulaient éviter que le gène ne se propage à nouveau. Ils ont donc fait des tests sur leurs patients pour en faire des machines de guerre parfaites, sans aucune émotion », dit Karl à Reyes avec une expression triste. « Maintenant, plusieurs âmes sont tourmentées. Comme celle de cet homme qui s’est manifesté, et il déteste le mal. » Reyes le regardait dans les yeux tout en lui demandant encore plus d’explications. Karl continua : « Votre âme est tourmentée, Mme Reyes. Et c’est pour cette raison que vous avez pu voir ce que vous avez vu. » « Non !.. Mon âme n’est pas tourmentée. Je suis réceptive, c’est tout. » « Dans ce cas, des mauvais esprits sont parmi nous. Ici, dans cet appartement. Ces mauvais esprits l’ont réveillé. Puisqu’il n’y a que vous, il croit que c’est vous, car l’atmosphère empeste la souffrance et la douleur. » Reyes, abasourdie, réfléchissait tout en ne sachant que faire. C’est alors que ses yeux remplis de larmes se posèrent sur la boîte qui contenait les dossiers des Affaires non- classées. C’est alors qu’une idée venait de la ramener sur le droit chemin : c’était les dossiers et tout ce qu’ils impliquaient qui étaient la cause de tout ceci. Il faudrait donc les détruire. Karl comprit que Reyes réalisait peu à peu. Il lui expliqua que le Mal était partout, ici encore plus. Ce n’était pas juste les dossiers qu’elle détenait, mais aussi elle-même. « Pourquoi ? Je ne veux la mort de personne ! Je ne veux de mal à personne », lui dit Reyes. « Possible, mais vos intentions provoqueront la mort de trois personnes. Ainsi, la mort engendre le Mal. » Elle comprit immédiatement de qui il voulait parler : Doggett, Mulder et Scully. Karl continua : « Les événements se sont déjà mis en place. Des hommes ont déjà trouvé vos amis. Même si vous vous rendez à temps, il sera peut-être déjà trop tard », lui dit-il comme s’il avait pu lire dans ses pensées. Reyes ne le croyait pas. Elle ne pouvaient pas croire qu’elle avait envoyé Doggett, et par là même Mulder et Scully, pour un aller sans retour. Non, elle ne leur voulait aucun mal. Elle avait cru faire le bien en voulant retrouver Mulder et Scully. Eux-mêmes ne voulaient que le bien : la vérité. Mais les événements s’enchaînaient et Reyes avait encore la possibilité de les sauver. « Je suis désolé, M. Nemis, mais je dois partir les rejoindre. Je vous remercie pour tout, mais je dois réparer ma faute. Vous pouvez être certain que je ne provoquerai aucune mort. » Elle décida de laisser la boîte dans l’appartement, car elle était plus en sécurité ici qu’avec elle en présence de ces hommes. Reyes prit ses jambes à son cou et courut à l’extérieur pour aller chercher sa voiture. Alors qu’elle courrait toujours, Reyes prit son cellulaire pour tenter de joindre Doggett. Mais elle ne tomba que sur la boîte vocale du cellulaire de John. C’est alors qu’elle décida d’appeler sur le cellulaire d’Edie Boal à Washington. WASHINGTON D.C. « Agent Boal. Ici Monica Reyes. J’ai besoin de votre aide immédiatement. » « Bien sûr Agent Reyes, que puis-je faire pour vous », dit elle en déposant une pince métallique dans un plateau. « Trouvez-moi la route qu’une personne pourrait utiliser pour passer en secret la frontière mexicaine. » Boal alla immédiatement à son ordinateur et se connecta sur la base de données du FBI pour obtenir une carte routière pouvant lui relever la route qui reliait le plus rapidement possible la Louisiane du Mexique. « Vous devez prendre la nationale numéro 106. Vous pourrez y accéder tout de suite en sortant de la ville. Vous devrez faire un détour, mais elle vous rendra directement à la frontière mexicaine. La 106 est une route de terre jusqu’à la frontière. » « Merci Agent Boal. » « Soyez prudente Agent Reyes. » Reyes raccrocha et sauta dans sa voiture. À peine le temps d’avoir démarré, elle était déjà rendue sur l’autoroute la plus proche pour sortir de la ville. Reyes décida de donner tout ce qu’elle pouvait pour arriver à temps. Acte 6 ROUTE 106 La voiture de Reyes filait à toute allure sur le sable et le gravier de la route. Celle-ci était tellement éloignée de la civilisation qu’elle n’était pas éclairée et Reyes ne voyait que grâce à ses phares. Doggett avait bien pensé en prenant cette route en retrait pour le chemin du retour mais Karl l’avait prévenue que des hommes et des femmes étaient déjà à leurs trousses. Après quelques instant, Reyes distingua quelques lueurs plus loin et se dépêcha d’éteindre ses phares en garant sa voiture sur le bas-côté, sans bruit. Après avoir débarqué, arme au poing, elle s’avança doucement vers ce qu’elle comprit être deux véhicules 4X4 qui avait forcé la voiture de Doggett à sortir de la route. La peur l’envahit mais elle savait que ses amis avaient besoin d’elle. Reyes restait cachée dans les ombres quand elle vit un homme habillé de noir de forte taille qui tenait par le bras une femme. C’était bien l’agent Scully. Reyes n’en croyait pas ses yeux. L’homme était armé d’un revolver et ouvrit une des portes d’un camion 4X4 pour que Scully y entre. « Hey ! Vous les mains en l’air ! » dit une voix de femme à quelques pas dans les bois sur sa gauche. Monica ne l’avait pas vue venir, parce qu’elle était occupée par le spectacle. L’homme en noir et Scully furent alertés par le bruit et regardèrent dans leur direction, sans bouger. Reyes se pencha pour déposer son arme sur le sol alors que la femme s’approchait. En se relevant, Reyes prit la femme par surprise en lui mettant un « uppercut » au menton de toutes ses forces, de telle sorte de la femme sentit quelques dents se briser sous l’impact. Bien sûr, elle lâcha son arme qui tomba sur le sol. L’homme en noir qui tenait Scully par le bras allait ouvrir la porte du camion pour l’enfermer mais lorsqu’il tira la portière, celle-ci s’ouvrit brutalement contre lui, dû au coup de pied de Mulder, menotté à l’intérieur avec Doggett. L’homme en noir lâcha Scully sous l’impact et celle-ci ne fit ni une ni deux et lui mit son poing au visage puis elle le tira par le collet du manteau violemment pour lui frapper le visage contre le camion. L’homme s’écroula, assommé, le visage en sang. Pendant ce temps, Reyes reprenait son arme rapidement pour la pointer vers la femme qui se jeta sur elle, en lui faisant perdre son angle de tir. Le coup de feu retentit dans la nuit alors que les deux femmes tombaient sur le sol. Scully fouillait l’homme qu’elle venait d’assommer pour trouver les clefs des menottes de Mulder et Doggett, qui se libérèrent en vitesse pour sortir du camion. Malheureusement, le coup de feu avait alerté les autres hommes du gouvernement qui étaient restés dans l’autre camion, prêts à partir. Ils étaient trois, deux hommes et une femme sur le point de dégainer leurs armes. C’est tout ce qu’il fallait pour que Mulder se lance sur l’homme à sa droite pour saisir son bras avant de pointer son arme, alors que Doggett lançait un coup de poing au visage de la femme, qui était la plus proche de lui. Le troisième homme tira sur Doggett, qui eut la présence d’esprit de se jeter sur le côté et évita le projectile. L’homme visa Mulder qui assomma son adversaire à coup de pieds dans le ventre mais Scully lui donna un coup de pied sur le poignet et l’arme tomba. Doggett et Mulder se jetèrent sur lui, le prirent pour le soulever et le lancer brutalement contre le camion, l’assommant aussitôt. Reyes et la femme étaient en pleine bataille. Monica utilisait les techniques qu’on lui avait enseignées à l’académie du FBI, mais l’autre femme était forte. Maintenant elles étaient face à face et les armes étaient au sol donc pas moyen pour Reyes de même penser en utiliser une. Du coin de l’œil, elle voyait avec soulagement que ses amis s’occupaient avec succès des autres hommes en noir. La femme passa à l’attaque et mit à Reyes un coup de poing sur la mâchoire qui la fit saigner. Monica n’en revenait pas. La femme lança de nouveau son poing mais cette fois Reyes utilisa son élan en prenant son bras en lui assénant un coup de genou dans le ventre. La femme gémit. Monica finit le travail en lui donnant trois bons coups de coude dans le dos. Cette fois, la femme n’allait pas se relever. Reyes se tourna vers ses amis et les vit sains et saufs. Ils s’approchèrent. « Agent Reyes, commença Mulder, je crois que c’est une chance que vous soyez passée par ici. » « Oui Monica, disait John, ces hommes nous ont forcés à sortir de la route brutalement. Ils devaient nous tuer purement et simplement. » « Je crois qu’ils en ont fini des mascarades comme des faux procès, conclut Scully. Ils ne se cassent plus la tête. Mulder avait raison, c’est dangereux. » « Alors, vous n’allez pas nous aider ? demanda Reyes d’une petite voix. Je veux dire, ce sont les Affaires non-classées, votre quête.» Mulder prit Monica un peu à part tandis que Scully semblait tamponner une petite plaie que Doggett avait au front avec un petit bout de papier mouchoir. « Monica, je vais ai envoyé ces dossiers dans l’espoir que notre retour aurait pu être possible. Malheureusement, je crois que ceux qui nous veulent du mal sont toujours après nous, c’est assez clair. Mais je sais que ce qui reste de mon travail et de ma quête, ce qui est dans cette boîte, même ce que Scully a investi, est en lieu sûr. Je m’en ai suis assuré », lui dit-il avec un clin d’œil qui réconforta Reyes au plus profond de son être. « Ça veut dire que vous allez repartir, c’est ça ? » questionna Doggett. Scully semblait un peu découragée, mais elle répondit : « Oui… mais cette fois je tiens à vous dire merci, vous avez pris le relais, nous vous en sommes reconnaissants. Vraiment. » « C’est vrai, dit Mulder en se rapprochant de Scully, nous aurions formé une sacrée équipe.» « Tout n’est pas perdu, un jour, nous ferons la lumière sur la vérité. » Mulder et Scully échangèrent un regard, comprenant tout le sens de ce mot, tout en sachant fondamentalement que Doggett et Reyes en savaient aussi la signification. Le temps était aux adieux. Nos agents savaient qu’ils devaient repartir au plus vite. Reyes avait le cœur gros, mais sentait naître en elle une nouvelle flamme. Ils se serrèrent la main et Mulder et Scully embarquèrent dans l’une des voitures laissées par les hommes qui les avaient trouvés. Alors que la voiture disparaissait dans le lointain, Doggett et Reyes restaient dans l’obscurité. Ils se regardèrent, mais la lumière des phares de l’autre voiture se reflétait sur eux. SIEGE DU FBI, NOUVELLE-ORLÉANS Doggett et Reyes marchaient rapidement vers le bureau de leur patron, Mme Pearson, en discutant : « Alors tu dis que mon rabais est dû au fait que j’habite dans un appartement hanté ? Et puis quoi encore, moi qui croyais avoir des surprises avec la plomberie, je suis cuit », dit John ironiquement. « Ce n’est pas drôle, tu n’as pas vu ce que j’ai vu John. Même Monsieur Nemis ne se souviens pas de ce qui s’est passé. Mais au moins, il dit que ce devait être un bon esprit malgré les apparences. Le seul mal venait des conséquences que les dossiers auraient entraînées. » « Bien sûr Monica, tu es sûre que tu ne veux pas juste tenter de me faire déménager dans ton appartement ? » Monica fut surprise et ne sut pas quoi répondre mais John lui épargna cette tache en lui demandant : « Alors, qu’as-tu fait avec les dossiers non-classés ? » Reyes ne répondit pas et se dirigea en souriant vers l’entrée du bureau de Mme Pearson. « Alors Monica ? » demanda John en riant. « Plus tard John ! » répondit Monica avec un clin d’œil. FIN =================== LES PERSONNAGES DE DOGGETT ET REYES SONT LA PROPRIÉTÉ DE LA FOX ET DE CHRIS CARTER. CE SCRIPT EST LA PROPRIÉTÉ DE L’AUTEURS(ES). LES REPRODUCTIONS EN PARTIE OU EN INTÉGRALITÉ SONT INTERDITES. POUR TOUTES UTILISATIONS, L’AUTORISATION DE L’AUTEUR(E) ET DE LA SAISON VIRTUELLE DE DOGGETT ET REYES EST OBLIGATOIRE. © 2002-2003 ===================