¤ SAISON VIRTUELLE DE DOGGETT ET REYES ¤ 1SV05 : HABSUCHT par The Cistercian ************************************* Diffusé le : 08 décembre 2002 Catégorie : Général VISITEZ-NOUS SUR LE WEB http://xfsc.mu3d.com/saisonvirtuelle ************************************* « Et le dragon lui aussi combattait avec ses anges, mais il n’eut pas le dessus : il ne se trouva plus de place pour eux dans le ciel. » Apocalypse 12.7-8 -- TEASER -- NOUVELLE-ORLÉANS – DANS LA RUE – EXT, NUIT Une camionnette roulait, traversant le quartier du centre-ville décoré d’illuminations de Noël. La rue était pleine de gens se promenant, finissant les achats de Noël. Au volant de la camionnette, un livreur écoutait le chant « Carol of the Bells ». La camionnette commença à quitter les quartiers animés de la ville et se dirigea vers la zone résidentielle, beaucoup plus tranquille. La camionnette roula encore le long de quelques rues calmes et désertes, et finit par s’arrêter devant une maison. Le livreur en descendit et s’avança dans l’allée. Il ne remarqua pas la porte légèrement entr’ouverte, il se contenta de sonner et d’annoncer d’une voix forte : « C’est votre commande d’huîtres de chez Levinsoniana Cajun Crawfish ! » Il finit par remarquer la porte, mais ce n’est qu’après l’avoir poussée qu’il remarqua quelque chose parterre. Ce n’est qu’en posant son pied sur le pas de la porte qu’il comprit que la moquette était imbibée de sang. Alors qu’il courait vers camionnette, le livreur se dit que la distance entre son véhicule et lui semblait infinie… -- GENERIQUE -- ACTE 1 NOUVELLE-ORLEANS, 22H35 QUARTIER RESIDENTIEL Une voiture arrivait à vive allure, et s’arrêta près d’une barrière de voitures de police. L’Agent Doggett en descendit. Il montra sa plaque au policier qui souleva le ruban jaune ‘No trespassing’. Il aperçut l’Agent Reyes et se dirigea vers elle. Celle-ci le vit et vint à sa rencontre. - « Que se passe-t-il ? Pearson m’a appelé pour me dire de venir ici mais n’a rien voulu dire de plus », demanda Doggett. - « Un crime vient d’être commis dans cette maison. Une famille entière, les parents et les deux enfants, ont été assassinés. Ils ont été disposés selon un scénario macabre, et ont été saignés à blanc. Le sang a tellement imbibé la moquette qu’il s’écoulait par la porte. » Doggett se sentit accablé par la terrible nouvelle. - « Pourquoi nous mettrait-on sur l’affaire ? C’est du ressort du New Orleans Police Department. Ou alors la mise en scène suivait un scénario sataniste ? » Reyes l’entraîna un peu plus à l’écart. - « Eh bien, en fait, des crimes identiques ont déjà eu lieu dans le passé… » - « Ce serait l’œuvre d’un tueur en série ? » - « Un serial killer avec un étrange mode opératoire. De tels crimes ont eu lieu il y a une quinzaine d’années à Baltimore, et une deuxième série a eu lieu à Memphis il y a sept ans. Pearson nous met sur l’affaire à cause des nombreux aspects mystérieux, les crimes se sont arrêtés sans que l’on sache pourquoi, mais surtout je pense que personne ne veut s’en charger. » - « Je ne comprends pas, pourquoi n’ai-je jamais entendu parler de ces affaires ? » - « A chaque fois, on a fait passer ces crimes pour de simples faits divers, cambriolage tournant mal, crime passionnel. Les autorités exigent la plus grande discrétion. Les meurtres ont chaque fois eu lieu pendant la période de Noël… » - « Je vois… » Doggett s’éloigna d’elle pour se diriger vers la maison. Reyes regarda autour d’elle, comme si elle s’attendait à voir un démon surgir de la foule des quelques badauds qui contemplaient la scène. Un sentiment indicible l’envahissait. Aucune trace de satanisme n’avait été trouvée sur les lieux, mais elle ne pouvait s’empêcher de ressentir comme une force maléfique autour des lieux. Doggett arriva à l’entée de la maison. Les policiers en uniforme se tournèrent vers lui, l’air sombre. Un homme alla vers lui, enlevant ses gants ensanglantés. - « Vous êtes du FBI ? Le partenaire de l’Agent Reyes ? » - « Oui, Agent John Doggett. » - Vingt ans que je suis légiste, je n’ai jamais vu ça. Promettez-moi que vous allez retrouver le salaud qui a fait ça. - « Nous ferons tout ce qui est possible pour retrouver cet homme. » - « Homme ?! » répondit avec dégoût le légiste. « Ce n’est pas un homme qui a fait ça. » Il fit signe d’entrer dans la maison à un jeune homme qui portait un brancard. D’un air peu assuré, le jeune homme entra dans la maison. NOUVELLE-ORLÉANS, LE LENDEMAIN SIEGE DU FBI Reyes entra dans le bureau qu’elle partageait avec Doggett, en tenant à la main un dossier. - « Les gens du labo sont allés très vite. Le sang qui a imprégné la moquette était en grande partie du sang de bœuf. Et d’après les résultats de l’autopsie, on a retrouvé des traces d’un narcotique pour animaux, le genre qu’on utilise pour les animaux dangereux comme un tigre, ou un lion dans les zoos. » Elle tendit le dossier à Doggett qui le regarda. - « Les victimes auraient été endormies avant d’être tuées ? » - « Certainement, et les traces de ligatures sur les poignets ne montrent aucune lutte, aucune tentative des victimes pour se débattre, se détacher. Ces gens ont été anesthésiés de façon à ne pas gêner le meurtrier. Après les avoir endormis, il les a disposés autour du sapin de Noël, comme s’ils allaient ouvrir les cadeaux, et leur a tranché la carotide. » - « Quel malade peut donc faire une chose pareille ? » - « C’est ce que nous devons découvrir. Les dossiers des affaires de Baltimore et Memphis devraient arriver très bientôt. Pearson veut qu’on lui fasse un rapport dès cet après-midi. » Doggett reposa le dossier sur son bureau. - « On peut déjà commencer par filtrer les employés du zoo municipal et des abattoirs, et voir si on ne trouverait pas un profil violent parmi eux. » Reyes ne répondit pas. Elle semblait soucieuse. ACTE 2 NOUVELLE-ORLÉANS, LE MEME JOUR SIEGE DU FBI Reyes marchait dans les couloirs du bâtiment du FBI, pensive. Quelque chose dans l’affaire qu’on venait de leur confier la tracassait sans qu’elle sache pourquoi. Elle sentait confusément que quelque chose lui échappait, et qu’elle ne pourrait jamais entièrement cerner cette affaire, comme si quelque chose de plus important dominait ces meurtres, une chose que l’humain ne pourrait envisager. Alors qu’elle en était là de ses pensées, Reyes s’aperçut qu’elle était descendue au sous-sol sans s’en rendre compte. Le bâtiment du FBI de La Nouvelle-Orléans n’avait rien à voir avec le grand bâtiment J. Edgar Hoover de Washington, un automatisme revenant à la surface, une nostalgie des années passées ne pouvait être l’explication de sa présence en ces lieux. Lesquels étaient sombres et déserts. Reyes se tourna vers la porte de l’ascenseur. Pendant une fraction de seconde, il lui sembla que celle-ci avait disparu, en même temps que l’assaillait un sentiment diffus. La porte s’ouvrit brusquement, déversant dans les sous-sols une lumière éblouissante, et faisant tressaillir Reyes. - « Ah ! Vous voilà, Agent Reyes ! Il me semblait bien que je vous avais vue prendre l’ascenseur. Je voulais vous prévenir que les dossiers que vous attendiez sont arrivés. » Un agent était dans l’ascenseur, tenant les portes ouvertes. Reyes entra dans la cabine. - « Merci, Agent Joshua. » - « Que faisiez-vous donc là-dedans ? » - « Rien, je me suis égarée, je ne connais pas très bien le bâtiment encore. » L’Agent Joshua la regarda, un peu étonné, tandis que les portes se refermaient. NOUVELLE-ORLÉANS, LE MEME JOUR BUREAU DE DOGGETT ET REYES Doggett était en train de lire un document, des photos éparpillées sur son bureau. Reyes entra dans le bureau. - « Tu as trouvé quelque chose ? », demanda-t-elle. - « Je suis en train de comparer les dossiers de 1987 et 1995, qui viennent d’arriver. Les gars de Baltimore ont fait vite eux aussi. Pour le moment, d’après ce que j’ai pu voir, les crimes sont exactement identiques à celui d’hier soir. Même disposition, même type de famille (Doggett attrapa une autre feuille du dossier), c’est-à-dire composées de deux parents et deux enfants. » Reyes prit un des dossiers sur le bureau. - « Et, à chaque fois, une deuxième famille a été assassinée, une semaine environ après les premiers meurtres. » - « Oui, c’est pour ça que Pearson veut qu’on aille très vite. Il faut à la fois éviter un deuxième meurtre et une panique parmi la population si des informations finissaient par filtrer. » - « As-tu déjà des résultats avec le zoo et les abattoirs ? » - « Oui. On a trois types avec antécédents violents parmi les employés des abattoirs. Je dois aller les voir, viens-tu avec moi ? » - « Non, je vais étudier ces dossiers, voir si quelque chose en rapport avec des quelconques satanistes auraient échappé aux enquêteurs de l’époque. » NOUVELLE-ORLÉANS, 16H50 BUREAU DE PEARSON Pearson entra dans son bureau, de méchante humeur. - « Où en est-on ? Je veux un résumé des faits et un rapport de l’enquête. Je vous écoute. », dit-elle en s’asseyant. Plusieurs agents se tenaient là, seuls Doggett et Reyes étaient assis. Reyes prit la parole. - « A Noël 1987 et 1995, deux familles ont été découvertes assassinées dans les mêmes circonstances que la famille assassinée hier soir. Le tueur s’est introduit dans la maison, parfois en forçant la porte, parfois en sonnant simplement à la porte, a endormi à l’aide d’un narcotique puissant chaque membre de la famille, les a disposés autour du sapin comme pour ouvrir les cadeaux un matin de Noël. Les victimes ont été attachées uniquement pour tenir aux chaises et fauteuils, elles n’étaient pas en état de lui résister. Il a ensuite tranché la carotide de chacun d’eux, et a arrosé le sol de plusieurs litres de sang de bœuf. » - « Le tueur attache une grande importance à la mise en scène. Il veut apparemment accentuer le côté gore de ses crimes, de façon à créer un impact sur ceux qui découvriront le crime. Un profil psychologique a été dressé à partir de ces constatations lors des premiers meurtres. D’après le psychiatre rattaché au Vicap, le tueur a été maltraité quand il était enfant par ses parents et il se venge d’eux par famille interposée », ajouta Doggett. - « Cependant cela ne nous dit pas pourquoi le tueur s’est abstenu de tuer pendant de si longs laps de temps entre chaque série de meurtres. A moins qu’il ne s’agisse d’un copycat, d’un imitateur, pour la deuxième série de meurtres », enchaîna Reyes. « Pour le crime d’hier, cela se pourrait aussi… » ajouta-t-elle. - « Des détails ont été tenus secrets et n’ont jamais été communiqués aux médias, comme le sang imprégnant le sol. Si c’était un imitateur, ce serait quelqu’un qui aurait eu accès aux dossiers… Vous savez ce que cela signifie », dit Pearson, l’air menaçant. « Je ne veux pas qu’on en vienne à une telle conclusion à moins d’avoir de solides preuves. » - « Nous pensons que le tueur a pu purger une peine de prison entre chaque meurtre, pour des délits autres. Nous verrons assez vite, en recoupant les fichiers fédéraux et les fichiers des états des prisons, si un suspect se dégage. Les vérifications sont en cours, espérons que nous trouverons quelque chose, et vite si c’est le cas. » continua Reyes. - « Il y a également un détail qui pourrait s’avérer intéressant. J’ai vu qu’un suspect avait été arrêté avant d’être relâché, à Baltimore, lors de la première série », dit Doggett. - « Oui », interrompit Pearson. « Je m’en souviens. Alibi en béton et aucun rapport avec le profil. Je me demande comment le flic chargé de l’enquête, un certain Officier Thomas, avait mis la main sur lui d’ailleurs. » - « D’après le rapport, ce type, un certain Marcus Aleks, était suivi par un psychiatre, le Docteur Elias Fallen », poursuivit Doggett en consultant le dossier posé sur ses genoux. « Il se trouve que ce psy s’est installé à La Nouvelle-Orléans il y a quelques années. Nous allons lui rendre visite, il y a peut-être un rapport entre les meurtres et sa présence ici. » ACTE 3 NOUVELLE-ORLÉANS, LE LENDEMAIN CABINET DU Dr FALLEN Une secrétaire s’avança vers Doggett et Reyes. - « Le docteur Fallen va vous recevoir, si vous voulez bien me suivre. » Doggett et Reyes suivirent la secrétaire dans un bureau richement décoré. De nombreux ouvrages reliés de cuir garnissaient les étagères. Le docteur Fallen était au téléphone. C’était un homme d’une quarantaine d’années, très élégant dans son costume trois-pièces. - « Oui, n’hésitez pas, vous savez bien que je suis toujours là en cas de problème. C’est cela… je vous en prie… à bientôt. » Il raccrocha et se leva. Doggett et Reyes lui montrèrent leurs insignes. - « Docteur Fallen, nous sommes les Agents Doggett et Reyes. Nous voudrions vous poser quelques questions au sujet de Marcus Aleks, qui était votre patient à Baltimore il y a une quinzaine d’années. » En s’asseyant, le docteur Fallen leur indiqua deux fauteuils. - « C’est en rapport avec le crime dont la presse a parlé, c’est cela ? Bien que peu de détails aient été donnés, je n’ai pu m’empêcher de penser aux meurtres d’il y a 15 ans. Mais je n’ai jamais cru à la culpabilité de mon patient, même quand ce policier qui l’a arrêté était si sûr de lui. » - « Qu’est-ce qui vous fait dire ça ? » demanda Reyes. - « Eh bien, la nature des problèmes de M. Aleks était assez mineure, il n’était ni un sociopathe ni un psychopathe. Loin de là. » - « Savez-vous ce qu’il est devenu, après avoir été relâché ? » demanda Doggett. - « Aucune idée. Il a disparu, je crois qu’il a été assez perturbé qu’on puisse le soupçonner des meurtres aussi… euh… sanguinolents. » - « Comment savez-vous qu’il s’agissait de crimes particulièrement horribles ? La presse de l’époque avait fait passer ces crimes pour de simples faits divers. » - « Le Violent Criminal Apprehension Program, le Vicap, en relation avec le FBI, m’avait demandé une évaluation de l’assassin, pensant que cela confirmerait la culpabilité d’Aleks. Ce n’était pas très astucieux, à dire vrai, mais cela l’était bien plus que de s’adresser à une plus grande sommité en la matière, le docteur Johnson, lequel n’a pas fait long feu dans vos services, lorsque vos supérieurs se sont aperçus de sa parfaite incompétence en matière de serial killers. » - « Suggéreriez-vous que le profil sur lequel nous nous basons est erroné ? » demanda Reyes - « Oh oui. Voyez-vous, la mise en scène, ainsi que le choix des familles, montre que le tueur a passé un certain temps à regarder son tableau une fois que celui-ci a été composé. Pourquoi consacrer un tel temps et une telle énergie à dresser un portrait de famille aussi idyllique ? Parce que ces crimes sont les seuls moments où le tueur était au milieu d’une vraie famille. C’est un orphelin, il n’a certainement jamais connu ses parents, et a été ballotté de familles d’accueil en orphelinats. Nous convoitons les choses que nous souhaiterions avoir, c’est également ce qu’il fait. » Reyes paraissait surprise, comme déçue. - « Vous pensez qu’il n’y aurait donc aucune référence à un culte sataniste dans ces crimes ? » Le Dr Fallen la regarda avec attention. - « Pourquoi avez-vous pensé à du satanisme ? » Reyes hésita. - « Je ne peux m’empêcher de voir plus qu’un simple meurtre en série. » - « Vous voyez ou vous ressentez ? » Reyes le regarda droit dans les yeux. Elle avait l’impression que le psychiatre pouvait déceler chez elle l’étrange sentiment que lui inspirait l’affaire. - « J’aurais pensé moi aussi à ce genre de crimes à cause de la date. Chaque série de crimes a eu lieu pendant la saison de Noël », intervint Doggett. Quelque chose lui déplaisait chez le psychiatre, c’était plus qu’un simple air de suffisance commun chez ce genre de personne. - « Aucun rapport », répliqua le docteur. « C’est juste le moment où chaque famille est réunie. C’est la dimension familiale de Noël qui est en jeu ici, pas la dimension religieuse. Pour un être sans famille, Noël est une période que l’on ressent douloureusement. Mais vous devez savoir cela, n’est-ce pas, Agent Doggett ? » Doggett lui jeta un regard noir. - « Docteur Fallen, pourriez-vous me dire où vous étiez il y a 7 ans ? » Fallen lui rendit son regard. - « Je ne suis pas obligé de répondre, mais je vais vous faciliter la tâche. Je n’étais pas à Memphis. Et j’ai un alibi pour le soir du dernier meurtre, au cas où vous seriez intéressé… » - « Oui, justement, ça m’intéresse », répondit froidement Doggett. Sentant l’hostilité monter chez son collègue, Reyes se leva. - « Eh bien, merci, Docteur pour l’aide que vous nous avez apportée. Si vous pensez à quelque chose d’autre, faites-nous signe. » Elle lui tendit sa carte. Fallen se leva et la prit. Il regarda Reyes dans les yeux à nouveau, de la même façon insistante qui l’avait mise mal à l’aise. - « Je crois que vous pourrez résoudre cette affaire, Agent Reyes. N’écartez aucune possibilité et faites confiance à votre intuition. Elle ne vous a jamais trompée, n’est-ce pas ? » Reyes ne répondit pas. Doggett lui fit signe de partir, tout en jetant un regard sombre au docteur. En marchant vers leur voiture, Doggett était assez énervé. - « Moi je vais faire confiance à mon intuition. Je te parie des beignets que ce type est le coupable. Il nous a pondu un profil de serial killer aussi précis que s’il avait toujours appartenu au département de Science Comportementale à Quantico, alors qu’il est soi-disant qu’un simple psy. Et tu as vu comment il nous a asticotés toi et moi. Encore une chance qu’il ne nous ai pas comparé à… » Reyes l’interrompit. - « John, reste calme. Je ne crois pas que ce soit lui. » - « Oh et qu’est-ce qui te fait dire ça ? » Reyes s’arrêta près de leur voiture. - « Je crois que je le saurais, que je le ressentirais si c’était lui. » - « Monica, ce n’est pas le moment de parler de paranormal… » - « Il a dit de me fier à mon intuition. Or mon intuition me dit qu’il n’est pas coupable, mais qu’il en dit moins qu’il ne sait cependant. » - « Là je suis d’accord ». Doggett entra dans la voiture, s’assit derrière le volant. - « Regarde ! » s’exclama-t-il. « Le voilà qui s’en va. Suivons-le ! » Reyes vit de loin le docteur monter dans une Jaguar dernier modèle. La voiture s’éloigna rapidement. Doggett démarra en trombe. Arrivé au carrefour où la voiture de Fallen avait tourné, il s’engagea dans la même direction. A peine avait-il tourné qu’un feu passa au rouge, et qu’une cohorte d’enfants accompagnés de moniteurs commença à traverser la rue. Doggett contempla la Jaguar s’éloigner à grande vitesse et disparaître au bout de l’avenue. - « J’ai au moins son numéro d’immatriculation », dit-il d’un air penaud, en réponse au coup d’œil désapprobateur que lui lança Reyes. NOUVELLE-ORLÉANS, SOIR QUARTIER RESIDENTIEL Une voiture roulait dans les rues calmes d’un quartier de résidences endormies. James Levinson et son épouse rentraient chez eux. Ils avaient été les convives d’un dîner donné en l’honneur du patron de James. La soirée avait été agréable mais les Levinson étaient partis tôt, impatients de retrouver la chaleur de leur maison. Leur voiture ralentit en approchant d’une maison, et tourna pour s’arrêter dans l’allée menant au garage. Joe Levinson arrêta le moteur. Lui et sa femme en descendirent. La porte d’entrée de la maison s’ouvrit et une adolescente sortit. - « Bonsoir, les enfants sont couchés, mais je ne garantis pas qu’ils dorment. Ils étaient plus excités que d’habitude avec leurs nouveaux jeux vidéo. » - « J’espère qu’ils ne t’ont pas trop épuisée », dit le père de famille en lui donnant une enveloppe. « Tiens, voilà pour toi. A bientôt et merci. » L’adolescente partit en courant. Alors qu’elle passait devant une voiture garée non loin, une silhouette assise au volant la regarda passer. Les Levinson entrèrent dans leur maison, et la porte se referma. La silhouette sortit de la voiture et fit quelques pas sur le trottoir en direction de la résidence des Levinson pour s’arrêter sous un lampadaire. L’homme était vêtu d’un long manteau sombre ainsi que d’un chapeau. Il resta un moment à observer la maison, puis reprit sa marche, les mains dans les poches. ACTE IV NOUVELLE-ORLÉANS, LE LENDEMAIN BUREAU DE DOGGETT ET REYES Doggett venait de raccrocher le téléphone, lorsque Reyes entra avec un dossier. - « Toujours aucune nouvelle de l’employé disparu. L’avis de recherche étendu au pays ne donne rien », dit-elle en s’asseyant. - « Tu peux te relever, je viens d’avoir un ami d’un ami qui connaît quelqu’un aux au services des immatriculations de l’Etat du Tennessee. Ca a été rapide car je lui avais dit de chercher uniquement les noms des propriétaires de voitures anglaises des dix dernières années. Tiens-toi bien, le docteur Fallen était bien un résident de Memphis lorsque les deuxièmes crimes ont été commis. Ce type nous a menti, et maintenant je comprends pourquoi le flic chargé de la première enquête avait arrêté un patient de Fallen. Il a certainement maquillé les preuv… » - « John John ! ! » interrompit Reyes. « Cela ne prouve rien, il avait un alibi lui aussi les soirs des deux premiers meurtres. C’est écrit dans le rapport du Baltimore Police Department. » Doggett attrapa son manteau. - « D’accord, mais il devient le premier suspect dans l’affaire de Memphis. C’est la meilleure piste que l’on ait jamais eue. » NOUVELLE-ORLÉANS, LE MEME JOUR CABINET DU Dr FALLEN La voiture de Doggett et Reyes s’arrêta vivement devant l’immeuble où se trouvait le cabinet du Dr Fallen. Celui-ci était justement en train de dire au revoir à une dame âgée qui lui tenait les mains. - « Merci beaucoup, Docteur, si jamais je peux faire quelque chose pour vous, dites-le-moi, je vous suis tellement reconnaissante. » - « Ne me remerciez pas, voyons, vous savez bien que c’est mon métier », répondit le médecin en souriant. La dame continuait de se répandre en remerciements, et ne semblait pas vouloir lâcher les mains du docteur. Doggett commençait à s’impatienter, mais Reyes regardait cette scène avec étonnement et intérêt. La dame finit enfin par partir. En croisant les deux agents, elle leur dit : - « Le docteur est si gentil et c’est un excellent praticien. Vous verrez, il arrangera vos problèmes de couple très vite. » Reyes étouffa un éclat de rire, mais la réflexion de la dame acheva d’énerver Doggett. - « Docteur Fallen, pourriez-vous nous suivre ? » - « Et pourquoi ? » - « Nous avons quelques questions à vous poser, et nous voudrions le faire sans être dérangé par vos patients. » - « Fort bien, je vous suis. » NOUVELLE-ORLÉANS, LE MEME JOUR SIEGE DU FBI Le docteur Fallen était assis à une table, dans une salle où étaient dirigés les interrogatoires. Même dans un environnement aussi dénué d’élégance, le docteur conservait une classe et une distinction qui agaçaient Doggett. Tout en Fallen agaçait Doggett d’ailleurs, à commencer par les réponses de plus en plus allusives que le psychiatre donnait à chaque question de l’agent. Celui-ci faisait les cent pas tout en agitant un dossier. Le contraste avec le calme du docteur était saisissant. Reyes se contentait de demeurer en retrait mais elle était dubitative quant aux questions de son collègue. - « Vous avez caché que vous étiez à Memphis pendant les meurtres. Je sais que vous avez tué ces gens. Il est inutile de nier. » - « Vous avez donc une preuve ? » - « C’est moi qui pose les questions, vous, contentez-vous de répondre. Pourquoi avoir menti ? » - « Peut-être que j’avais peur d’être soupçonné, qui sait ? Oh pardon, j’avais oublié que je ne devais pas poser de question. » - « Arrêtez de jouer au plus malin avec moi. Vous pourriez tout à fait être un copycat, un pauvre type qui voit les détails des premiers meurtres, puisque vous avez été en contact avec le Vicap, et qui décide de copier le mode opératoire du premier meurtrier dans une nouvelle série de meurtres. Mais ça c’est la version optimiste du scénario. » - « Je vous demanderais bien quelle est l’autre version, mais je m’en voudrais de vous contrarier… », dit le psy avec un petit sourire. Doggett s’approcha du psychiatre, d’un air menaçant. Il se pencha sur lui, son visage près du sien. - « Vous êtes l’auteur de tous les meurtres, vous avez réussi à vous fabriquer de faux alibis pour vous innocenter. Vous avez fait accuser un de vos patients et ça aurait pu marcher. Vous auriez dû mieux vous arranger sur ce coup-là. » Doggett se redressa. Il balança le dossier sur la table devant Fallen qui ne broncha pas. Ce dernier regarda Reyes d’un air interrogateur. Reyes évita son regard. - « Qui plus est », ajouta Doggett. « Vous correspondez même à votre profil, vous êtes orphelin vous-même, vous avez été adopté. » Fallen se tourna vers Doggett. - « Oh, mais je ne suis pas le seul dans cette pièce qui n’a pas connu ses vrais parents. » Il regarda Reyes avec insistance, d’un air narquois. Cela en fut trop pour Doggett qui attrapa le docteur au col, et le souleva de sa chaise. Reyes n’eut que le temps de s’interposer. Elle emmena hors de la pièce. - « John, cette fois c’en est trop. Si Pearson apprend ça, si Fallen porte plainte contre violences policières… » - « Monica, ce type est coupable, j’en suis sûr. » - « Et tant qu’on n'a pas de preuve, on doit le laisser partir. Tu le sais bien. » Doggett la regarda sombrement. - « Ecoute, je crois qu’on peut le laisser partir. Je crois qu’il faut le laisser partir. C’est mon intuition qui me fait penser cela », ajouta-t-elle. NOUVELLE-ORLÉANS, SOIR RESIDENCE DES LEVINSON La famille Levinson rentrait chez elle au grand complet. Les enfants descendirent de la voiture, sitôt qu’elle se fut arrêtée. Ils se mirent à courir sur la pelouse. - « Les enfants, les enfants ! Calmez-vous ! On rentre à la maison, maintenant, allez ! » cria la mère, tandis que le père allait vers la maison. Les enfants coururent vers la maison, et entrèrent en trombe. - « Je t’avais dit que ce film les mettrait dans tous leurs états », dit le père. - « Du moment qu’ils ne demandent pas à collectionner tous ces horribles objets décorés à l’effigie du héros », répondit la mère en entrant. Au moment de fermer la porte, elle vit qu’un papier trainait parterre. Elle s’avança pour le ramasser et en se relevant elle remarqua une silhouette sombre près d’une voiture. D’un air inquiet, elle rentra dans la maison et referma soigneusement la porte derrière elle. NOUVELLE-ORLÉANS, LE MEME SOIR BUREAU DE DOGGETT ET REYES Un téléphone sonna. Doggett décrocha, écouta le message et raccrocha vivement. - « La police vient de recevoir un appel au 911 d’une femme qui signale un rôdeur en ce moment près de chez elle. Un rôdeur a déjà été signalé par la baby-sitter il y a quelques jours, alors qu’elle rentrait chez elle. Grâce au profiling des familles victimes, la police nous transmet aussi que la femme qui a appelé a un mari et deux enfants. Ils vivent dans une maison dans un quartier résidentiel. » Reyes se leva. - « Ca correspond au profil des familles choisies par le tueur. » - « Le NOPD a déjà envoyé plusieurs voitures de patrouille, espérons qu’ils seront arrivés à temps. » Ils se précipitèrent hors de leur bureau. NOUVELLE-ORLÉANS, LE MEME SOIR RESIDENCE DES LEVINSON L’homme en manteau sombre observait la maison attentivement. Dans sa main, il tenait un pistolet tranquillisant. Si personne n’ouvrait quand il sonnerait, il ouvrirait la porte avec un pied de biche. Il savait qu’elle ne lui résisterait pas. Il savait aussi que si l’homme était armé, il serait plus rapide que lui et le neutraliserait sans problème. S’occuper des autres serait encore plus facile. Il avança résolument vers la maison, et s’arrêta devant la porte. Des sirènes se firent entendre tout à coup dans le lointain. L’homme se figea, inclina légèrement la tête et écouta. Les sirènes encore lointaines se rapprochaient cependant. La silhouette resta un moment dans la même situation, puis commença à s’éloigner de la maison. L’homme remit son pistolet dans une poche intérieure de son manteau. Il regardait dans la direction d’où venaient les sirènes, maintenant plus proches. Il se mit à courir dans la direction opposée. Lorsqu’il réalisa que des sirènes venaient aussi de cette direction, il coupa à travers un jardin, et longea une maison. Un chien se jeta vers lui, en aboyant furieusement. La silhouette lui asséna un coup de pied qui envoya le pauvre animal contre le mur de la maison. L’homme continua à courir vers le fond du jardin, escalada rapidement une palissade et se retrouva dans un autre jardin. Il courut le long de la maison attenante à cet autre jardin et se retrouva très vite dans une rue déserte et silencieuse. Il se mit à courir en direction du centre-ville. Une fois qu’il serait là-bas, il serait à l’abri de la police. En tournant à un coin, il s’arrêta net devant la voiture des agents Doggett et Reyes qui dut piler net pour l’éviter. Doggett bondit hors de la voiture, arme en main. - « Pas un geste ! » cria-t-il en s’avançant vers la silhouette. « Mains en l’air et à genoux… » Doggett n’eut pas le temps de finir, la silhouette se jeta sur lui. Doggett tira un coup de feu sans pourvoir ajuster son arme, ce qui n’eut aucun effet sur son assaillant. Doggett se retrouva terrassé par l’homme qui lui avait porté une charge telle que les deux se retrouvèrent parterre. L’homme, dont Doggett ne pouvait voir le visage, se releva très vite et souleva Doggett sans effort apparent. Il le projeta sans le lâcher contre la voiture. Doggett lâcha son arme sous la violence du choc. Reyes dut faire le tour de la voiture, arme en main, avant de pouvoir aider son coéquipier. Elle n’eut pas le temps de prononcer les indications d’usage. Elle braqua son arme sur l’homme mais celui-ci balança Doggett dans sa direction sans qu’elle put faire un geste pour l’éviter et les deux agents se retrouvèrent parterre. Tous deux se relevèrent tant bien que mal. Doggett récupéra son arme, et encore un peu étourdi, il contempla la rue autour de lui. Celle-ci était maintenant déserte. Plus aucune trace de l’homme en manteau sombre qui les avait terrassés. - « Ca va ? », demanda Doggett en s’approchant de sa coéquipière. - « Oui », dit Reyes en se relevant avec effort. « Tu m’as juste un peu assommée en tombant sur moi. » - « Monica, je ne suis pas tombé. Ce type m’a soulevé comme un fétu de paille et m’a lancé sur toi pour te neutraliser ! » - « Eh bien, c’est réussi », grogna-t-elle. « Et où est-il maintenant ? » - « Ca, Dieu seul le sait », répondit Doggett. NOUVELLE-ORLÉANS, LE MEME SOIR UN QUARTIER DESERT L’homme ne courait plus maintenant. Il avait atteint un quartier du centre-ville assez éloigné de la zone résidentielle où il avait rencontré les policiers. Le quartier était désert, l’animation due aux festivités était concentrée dans des quartiers mieux fréquentés. Il longea une bâtisse aux murs blancs qui était situé à l’angle d’un carrefour. A peine avait-il tourné dans la rue adjacente qu’il aperçut une silhouette au milieu de la rue, dans la zone la moins éclairée entre deux lampadaires. L’homme s’arrêta brusquement. Il s’avança lentement dans la lumière vers la silhouette immobile. - « Elias le Déchu, ça fait un bail », dit l’homme sur un ton sarcastique. La silhouette s’avança dans la lumière. C’était le docteur Fallen. - « Alors, Elias, tu cherches toujours la rédemption. Tu sais que tu ne l’obtiendras jamais pourtant. » - « Peu importe », répondit Fallen, « C’est le chemin vers la rédemption qui importe plus que la rédemption elle-même. Ce que tu n’as jamais compris. » - « Et tu crois que me tuer t’aidera à atteindre cette rédemption, n’est-ce pas ? » Fallen resta silencieux, il regardait fixement l’homme en face de lui, guettant le moindre de ses gestes, prêt à bondir. - « Toutes ces années à me pourchasser, Elias, tout ce temps perdu… » - « Pas perdu pour moi, ni pour ceux que tu n’as pas tués. » - « Toutes ces fois où tu as cru m’avoir… Tu penses vraiment que celle-ci est la bonne ? » - « Cette fois-ci, j’ai été aidé par un agent bien plus réceptif que ne l’était l’Officier Thomas. » L’expression de l’homme se durcit. Il commença à marcher sur le côté de la rue. Fallen ne le perdait pas des yeux. - « Ils t’avaient arrêté pourtant, tu faisais un suspect idéal à toujours me pourchasser. » - « C’est bien ce que je disais, un agent m’a aidé. Je crois d’ailleurs que cette personne sait qui nous sommes… » - « Tu vas me tuer, Elias ? Tu vas oser tuer l’un des tiens ? » - « Cela fait partie du chemin en question, puisque tu ne peux dépendre de la justice des hommes. » L’homme bondit sur Fallen, comme il avait bondi sur Doggett quelques instants plus tôt. Mais Fallen avait prévu l’attaque. Tout ce que vit son assaillant fut l’éclair d’une lame tranchante qui brilla une seconde. L’instant d’après il s’effondra, portant une main à sa gorge, l’autre à son abdomen, une expression d’étonnement sur le visage. - « Sois… maudit… » A ses côtés, Fallen regarda tristement sa lame. NOUVELLE-ORLÉANS, DEUX JOURS PLUS TARD BUREAU DE DOGGETT ET REYES Doggett entra furieux, suivi de Reyes. - « Ainsi donc l’affaire est classée ! Parfait, c’est vrai que ça nous change de notre ancienne affectation, mais il me semble qu’il y avait des points à éclaircir. » - « John, tu dis ça parce que tu voudrais savoir ce qu’est devenu le docteur Fallen, mais ce qui est important, c’est qu’on ait retrouvé le meurtrier… » - « …mort ! » - « Oui, mort, mais c’était bien Marcus Aleks, et c’était bien l’un des employés des abattoirs. Tous les éléments concordent. » - « Sauf le fait qu’on ignore quel a été le rôle de Fallen dans cette affaire, et qui a tué Aleks et pourquoi. » Reyes referma un tiroir après y avoir inséré un dossier. LOS ANGELES, NUIT UN BATIMENT Plusieurs plaques de médecins sont fixées sur le mur près de l’entrée. Sur l’une on peut lire : R. Elias Deem M.D., Psychiatry FIN =================== LES PERSONNAGES DE DOGGETT ET REYES SONT LA PROPRIÉTÉ DE LA FOX ET DE CHRIS CARTER. CE SCRIPT EST LA PROPRIÉTÉ DE L’AUTEUR(E). LES REPRODUCTIONS EN PARTIE OU EN INTÉGRALITÉ SONT INTERDITES. POUR TOUTES UTILISATIONS, L’AUTORISATION DE L’AUTEUR(E) ET DE LA SAISON VIRTUELLE DE DOGGETT ET REYES EST OBLIGATOIRE. © 2002 ===================