¤ SAISON VIRTUELLE DE DOGGETT ET REYES ¤ 1SV01 : TÉLÉPATHIE par Fox Guillaume ************************************* Diffusé le : 24 novembre 2002 Catégorie : 16 ans et + VISITEZ-NOUS SUR LE WEB http://xfsc.mu3d.com/saisonvirtuelle ************************************* TEASER NOUVELLE-ORLEANS, 24 NOVEMBRE 2002, 18H30 A PROXIMITÉ DU CONVENTION CENTER Il faisait presque nuit, le soleil déclinait derrière les buildings, se reflétant encore un peu sur les vitres des quelques gratte-ciels de la ville. Quelques nuages gris semblaient se profiler à l’horizon. En face du Convention Center, dans une fourgonnette blanche, un homme, Rick Park, les yeux mi- clos, la tête dodelinant de droite à gauche lentement, et dont les lèvres semblaient murmurer quelque chose, fixait les nombreuses personnes en costumes et cravates sortant du bâtiment. Puis son regard s’arrêta sur une personne en particulier : Tom Rogers un business-man d’une cinquantaine d’année, qui s’avançait sur le bord du trottoir d’un pas déterminé. Rogers leva son bras droit, et quelques secondes plus tard un taxi s’arrêta à proximité, et le pris. Rick, tout en continuant de murmurer démarra son véhicule, puis suivi le taxi, à travers la dense circulation de la Nouvelle-Orléans. NOUVELLE-ORLEANS, 18H50 QUARTIER RESIDENTIEL Le taxi venait de déposer Tom Rogers à son domicile. La camionnette blanche, s’immobilisa de l’autre coté de la rue, l’homme toujours les yeux à demi-fermés, observait l’homme d’affaire, qui payait le taximan, et rentra dans sa maison. S’apprêtant à descendre Rick fut soudainement pris de convulsion pendant quinze secondes, puis il ouvrit ses yeux en grand, une lueur démoniaque dans le regard, et marmonnant tout bas. Il sortit de son véhicule, laissant derrière lui la portière grande ouverte, et il se dirigea rapidement vers le domicile de Rogers, et défonça violemment la porte. Dans l’une des maisons voisines, une vieille dame ayant assistée à la scène depuis son salon, décrocha le téléphone, et composa le 911. Quelques instants plus tard, deux voitures de polices arrivèrent en trombe dans la rue, s’arrêtant devant la maison de Rogers. Six policiers sortirent rapidement de leurs véhicules : POLICIER 1 : Allez ! Allez ! Déployez-vous ! Je veux l’équipe 1 devant la maison, et la 2 derrière ! Magnez-vous ! Un groupe de trois policiers contourna la maison pour se retrouver au niveau de la porte de derrière. L’équipe 2 se plaça devant le porche de la maison. Deux policiers se placèrent de part et d’autre de la porte, et le troisième se mit face à la porte déjà défoncée. POLICIER 2 faisant oui de la tête : Go ! POLICIER 1 entrant dans la maison l’arme en joue : Police ! Rendez-vous, vous êtes cerné ! Il s’introduisit dans le salon, et découvrit à terre devant la cheminée, le corps du Rogers, complètement mutilé au niveau du visage, les pieds alignés l’un contre l’autre et les bras à 90 degrés. POLICIER 1 : Mon dieu ! Derrière l’un des canapés de la pièce, une ombre bondit, et se précipita vers l’arrière de la maison. POLICIER 1 se lançant à sa poursuite accompagné par ses 2 coéquipiers : Arrêtez-vous ! Vous êtes en état d’arrestation ! Stoppez ou je fais feu ! Rick courut en direction de la porte arrière, lorsqu’il aperçut à travers les carreaux l’équipe 2 juste derrière l’attendant patiemment. Changeant rapidement de direction, il pénétra dans la cuisine, et sauta à travers la fenêtre. POLICIER 1 arrivé dans la cuisine, et prenant son talkie-walkie : Equipe 2 ! Le suspect a sauté à travers une vitre, côté Est de la maison ! L’ équipe 2 en attente derrière la porte, se précipita du côté Est de la maison, à la poursuite du fugitif, qui se dirigeait bizarrement, titubant légèrement, et portant les mains à ses oreilles. Il saignait abondamment des mains et du visage, quelques éclats de verres encore figés dans sa peau. POLICIER 4 à ses coéquipiers: Il est blessé, il ne va pas aller loin. Puis haussant la voix : Arrêtez- vous, ou nous tirons ! Rick, tout en fuyant, semblait pris d’agitation, ses yeux s’ouvrant et se refermant rapidement, ses doigts se refermant de plus en plus fort sur les oreilles. HOMME hurlant à en perdre la voix: Non arrêtez ! Non bordel ! Argggg ! Il se dirigea péniblement vers le fond du jardin, et vers la cabane à outils qui s’y trouvait. Arrivé devant la porte de celle-ci, il commença à se frapper la tête dessus, tout en continuant à hurler. POLICIER 4 : Qu’est qu’il fout bordel ? Il va se tuer ! Prenant son talkie-walkie : Hey les mecs, venez- vite derrière la maison ! Puis en direction du fugitif :Ne bougez plus ! Park, à force de coups força la porte, et rentra à l’intérieur de la cabane RICK PARK devenant complètement rouge, ses veines du visage et du coup se dilatant: Arrrgg ! Non je vous en pris, arrêtez ça ! Je ne veux plus vous entendre ! Non pitié ! L’équipe 2, courut vers la cabane, et l’encercla. Plusieurs bruits métalliques, ainsi qu’un grand cri d’agonie se firent entendre. POLICIER 4 rentrant dans la cabane : Oh c’est pas vrai ! Dans l’obscurité et la poussière, Rick Park gisait à terre sur le ventre, trempé par une marre de sang frais. Sa tête était à demi empalée sur une bêche, et un tournevis planté dans chaque oreille. GENERIQUE : NOUVELLE-ORLEANS, LE LENDEMAIN 8H31 Devant la maison de Tom Rogers, trois voitures de police, plus une voiture bleu foncée étaient stationnées. Des inspecteurs, et des hommes en blouses blanches avec des appareils photos faisaient des allers et retours. De la voiture bleu foncée, sortirent Doggett et Reyes, qui rentrèrent dans la maison. - « Où est l’inspecteur responsable ? » fit Doggett montrant sa carte du FBI. Un homme d’une quarantaine d’année en pardessus beige délavé, les cheveux légèrement grisonnants, les yeux bleus aciers, s’approcha d’eux. - « Je suis l’inspecteur Shapiro, responsable de l’enquête. Je suppose que vous êtes les experts du FBI ? » - « Tout à fait, je suis l’agent spécial Reyes, et voici l’agent spécial Doggett. » Shapiro acquiesça, et les invita à le suivre dans le salon: « Bien, venons-en directement au fait. Voici le corps de Tom Rogers, 46 ans, célibataire, et homme d’affaires. » Devant la cheminée, le corps de Rogers était partiellement recouvert d’un drap blanc, mais on pouvait toujours voir son visage atrocement mutilé, apparemment les yeux avaient été enfoncés dans les orbites, il y a avait aussi de nombreuses griffures au niveau des joues. Les lettres I N R I étaient gravées à l’envers, probablement par des ongles sur le front, il y avait des traces de strangulations autour du cou. De plus, les bras étaient positionnés à 90 degrés d’abduction. Quelques hommes prenaient encore des photos du corps, ainsi que des divers objets présents dans la pièce. Shapiro déclara à l’attention de ses hommes : « S’il vous plait, pouvez-vous nous laisser un moment je vous prie. » L’ordre fut exécuté très rapidement. Une fois seuls, tous trois s’agenouillèrent près du corps. L’inspecteur regardait alternativement John et Monica: « Le crime a été commis hier entre 18h50 et 19h00. C’est une voisine qui a appelé. Elle a vu un homme défoncer la porte de la maison. Nos équipes sont arrivées quatre minutes plus tard ». Il contempla le corps, faisant la moue. « Quelles sont vos analyses préliminaires ? » Monica fouillait des yeux le cadavre : « La position en croix inversée peut ….. » - « Inversée ? Comment peux-tu voir ça Monica ? » demanda John, plissant le front. Monica montra du doigt le front de Rogers, et l’inscription INRI : « I.N.R.I Jésus de Nazareth roi des juifs est gravé de façon à ce que ça soit lisible quand on regarde le corps de derrière. De plus les pieds sont disposés vers l’âtre de la cheminée, ce qui peut symboliser pour les rituels, la lumière, la foi, l’auréole, la vérité. Ce qui suggère que pour le tueur, Mr Rogers était un hérétique, voire peut-être même un antéchrist. » - « Et quelle est la signification exacte de la « croix inversée » ? » dit Shapiro. - « « La croix renversée », est un symbole également connu sous le nom de « croix de Saint- Pierre », un symbole chrétien représentant la grande modestie de Saint-Pierre. À sa propre demande, celui-ci fut crucifié la tête en bas, car il se sentait indigne de mourir tel que le Christ l’avait fait. Dans les temps modernes, ce symbole a été adopté par les satanistes pour représenter leur refus du christianisme. » - « Donc on a bien à faire à un crime satanique ou rituel ? » - « Ça y ressemble, mais avant de l’affirmer ou de l’infirmer, il est toujours plus sage de pousser un peu plus loin les investigations. » - « Okay, okay, maintenant allons voir l’élément le plus bizarre de l’affaire : le meurtrier. » Shapiro se releva. - « Bizarre ? Pourquoi ? Vous pensez que le meurtrier est fou ou possédé ? » Monica paraissait fort intriguée. - « Était. » - « Je vous demande pardon ? » fit Doggett, fronçant les sourcils. - « Oui, j’ai dit « était », car il est décédé lui aussi. » - « Vous l’avez abattu ? » s’enquit Reyes. - « Vous allez en jugez vous-mêmes. Allons dans le jardin. » EXTÉRIEUR, JARDIN DE MR ROGERS Tous trois se dirigeaient vers la cabane au fond jardin, Shapiro ouvrant la marche, et s’arrêtant à coté de la porte : - « Après vous. » Son portable se mit à sonner, il répondit : « Oui, tout à fait (…) ça ne peut pas attendre ?(…) Okay ». Il raccrocha, et regardant en direction des deux agents : « Excusez moi, je reviens, mais allez-y, jetez un coup d’œil ». Puis, il partit en courant vers la maison. Doggett s’apprêtait à rentrer dans la cabane : « Allons-y Monica ! » En se retournant, il vit que Monica, une main sur le front, avait l’air complètement terrifiée : « Ça va Monica ? Que se passe-t- il ? » - « Je ressens le mal, une présence maligne, néfaste, John. » Elle se mit à trembler légèrement, puis cette sensation d’oppression psychique disparue. Doggett pris Monica dans ses bras: « Ça va aller Monica, les coup de blues ça arrive à tout le monde. Je comprend qu’on puisse craquer sur ce genre d’enquête. » - « Non, ce n’est pas ça John ! » Doggett, fit un pas en arrière, essayant de décrypter l’attitude de Monica, puis il se détourna et s’approcha du corps laissé tel que les policiers l’avait trouvé. Il vit les deux tournevis ensanglantés plantés dans les oreilles, la flaque séchée de sang, formant une sorte d’auréole rouge brique autour de la tête. John, avec une mine de dégoût, et un brin de terreur perceptible dans ses yeux bleus : « Il ne risquait pas de se rater en s’y prenant comme ça, qu’en dis-tu Monica ? » Reyes s’approcha, et voyant le corps, elle déglutit avec difficultés, et dit : « C’est étrange ces perforations tympanales, cela suggère une forte nuisance sonore. » Essayant de plaisanter, son partenaire lui répondit : « En tout cas, on peut dire que c’était un bricoleur du dimanche ! Tu crois qu’il écoutait du Marilyn Manson ? » Elle ébaucha un sourire : « Non John, cela devait être « le grand Air des bijoux », le fameux extrait de Faust de Gounod. » John gonfla son torse, et fit la grimace : « Ah, je ris de ma voix si belle en ce miroir, ah je.. » A ce moment l’inspecteur Shapiro arriva derrière eux, et découvrit avec beaucoup d’amusement la scène : « Alors les vedettes, ça avance comme vous voulez l’enquête ? » Monica et John, ne l’ayant pas vu venir, firent un bond, et se retournèrent vers la porte de la cabane. Doggett tout d’abord gêné, repris son sérieux et lança un furtif clin d’œil à Monica : « Je crois que vous connaissez la musique Shapiro. Nous cherchons des preuves, le mieux serait d’autopsier les deux corps ». - « Bon, bref. Je viens de recevoir une information importante, ce crime est le troisième perpétré selon toujours la même méthode. », dit l’inspecteur. - « C’est-à-dire ? » demanda Reyes, paraissant très intéressée par cette nouvelle. - « Un homme d’affaires se fait assassiner, on retrouve son corps en position de croix. » Il s’arrêta un instant et regarda Monica, repensant à son petit exposé du salon. Position de croix inversée. « De plus, à chaque fois, le meurtrier s’inflige lui-même la mort, tout en prenant soin au préalable de se perforer les tympans, et de se fracasser le crâne. » - « Pourquoi nous n’avons pas été prévenus plus tôt ? », s’indigna Doggett. - « Comme vous devez bien le savoir agent Doggett, tout comme celles du FBI, les voix de la police sont impénétrables. Pourrais-je savoir ce que vous pensez de tout ça ? » - « Je pense que nous avons à faire à une sorte de lavage de cerveau ou d’endoctrinement, poussant des gens à tuer. Ce qui veut dire qu’il faut chercher vers une personne ou un groupe de personne ayant ce savoir, et voulant la mort d’hommes d’influence sur la ville, selon vos informations. De plus, le suicide du meurtrier permet à coup sur de préserver l’anonymat du commanditaire. » Shapiro hocha de la tête : « Oui ça se tient. Nous devons chercher dans ce domaine. D’autant plus, que au moins les deux premiers meurtriers étaient des patients de la clinique Saint-Pierre, une sorte d’asile pas très clair pour les aliénés. Et je parie que ce gars-là en faisant partie aussi. » - « Saint-Pierre, l’apôtre ? » fit Monica qui paraissait interloquée. - « Vous savez, agent Reyes, le pourquoi du comment s’appelle tel ou tel bâtiment, c’est pas trop mon truc. Ceci dit, il me semble que effectivement le « Saint-Pierre » de cette clinique, est bien le disciple de Jésus, le premier Pape de l’histoire. » - « Le prince des apôtres. Comme pour « la croix inversée », je ne crois pas que se soit une coïncidence. » Doggett rajouta: « Moi, je pense que quelqu’un se sert de ces malades, qui sont probablement plus fragiles et réceptifs psychologiquement, afin de tuer. Nous devrions aller à la clinique. Qu’en penses- tu Monica ? » Sa coéquipière fit non de la tête, pour signifier son désaccord : « Non, ça paraît trop évident pour que les responsables de la clinique aient un réel rapport avec ceci. Je pense plutôt que cette clinique sert de « réservoir » à un médium satanique ayant la faculté de diriger les faibles esprits à distance, ce qui expliquerait en partie les perforations aux tympans ». - « De la télépathie ? » CLINIQUE SAINT-PIERRE : Dans une grande salle, toute peinte en verte, une trentaine de fauteuils étaient dispersés anarchiquement, mais tous dirigés vers un vieux téléviseur placé sur une petite planche noir au mur. Assis, sur les fauteuils une petite dizaine de personnes de trente à quatre vingt ans, regardaient un dessin animé avec des robots. Soudain l’une des patientes Betsy, hurla vers sa voisine : - « La télé Patty !!! » John et Monica qui se tenaient debout derrière cette petite assemblée, se regardèrent en souriant. Alors que Betsy continuait son numéro, des larmes lui coulant des yeux : - « Patty, je veux voir ma série, mais heuuuu ! » Une autre pensionnaire d’un certain âge, Patty, lui cria : - « Betsy, t’es pas gentille avec moi, je vais le dire à Aglaopé ! » Patty, se leva et partit en courant. Betsy sauta sur la télévision, et mit sa chaîne. Un musique se fit entendre dans tout le bâtiment : « Let’s go to the batmobile, …….. Batman, Batman, Batman ! » - « Nous avons là une pièce à conviction ! » dit John, avec un sourire en coin de bouche. - « John, John, John. », fit Monica, pensant que parfois son partenaire était vraiment puéril, mais cela l’amusait beaucoup. Ce petit coté enfantin qu’il prenait parfois était l’un de ses charmes. À coté d’eux se trouvait l’une des infirmières de la clinique : Angela Aglaopé, une jeune femme blonde, avec un très beau visage, et une très belle voix qui leur dit : - « Comme vous voyez, nos patients ne sont pas violents, bien au contraire, ils préfèrent éviter tout conflit, et sont plutôt de nature assez pacifique. Et nous nous occupons bien d’eux. » - « Alors comment expliquez-vous que deux, voire probablement trois de vos patients soient des meurtriers ? » rétorqua John. - « Je ne me l’explique pas. » Angela faisait non de la tête, comme pour appuyer ses paroles. - « Et comment se fait-il qu’ils aient réussi à s’échapper ? » demanda Monica. - « L’explication est assez simple. Nous sommes en sous-effectif, et n’avons que trois vigiles. Lorsque l’un d’eux prend un congé, personne ne peut le remplacer, d’où la difficulté de garder un établissement de cette dimension. » - « Combien avez-vous de patients actuellement ? » - « En tout, nous en avons trois cents. » Doggett fouillait la salle du regard à la recherche de quelque chose susceptible de les aider dans leur quête, mais il n’y avait rien de particulier à part juste une horrible peinture à son goût. Cette peinture qui dominait la porte d’entrée, représentait ou plutôt semblait représenter une femme ailée qui la bouche grande ouverte portait ses petits yeux mesquins sur la salle. Ce regard le mettait assez mal à l’aise. Il se demandait qui pouvez bien aimer ce genre de fresque, probablement le directeur de la clinique : - « Pourrions-nous voir le médecin responsable ? » - « Elle est très occupée entre ses fonctions médicales et ses fonctions administratives de directrice. Mais attendez, je vais voir si, éventuellement, elle pourrait vous rencontrer. » - « Merci. » Angela Aglaopé partit dans un couloir. John se retourna vers Monica : - « Ça m’a l’air un peu bizarre toute cette affaire, ça cache quelque chose. Tiens, t’as vu la peinture au-dessus de la porte, ça représente quoi à ton avis ? » - « Aucune idée, une femme volante ? Tu crois que c’est important ? » - « C’est peut-être sans gravité, si je puis me permettre », John fit un clin d’œil amusé à Monica. « Mais au point où on en est, je crois que ça ne coûte rien de demander. D’ailleurs, tant que j’y pense, je vais appeler Boal pour qu’elle puisse nous faire les autopsies et analyser les armes des crimes, car, ici, je ne suis pas sûr qu’on obtienne tout ». - « Oui, je crois que ce serait mieux. » Doggett sorti son portable de sa poche, et composant un numéro : « Agent John Doggett, serait-il possible de parler à l’agent Boal ?(…) Oui merci.(…) Bonjour Agent Boal, j’aimerais que vous me rendiez un petit service. Pourriez-vous analyser différentes armes de crimes, ainsi que confiez plusieurs autopsies à vos meilleurs agents ?(…) Ah, oui c’est vrai, la fameuse affaire du tireur fou de Washington.(…) D’accord, bon merci, au revoir. » Il raccrocha. « Elle nous envoie quelqu’un. » - « Quelqu’un ? » - « Ils sont complètement dépassés à Washington, ils finissent d’étudier les différents éléments de l’affaire du tireur fou de Washington. Mais elle nous envoit un cadet de Quantico, pour qui elle a beaucoup d’estime. » Monica fit la moue, et haussa les sourcils : « Un cadet, génial ! » L’infirmière revint vers eux : - « Elle veut bien vous accorder audience. Suivez-moi je vous prie. » Tous les trois s’engagèrent dans un large couloir. Arrivés au fond de celui-ci, Aglaopé leur indiqua une porte puis repartit. La porte portait l’inscription « Dr P. Enerys ». Doggett frappa deux coups sur la porte, puis entra avec Reyes. Devant eux, se présentait une grande pièce très éclairée, contrastant avec l’ambiance sombre de la clinique. Le docteur Enerys se tenait assisse, derrière son vaste bureau, sur lequel reposait plein de feuilles, des classeurs, quelques radiographies, et un plaque « Dr P. Enerys, psychiatre, pédopsychiatre ». Enerys était une femme d’une quarantaine d’années, les cheveux bruns, les yeux vert émeraude. Elle leur présenta les deux chaises lui faisant face, et les deux agents s’y assirent. - « Bonjour ! Que puis-je faire pour vous ? » Doggett sorti sa plaque : - « Nous sommes du FBI, et nous enquêtons sur l’homicide de Tony Rogers, ainsi que de deux autres personnes. Ces meurtres, pour les deux premiers, ont été commis par deux de vos patients, quant au troisième, il l’est probablement... » - « Probablement ? » le coupa de façon sèche Enerys. Monica prit la parole : - « En effet, l’identification du meurtrier est pour l’instant impossible, son visage … n’est plus reconnaissable. D’ailleurs à ce sujet, il nous faudrait les radios dentaires des patients qui se sont échappés récemment. » - « C’est peut-être Brisco Ramsey, il a disparu hier en début d’après-midi. » - « Que pouvez-vous nous dire sur lui, ainsi que sur les deux premiers assassins. Avaient-ils quelque chose en commun ?», questionna John. Enerys prit une forte inspiration, et répondit sur un ton neutre : - « Eh bien, tous les trois souffraient de fortes névroses, et de dédoublements de personnalités. » - « Présentaient-ils des caractères violents ou apte à tuer ? » - « Non pas du tout, ils n’étaient pas du tout violent, bien au contraire. » Monica, scrutant les différents papiers présents sur le bureau, fit : - « Recevaient-ils un traitement particulier ? » - « Absolument, ils étaient sous anti-dépresseurs, et d’autres psychotropes expérimentaux sur lesquels je ne peux pas vous dire grand chose, car je suis tenue au secret par les laboratoires pharmaceutiques. » - « Quels laboratoires ? » Le regard de John s’était durcit. Enerys se contenta de le regarder assez froidement. Pour éviter que l’ambiance ne se dégrade plus entre son partenaire et le médecin, Monica continua : - « Combien de personnes sont encore actuellement sous ce traitement ? » - « J’ai oublié combien. Entre tous les traitements différents que je donne à mes patients, parfois je m’y perds un peu. » Doggett sentait qu’elle ne voulait pas leur dire ce qu’ils attendaient d’elle, brusqua un peu : - « Pourrions-nous avoir cette liste ? » - « Non je regrette, c’est le secret médical qui m’en empêche. » - « Bon, écoutez docteur Enerys », dit John sur un ton qui n’avait plus rien d’amical. « Y-a-t-il quelque chose que vous pouvez nous dire, sans qu’on ne le sache déjà ou sans que votre code de déontologie vous l’interdise ? ». L’ambiance devenait électrique entre la psychiatre et John. Et encore une fois pour tenter de calmer l’atmosphère Monica, intervint : - « Est-ce que pour vous ici à la clinique Saint-Pierre, la « croix renversée » a une signification particulière ? » - « La « croix renversée » ? Bien sûr, certains de mes patients pendant l’office religieuse imitent ZZ Top, avec la grande croix de processions. », répondit Enerys sur un ton sarcastique, apparemment les agents ne tireraient plus rien d’elle. - « ZZ top ! Je vois. » John s’adossa confortablement contre son fauteuil comme pour signaler qu’il en avait assez des sarcasmes de Enerys, et qu’il ne voulait plus poser de question, laissant ce soin à sa partenaire. Il lui jeta un coup d’œil et elle continua son interrogatoire : - « Et est-ce vos patients se plaignent parfois d’entendre des voix ? » - « Des voix ? Que voulez-vous dire ? » - « Je ne sais pas, par exemple des voix de Saint-Pierre ? Ou des propos étranges. » - « Parler à Dieu, c’est prier, mais que Dieu ou Saint-Pierre vous parle s’appelle de la folie. » - « Mais justement, si vos patients sont ici, c’est qu’ils présentent des signes de folies, et si cette folie, pour certains d’entre eux, n’était en fait que de la télépathie divine, afin de punir certains personnes, ayant péchées par luxure ou avarice par exemple ? » - « Vous savez, si vous voulez, il me reste des chambres de libre ! », lui fit Enerys, avec un sourire de carnassier. - « Vous ne pensez pas, que quelqu’un peut communiquer télépathiquement à certains de vos patients les plus fragiles, et leur donner des ordres aussi abominables soient-ils ? » - « Quelqu’un ? » - « Un médium, une divinité, quelqu’un intéressé par le satanisme, ou agissant avec ses rituels comme couverture. » Enerys paraissait fort gênée de répondre à Monica, et se contenta de répondre : - « C’est la position officiel du FBI ? » Doggett, se réveillant de sa torpeur, ajouta : - « Non docteur Enerys, nous n’en sommes qu’au stade des spéculations. Enfin, j’aurais une dernière question pour vous : Que représente la femme ailée dans la grande salle ? ». - « Je l’ignore, c’est mon ex-mari, Josef qui l’a réalisé, je suppose que c’est peut-être la fée clochette qui veille sur nos patients. » - « Docteur, nous vous remercions pour cette entrevue. » Puis, il regarda Monica. « Allez viens, on y va. » EXTERIEUR, STATIONNEMENT DE LA CLINIQUE Doggett et Reyes, se dirigeaient vers la voiture, derrière une vitre de la clinique une forte main écarta un rideau, puis une voix rauque parla: - « Ce n’est pas une enquête pour vous John Doggett, vos voix intérieures sont encore confuses ! » Dans la pénombre, un homme de dos en t-shirt noir observait John et Monica marchant sur le parking. La tête de l’homme était dans l’obscurité, mais on pouvait distinguer un large sourire, ainsi qu’un tatouage qui paraissait relativement récent, représentant une lyre surmontée par deux clés. - « Et puis, je vous croyais plus perspicace agent Reyes. Vous n’avez même pas trouvé la signification de ma peinture. » Et l’homme se mit à rire. Dans la voiture, Doggett s’assis au volant, et mit sa ceinture, posa la clé sur le contact, puis énervé, il se tourna vers sa partenaire : - « T’as trouvez comment son numéro ? À mon avis, il faudrait qu’elle arrête les chaînes musicales du câble et Disney Channel, pour un psychiatre, elle m’a l’air sacrement perturbée. » - « Écoute John ! Cette Docteur Enerys, je ne la sens pas non plus, elle nous cache quelque chose. Tout comme cette affaire sur laquelle plane une mauvaise aura. » - « Pour Enerys, je sais qu’elle a du nous mentir sur plusieurs points, et je pense qu’elle manipule ses patients. Comment, je ne sais pas, mais elle le fait. C’est pour ça qu’avant d’élaborer nos théories devant elle, on pourrait peut-être attendre les résultats des autopsies et des analyses. » - « Okay, en attendant, je reste surveiller la clinique. » SIEGE DU FBI, NOUVELLE-ORLÉANS Dans une petite salle d’autopsie, un homme assez jeune, moins de la trentaine, et tout vêtu de blanc se frottait les mains sous l’eau. Il portait encore un masque sur la bouche, et des lunettes protectrices, mais on pouvait distinguer à travers ses yeux bleus. C’était un grand brun d’environ 1,83 mètre, avec sur la poche de sa blouse l’inscription : FBI visiteur, David Deckard, cadet de Quantico. David se retourna vers les corps qu’il venait juste d’autopsier, et soupira profondément. Pourquoi m’a- t-on envoyé ici ? Songea-t-il, tout ce chemin juste pour rendre service à l’agent Boal, en faisant différentes analyses et en autopsiant six cadavres, dont le plus ancien remontait à quinze jours, bonjour l’odeur. Heureusement que je me suis mis de l’alcool de menthe sous le nez. Enfin, se dit-il où en était-je déjà ? Ah oui, les radiographies. Il prit les différents clichés et les posa sur le négatoscope, puis il démarra le magnétophone qu’il disposa face à lui. « L’examen radiographique des victimes présentent pour chacune d’entres elles de profondes gravure de l’os frontal, gravures marquées à l’envers et représentant les lettres « I N R I ». Enfin, il y a quelques petites entailles dans les os de la face, notamment le zygomatique, et le maxillaire. » Puis marquant une petite pause, comme s’il résumait brièvement ses pensées. « Je conclut donc mon examen des victimes en disant qu’elles ont toutes étaient tuées de façon identique, à savoir : mutilation faciale profonde, gravure à l’ongle de l’inscription INRI sur le front, puis strangulation. Les examens toxicologiques n’indiquent aucune trace de substances suspectes. » Il arrêta l’enregistrement, et rangea soigneusement les différentes radios. C’est alors qu’arriva un homme d’une quarantaine d’année, brun. - « Puis-je vous aider ? », fit Deckard. - « Tout à fait, je travaille sur cette affaire, je suis l’agent spécial John Doggett ». - « Enchanté, je suis l’agent Deckard, cadet de Quantico. J’étais en vacances à Bâton-Rouge quand l’agent Boal m’a appelé. Bref, j’ai fait différentes analyses, et ce qui a le plus attiré mon attention en fait, ce ne sont pas les corps des victimes, mais ceux des agresseurs. En effet, leurs examens toxicologiques ont montré de très forts taux de psychotropes assez rares, et à ma connaissance encore expérimentaux du point de vue thérapeutique : de la Ligéia, et de la Molpé entre autres. Et selon nos documents de Quantico, ces produits seraient à même d’engendrer un faible courant électrique dans certaines conditions, et qui sont ici toutes réunies. » - « Quelles conditions ? » - « Des plombages dentaires. Ainsi dans la bouche de ces personnes, il pourrait y avoir des petits phénomènes électriques. » Voyant que Doggett ne paraissait pas tout saisir, il continua plus lentement. « Je vous passe les détails scientifiques, mais mon opinion est que ce phénomène serait à même de faire vibrer ces plombages dentaires, un peu comme le principes des ondes radiophoniques. » - « Mais oui c’est vrai, mon dentiste à New-York une fois m’en avait parlé, l’un de ses patients ayant un bridge avait l’impression d’avoir des sensations auditives dans sa bouche et dans sa tête, même en plein silence. Et d’autres avaient des sensations de brûlures de picotements. C’est l’explication des voix qu’ils entendaient, quelqu’un les contrôles par ondes radio.» Le visage de Doggett exprima une stupeur légèrement colorée de joie. - « Je n’irais pas jusque là, mais pour moi, ceci est la cause des fortes nuisances sonores dont ils ont été victimes, et qui les ont poussés à se perforer les tympans, et ensuite se suicider. Mais franchement des voix, non je pense plutôt à de forts bourdonnements, des sortes d’acouphènes. » - « Vous ne pensez pas qu’on pouvait leur envoyer des instructions par ce biais là ? » - « Je ne crois pas que les connaissances scientifiques actuelles permettent de telles prouesses, je pense plutôt qu’ils ont malencontreusement captés des ondes de différentes radios locales, ce qui a pu les perturber. Ou bien, si cela s’avère être la bonne solution, peut-être que l’onde s’est mise en résonance avec le crâne des agresseurs, les menant au …. suicide. » - « Bien merci beaucoup. » Doggett paraissait satisfait par son entretien. A PROXIMITÉ DE LA CLINIQUE SAINT-PIERRE Dans sa voiture Monica Reyes, regardant à travers des jumelles, surveillait le bâtiment à la recherche de la moindre activité suspecte. Intérieurement, elle se disait que l’édifice avait réellement un air lugubre avec sa façade grise toute décrépite, et la croix, légèrement penchée à gauche, qui la surmontait témoigner du temps et des intempéries qu’avait vécu cette clinique. Monica avait aussi remarqué que deux gardes passaient toutes les 5 minutes, et que le portail de la clinique ne disposait d’aucun système de contrôle des personnes entrant et sortant de l’établissement, on pouvait y entrer ou sortir comme dans un moulin. C’est alors que son portable se mit à sonner : - « Agent Reyes, j’écoute ». - « Monica, c’est moi. J’ai les résultats d’analyses des meurtriers. D’après le légiste, les médicaments qu’ils prenaient seraient capables de créer des sons dans leur têtes, ou plutôt dans leurs bouches. » - « Tu crois à ça John ? Je te croyais plus terre à terre. » - « Écoute Monica, c’est un phénomène rare et étrange c’est vrai, mais il a été scientifiquement démontré. Et d’ailleurs, toutes ces histoires d’implants extraterrestres, et tout le bazar, c’est peut- être une autre forme de ceci permettant de contrôler les gens grâce à une technologie de pointe ! Tu vois toutes ces histoires d’enlèvements, de voix, de contrôle, tous ces phénomènes ont une explication scientifique. » - « D’accord, je vois que tu ne perds pas le nord John, mais on n’est plus aux affaires non- classées. Et puis crois-tu franchement que quelqu’un dispose de la technologie suffisante pour faire ce que tu dis ? » - « Enerys. C’est elle qui essaye les médicaments, peut-être en connaît-elle les propriétés et les utilise à ses fins, il ne reste plus qu’à trouver le mobile et des preuves contre elle. » Pendant qu’ils discutaient, une camionnette blanche à l’effigie de la clinique sortit par le portail principal, ses vitres étaient teintées. Monica regardant le rapport sur ses genoux, et tenant le téléphone, ne s’en rendit pas compte. - « Ça paraît trop évident John, tu ne trouves pas que ça fait trop d’éléments contre la clinique Saint-Pierre ? Je crois que cela n‘est qu’une diversion. » - « Une diversion pour quoi ? Pour qui ? » - « Je pense toujours à la télépathie, à un médium qui contrôle tout ça. » - « Non, je suis sûr que Enerys est impliquée dans l‘affaire. » - « Mais peut-être pas comme tu crois. Franchement, si c’est elle qui commandite ces meurtres, pourquoi alors prendrait-elle ses patients à elle, avec les médicaments qu’elle teste ? Elle sait parfaitement qu’une enquête va être ouverte contre elle. Et je ne crois pas le Docteur Enerys assez stupide pour agir de la sorte. » - « Qui sais ? Je vais demander son dossier détaillé. » - « Ok, John fait comme bon te semble. De mon coté, je vais fouiner du côté des médiums, portés sur le satanisme ou le religieux. » Elle remit le portable dans sa poche de veste, et démarra sa voiture. SIÈGE DU FBI, NOUVELLE-ORLÉANS David Deckard, venait de finir tout son travail d’expertise sur cette affaire, il commençait à ressentir les premiers symptômes d’une bonne migraine. Il n’avait qu’une hâte repartir vers Bâton-Rouge, finir ses quelques jours de vacances bien mérités. Encore quelques semaines de dures labeurs à Quantico, et il serait enfin agent du FBI, il ignorait encore à quelle section on le destinait : anti-terrorisme, crimes violents, ou encore rat de laboratoire à faire des autopsies, et des examens médico-légales du matin jusqu’au soir comme Eddie Boal, ce qui ne l’enchantait pas trop. Lui préférait plutôt la section criminelle, voire même le laboratoire de parapsychologie. Enfin, il se dit que son doctorat de médecine, ainsi que son stéthoscope ne…. . Brusquement, il se ravivât sur sa chaise, mais oui se dit- il. Un stéthoscope, c’est exactement ce dont il avait besoin. Il ouvrit un tiroir du bureau métallique, et en sortit un vieux stéthoscope. Il s’avança vers le corps de Brisco Ramsey, qu’il avait identifié formellement grâce aux radios dentaires. Il posa l’extrémité de son stéthoscope sur la branche supérieur de la mâchoire. Deckard se figea, il entendait de faibles murmures, mais il réussit tout de même à comprendre quelques mots : « tue….. 31 Graham street…. 2ème étage….. croix….voix. ». Et apparemment le message passait en boucle. Oh bravo, se dit-il. 31 GRAHAM STREET, NOUVELLE-ORLÉANS John fut le premier arrivé sur les lieux, il trouva la porte du rez-de-chaussée légèrement enfoncée, mais sachant que le temps était compté, il se précipita au second étage. Il trouva une porte fracturée, aussitôt il dégaina, et pénétra dans la pièce, trouvant un business-man à terre en position de croix inversée, le visage lacéré, mais manifestement l’homme était encore vivant, et parvenait à gémir doucement. Au-dessus de ce dernier, John découvrit un autre homme de dos et à genou, il portait le vêtement traditionnel des patients de la clinique Saint-Pierre. John, mit l’agresseur en joue : - « Agent fédéral, ne bougez pas. Vous êtes en état d’arrestation ! » lui hurla-t-il. Mais l’homme ne semblait pas l’entendre, et continuait son œuvre sur l’homme d’affaires : il lui gravait au stylo à plume des lettres sur son front maculé de sang qui lui coulait le long des tempes, sur le nez et les yeux. Doggett voyant que l’agresseur ne répondait pas à sa sommation, il lui tira une balle, dans l’épaule droite, qui le fit basculer par dessus le corps de l’homme d’affaire. Il décrivit une petite roulade et se retrouvant sur ses jambes, la main gauche à terre, et la droite serrant son membre blessé. John s’avança vers lui : - « Debout, levez-vous ! » Mais l’agresseur ne semblait toujours pas l’entendre, ou alors ne voulait-il pas le faire, John l’ignorait. Soudain l’homme se releva, portant ses mains aux oreilles, et se retournant vers l’agent du FBI, son visage avait un rictus de grande souffrance, et les yeux brumeux, ses lèvres bougeaient, mais aucun son ne pouvait en sortir. Doggett relâcha un peu sa garde, et immédiatement l’homme reprit fermement avec son bras gauche le stylo plume ensanglanté et se propulsa en avant. John réagissant au quart de tour, l’esquiva rapidement par la gauche, et de ses deux mains, il leva son arme à hauteur de sa joue, et porta un violent coup de coude au niveau de la mâchoire, d’où un bruit sec de craquement sortit, ainsi qu’une fine giclé de sang, et de petites particules blanches. L’homme vacilla, puis tomba lourdement à terre. John souffla, remerciant ses excellents réflexes. Puis il s’agenouilla auprès de l’homme d’affaires constatant avec soulagement qu’il était encore vivant. - « Ne vous inquiétez plus Monsieur, on s’occupe de vous », fit Doggett, qui prit son portable et appela les ambulances. HÔPITAL OCHSNER, NOUVELLE-ORLÉANS Monica et John, se tenaient debout devant le lit de Andy Daniels, l’agresseur appréhendé par Doggett. Tout comme les précédents meurtriers, Andy faisait bien parti de la liste des patients de la fameuse clinique Saint-Pierre, et lui aussi prenait le traitement expérimental du Docteur Enerys. Malheureusement pour nos agents, Andy ne répondait pas aux questions, et à cela deux hypothèses avaient été émises : la première était que sa fracture et la douleur consécutive l’en empêchait, la seconde était qu’il semblait ne plus percevoir de son, ni aucun autre stimuli. Quoiqu’il en soit John et Monica étaient perplexes : - « Je crois qu’en lui brisant les dents et son bridge, j’ai cassé la récepteur, et que le télécommande ne sert plus à rien », fit John. - « Possible, bien que ma théorie n’ait pas bougé, je pense que le médium qui le contrôlait pendant son attaque, le manipule toujours en bloquant toutes réponses volontaires de la part d’Andy », rétorqua Monica. - « Je pense que nous devrions tout même allez reparler à Enerys d’ici peu de temps, ce serait vraiment une bonne chose. » - « Et avant ça, allons voir notre businessman Anthony Bakers, peut-être nous aidera-t-il à comprendre pourquoi les meurtriers ne s’en prennent qu’aux hommes d’affaires ou d’influence, et pourquoi la croix reversée les symboliseraient. » - « Oui, ça nous donnerait vraiment un bon coup de main » - « Après ton magnifique coup de coude », répondit Monica, esquissant un magnifique sourire, et invitant John à la suivre hors de la chambre de Daniels. Quelques minutes plus tard, ils furent autorisés à rendre visite à Bakers, qui était toujours très fortement choqué par son agression. Il avait un énorme bandage lui entourant la tête et le front, ainsi que des points de sutures sur les joues, et il avait un hématome bleu autour du cou, qu’on pouvait prendre au premier abord comme un collier de rubis. Son regard imprégné d’inquiétude en disait long sur son état d’esprit. Quand il vit Doggett, il ébaucha un sourire : - « Merci beaucoup agent Doggett, sans vous je ne serais plus là. », sa voix, était comme brisée. - « Mais de rien Mr Bakers, c’est mon boulot », répondit John. - « Mr Bakers, pouvez-vous nous dire pourquoi voulait-t-on vous tuer, et si vous connaissiez les autres victimes ? » demanda Monica, sur un ton extrêmement doux. - « En effet, je connaissais Franck Marshall, la première victime. Lui et moi étions copains de promos à la fac de droit. Et je connaissais aussi les autres, des collègues en quelque sorte, mais ….. » l’émotion et la peur le submergeaient, de sa bouche gonflée et encore bleutée ne sortit aucun mot. - « Oui » fit Monica. « Continuez Mr, n’ayez pas peur de ce que vous nous direz, nous sommes habitués à ce genre de cas et si nécessaire nous vous protégerons ensuite. » - « Non, je ne peux pas. C’est trop horrible. » - « Écoutez, si vous voulez qu’on vous aide, il faut nous donner quelques renseignements. Si vous voulez qu’on sauve d’autres personnes. » - « Si je vous répond, je ne serais plus en sécurité nulle part, je n’ai pas d’autres choix que le silence ». Monica se mit a genou à hauteur du visage de Bakers : - « Cela restera entre nous, et ne seras pas sur nos rapports ». Bakers dévisagea tour à tour Doggett et Reyes, il hésitait fortement à tout leur dire, à se soulager la conscience en quelques sortes, puis finalement : - « Que cela reste confidentiel. Tout à commencé il y a quelques mois, j’ai reçu des coups de fils étranges me demandant d’adhérer à un groupuscule secret. Au début, j’ai pensé qu’il s’agissait de Lobbies, mais cela s’est avéré être d’une nature bien différente, en fait ce groupe ou plutôt cette secte démoniaque était centrée sur les enfants, et à certains faits qui me sont encore inconnus. Sachant ceci, avec quatre de mes amis, j’ai fondé un club dont le but secret est de détruire cette secte. Les trois victimes précédentes faisaient partie de ce groupe. Notre moyen d’action devait être l’envoie de mercenaires à nos ordres pour détruire ce mouvement de l’intérieur. » Il inspira longuement, s’humecta les lèvres et continua « Pour cela, nous avons pris ces hommes de la clinique Saint-Pierre, et avons commencé à modeler leur esprit à leur rendre réceptifs. Mais tout ceci se retourna contre nous, et nos mercenaires nous attaquèrent…. » - « Vous voulez dire, que ce sont vos propres tueurs formés par Enerys qui vous ont massacrés ? », demanda John, qui n’en croyait pas ses oreilles, tout comme Monica. - « Oui, c’est cela », Bakers baissa la tête ne pouvant plus soutenir le regard des deux agents, qui se regardèrent à leur tour, pour eux, l’affaire prenait une tout autre tournure. - « C’est pas logique, si Enerys est avec vous, pourquoi alors laisse-t-elle ces mercenaires s’enfuirent tranquillement de la clinique ? » remarqua Monica. - « Je l’ignore, et je n’ai pas pu joindre Enerys depuis. » - « Mr Bakers savez-vous combien y-a-t-il de « mercenaires » ? » dit Doggett. - « Ce sont des détails que seul le Docteur Enerys connaît ». Monica, se releva, interrogeant John du regard, ce dernier acquiesça. Et tous les deux remercièrent Bakers de leur avoir répondu, et ils quittèrent la chambre laissant l’infirmière rentrer. Dans le couloir, John se dirigea vers une cabine téléphonique, et composa le numéro de la clinique Saint-Pierre. Une standardiste lui répondit, et lui annonça que le Docteur Enerys, ne se sentant pas bien, avait pris sa journée. John lui demanda son adresse personnelle et raccrocha aussitôt. Il se dirigeait vers le fond du couloir quand il entendit Monica l’appeler, ça venait de la chambre de Daniels. Quand John arriva, il vit que la fenêtre était brisée. Il s’approcha de Reyes, et regarda par l’ouverture : en-bas de l’hôpital gisait le corps de Andy Daniels, en position de croix inversée, auréolée d’une marre de sang vermeil. Monica, mit ses mains sur son front, et ferma très forts les yeux, John se tournant vers elle lui demanda : - « Ça va Monica ? Que s’est-il passé ? » - « Daniels s’est jeté par la fenêtre sous mes yeux, et à ce moment précis j’ai ressenti un profond malaise John, j’ai ressenti …. Le Mal ». Doggett la prit dans ses bras affectueusement, et lui murmura à l’oreille : « Allons voir Enerys, et qu’on en finisse avec cette affaire démoniaque ». Monica, la tête dans ses épaules fit oui de la tête. « Maintenant il ne reste plus qu’à savoir qui tire les ficelles, et de quel côté est Enerys, car si elle est contre la secte, on risque de la retrouver morte. » DOMICILE DU DOCTEUR PARTHENOPE ENERYS DANS LES ENVIRONS DE LA NOUVELLE-ORLÉANS Une cohorte de voitures passèrent en trombe dans les rues et dans la campagnes de la Louisiane, jusqu’à la petite cité résidentielle de Naples, située à quinze kilomètres de la Nouvelle-Orléans. De la voiture de tête sortit l’inspecteur Shapiro, avec les deux agents du FBI, et des véhicules suivants sortirent une petite dizaine de policiers en uniformes. Doggett mena la marche jusqu’à la porte et frappa : - « Docteur Enerys, ici John Doggett. Je suis avec la police, j’aurais quelques questions à vous poser. » En guise de réponse, une musique s’éleva, une sorte de balade apparemment jouée à la harpe ou la lyre. L’agent réitéra ses propos, mais toujours pas de réponses. Reyes à droite de la porte fit oui de la tête à Shapiro, qui fit signe à ses hommes d’enfoncer la solide porte au bélier. Doggett et Monica se mirent chacun d’un côté de la porte avec Shapiro, tandis que les policiers frappaient avec le bélier. Une fois la porte à terre, ils entrèrent tous dans la maison, ou la musique se faisait de plus en plus forte, et bizarrement omniprésente, personne ne pouvait dire d’où venait la mélodie. Le corridor dans lequel ils se trouvaient était faiblement éclairé, et une forte odeur leur soulevait les narines. Et une voix, elle-aussi venant de nulle part surgit, accompagnant la musique : - « C’est euu…. C’est le Prince des (bruits de vomissements)…. C’est …. Il ne faut pas le défier, sa voix est plus puissante, (bruits de soufflements rauques), n’essayez pas de lui faire barrage…. », puis plus rien hormis toujours la ballade musical. Reyes et Doggett reconnurent immédiatement que c’était la voix de Enerys. Tous se regardèrent, ne sachant pas ce qu’il fallait en déduire. Doggett, le plus téméraire de tous, entra avec sa partenaire dans la pièce de droite, et soudainement il sentit son estomac se soulever, il n’avait jamais senti un tel sentiment d’horreur. Quant à Monica elle était pétrifiée. John s’avança lentement, tandis qu’il entendait certains policiers fuirent afin d’aller vomir dehors. Reyes commença à dire : - « Tu crois que c’était Enerys ? » - « Difficile à dire » Il inspira profondément, mettant un main devant sa bouche et son nez. « Mon dieu, je n’avais jamais vu un tel spectacle ». Devant eux, se trouvait un grand aquarium dont l’eau était devenue rouge claire, à l’intérieur quelques poissons colorés tournaient autour d’un globe blanc qui présentait sur une face un cercle vert. Et derrière flottait à côté des lambeaux de chairs, un visage méconnaissable, déchiré, lacéré et dont les orbites étaient désespérément vides. En remontant vers le haut on voyait la tête se prolonger par un cou menant à un corps de femme en sous-vêtements. Au premier abord, on pouvait penser que le corps était en position de « croix inversée ». En effet, ses bras sanguinolents étaient portés en arrière contre le mur, où des clous les fixaient. De même pour les pieds, mais le plus effrayants n’était pas cela, se dit John, non juste avec ces éléments la vue du corps était encore supportable, le pire était que tout son abdomen était ouvert en forme d’étoile, montrant ce qui restait de viscères, et de là partaient ce qui autrefois formait les sept mètres d’intestins grêles, dont les anses maintenant serpentaient dans son dos, entre les deux bras, formant des sortes d’ailes roses, marbrées de pourpre. Reyes, prit la première la parole et dit à son partenaire : - « Position de croix inversée. » - « Non, position de la créature qu’on a vue à la clinique, tu te souviens la femme ailée ? » - « Oui, c’est vrai que les … les …… », elle ne finit pas sa phrase et partie elle-aussi vomir sur la pelouse de la demeure. Shapiro, tout pâle, sortit un appareil photo numérique et alluma le flash, il prit trois clichés sous différents angles. Tandis que John fixait ce qui fut Enerys. C’est alors que la musique cessa, et une voix que John avait déjà entendue quelque part résonna dans toute la maison : - « Ne vous mettez pas sur la route du Démon, vous y laisseriez la raison », ceci suivit d’un rire machiavélique qui s’amplifiait au fur et à mesure. John fit aussitôt volte-face, attrapant Shapiro par le bras : - « Partez, tout va exploser !! » Les quelques policiers restant dans la pièce fuirent aussi, arrivé au niveau de la porte d’entrée, John vit Monica assise à terre à quelques mètres seulement. Il lâcha Shapiro, et cria de nouveau : - « Cassez-vous, ça va exploser ! » Au passage, il attrapa Monica par la taille, et la mit sur son épaule et partit se réfugier derrière la voiture. Mais à peine se trouva-t-il derrière que tout le bâtiment explosa, dans une immense gerbe de feu, envoyant des débris en tout sens, et soufflant tout ceux qui se trouvaient à côté. Tel furent les dernières images dont John se souvint, avant de se voir décoller en l’air. SIÈGE DU FBI, NOUVELLE-ORLÉANS DEUX JOURS PLUS TARD Adossé contre la chaise du bureau Monica, finissait de taper son rapport, elle avait un bandage qui lui recouvrait partiellement la main et l’avant-bras gauche, plus un hématome bleu au niveau de la joue. Elle conclut son rapport par : « Faute de réelles preuves, et de témoins, nous sommes dans l’obligation de déclarer cette affaire non-classée ». Elle soupira longuement et releva la tête en direction de John appuyé contre le mur, avec une minerve autour du cou, la tête des mauvais jours, le regard amère et un léger bandage lui ceinturant le tête juste au-dessus du front, il ouvrit la bouche : - «Pourquoi est-ce que je ressens ce désagréable goût de défaite, ce sentiment qu’on s’est fait manipuler depuis le début » La colère était palpable dans sa voix. - « John, je ….. » - « De plus, toute la maison de Enerys est en cendre, on ne peut même pas voir où était ces putains de micros, et tous les documents concernant cette Madame Parthénopé Enerys, et sa prétendue appartenance à quelconque groupement secret ! Et puis notre seul témoin Anthony Bakers qui fait un infarctus.» Il frappa la poubelle et l’envoya voler à travers la pièce. Monica ne savait plus quoi dire, mais John continua : « Vraiment on pouvait pas rêver pire, une affaire sans témoin, sans preuve, sans logique peut-être.» - « C’est vrai que le rapport n’est pas vraiment ce que Pearson attend, mais que veux-tu ? On a fait ce qu’on a pu. » - « Je sais, mais ça ne me console pas beaucoup. Ceci dit on peut quand même remercier David Deckard qui a fait du bon boulots, il nous a permis de sauver temporairement la quatrième victime. » - « Il est reparti ce matin, à Quantico, finir sa formation d’agent. Un bon avenir ce petit. Et quel bon professeur, cette Eddie Boal ! Heureusement qu’on pourra toujours compter sur elle.» - « Oui. D’ailleurs je n’y pensais plus la clinique Saint-Pierre va fermer, à la place. il y aura un centre de loisirs pour enfants. » Quelqu’un frappa à la porte, et rentra, c’était un homme d’une trentaine d’années, les cheveux châtains et les yeux vert clair. - « Alors les anciens naufragés de Washington ça vole ? » Il faisait un sourire empreint d’un profond cynisme. - « Billy Carpenter, j’ignorais que les rats étaient encore autorisés ici ! » Rétorqua Doggett sur le même ton. - « Te fâches pas John, je t’envoie juste le courrier qui vient d’arriver pour vous, et Pearson m’a chargé vous dire qu’elle attend votre rapport le plus tôt possible ». Il laissa une lettre mauve tomber à terre et parti en claquant la porte. Monica se radossa à sa chaise, et fit tomber tout le dossier : - « Qu’est-ce qu’il m’énerve ce Carpenter, un vrai chien-chien à Pearson » Elle se baissa et ramassa tous les dossiers éparpillés, John se mit accroupit et rangea, c’est alors qu’il vit une feuille se refléter sur le coupe-papier. Ses pupilles se dilatèrent, il rapprocha la feuille du coupe-papier, et se releva aussitôt : - « Mais oui bien sûr ! » - « Qu’y a-t-il ? » - « Une partie du mystère s’est un peu dissipée : la créature ailée féminine peinte sur les murs de la cliniques, c’est la fameuse sirène de la mythologie grecque. Tout comme la position d’Enerys dans la maison » John commençait à sourire, son visage s’éclairait. - « La fameuse créature qui ensorcelait les marins avec sa …. sa voix ? Tu penses que c’est une sirène qui a fait le coup ? Alors là, je ne te reconnais plus, John !» - « Monica, met le mot Enerys à l’envers : S Y R E N E ! Vérifies si c’était son vrai nom ou une invention !» - « Mon dieu, je n’avais pas pensé à vérifier ça ». Elle regarda le dossier, puis se mit face à l’ordinateur et pianota. « Madame Parthénopé Enerys, docteur en psychiatrie et pédopsychiatrie, né le…. Non apparemment c’est son vrai nom. » Elle fit défiler l’écran, et montra quelque chose à John sur l’écran : « c’est pas possible, Parthénopé a été marié avec Josef Kobold ! » Le timbre de sa voix trahissait sa peur. Elle et John se regardèrent, complètement médusés. Et John baissa les yeux vers l’enveloppe mauve que Carpenter venait de déposer. Il déchira l’enveloppe et prit le papier contenu à l’intérieur, en lettre de sang, il y avait écrit : « Les voies de l’esprit vous remercient de votre aide. La Voix ». et en- dessous en guise de signature, une lyre et deux clés se croisant. - « Tu crois que ça signifie quoi John ? » - « Quelque chose qu’aucun d’entre nous n’aurais pu imaginer, je pense. » Lieu inconnu : Dans un endroit sombre éclairé par quelques malheureux cierges, laissa se profiler sur le mur une croix inversée, où juste en-dessous, un visage dont on ne distinguait que la bouche arborant un petit sourire, et déclarant : « Tout se passe comme prévu. Reprenons notre émission psychique préférée ! ». Puis des voix murmurent : « Daemonicus » FIN =================== LES PERSONNAGES DE DOGGETT ET REYES SONT LA PROPRIÉTÉ DE LA FOX ET DE CHRIS CARTER. CE SCRIPT EST LA PROPRIÉTÉ DE L’AUTEUR(E). LES REPRODUCTIONS EN PARTIE OU EN INTÉGRALITÉ SONT INTERDITES. POUR TOUTES UTILISATIONS, L’AUTORISATION DE L’AUTEUR(E) ET DE LA SAISON VIRTUELLE DE DOGGETT ET REYES EST OBLIGATOIRE. © 2002 ===================